Max et les Ferrailleurs
Max et les Ferrailleurs est un film franco-italien réalisé par Claude Sautet, sorti en 1971.
| Titre original | Max et les Ferrailleurs |
|---|---|
| Réalisation | Claude Sautet |
| Scénario |
Claude Sautet Jean-Loup Dabadie Claude Néron |
| Acteurs principaux |
Michel Piccoli Romy Schneider Georges Wilson Bernard Fresson François Périer |
| Sociétés de production |
Lira Films Sonocam SA Fida Cinematografica |
| Pays de production |
|
| Genre |
Drame Policier |
| Durée | 110 minutes |
| Sortie | 1971 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierIssu d’une riche famille de vignerons du Mâconnais et dégagé des soucis matériels, Max, inspecteur de police judiciaire, est un solitaire qui se consacre entièrement à son obsession : l’arrestation des malfaiteurs. Ancien juge d’instruction, il a démissionné par dépit de devoir relâcher un coupable faute de preuve. Il est maintenant inspecteur de police et il voit de nouveau une bande de braqueurs de banques lui échapper.
Ce nouvel échec est encore présent dans son esprit. Il remonte la piste de la voiture employée lors du dernier braquage et se rend dans le garage automobile qui a fourni cette voiture. Là, il y rencontre Abel, un ancien camarade du service militaire, auquel il lui omet volontairement de révéler sa profession. Abel, ravi de ces retrouvailles, lui confie qu'il est devenu « ferrailleur » et pille les chantiers de construction avec une bande de petits truands des environs de Nanterre, à l'époque où cette commune avait encore son fameux bidonville.
Max a alors l’idée de les inciter à commettre un gros coup afin de réaliser un flagrant délit indiscutable.
Se présentant comme client, il fait la connaissance de Lily, une jeune prostituée à son propre compte venant d’Allemagne et compagne d’Abel. Régulièrement, il la fait monter dans un appartement qu'il a loué pour l'occasion grâce à sa fortune personnelle et qu'il présente comme étant son domicile. Et il lui donne de l'argent pour juste passer la soirée en sa compagnie, sans "consommer". Cela déroute et fascine à la fois Lily, qui se pose des questions sur cet énigmatique client. Max se fait passer pour Félix, directeur d’une petite agence bancaire à la Villette qui reçoit à intervalles réguliers des recettes importantes de commerçants, principalement des chevillards exerçant dans le quartier[Note 1]. Peu à peu, une complicité réelle naît entre Max et Lily.
Mais Max garde une attitude très froide et se contente d’influencer les ferrailleurs par l'intermédiaire de Lily. Il s’assure l'appui de son patron et du commissaire Rosinsky, responsable du secteur, qui possède un indicateur dans la bande. Max omet toutefois de leur révéler son rôle d’instigateur. Enfin, la devinant prête à l’action, il communique à la bande une date idéale pour commettre le hold-up, toujours via une fausse confidence donnée à Lily, sachant que celle-ci le répétera à son compagnon.
Informé de ce tuyau, les voyous passent à l'action le jour dit et à l'heure dite. En sortant de la banque, ils réalisent qu'ils sont tombés dans une souricière. Ils sont tous arrêtés, excepté l'un d'entre eux, tombé sous les balles de la police.
Mue par un mauvais pressentiment, Lily se rend sur les lieux et assiste à l'arrestation de son compagnon et de sa bande. Max l'aperçoit parmi les badauds. Il l'emmène dans un café puis lui révèle toute la vérité. Lily est effondrée d'apprendre qu'elle a été instrumentalisée par celui qu'elle croyait être un ami. Max lui assure qu'elle ne sera pas inquiétée.
Cependant, le commissaire de Nanterre, Rosinsky, veut traduire Lily devant la justice pour complicité avec les malfaiteurs, puisque c'est elle qui a renseigné à la bande les informations cruciales sur l'agence braquée. Max l'apprend, se rend au bureau de Rosinsky pour le sommer de se raviser, qu'elle n'y est pour rien dans cette histoire. Le commissaire lui répond qu'il n'est pas dupe, qu'il connaît le stratagème usité par Max pour que la bande commette ce braquage. Mais ne pouvant le poursuivre, il persiste à vouloir que ça soit Lily qui en paye le prix. Max sort alors son pistolet et l'abat froidement de trois coups de feu. Jusqu'ici impassible, Max est éberlué par son geste fatal. Il est aussitôt arrêté sans qu'il n'y oppose une quelconque résistance et est embarqué. Lily a assisté à cette arrestation et comprend tout lors d'un ultime échange de regards.
Fiche technique
modifier- Titre original : Max et les Ferrailleurs
- Réalisation : Claude Sautet, assisté de Jean-Claude Sussfeld
- Scénario, adaptation et dialogues : Claude Sautet, Jean-Loup Dabadie et Claude Néron d'après son roman de même titre (Éditions Grasset, 1968)
- Décors : Pierre Guffroy
- Costumes : Jacques Cottin, Tanine Autré
- Costumes de Romy Schneider (le ciré noir et la robe rouge) par Yves Saint Laurent
- Photographie : René Mathelin
- Photographe de plateau : Claude Mathieu[1]
- Son : René Longuet
- Montage : Jacqueline Thiédot, Myriam Baum
- Musique : Philippe Sarde
- Régisseur d'extérieur : Pierre Lefait
- Assistant caméra : Jean-Paul Cornu
- Producteurs : Raymond Danon, Roland Girard
- Directeur de production : Ralph Baum
- Sociétés de production : Lira Films (France), Sonocam SA (France), Fida Cinematografica (Italie)
- Société de distribution : Les Acacias[2] (France)
- Pays d'origine :
France,
Italie - Langue originale : français
- Budget : 4 millions de francs[3] (soit environ 5,2 millions d'euros en 2025[4])
- Format : couleur (Eastmancolor) — 35 mm — 1,66:1 — monophonique
- Genre : drame, policier
- Durée : 110 minutes (montage pour la télévision 106 minutes et 30 secondes)
- Dates de sortie :
- France : [5]
- Italie :
- Allemagne de l'Ouest : [réf. souhaitée]
- Belgique : (Gand)[réf. souhaitée]
- Classifications et visa CNC : mention « tous publics », Art et Essai, visa d'exploitation no 37319 délivré le
Distribution
modifier- Michel Piccoli : l'inspecteur Max
- Romy Schneider : Lily Ackermann
- Georges Wilson : le commissaire
- Bernard Fresson : Abel Maresco
- François Périer : le commissaire Rosinsky
- Boby Lapointe : P'tit Lu
- Michel Creton : Robert Saidani
- Henri-Jacques Huet : Dromadaire, l'indic
- Jacques Canselier : Jean-Jean
- Alain Grellier : Guy Laronget
- Maurice Auzel : Tony
- Philippe Léotard : Losfeld
- Robert Favart : Loiselle
- Dominique Zardi : le garagiste Baraduch
- Albert Augier : un client de Lily
- Betty Beckers : Maria
- Jean-Paul Blonday : un inspecteur
- Danielle Durou : Nicole
- Léa Gray : Madame Saidani
- Jacqueline Dufranne : la concierge
- Dany Jacquet : Ida
- Jack Lenoir : un inspecteur
- Bernard Musson : un inspecteur railleur
- Jacques Cottin : Napo
- Henri Coutet : un inspecteur à la banque au début
- Michel Duplaix : un inspecteur du 19e
- Daniel Cauchy : un homme au café (apparition)
- Gaston Meunier : un inspecteur
- Pierre Vaudier : un homme à la cafétéria
- Roland Malet : un homme à la cafétéria
- Marius Gaidon : un homme au Crédit de la Seine
Production
modifierAttribution des rôles
modifierLa production envisage tout d'abord Yves Montand ou Alain Delon contrairement au souhait de Sautet. Leur refus lui permet d'engager Michel Piccoli, son premier choix[6],[7]. Sautet propose le rôle à Marlène Jobert pendant l'écriture du scénario qui estime le rôle de Lily assez mince. Sautet propose de l'étoffer et se tourne vers Romy Schneider, pensant toutefois que le rôle n'est pas faite pour elle. Celle-ci le convainc et Sautet forme à nouveau le couple de Les Choses de la vie, passant du milieu bourgeois à celui des marginaux[8].
C'est le deuxième film de Philippe Léotard après Domicile conjugal de François Truffaut. Sautet le remarque dans la pièce La Cuisine d'Arnold Wesker mis en scène par Ariane Mnouchkine[9].
Tournage
modifier- Période de prises de vue : 18 août au 23 octobre 1970[10].
- Les intérieurs ont été tournés aux studios de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
- Les extérieurs ont été tournés dans :
- Hauts-de-Seine : Issy-les-Moulineaux (bistrot rue Rouget-de-Lisle : scène où Lily regarde Max partir, emmené en voiture), et Studios de Boulogne-Billancourt 2 rue de Silly
- Nord : Lille (angle des rues du Molinel et Sainte-Anne : scènes du braquage de la banque),
- Paris : 11e arr. (sortie du métro Avron et au bistrot rue de Montreuil : scènes de la rencontre entre Max et Abel), 17e arr. (angle rue d'Armaillé et rue des Acacias : scènes d'un lieu de prostitution),
- Val-de-Marne : Alfortville/Créteil (un bar quai de la Révolution et le long de la voie ferrée : scènes dans un terrain vague de Nanterre, domaine des ferrailleurs).
Box-office
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ À l'époque du film, le quartier parisien de la Villette était en grande partie occupée par des abattoirs et un marché aux bestiaux, d'où la présence de ces chevillards.
Références
modifier- ↑ Catalogue de l'exposition Romy Schneider (16 mars au 31 juillet 2022) à La Cinémathèque Française, par Clémentine Deroudille, p.125.
- ↑ CNC.
- ↑ « Inscription n° 97.INS.71556 du 16 juin 1970 », sur rca.cnc.fr (consulté le ).
- ↑ Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2025.
- ↑ [vidéo] « Max et les ferrailleurs (1971) - Informations sur la sortie - IMDb » (consulté le )
- ↑ « Cinq choses à savoir sur Max et les ferrailleurs », sur Premiere.fr, (consulté le )
- ↑ Conversations avec Claude Sautet, Michel Boujut, Institut Lumière/Actes Sud, nouvelle édition, 2001, p. 87
- ↑ Sophie Quesnel, « Retirée en Normandie, Marlène Jobert raconte son rendez-vous manqué avec Claude Sautet », sur actu.fr, (consulté le )
- ↑ Conversations avec Claude Sautet, Michel Boujut, Institut Lumière/Actes Sud, nouvelle édition, 2001, p. 92
- ↑ Ciné-Ressources (Cinémathèque française).
- 1 2 « Max et les ferrailleurs (1971) - JP Box-Office (Mobile) », sur www.jpbox-office.com (consulté le )
- ↑ « Box Office Italia 1970-71 », sur www.hitparadeitalia.it (consulté le )
- ↑ Renaud SOYER, « ROMY SCHNEIDER BOX OFFICE », sur BOX OFFICE STORY (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à plusieurs domaines :