Massacre de Bogoro

Exactions commises le 24 février 2003 contre les habitants du village de Bogoro en république démocratique du Congo

Le massacre de Bogoro est un massacre commis le contre les habitants du village de Bogoro, peuplé majoritairement de Hemas. Ce jour-là, des miliciens lendus attaquent à l'aube et commettent un massacre. 200 civils sont tués, dont de nombreux enfants[1]. Le village est brûlé. De nombreuses femmes subissent des violences sexuelles. Les assaillants appartiennent aux milices Force de résistance patriotique de l'Ituri (FPRI) et Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI).

Massacre de Bogoro
Date 24 février 2003
Lieu Bogoro (république démocratique du Congo)
Victimes habitants du village de Bogoro , peuplé majoritairement de Hemas
Morts 200 au moins
Auteurs Front des nationalistes et intégrationnistes
Force de résistance patriotique de l'Ituri
Guerre Conflit d'Ituri
Coordonnées 1° 24′ 30″ nord, 30° 16′ 48″ est

La Cour pénale internationale estime que le massacre de Bogoro constitue un crime de guerre et un crime contre l'humanité. Les chefs des deux milices impliquées  Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui  sont poursuivis par la Cour pénale internationale.

Contexte

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Ce massacre a eu lieu dans le cadre de violences interethniques dans la province de l'Ituri, au Nord-Est de la république démocratique du Congo.

Le conflit dans la province de l'Ituri, est le résultat de rivalités historiques entre des groupes tribaux, surtout les Lendu et les Hema[2]

Au moment de l'attaque, le village de Bogoro, situé au Nord-Est de l'Ituri situé à 25 Kilomètres de la ville de BUNIA[3] (Nord-Est de la république démocratique du Congo), abritait en son sein un camp militaire de l'Union des patriotes congolais (UPC)[4],[5].

Poursuites judiciaires par la Cour pénale internationale

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Cela conduit la Cour pénale internationale à délivrer des mandats d'arrêt contre eux pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et en particulier pour meurtres, viols, esclavage sexuel, utilisation d’enfants-soldats, attaques contre des civils, pillage, destruction de biens. Ces massacres ont été au cœur d'un long processus devant la justice internationale du Tribunal de la Haye[3],[6].

Arrêtés par les autorités congolaises, Germain Katanga (Ancien chef de la force de résistance patriotique en Ituri)[3] et Mathieu Ngudjolo Chui sont transférés à la CPI à La Haye le premier le et le second le . À la suite du procès, Germain Katanga est reconnu coupable en 2014 de « complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité », mais  faute de preuves suffisantes  n'est pas condamné en tant que commanditaire du massacre[7],[8]. Germain Katanga est blanchi des accusations de viol et d'esclavage sexuel[9].

Il est condamné à douze ans de réclusion sachant qu'il en a déjà effectué sept depuis son arrestation. L'absence d'appel de l'accusation entraîne un désaccord entre les différentes parties liées à l'accusation. De son côté, Mathieu Ngudjolo Chui est acquitté le des charges de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Ce verdict est ensuite confirmé par la Chambre d'appel.

Le procès du massacre de Bogoro donne lieu à un ouvrage qui met en lumière les dispositifs propres au déroulement des procès de la CPI[10].

Commémoration de la journée du massacre de Bogoro

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Le mémorial de Bogoro a été inauguré le 24 Février 2024 dans la localité de Bogoro, située à environ 25 kilomètres de Bunia . Ce monument commémore l'attaque survenue il y'a vingt-trois ans, au cours de laquelle plus de deux cents civils ont été tués[11].

Lors de la cérémonie, le représentant des victimes, Samson Bahoiere , a souligné la portée symbolique du mémorial pour les communautés locales et son rôle dans la promotion de la paix[12].

La directrice exécutive du Fonds au profit des victimes, Deborah Ruiz Verduzco, a indiqué que l'initiative visait à reconnaitre la souffrance des survivants et à encourager la reconstruction sociale à travers la memoire[12].

Notes et références

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  1. (de) « Macheten-Massaker im Kongo: Weltstrafgericht spricht Ex-Warlord schuldig », sur www.handelsblatt.com (consulté le ).
  2. « REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO », sur www.hrw.org (consulté le )
  3. 1 2 3 « Un monument érigé à Bogoro en Ituri pour honorer la mémoire des victimes des massacres de 2003 », sur Radio Okapi, (consulté le )
  4. Fati Mansour, « Le martyre de Bogoro raconté aux juges », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  5. « Massacre de Bogoro : les chefs de milice congolais devant la CPI – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).
  6. « La Haye : des témoins du procès Germain Katanga placés sous l’autorité de la justice néerlandaise », sur Radio Okapi, (consulté le )
  7. ATS/AFP, « CPI: un ex-milicien congolais coupable de crimes contre l'humanité », sur www.laliberte.ch, La Liberté, (consulté le ).
  8. « Germain Katanga condamné à la CPI: ses victimes réclament réparation », sur RFI, (consulté le ).
  9. « HRW réclame un procès équitable pour Germain Katanga et ses co-accusés », sur Radio Okapi, (consulté le )
  10. Franck Leibovici et Julien Seroussi, Bogoro, Questions Théoriques (éditeur), coll. « Réalités non couvertes », (ISBN 978-2-917131-46-6).
  11. « Mémorial Bogoro : la CPI inaugure un symbole de paix 23 ans après le massacre », (consulté le )
  12. 1 2 « Mémorial Bogoro : la CPI inaugure un symbole de paix 23 ans après le massacre », (consulté le )