Maternité (Chana Orloff)

sculpture de Chana Orloff

Maternité est une sculpture réalisée en 1914 par Chana Orloff (1888-1968), sculptrice française d'origine ukrainienne. L'exemplaire en plâtre patiné conservé au musée de Cambrai est connu sous le nom de « Maternité de Cambrai ».

Maternité
Artiste
Chana Orloff
Date
1914

Contexte de création

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Chana Orloff est une artiste d'origine ukrainienne qui, après un exil en Palestine en 1905, s'installe à Paris pour en 1910 pour y obtenir un diplôme de couturière[1] et travaille à la maison Paquin[2]. Remarqué pour son dessin, elle arrive deuxième au concours de l'École nationale des Arts décoratifs[1].

Parallèlement à cette formation classique, elle fréquente l'académie libre de Marie Vassilieff, où elle rencontre la vie artistique de Montparnasse et l'art moderne[1]. Elle y côtoie également Modigliani, Picasso, Foujita, Apollinaire, Chagall, Soutine et Zadkine, figures de l'École de Paris[3].

Genèse et historique de l'œuvre

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Dès 1912, Chana Orloff élabore un style personnel fondé sur l'allongement et la stylisation des formes, la réduction des volumes à des courbes lisses et un traitement graphique et décoratif des détails[1]. Maternité, réalisée en 1914, appartient à cette première manière[4],[5]. Cette œuvre inaugure une série de vingt-quatre sculptures que l'artiste consacrera au motif de la Mère et l'Enfant[6].

D'autres versions ultérieures du même thème, notamment la Maternité de 1924 conservée au musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, développent une iconographie plus grave, où le regard de l'enfant traduit une inquiétude que les historiens de l'art associent à la douleur ressentie par l'artiste après la mort prématurée de son mari[7].

Iconographie

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Ce motif de la mère et de l'enfant, qui résonne avec l'iconographie chrétienne de la Vierge à l'Enfant, est également repris par des artistes juifs de l'École de Paris comme un symbole de la « renaissance juive »[6],[8]. La thématique traverse toute la carrière de l'artiste, petite-fille et fille de sages-femmes, pour qui la maternité constitue un sujet à la fois intime et universel[1]. Selon les descendants de l'artiste, elle affirmait volontiers qu'elle n'aurait pas été la même artiste si elle n'avait pas été mère elle-même[9].

La composition représente une mère légèrement cambrée sous le poids de son enfant, qu'elle tient assis sur ses bras croisés, le visage incliné vers la petite tête nichée dans son cou.

L'exemplaire en plâtre conservé au musée de Cambrai mesure 50.7  cm de hauteur, 11,6 cm de largeur et 12,5 cm de profondeur[1]. L'œuvre a fait l'objet d'un moulage par l'Atelier des Musées nationaux, permettant la diffusion de reproductions patinées façon bronze[10].

L'œuvre a été acheté en 1993 à l'hôtel Drouot, avec l'aide d'une subvention de la FRAM[11].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 « Œuvre : Précisions - statue, Maternité », sur webmuseo.com (consulté le )
  2. « Chana Orloff, une femme artiste ukrainienne (1) », sur INHA - Institut national d'histoire de l'art (consulté le )
  3. « « À la trace » dans les pas de Chana Orloff », sur culture.gouv.fr (consulté le )
  4. Marie-Jo Bonnet, Les femmes dans l'art, ed. La Martinière, 2004, p. 42.
  5. Françoise Magny, Le Musée de Cambrai, 1997, Cambrai, p. 118.
  6. 1 2 « Une expo, une oeuvre : Maternité de Chana Orloff », sur mahj.org (consulté le )
  7. « Chana Orloff, expression de la modernité », sur musees.boulognebillancourt.com (consulté le )
  8. Grobot-Dreyfus Anne, « Chana Orloff Maternite 1914 MAHJ », www.academia.edu, (lire en ligne, consulté le )
  9. « Notre atelier rend hommage à l'œuvre de Chana Orloff », sur ateliers.grandpalaisrmn.fr (consulté le )
  10. « Reproduction de sculpture : Maternité de Cambrai, Orloff », sur ateliersartmuseesnationaux.fr (consulté le )
  11. Cartel du Musée