Le terme anglophone masting, aussi parfois appelé mast seeding en anglais ou glandée en français (en référence à l'exemple historique de la production de gland), fait référence à un phénomène phénologique de forte année de production synchronisé de graines par des individus de plantes de la même espèce.

Ce phénomène ne possède pas de traduction française exacte et la littérature scientifique francophone utilise aujourd'hui le terme anglophone.

Définition et principe

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Dans sa revue critique paru en 1994, Kelly propose la définition générale suivante du terme "masting". Celle-ci repose sur trois principes : premièrement, une forte variation de la production de graines d’une année à l’autre ; deuxièmement, une synchronie des années de forte production, appelées « années de fructification massive », entre les individus d’une population ; enfin, une économie d’échelle permettant à l’espèce d’induire l’établissement de plus de nouveaux individus sur une échelle de temps donnée qu’une production non synchronisée et/ou non variable entre les années[1].

Pour pouvoir adopter une stratégie de fructification massive, les espèces doivent être capables de stocker l’excédent de nutriments issus de la croissance en attendant l’arrivée de l’année de fructification massive, c’est-à-dire une année de forte production de graines.

Cette capacité de stockage semble pouvoir être estimé par le rapport azote/phosphore (N/P) foliaire. Un rapport N/P foliaire élevé est associé à une grande quantité de nutriments nécessaires à la production d’organes végétatifs (feuilles, tiges), ne laissant pas d'excédent pouvant être stocké pour produire des graines. Au contraire, les espèces avec un rapport N/P faible sont associées à une production d'organe végétatif peu couteuse, pouvant ainsi stocker l'excédent pour la production de graines. Ainsi, le rapport N/P foliaire des espèces pratiquant le masting est inférieur à celui des espèces à production annuelle de graines. La disponibilité en nutriments est ainsi considérée comme un facteur important du masting, bien qu’elle n’en soit pas la cause évolutive. La disponibilité en nutriments détermine plutôt le temps nécessaire pour accumuler suffisamment de ressources afin de produire massivement des graines de manière efficace[2].

Evolution

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Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer les pressions évolutives ayant conduit à l’émergence du phénomène de masting. La théorie de Silvertown en donne un avantage évolutif simple : saturer la prédation des graines. En d’autres termes, la synchronisation entre individus et la production maximale de graines permise par les ressources stockées permettent de dépasser la capacité de prédation sur les graines nouvellement produites. Il est aujourd'hui admis que la pression de prédation est la cause évolutive du phénomène de masting[3].

Approche quantitave

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Selon des articles récents sur le sujet, considérer le masting comme une notion binaire opposant simplement les espèces « masting » et « non masting » est une simplification abusive. Les études tendent à une approche quantitative, plus adaptée aux études de cas réels, où les stratégies de fructification massive sont assez flexibles dans le règne végétal [4].

Références

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  1. Dave Kelly, « The evolutionary ecology of mast seeding », TREE, Elsevier Science Ltd, vol. 9, no 12, (lire en ligne)
  2. Fernàndez-Martìnez et al., « Nutrient scarcity as a selective pressure for mast seeding », Nature plants 5, (lire en ligne)
  3. Silvertown, « The evolutionary ecology of mast seeding in trees », Biological journal of the Linnean Society, vol. 14, no 2, (lire en ligne)
  4. Walter D. Koenig et al., « Dissecting components of population-level variation in seed production and the evolution of masting behavior », OIKOS, NSO, no 102,