Masse du sautier de Genève

La masse du sautier, un bâton porté par le sautier, symbolise le pouvoir de la République et canton de Genève, en Suisse[1].

Laurent Koelliker, actuel Sautier, portant la masse lors de la célébration de l'Escalade en 2017.

La première masse apparaît en . En , le port de la masse par le sautier est supprimé, mais Gustave Ador le rétablit en . Depuis , elle est présente lors de chaque défilé, cortège et cérémonie officielle du Grand Conseil ou du Conseil d'État genevois[2].

Sautier

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La fonction de sautier est l'une des plus anciennes de la République, puisqu'elle est mentionnée pour la première fois dans un texte en .

Dès le XVe siècle, la ville de Genève compte au moins 16 guets, des gardes semblables à la police actuelle, qui patrouillent, notamment la nuit (d'où leur nom)[3]. Ces gardes sont sous les ordres du gros sautier, qui réside à la Maison de la Ville, agissant comme une sorte de concierge[4]. Il exerce de nombreuses fonctions qui varient au fil du temps. Il assiste aux séances du Conseil, transmet les ordres ou messages des autorités, convoque les habitants appelés par le Conseil, garde les prisonniers détenus dans la Maison de la Ville, procède à des saisies, estime les objets donnés comme gage, gère le chauffage et le stock de bois, etc. Il porte la livrée de la Ville jusqu'en , année où l'on préfère lui attribuer une « petite gaule noire », symbole de son office.

Aujourd'hui, dans le canton de Genève, le sautier de la République exerce les fonctions de secrétaire général du Grand Conseil et fait office d'organe de liaison entre celui-ci et le Conseil d'État. Dans les cortèges officiels, c'est lui qui porte la masse.

Utilisation

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Depuis , la masse est utilisée lors de chaque défilé, cortège et cérémonie officielle du Grand Conseil ou du Conseil d'État genevois.

Différentes masses

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La quatrième masse.
La sixième masse.

Au total, depuis , six masses se sont succédé :

Première masse

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La première masse est introduite en .

Deuxième masse

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La deuxième masse aurait été utilisée vers le XVIIe siècle.

Troisième masse

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La troisième masse est utilisée pendant le XVIIIe siècle. Celle-ci porte les symboles d'une oreille, d'un œil ouvert et d'une main écrivant[5].

Quatrième masse

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La quatrième masse est utilisée jusqu'en , date à laquelle le port de la masse par le sautier est supprimé par le Conseil d'État.

Cinquième masse

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La cinquième masse est utilisée dès , lorsque Gustave Ador, alors Conseiller d'État, décide de réintroduire cette tradition à l'occasion du 600ᵉ anniversaire de la Confédération suisse. Offerte par Gustave Ador lui-même, cette masse représente les deux symboles du drapeau genevois : l'aigle tenant dans ses griffes la clé de Saint Pierre au-dessus d'une sphère de couleur azur. Elle est actuellement exposée dans la salle du Conseil d'État[5].

Sixième masse

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La sixième masse est celle utilisée actuellement. Datant de 1999, elle est offerte et décorée par le joaillier Gilbert Albert. Le fût est en chêne, symbolisant « force et longévité ». À l’extrémité inférieure, serti dans l’or, se trouve un éclat de granit provenant d’une des pierres du Niton (pierres servant de référence altimétrique en Suisse). À l’extrémité supérieure, un éclat de granit, rapporté du Mont-Blanc le par Horace-Bénédict de Saussure, est posé.

À la base de la sphère, quatorze cabochons, provenant de cailloux des quatorze cours d'eau genevois (l'Aire, l'Allondon, l'Arve, la Drize, le Foron, l'Hermance, la Laire, le Marquet-Gobé-Vengeron, le Nant d'Avril, le Rhône, la Seymaz, la Versoix et deux autres), ont été placés. La sphère elle-même évoque la géographie politique et la population du canton : l'artisan y a serti dans l’or les 45 écussons en émail des 45 communes genevoises actuelles, ainsi que ceux des trois anciennes communes des Eaux-Vives, de Plainpalais et du Petit-Saconnex, qui ont fusionné avec la Ville de Genève le [6],[7].

Culture

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Depuis le , une ruelle est dénommée Ruelle du Sautier par le Conseil d'État. Celle-ci se situe entre la Grand-Rue et la Rue Saint-Germain, à proximité de l'église homonyme. Réputée comme étant la ruelle la plus petite de Genève, elle mesure deux mètres de largeur et douze mètres de longueur[2].

Références

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  1. ↑ « Grand Conseil de Genève - Masse du sautier », sur ge.ch (consulté le )
  2. 1 2 DAS Genève, « La ruelle du Sautier, la plus petite ruelle de Genève » Accès libre, (consulté le )
  3. ↑ Jaakko Ahokas propose 1528 comme premier emploi du mot « sautier » comme fonctionnaire régulier de la ville, obligatoirement citoyen de la Ville (p. 276). Gaudy-Lefort écrit que « la charge de sautier, l'époque de la dernière sommation de Gaillard, était chez nous une création toute nouvelle, car elle ne fut instituée qu'après l'alliance de 1526, et à l'exemple de Berne et de Fribourg ». Cependant le mot est employé dès le siècle précédent au moins.
  4. ↑ Les ordonnances sur les offices de 1543 le précisent noir sur blanc: « Qu'il ait la garde de la Maison de la Ville comme concierge » (A.E.G., P.H. 1294, édité dans S.D.G., t. II, p. 430-431).
  5. 1 2 Grand Conseil de la République et Canton de Genève, « Séance du Grand Conseil : RD 1166 » Accès libre, sur ge.ch, (consulté le )
  6. ↑ Archives de la Ville de Genève, « Commune de Plainpalais » Accès libre, sur archives.geneve.ch (consulté le )
  7. ↑ Administration fédérale : Département fédéral de l'intérieur : Office fédéral de la statistique, « Application des communes suisses : Détails de la mutation 3805 » Accès libre, sur www.agvchapp.bfs.admin.ch, (consulté le )

Voir aussi

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