Mathilde Raclot

religieuse et missionnaire catholique française

Marie Justine Raclot, en religion Mère Sainte Mathilde, est une religieuse et missionnaire catholique française du XIXe siècle, née le à Suriauville (Vosges) et décédée le à Yokohama (Japon). Religieuse au sein de la congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus, elle s’est rendue dans différents pays d’Asie de l’Est pour y fonder des écoles catholiques et des orphelinats. À Singapour, elle fonde l'école pour filles du Couvent du Saint Enfant-Jésus, puis elle se rend au Japon où elle administre écoles et orphelinats. En 2014, Mère Mathilde Raclot est intronisée au Singapore Women's Hall of Frame.

Sainte Mathilde Raclot
Biographie
Naissance

Suriauville
Décès
(à 96 ans)
Yokohama
Sépulture
Cimetière des étrangers de Yokohama
Nom de naissance
Marie Justine Raclot
Nationalité
Activité
Père
François Raclot
Mère
Charlotte Ramirelle
Autres informations
Religion
Catholique
Nom en religion
Sainte Mathilde
Ordre religieux
Sœurs de l'Enfant-Jésus - Nicolas Barré

Jeunesse

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Marie-Justine Raclot est née le 9 février 1814 dans le petit village de Suriauville, en Lorraine. Son père, François Raclot, est le futur maire de la ville. Sa mère, Charlotte Ramirelle, est veuve d'une première union. Marie-Justice naît dans une famille pieuse de la classe moyenne. De 12 à 16 ans, elle est envoyée dans un pensionnat à Langres tenu par les Sœurs de l’Enfant-Jésus, aussi appelées les Dames de Saint-Maur. C'est là que sa vocation religieuse nait, et qu'elle rêve déjà du Japon[1].

Elle est rappelée chez elle à 16 ans ; à 18 ans, elle rejoint l'Institut des Sœurs de l'Enfant-Jésus, malgré la désapprobation de sa mère, dont elle n'obtient que difficilement l'assentiment. Après deux ans comme postulante puis novice, elle reçoit le nom religieux de Sainte Mathilde. Âgée de 21 ans, elle est envoyée en 1835 enseigner à Bagnols-sur-Cèze, puis à Béziers en 1838 et à Sète en 1841[1].

Activités missionnaires en Malaisie

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En 1851, Jean-Marie Beurel, des Missions étrangères de Paris, envoyé par Jean-Baptiste Boucho, vicaire apostolique de Malaisie, s'adresse à l'Institut dans le but de fonder des écoles pour filles à Singapour. Sa demande est acceptée par la Supérieure générale, Mère Saint François de Salles de Faudoas. Sœur Sainte Mathilde désirait devenir missionnaire et s'était préparée à supporter la chaleur de la Malaisie. Elle n'est cependant pas choisie pour cette expédition[1].

Cependant, les sœurs sont mal préparées et la traversée comme la mission tournent court rapidement. Le groupe s'installe finalement à Penang et un deuxième groupe est envoyé pour les guider et les soutenir, parmi lesquelles Sœur Sainte Mathilde Raclot. Âgée de 38 ans, elle devient alors la nouvelle supérieure des Missions d’Asie. Les sœurs débarquent à Penang en octobre 1852 et commencent leur mission dans un orphelinat et une école qu'elles ont fondé. Mère Mathilde a la difficile tâche de rétablir la discipline au sein de la communauté, tout en étant chargée de l’enseignement des jeunes filles et de s'occuper des orphelins[1].

À la demande de Jean-Marie Beurel, un groupe de sœurs, dont Mère Mathilde, part pour Singapour en 1854 afin d’y fonder des écoles pour filles. En raison d'un manque de ressources et de tensions avec les protestants, la mission sur place est très difficile. En tant que Supérieure des Missions d'Asie, Mère Mathilde contribue à la création et à la mise en place de nouvelles communautés comme celle de Malacca (fondée en 1859, qui ferme ses portes en 1863 avant d'être refondée par la suite). Ses efforts permettent à la mission malaisienne de prospérer, d'accueillir de nombreuses élèves et de prendre soin de nombreux orphelins[1],[2].

Après 15 années passées en Asie, Mère Mathilde retourne en France lors d'un voyage. Elle se rend auprès de la Supérieure à qui elle rend compte des Missions. Au cours de ces entretiens, la question d'une fondation au Japon est évoquée[1].

Vie apostolique au Japon

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La réouverture progressive du Japon offre aux missionnaires la perspective de s’y installer pour évangéliser. Monseigneur Petitjean, vicaire apostolique du Japon, s’y établit et découvre une communauté de chrétiens qui étaient encore persécutés par les autorités. En 1872, il demande aux Sœurs de l’Enfant-Jésus de s’installer au Japon  elles y sont alors les premières missionnaires féminines. Quatre sœurs fondent une première communauté à Yokohama et ouvrent une école pour filles. Mère Mathilde les accompagne et les aide à s’installer, puis retourne à Singapour. En raison de ses responsabilités considérables, Mère Mathilde est amenée à se rendre souvent en Malaisie et au Japon[1].

Lorsque la supérieure de la mission japonaise décède subitement en 1875, Mère Mathilde est envoyée à Yokohama pour assurer l'intérim. En 1876, à l'âge de 62 ans, elle est finalement nommée supérieure du Japon[1].

En 1879, suite à la reconnaissance de la congrégation par la papauté, Mère Mathilde prononce ses vœux perpétuels[1].

Elle effectue encore plusieurs voyages entre le Japon et la Malaisie jusqu’en 1883. À la suite d’un grave problème de santé, elle n'est cependant plus en mesure de voyager et doit rester au Japon. En tant que supérieure du Japon, Mère Mathilde supervise l’administration de la mission et participe activement à l’œuvre d’enseignement et d’aide aux pauvres, aux malades et aux orphelins. Elle doit néanmoins faire face à une certaine hostilité de la part de la population locale et surmonter les catastrophes naturelles récurrentes. Elle doit donc constamment rechercher des fonds pour financer la mission. Les efforts de Mère Mathilde et des sœurs permettent à la mission de prospérer. Outre les cours destinés aux enfants pauvres, les sœurs ouvrent également des classes et un internat pour les jeunes filles issues de la noblesse japonaise, celle-ci s'intéressant aux enseignements occidentaux ; initiative que Mère Mathilde ne semble pas approuver, mais qui assure des ressources financières. L'enseignement religieux dans les écoles japonaises est toutefois interdit par le gouvernement japonais en 1891[1],[2].

À partir de 1897, en raison de son âge, elle est secondée dans son travail par Mère Sainte Ludgarde Nourrit. Elle commence progressivement à se retirer de ses responsabilités, tout en célébrant, en 1902 ses 50 ans de Mission. En 1903, son projet de fonder une communauté à Shizuoka se concrétise. En 1907, elle est finalement déchargée de ses fonctions de supérieure de Yokohama[1],[2].

Décès

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Libérée désormais de toute responsabilité, elle redevient une « simple » soeur de la communauté de Yokohama. Son centenaire est célébré en avance le 7 juillet 1910. Elle décède le 20 juillet 1911, à l'âge de 96 ans, à Yokohama. Elle est inhumée lors d'une grande cérémonie[1].

Héritage

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En 2014, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance et en reconnaissance de sa contribution à Singapour, Mère Mathilde Raclot est intronisée au Singapore Women's Hall of Frame[3].

Bibliographie

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  • Françoise Fauconnet-Buzelin, Mère Sainte Mathilde Raclot, 1814-1911 : une épopée missionnaire asiatique, Paris, Salvator, .
  • Marie-Louise (Soeur Saint François de Sales) Flachaire de Roustan. Vie de la Révérende Mère Mathilde (Marie-Justine Raclot). Fondatrice des Missions de Saint-Maur en Malaisie et au Japon.
  • Orie Ogo. Mère Mathilde Raclot 1814-1911. Sa vie et son apostolat au Japon. 2008. Traduction de Pierre Perrard.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mathilde Raclot » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Fauconnet-Buzelin 2022.
  2. 1 2 3 Anaëlle Herrewyn, « L’aventure missionnaire en Extrême-Orient. Une vie de Mère Sainte Mathilde Raclot (1814-1911) », archives-ejnb.org, sur Archives des Sœurs de l'Enfant Jésus-Nicolas Barré (consulté le ).
  3. « Saint Mother Mathilde Raclot », swhf.sg, Singapore Women's Hall of Fame (consulté le )

Liens externes

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