Maxime David (philosophe)
Maxime David, né le dans le 9e arrondissement de Paris et mort pour la France le à Saint-Mard-les-Triots dans le département de la Somme, est un philosophe et traducteur français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale. Époux de la femme de lettres Jeanne Maxime-David, il est le père de l'helléniste Jacqueline de Romilly, deuxième femme élue à l'Académie française.
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Maxime Jules David |
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École normale supérieure (à partir de ) École pratique des hautes études |
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Biographie
modifierMaxime Jules David, né le [1] au no 2 de la rue Pigalle à Paris, est le fils de Lucien David (1858-1902), associé d'agent de change, et d'Alice Bella Jeanne Ehrenberg (1864-1932)[2].
En classe de seconde classique au lycée Janson-de-Sailly, il obtient le premier prix de version latine, le premier de thème grec et le deuxième prix de version grecque au concours général en 1900[3], les mêmes places en version que sa fille Jacqueline en 1930[4],[5].

La famille vit un drame lorsque le père, Lucien David, est assassiné à Étretat de six balles de pistolet le [6]. Le « drame d'Étretat »[7],[8], qui fait la une des journaux lors du procès aux assises de Rouen[9], est considéré comme un crime passionnel commis par Jean Syndon, qui entretenait une relation avec Alice Ehrenberg-David[10],[11].
Après avoir réussi le concours d'entrée à l'École normale supérieure, dans la section lettres, en [12], il doit s'engager pour effectuer une année de service militaire au 28e régiment d'infanterie de à [13].
Licencié ès lettres en , il entre à l'École normale supérieure à l'automne 1904 et rédige sous la direction d'Émile Durkheim un mémoire pour son diplôme d'études supérieures sur Le Communisme sexuel en Australie[14]. Parallèlement, il prépare l'agrégation de philosophie, qu'il réussit à la première place en 1907[15]. Au cours de l'année 1908-1909[16], il suit les cours de Marcel Mauss à l'École pratique des hautes études (section des sciences religieuses) et prend part à ses travaux sur l'anthropologie des Inuits, notamment sur la thématique du communisme sexuel[17].
Pendant les cours d'Henri Bergson au Collège de France, il fait la connaissance de Jeanne Malvoisin (1886-1976) et l'épouse le à la mairie du 16e arrondissement de Paris[5]. Le critique littéraire Édouard Rod est l'un des témoins de la mariée et Charles Ferdinand-Dreyfus est témoin de Maxime au côté de son frère Pierre[18]. Les jeunes mariés partent s'installer à Avignon, où Maxime est nommé professeur de philosophie au lycée[19], puis à Saint-Quentin jusqu'à l'été 1912[20],[14].
Il écrit des comptes-rendus critiques sur des textes parus en langue anglaise pour la revue L'Année sociologique d'Émile Durkheim de 1906 à 1912[21] et publie des traductions en français d'œuvres de penseurs étrangers : l’Écossais David Hume, l’Américain William James et l’Allemand Eduard Meyer[22].

C'est à Chartres, où il est muté au lycée Marceau en 1912, que naît leur fille Jacqueline en . Il prononce le traditionnel discours au lycée, succédant au professeur Lucien Gumpel[23], lors de la remise des diplômes en sur le thème du rire et du comique[24].
Lors de la mobilisation en , il est rappelé au 102e régiment d'infanterie[13]. D'abord retenu au dépôt, il part fin septembre avec les renforts destinés à remplacer les lourdes pertes des combats de son régiment lors de la bataille des Frontières et la bataille de la Marne et envoie un télégramme à sa femme : « Je pars très content ; t'inquiète nullement »[25]. Émile Mayer écrit que « débarqué le matin du à Saint-Mard-les-Triots, près de Roye, il était engagé le soir même vers les tranchées de première ligne que l'ennemi venait de prendre. Au moment de l'assaut, avant d'avoir pu faire un pas en avant, Maxime David tomba, tué d'une balle à la tête »[22],[26],[27].
Œuvres
modifierŒuvres principales
modifier- Frédéric Rauh, « Critique des théories morales », dans Études de morale, recueillies et publiées par ses élèves, Paris, Alcan, (lire en ligne), p. 5-132.
- Berkeley, Choix de textes avec étude du système philosophique, 1912.
Traductions
modifier- David Hume (trad. Maxime David), Œuvres philosophiques choisies : Enquête sur l'entendement humain, t. I, Paris, Librairie Félix Alcan, (lire en ligne).
- David Hume (trad. Maxime David), Œuvres philosophiques choisies : Dialogues sur la religion naturelle, t. I, Paris, Librairie Félix Alcan, (lire en ligne).
- David Hume (trad. Maxime David), Œuvres philosophiques choisies : Traité de la nature humaine, t. II, Paris, Librairie Félix Alcan, (lire en ligne).
- Eduard Meyer (trad. Maxime David), Histoire de l'antiquité : Introduction à l'étude des sociétés anciennes, t. I, Paris, Geuthner, (lire en ligne).
- William James (trad. Maxime David), L'Idée de vérité, t. I, Paris, Librairie Félix Alcan, (lire en ligne).
Distinctions
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Médaille militaire, à titre posthume, arrêté du [28].
Croix de guerre -, étoile de bronze.- 1915 : Prix Saintour de l'Académie française pour Berkeley[29].
Hommages
modifier- Le nom de Maxime David est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[30].
- Son nom figure sur les monuments commémoratifs du lycée Janson-de-Sailly, du lycée Louis-Le-Grand, de l'École normale supérieure et de la Sorbonne à Paris, et sur les monuments aux morts de Chartres et du lycée Marceau.
Bibliographie
modifier- Émile Mayer, « Maxime David (1885-1914) », dans Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 4, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , p. 246-257.
- Alain Peyrefitte, « Réponse au discours de réception de Jacqueline de Romilly », sur academie-francaise.fr, .
Liens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative aux militaires :
Références
modifier- ↑ Mayer 1927, p. 246.
- ↑ « Paris - 1885 - Naissances - 9e arrondissement - V4E 6166 - acte no 974 », sur archives.paris.fr, p. 4.
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 4942.
- ↑ « Excelsior », sur Gallica, , p. 1.
- 1 2 Peyrefitte 1989.
- ↑ Marcel Boulanger, « Tybalt et Syndon », La Renaissance latine, , p. 534-539 (lire en ligne, consulté le ) — Chronique inspirée de l'affaire d'Étretat.
- ↑ « Le Petit Parisien. Supplément littéraire illustré », sur Gallica, .
- ↑ « Le Petit journal », sur Gallica, , p. 1.
- ↑ « Le Petit Parisien. Supplément littéraire illustré », sur Gallica, .
- ↑ « Syndon à l'audience - Le drame d'Etretat », La Vie populaire, no 13, , p. 193-195 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ « Le Temps », sur Gallica, , p. 3.
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 4946.
- 1 2 « Paris - David, Marime Jules - matricule no 182 - D4R1 1334 », sur archives.paris.fr.
- 1 2 Mayer 1927, p. 248.
- ↑ « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr.
- ↑ Marcel Mauss, « I. Religions des peuples non civilisés », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 22, no 18, , p. 42–44 (lire en ligne).
- ↑ Bernard Saladin d’Anglure, « Mauss et l’anthropologie des Inuit », Sociologie et sociétés, vol. 36, no 2, , p. 91–130 (ISSN 0038-030X et 1492-1375, DOI 10.7202/011050ar, lire en ligne).
- ↑ « Paris - 1909 - Mariages - 16e arrondissement - 16M 166 - acte no 1104 », sur archives.paris.fr, p. 13.
- ↑ « La Semaine mondaine », sur retronews.fr, , p. 3.
- ↑ « La Dépêche d'Eure-et-Loir », sur retronews.fr, , p. 3.
- ↑ Mayer 1927, p. 250-251.
- 1 2 Mayer 1927, p. 250.
- ↑ Association des Anciens Élèves des lycées Marceau et Hélène Boucher de Chartres, « Maxime DAVID » [PDF], .
- ↑ « Les Prix au lycée Marceau », Journal de Chartres et du département d'Eure-et-Loir, no 84, , p. 28 (lire en ligne).
- ↑ Mayer 1927, p. 249.
- ↑ « DAVID Maxime Jules - Mort pour la France le/en 2/10/1914 à Saint-Mard (80 - Somme, France) », sur memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr.
- ↑ « Chartres - Décès - 1917 - 3 E 085/380 - acte no 707 », sur archives28.fr, p. 181.
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, , p. 2132.
- ↑ « Maxime DAVID | Académie française », sur academie-francaise.fr.
- ↑ « La Pensée française », sur Gallica, , p. 2.