Max Black
Max Black (Макс Чёрный en russe), né le à Bakou dans l'Empire russe et mort le à Ithaca aux États-Unis, est un philosophe des sciences, des mathématiques et du langage américain. Il publie des études sur l'œuvre de philosophes tels que Gottlob Frege et Ludwig Wittgenstein. Il est considéré comme l'un des philosophes les plus influents de la philosophie analytique américaine.
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Queens' College, Cambridge (jusqu'en ) Université de Göttingen (- Université de Londres (- |
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Misha Black (en) |
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Biographie
modifierEnfance et éducation
modifierMax Black naît le à Bakou de parents juifs, Lionel Black, un homme d'affaires et Sophia Davinska. Pour fuir les persécutions antisémites, ces derniers décident de quitter l'Azerbaïdjan, alors dans l'Empire russe, pour la France, puis pour le Royaume-Uni en 1912[1]. Le nom de famille est changé en Black (traduction littérale de « Tcherny ») en 1911 ou 1912. Max Black est le frère aîné de l'architecte Misha Black (en) et du responsable des relations publiques Sam Black (en)[2],[3],[4].
Il fréquente d'abord une école gratuite de North London puis, à l'âge de neuf ans, il obtint une bourse pour la Dame Alice Owen's School, où il reste jusqu'à l'âge de dix-huit ans[5],[6].
Max Black intègre le Queen's College de l'université de Cambridge, où il étudie principalement la philosophie des mathématiques. Bertrand Russell, Ludwig Wittgenstein, George Edward Moore et Frank Ramsey étudient tous à Cambridge à cette époque et exercent une influence considérable sur sa pensée ultérieure[7]. Il obtient son diplôme en 1930 et reçoit une bourse de recherche de l'Université de Göttingen pour une durée d'un an[8].
Carrière
modifierDe 1931 à 1936, Max Black est professeur de mathématiques à la Royal Grammar School de Newcastle[9]. Son premier livre est The Nature of Mathematics, paru en 1933, une exposition critique des Principia Mathematica et une analyse critique des écoles formalistes (en) et intuitionnistes des mathématiques. La même année, il se marrie avec Michal (ou Mabel) Landesberg (1911–1985) et on deux enfants, une fille et un fils[6].
Max Black enseigne les mathématiques à l'University College de Londres de 1936 à 1940[9]. Durant cette période, il entreprend également des études supérieures à l'Université de Londres , obtenant un doctorat en 1939 pour sa thèse sur les théories du positivisme logique[5].
En 1940, il s'installe aux États-Unis et intègre le département de philosophie de l'université de l'Illinois. En 1948, il est naturalisé américain. Il devient professeur de philosophie et de lettres humaines à université Cornell de l’État de New York en 1954, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1978[7],[1]. Il est président de la division Est de l'American Philosophical Association en 1958-1959 et président de l'Institut international de philosophie de 1981 à 1984[2]. Parmi les thèses de doctorat qu'il a supervisées figurait celle du romancier William H. Gass[10]. Il est élu membre de l'Académie américaine des arts et des sciences en 1963[11].
Max Black meurt à Ithaca, dans l'État de New York, à l'âge de 79 ans, à la suite d'une crise cardiaque survenue après une opération pour un cancer[6].
Contributions
modifierMax Black apporte des contributions notables à la métaphysique de l'identité. Dans un article de 1952[12], il traite du célèbre problème posé par Leibniz de l'identité des indiscernables qui stipule que deux choses distinctes ne peuvent se ressembler exactement. Il le fait, comme le note Peter Forrest, en suggérant qu'« il pourrait exister un univers ne contenant que deux sphères parfaitement identiques » et que, dans un tel univers parfaitement symétrique, les deux sphères seraient indiscernables[13].
Sa traduction, avec Peter Geach, des écrits philosophiques de Frege est un ouvrage de référence[14]. Il publie également une étude consacrée au Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein[15].
Il est considéré comme l'un des philosophes les plus influents de la philosophie analytique américaine. Il s'est particulièrement distingué dans la philosophie du langage (théorie des métaphores[16], discussion avec Alfred Korzybski à propos de la sémantique générale), la philosophie des mathématiques (Problèmes d'analyse, 1954) et la philosophie de l'art.
Œuvres
modifier- (en) The Nature of Mathematics: A Critical Survey, Londres, Kegan Paul, Trench Trubnet and Co., (présentation en ligne)
- (en) « Vagueness: An exercise in logical analysis », Philosophy of Science, vol. 4, no 4, , p. 427–55 (lire en ligne).
- (en) « The Evolution of Positivism », Modern Quarterly, vol. 1, no 1, .
- (en) « Relations between Logical Positivism and the Cambridge School of Analysis », Erkenntnis, vol. 8, nos 1/3, , p. 24-35 (lire en ligne).
- (en) Critical Thinking, An Introduction to Logic and Scientific Method, New York, Prentice-Hall Inc. Publishers, coll. « Prentice-Hall Philosophy Series », (présentation en ligne).
- (en) Language and philosophy: Studies in method, Ithaca, Cornell University Press, (ISBN 978-0801400407).
- (en) « L’identité des indiscernables » [« The Identity of Indiscernibles Dialogue (Mind, vol. 61, no 242, , 153-164) »] (trad. Sébastien Motta), Philosophia Scientiæ, vol. 16, no 3, , p. 121-132 (DOI 10.4000/philosophiascientiae.780).
- (en) « Metaphor », Proceedings of the Aristotelian Society, vol. 55, , p. 273–94 (lire en ligne).
- (en) Problems of Analysis: Philosophical Essays, Cornell University Press, (présentation en ligne).
- (en) « Linguistic Relativity: The Views of Benjamin Lee Whorf », The Philosophical Review, vol. 68, no 2, , p. 228–238 (lire en ligne).
- (en) Models and metaphors : Studies in language and philosophy, Ithaca, Cornell University Press, (ISBN 978-0801400414).
- (en) A Companion to Wittgenstein's Tractatus, Cornell University Press, (présentation en ligne).
- (en) The Labyrinth of Language, Praeger, (présentation en ligne).
- (en) Margins of Precision : Essays in Logic and Language, Cornell University Press, (présentation en ligne).
- (1975). Caveats and Critiques: Philosophical Essays in Language, Logic, and Art, Cornell University Press
- (en) « More about Metaphor », Dialectica, vol. 31, nos 3/4, , p. 431–57 (JSTOR 42969757).
- (en) Language and Philosophy: Studies in Method, Praeger, (présentation en ligne).
- (en) The Prevalence of Humbug and Other Essays, Cornell University Press, (ISBN 9780801493218, présentation en ligne).
- (en) Perplexities: Rational Choice, the Prisoner's Dilemma, Metaphor, Poetic Ambiguity, and Other Puzzles, Cornell University Press, (ISBN 9781501745485, présentation en ligne).
Notes et références
modifier- 1 2 (en) J.J. O'Connor et E.F. Robertson, « Max-Black », sur Université de St Andrews, (consulté le ).
- 1 2 (en) David E. Schrader, « Black, Max (1909-88) », dans Stuart C. Brown, Hugh Bredin (ed.), The dictionary of twentieth-century British philosophers, Bristol, Royaume-Uni, Thoemmes Continuum, , 93–94 p. (ISBN 978-1-84371-096-7, OCLC ocm58455514).
- ↑ (en) Reilly Paul et Kaye Bagshaw, « Black, Sir Misha (1910–1977), architect and industrial designer », sur Oxford Dictionary of National Biography (DOI 10.1093/ref:odnb/30821, consulté le ).
- ↑ (en) William Arthurs, « Centenary of Azerbaijan-born London designer Professor Sir Misha Black OBE RDI PPSIAD FRSA (1910-1977) », London Society Journal, vol. 460, (lire en ligne [archive du ]).
- 1 2 (en) M.H. Abrams, Sydney S. Shoemaker, Benjamin M. Siegel et Milton E. Konvitz, « Max Black », sur Cornell University Memorial Statement, .
- 1 2 3 (en) Marcus G. Singer, « Black, Max (1909–1988), philosopher », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, (lire en ligne
). - 1 2 (en) James Wilson-Quayle, « Black, Max (1909-1988), philosopher », sur American National Biography, (consulté le ).
- ↑ (en) « Black, Max (1909–1988) », sur Encyclopedia.com (consulté le ).
- 1 2 (en) Marcus Singer, « Black, Max », dans Stuart C. Brown, Diané Collinson et Robert Wilkinson (ed.), Biographical dictionary of twentieth-century philosophers, Londres, New York, Routledge, coll. « Routledge reference », , 74–75 (ISBN 978-0-415-06043-1, lire en ligne).
- ↑ (en) Britt-Marie Schiller, « Gass, William Howard (1924–) », dans John R. Shook et Richard T. Hull (ed.), The dictionary of modern American philosophers, Bristol, Thoemmes Continuum, , 891 p. (ISBN 978-1-84371-037-0, OCLC ocm53388453).
- ↑ (en) « Book of Members, 1780–2010: Chapter B », sur American Academy of Arts and Sciences (consulté le ).
- ↑ (en) « L’identité des indiscernables » [« The Identity of Indiscernibles Dialogue (Mind, vol. 61, no 242, , 153-164) »] (trad. Sébastien Motta), Philosophia Scientiæ, vol. 16, no 3, , p. 121-132 (DOI 10.4000/philosophiascientiae.780).
- ↑ (en) Peter Forrest, « The Identity of Indiscernibles, 3. Arguments for and against the Principle », dans Edward N. Zalta, Uri Nodelman (ed.), The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Metaphysics Research Lab, Stanford University, (lire en ligne).
- ↑ (en) Max Black, Translations from the Philosophical Writings of Gottlob Frege, Basil Blackwell, , 264 p. (lire en ligne
). - ↑ (en) Max Black, A companion to Wittgenstein's 'Tractatus', Cambridge : University Press, , 476 p. (lire en ligne
). - ↑ (en) M. Arseneault, Encyclopedia of Language & Linguistics, Elsevier, (ISBN 978-0-08-044854-1, DOI 10.1016/b0-08-044854-2/01194-9, lire en ligne
), « Metaphor: Philosophical Theories », p. 40–43 :« Interaction theories of metaphor have a prominent place among contemporary semantic theories of metaphor. Introduced by I. A. Richards (1936) and Max Black (1962), this kind of theory proposes that instead of simply re-naming or comparing objects, two concepts or systems of associated commonplaces are simultaneously ‘interactive.’ »
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Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :