Mausolée de Lumone
Le Mausolée de Lumone est un monument funéraire romain dit de la villa Lumone situé sur l’antique via Julia Augusta à Roquebrune-Cap-Martin, dans le département français des Alpes-Maritimes (région Provence-Alpes-Côte d'Azur).
| Type | |
|---|---|
| Propriétaire |
État |
| Patrimonialité |
| Département | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Ce mausolée, probablement construit à la fin du Ier siècle apr. J.-C., se caractérise par la richesse du décor de sa façade méridionale, tournée vers la voie antique.
Localisation
modifierDans la géographie de la ville moderne, le mausolée se situe à proximité de la mairie de Roquebrune-Cap-Martin, au carrefour de l'avenue Paul-Doumer et de l'avenue Bedoux. Sa façade principale est tournée vers le sud et l'avenue Paul-Doumer (route départementale 52) qui reprend sensiblement le tracé de la Via Julia Augusta[1].
Une borne milliaire, probablement retrouvée sur le site ou à proximité, devait jalonner la voie non loin du mausolée[1].
Historique
modifierSon style architectural et les quelques éléments de mobilier retrouvés suggèrent une construction vers la fin Ier siècle apr. J.-C. ou au début du siècle suivant[2].
Le monument est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [3].
Description
modifierCe mausolée privé, dont les caractéristiques et le destination précise restent à déterminer, semble s'inscrire dans un riche contexte de monuments funéraires fortement liés à la voie qui les longe ; il doit également être mis en relation avec la demeure d'un notable, à retrouver. Les sondages effectués dans cet enclos funéraire n'ont pas permis de découvrir d'éventuelles tombes.
Architecture
modifierLe mausolée se présente sous la forme d'un enclos carré de 8,80 m de côté, fermé au sud, à l'est et à l'ouest mais ouvert au nord, ce qui permettait probablement d'y accéder ; seuls les côtés ouest et sud subsistent, sur une hauteur maximale de 3,70 m sans doute bien inférieure à sa hauteur d'origine[4].
Décor
modifier
Le mur occidental, d'une conception très simple, ne semble pas devoir être exposé à la vue ; il flanquait certainement un autre enclos, disposition courante pour les nécropoles établies en bordure des voies[2].
Il en va tout autrement pour le mur méridional qui fait office de façade monumentale tournée vers la voie et ses usagers et sur laquelle se concentrent tous les décors du mausolée[2].
Les matériaux employés pour son parement sont du calcaire blanc de La Turbie, des pierres volcaniques (rhyolites) dont certaines proviennent du massif de l'Esterel et de la brique, cette dernière servant à séparer les étages et à souligner des encadrements d'ouvertures[4].
La façade est composée de deux étages séparés par deux rands de brique. L'étage inférieur est percé de trois niches ; les deux niches latérales sont de plan rectangulaire et voûtées en plein cintre ; la niche centrale est de plan semi-circulaire et voûtée en cul-de-four. Le fond des niches et le mur à l'étage supérieur sont décorés de motifs géométriques et de losanges en opus reticulatum bicolore ainsi que de lits alternant moellons clairs et sombres[4]. Ce décor s'apparente à celui de plusieurs monuments d'Italie, et notamment d'Ostie[2],[5].
Un fragment d'épitaphe est retrouvé en 1895 à proximité du mausolée. Son texte ne peut être restitué avec certitude mais ses caractéristiques suggèrent qu'il ne faisait pas partie du monument[2].
Notes et références
modifier- 1 2 Lautier et Rothé 2010, p. 578.
- 1 2 3 4 5 Lautier et Rothé 2010, p. 582.
- ↑ « Tombeau romain », notice no PA00080823, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- 1 2 3 Lautier et Rothé 2010, p. 581.
- ↑ « Tombeau de la Villa Lumone », sur Via Julia Augusta (version du sur archive.org).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Laurence Lautier et Marie-Pierre Rothé (avec les collaborations de Suzanne Roscian, Franck Sumera et Marc Bouiron), Les Alpes-Maritimes, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, coll. « Carte archéologique de la Gaule » (no 06), , 832 p. (ISBN 978-2-8775-4252-4, lire en ligne
). 