Massacre de Ndzerem-Nyam

massacre d’avril 2026 au Cameroun

Le massacre de Ndzerem-Nyam a lieu dans la nuit du au lors de la crise anglophone au Cameroun.

Massacre de Ndzerem-Nyam
Date -
Lieu Ndzerem-Nyam, arrondissement de Jakiri, région du Nord-Ouest, Cameroun
Victimes Civils
(selon la société civile)
Séparatistes
(selon le ministère de la Défense)
Type Fusillade de masse, incendie volontaire
Morts 14 à 15
Auteurs Armée camerounaise
Guerre Crise anglophone au Cameroun

Contexte

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Ce massacre survient moins de dix jours après la visite du pape Léon XIV à Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest du Cameroun, l’une des deux régions anglophones du pays, en proie à un conflit séparatiste depuis 2017[1]. Au cours de sa visite, le pape dénonce une « spirale de déstabilisation et de mort sans fin »[2]. À la suite de cette visite, douze organisations de la société civile réitèrent leur appel commun en faveur du lancement immédiat d’un dialogue inclusif visant à mettre fin au conflit[1].

Déroulement

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Version officielle

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Selon le ministère de la Défense, « aux premières heures » du , une « importante opération de ratissage » est menée dans le village de Ndzerem-Nyam, dans l'arrondissement de Jakiri, dans la région du Nord-Ouest. Cette opération aurait été lancée sur la base de « renseignements » fournis par la population locale. D’après le communiqué officiel, l’objectif des forces de défense et de sécurité est de « neutraliser de dangereux terroristes de diverses factions », réunis sous le commandement d’un chef décrit comme le « Général Capo ». Le ministère ne précise pas si c’est le bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d'élite de l'armée camerounaise, qui a été déployé lors de cette opération. Selon le communiqué officiel, les séparatistes, décrits comme lourdement armés, auraient ouvert un feu nourri sur les soldats, qui ont riposté de manière « appropriée et professionnelle »[3].

Version médiatique

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Selon Radio France Internationale (RFI), l'opération aurait été menée par le BIR dans la nuit du au , entre 3h et 4h du matin. Selon les informations de RFI, l'opération visait un lieu où se trouvaient des membres d'un des groupes séparatistes actifs dans la région, ainsi que des habitants locaux lors d'un évènement culturel local. Plus de trente motos et plusieurs maisons auraient également été incendiées[2],[1].

Le bilan officiel s'élève à 14 morts : 11 hommes et trois femmes, décrits comme des combattants ou des logisticiens du « Général Capo ». Les forces de sécurité affirment également avoir saisi des armes de guerre, des « engins explosifs improvisés » (EEI) et 38 motos « ayant convoyé les terroristes participants sur le site saisi ». Le communiqué mentionne également l'arrestation d'un adolescent de 16 ans, présenté comme son garde du corps, ainsi que celle de sa petite amie[3].

Depuis le , plusieurs sources locales et organisations de la société civile affirment qu'au moins 15 civils ont été tués et que plusieurs personnes sont portées disparues[3].

Réactions

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Organisations non gouvernementales

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La directrice exécutive de l’ONG Nouveaux droits de l’Homme, Cyrille Rolande Bechon, estime qu’il est urgent et nécessaire que le gouvernement camerounais fasse la lumière sur cette situation : « On devient habitués à ces événements malheureux et parfois sans issue pour les proches des personnes concernées. [...] Pour le moment, nous continuons de documenter pour avoir suffisamment d'informations sur ces événements et on compte bien, comme sur les autres faits, demander de la redevabilité aux autorités camerounaises sur ces questions-là »[2].

Amadu Tarnteh, de l’ONG Conscience Africaine, souligne que, à maintes reprises depuis le début du conflit, les parties belligérantes, tant les forces gouvernementales que les groupes armés, ont commis des actes de violence sans respecter les principes de discrimination et de proportionnalité visant à protéger les civils : « Notamment, toujours s'assurer avant de lancer une attaque, de faire la distinction entre civils et belligérants [...]. Or là, cet incident survient moins de deux semaines après celui de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest. Des séparatistes ont attaqué un bar, l'ont incendié et ont tué au moins six personnes. Selon des sources fiables, deux civils ont aussi péri brûlés vifs à l'intérieur du bar »[2].

Dans un communiqué publié le , le Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique (CHDHA) dénonce de graves violations des droits humains et appelle à l'ouverture d'une enquête indépendante. L'organisation accuse les forces de sécurité d'avoir mené une intervention meurtrière lors d'un rassemblement culturel. Le CDHDA estime que les circonstances de cette opération soulèvent des questions quant au respect du droit international humanitaire, en particulier les principes de distinction entre civils et combattants et de proportionnalité dans l'usage de la force[4].

Notes et références

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