Mboro
- Référence : article de Saaliwu Dangura " Mboro, une commune pas comme les autres "
Mboro est une ville côtière du nord-ouest du Sénégal, située sur la section du littoral appelée la Grande-Côte précisément dans le département de Tivaoune, région de Thies. Appelée autrefois “la petite Casamance”


Histoire
modifierMboro s’inscrit dans l’histoire longue des Niayes du Sénégal, cette bande fertile située entre l’océan Atlantique et les dunes sahéliennes. Bien avant l’époque coloniale, l’espace était déjà occupé par des communautés peulhs, organisées autour de systèmes agraires et pastoraux.
À l’époque des royaumes wolof, notamment le Royaume du Cayor (XVIᵉ – XIXᵉ siècle), la zone de Mboro faisait partie des terres sous influence des damels (rois du Cayor). Les populations vivaient dans une économie de subsistance fondée sur l’agriculture, l’élevage et les échanges locaux.
Les premières descriptions européennes de la côte ouest-africaine du Cayor proviennent du navigateur vénitien Alvise Cadamosto, qui voyage entre 1455 et 1456 au service des Portugais. Ses récits sont ensuite compilés et publiés à Venise au XVIe siècle par Giovanni Battista Ramusio dans Delle navigationi et viaggi (vers 1550). En outre, Mboro est mentionnée dans presque tous les traités signés entre les damels et les colons depuis 1861 (Annales sénégalaises 1854-1885).

Par ailleurs, vers les années 1862-1863, les troupes de Pinet-Laprade, ancien gouverneur de l'administration coloniale décida d'y installer une station agricole destinée à la production maraîchère et fruitière, et c'est alors que Mboro fut créée. Moyennant quelques avantages matériels, les populations du voisinage furent fortement incitées à venir s'y établir.
Présentement, la ville compte une population très diversifiée en termes d'origines ethniques - Diola, Peuls, Sereres, Toucouleurs, etc. - mais reste dominée par les Wolofs.
Administration
modifierAprès l’indépendance du Sénégal en 1960, Mboro reste une communauté rurale pendant plusieurs décennies, avant de connaître une transformation administrative majeure.
Mboro a connu une mutation institutionnelle importante :
1976 : la création du statut de communauté rurale dans l’organisation territoriale sénégalaise. La localité de Mboro fut officiellement érigée en commune urbaine en 2002, par décret présidentiel sénégalais (décret n°2002-171 du 21 février 2002).
Cette transformation marque un tournant décisif dans l’histoire locale, donnant naissance à une gouvernance municipale autonome.
Géographie
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La ville est située à 25 km à l'Ouest de Tivaouane et à 117 km au Nord de Dakar.
Avec l’arrivée progressive de l’administration coloniale française au XIXᵉ siècle, les Niayes deviennent un espace stratégique en raison de leur potentiel agricole. C’est dans ce contexte que Mboro commence à se structurer comme village organisé, tout en restant longtemps un espace rural marqué par la tradition et les lignages familiaux.
Population
modifierLa démographie de Mboro illustre une croissance soutenue, reflet de son dynamisme économique et migratoire :
1976 : environ 3 836 habitants
1988 : environ 13 542 habitants
2002 : environ 11 809 habitants
2013 : environ 27 693 habitants
Estimation récente (années 2023) : autour de 40 000 à 45 000 habitants Ces chiffres proviennent des données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) du Sénégal et des recensements généraux de la population. Mboro apparaît ainsi comme une commune en expansion marquée par : une forte natalité, une migration interne liée aux activités économiques, une urbanisation progressive.
Activités économiques
modifierMboro vit essentiellement de la pêche, du maraîchage, de l'extraction et la transformation des phosphates de la mine de ICS , de l'industrie Chimique du Sénégal ce dernier n’est pas seulement une entreprise dans ce récit. Elle devient un symbole — celui d’un modèle qui prend sans toujours rendre, qui exploite sans toujours réparer, qui avance sans toujours regarder derrière lui les traces qu’il laisse.
La seule route de Mboro gére presque l'économie de cette commune, le stade de Mboro, cœur battant des passions populaires, demeure une cicatrice ouverte, le marché, quant à lui respire la fatigue. ectc...
Comme dit Saliou Dangoura : « Mboro, c’est un peu comme un téléphone sans chargeur : tout le monde l’utilise, tout le monde l’aime, mais parfois on se demande pourquoi certaines fonctions importantes ne s’allument pas… alors qu’il a tout pour devenir un modèle, il lui manque juste la prise bien branchée. »
Notes et références
modifierArticle : Mboro, une commune pas comme les autres.
Vous pouvez avoir l'article en PDF en envoyant votre demande à saaliwudangura@gmail.com ou contactez ce numéro : +221 70 949 91 35
Bibliographie
modifier- Saliou dangoura : Écrivain, poète, slameur, scénariste, fondateur de keepar
- (fr) C. N. Dieng, Relation ville‑campagne : processus de domination et de contrôle de l'espace par la ville : l'exemple de Mboro, Mémoire de DEA, Dakar, Département de Géographie, UCAD, 1999
- (nl) I. van der Werf, Grondrechten en implementatie: het beheer van landbouwgronden door de Conceil Rural van Mboro, Erasmus Universiteit, Faculteit der Sociale Wetenschappen, 1994