Merhoteprê Ini
Merhoteprê Ini Ier est peut-être un roi de la XIIIe dynastie. Plusieurs chercheurs l'identifient à Merhoteprê Sobekhotep.
| Merhoteprê Ini Ier | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XIIIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Merneferrê Aÿ |
| Successeur | Sânkhenrê Soudjetou |
| Famille | |
| Père | Merneferrê Aÿ ? |
| Mère | Ini ? |
| Conjoint | Rediténès ? |
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|
Attestations
modifierAttestations contemporaines
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Les attestations contemporaines de Merhoteprê Ini sont les suivantes[1],[2] :
- un couvercle de vase, aujourd'hui au Musée d'Art du comté de Los Angeles (CMA M.80.203.225),
- un sceau scarabée, aujourd'hui au Musée Petrie (E 3310).
Deux attestations contemporaines mentionnent un roi Merhoteprê sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit du roi Sobekhotep ou du roi Ini, si tant est qu'il soit pertinent de distinguer deux rois[3],[2] :
- une stèle découverte à Abydos et aujourd'hui conservée au Musée du Caire (JE27578 = CG 20044),
- un sceau-cylindre de provenance inconnue et conservée dans l'ancienne collection Michaelides.
Attestations ultérieures
modifierDeux listes royales du Nouvel Empire donnent le nom Merhoteprê sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit du roi Sobekhotep ou du roi Ini, si tant est qu'il soit pertinent de distinguer deux rois[4],[5] :
- le Canon royal de Turin à la position 8.4 et crédité d'un règne de deux ans, deux mois et neuf jours,
- la liste de Karnak en position 50.
Une stèle, connue sous le nom de Stèle juridique, découverte dans la salle hypostyle de Karnak et datée de Souadjenrê Nebiryraou mentionne un roi Merhoteprê ; la stèle est conservée au Musée du Caire (JE 52463)[2].
Identité
modifierDeux noms de rois de cette période porte le nom de Nesout-bity Merhoteprê : Merhoteprê Sobekhotep et Merhoteprê Ini. Si plusieurs égyptologues, comme Franke, von Beckerath[6], Claude Vandersleyen[7] et Siesse[8],[9], voient en ces deux noms un seul et même roi, d'autres, en particulier Ryholt, les différencient[10].
Position chronologique
modifierLes égyptologues, dont Jürgen von Beckerath[6], Claude Vandersleyen[7] et Siesse[8],[11], qui identifient ce roi à Merhoteprê Ini le place après Merneferrê Aÿ, en s'appuyant sur le Canon royal de Turin qui indique le nom Merhoteprê après celui de Merneferrê, correspondant au roi Merneferrê Aÿ. Kim Ryholt, qui distingue deux rois, place Merhoteprê Ini après Merneferrê Aÿ et place Merhoteprê Sobekhotep entre Khâneferrê Sobekhotep (position 7.27 sur le Canon royal de Turin) et Khâhoteprê Sobekhotep (position 8.1), considérant en effet qu'une ligne tout en bas de la colonne 7 du Canon royal de Turin a été perdue[12]. Cependant, dans l'hypothèse que les deux noms se réfèrent à deuix rois distincts et si la ligne 8.4 du papyrus ne se réfère pas à lui mais à Merhoteprê Sobekhotep, alors la position chronologique de Merhoteprê Ini est inconnue.
Famille
modifierMalgré le très bref règne de Merhoteprê, il est attesté dans les archives historiques de la Stèle juridique. Ce document, daté de l'an 1 du futur roi thébain Souadjenrê Nebiryraou, contient une charte généalogique qui stipule qu'Aÿmérou - le fils du vizir Aÿ et de la « fille du roi » Rediténès - a été nommé gouverneur d'El Kab en l'an 1 de Merhoteprê. La raison de cette nomination est due à la mort inattendue du gouverneur sans enfant d'El Kab, Aÿ-Shéri (Aÿ le Jeune), qui était le fils aîné du vizir Aÿ et le frère aîné d'Aÿmérou. La charte identifie un certain Kebsi comme le fils du gouverneur, et plus tard, du vizir Aÿmérou. La Stèle juridique enregistre la vente de la fonction de gouverneur d'El Kab à un certain Sobeknakht[13]. Ce Sobeknakht Ier était le père de l'illustre gouverneur Sobeknakht II qui construisit l'une des tombes les plus richement décorées d'El Kab durant la Deuxième Période intermédiaire. Sur la base de la stèle, Kim Ryholt propose que Merhoteprê était le fils de son prédécesseur Merneferrê Aÿ avec sa reine Ini, Rediténès étant alors la sœur de Merhoteprê. Le vizir était une position héréditaire à l'époque et un changement de famille à la tête du poste aurait été un geste politique important. En particulier, Rediténès étant peut-être une sœur de Merhoteprê, sa nomination au vizirat par Aÿ (donc son beau-frère) aurait fait entrer le poste dans sa propre famille[14].
Si Julien Siesse ne réfute pas l'hypothèse de Kim Ryholt concernant la reine Ini identifiée comme l'épouse du roi Merneferrê Aÿ, il ne la confirme pas non plus, soulignant simplement que la datation correspond[15]. Concernant la « fille du roi » Rediténès, il ne confirme pas non plus son lien avec les rois Merneferrê Aÿ et Merhoteprê[16]. Il est à noter d'ailleurs que l'ensemble des attestations de la reine Ini et de la princesse Rediténès ne confirme pas le lien entre Aÿ et Merhoteprê : la première ne porte pas le titre de « mère du roi »[17], tandis que la seconde ne porte pas le titre de « sœur du roi »[18].
Titulature
modifierNotes et références
modifier- ↑ Ryholt 1997, p. 356.
- 1 2 3 Siesse 2019, p. 393.
- ↑ Ryholt 1997, p. 402-403.
- ↑ Ryholt 1997, p. 356 et 402.
- ↑ Siesse 2019, p. 28 et 34.
- 1 2 von Beckerath 1999, p. 98-99.
- 1 2 Vandersleyen 1995, p. 142 et 661.
- 1 2 Siesse 2015, p. 75-98.
- ↑ Siesse 2019, p. 64-65, 99 et 393.
- ↑ Ryholt 1997, p. 197.
- ↑ Siesse 2019, p. 64-65.
- ↑ Ryholt 1997, p. 73.
- ↑ Bennett 2002, p. 124-125.
- ↑ Ryholt 1997, p. 133-135.
- ↑ Siesse 2019, p. 149.
- ↑ Siesse 2019, p. 153.
- ↑ Siesse 2019, p. 145.
- ↑ Siesse 2019, p. 151.
Bibliographie
modifier- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
- (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246, , p. 75-98 ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
- (en) Chris Bennett, « A Genealogical Chronology of the Seventeenth Dynasty », Journal of the American Research Center in Egypt, no 39, , p. 123-155.