Michael Roemer
Michael Roemer, né le à Berlin et mort le à Townshend (Vermont), est un réalisateur et scénariste allemand naturalisé américain[1].
| Naissance |
Berlin Allemagne |
|---|---|
| Nationalité |
Allemand Américain |
| Décès |
(à 97 ans) Townshend États-Unis |
| Profession |
Réalisateur Scénariste |
| Films notables |
Un homme comme tant d'autres, Harry Plotnick seul contre tous La vengeance est à moi |
Il est connu pour ses films Un homme comme tant d'autres, Harry Plotnick seul contre tous et La vengeance est à moi. De 1966 à 2017, il a enseigné à l'école d'art de l'Université Yale[2].
Biographie
modifierMichael Roemer est né le à Berlin, au sein d'une famille juive allemande[3]. La montée du nazisme pousse ses parents à l'envoyer vivre en Angleterre à l'âge de onze ans (grâce à l’opération Kindertransport[3],[4], qui met à l'abri des dizaines de milliers d’enfants juifs en les amenant en Angleterre et en les plaçant en familles d’accueil), où il intègre Bunce Court (Faversham), une école pour réfugiés. En 1945, il émigre aux États-Unis, à Boston, grâce à une bourse[3].
En 1949, Roemer obtient son bachelor of Arts à l'Université Harvard[5]. Commençant sa carrière artistique, il écrit une série de douze films pour la fondation Ford[5], puis réalise Cortile cascino, un documentaire de 1962 sur un bidonville de Palerme[3]. Mais c'est en 1964 qu'il se fait connaître avec Un homme comme tant d'autres, qui remporte le prix San Giorgio à la Mostra de Venise et demeure l'un des plus grands films sur la condition des Afro-Américains. Il est considéré comme une œuvre pionnière du cinéma indépendant américain[6]. Michael Roemer établissait lui-même un lien entre son histoire familliale et le film. Il expliquait que son intérêt pour la condition des Afro-Américains faisait écho aux persecutions subies par sa famille juive en Europe[7].
En 1970, il réalise Harry Plotnick seul contre tous. Cette comédie ne trouve cependant pas de distributeur parce que personne ne la trouve drôle, à l'époque. Presque vingt ans plus tard, il décide de mettre tous ses films sur bande vidéo pour en faire cadeau à ses enfants. Constatant que le technicien qui effectue le transfert riait beaucoup de ce film, Michael Roemer décide de faire deux copies en 35 mm et de les soumettre aux festivals du film de New York et de Toronto. Les deux festivals acceptent le film, qui est ensuite distribué dans le commerce, en 1989, avec succès[8].+
En 1971, il reçoit une bourse Guggenheim[9] pour un script intitulé Stone my Heart[5]. Spécialiste du scénario, Roemer publie deux ouvrages sur la question : Telling Stories (1997) et Film Stories (2 volumes, 2001).
Il réside aux États-Unis, où il est professeur adjoint en cinéma et en études américaines à l'école d'art de l'Université Yale à partir de 1966[5], jusqu'en 2017.
Longtemps resté confidentiel, Michael Roemer connaît une reconnaissance tardive. Plusieurs de ses films, initaliement peu distribués, sont redécouverts plusieurs décennies après leur réalistation et font l'objet de restaurations et de nouvelles sorties en salles[6].
Il meurt à l'âge de 97 ans le à Townshend, dans le Vermont[10].
Filmographie
modifierFilmographie sélective comme réalisateur[11].
- 1962 : Cortile Cascino (moyen métrage documentaire)
- 1967 : Faces of Israel
- 1964 : Un homme comme tant d'autres (Nothing But a Man)
- 1976 : Dying (documentaire)
- 1980 : American Playhouse (série télévisée), saison 1, épisode 11 Pilgrim, Farewell
- 1984 : American Playhouse (série télévisée), saison 3, épisode 9 Haunted
- 1984 : La vengeance est à moi (Vengeance Is Mine)
- 1989 : Harry Plotnick seul contre tous (The Plot Against Harry) (réalisé en 1970)
- 1993 : Children of Fate: Life and Death in a Sicilian Family (documentaire)
Bibliographie
modifier- (en) Michael Roemer, Telling Stories : postmodernism and the invalidation of traditional narrative, Oxford, Rowman & Littlefield, , 499 p. (ISBN 1-57309-035-2)
- (en) Michael Roemer, Film Stories : screenplays as a story, vol. 1, Londres, The Scarecrow press, , 375 p. (ISBN 0-8108-3909-1)
- (en) Michael Roemer, Film Stories : screenplays as a story, vol. 2, Londres, The Scarecrow press, , 341 p. (ISBN 0-8108-3911-3)
Notes et références
modifier- ↑ « Michael Roemer », sur CinéDweller (consulté le )
- ↑ Mathieu Macheret, « Michael Roemer, éclipse et renaissance d’un cinéaste non identifié », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 Mathieu Macheret, « Michael Roemer, éclipse et renaissance d’un cinéaste non identifié », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ (en) Janet Maslin, « Children Were Saved, but So Much Was Lost », The New York Times, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 Sa fiche sur le site de l'Université Yale
- 1 2 « "Nothing but a man" sur la condition des Afro-Américains, et deux autres films de Michael Roemer ressortent en salles », sur franceinfo, (consulté le )
- ↑ Mathieu Macheret, « Michael Roemer, éclipse et renaissance d’un cinéaste non identifié », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Susan King, « Michael Roemer : Unraveling 'The Plot Against Harry », Los Angeles Times, (lire en ligne)
- ↑ Michael Roemer sur le site de la Fondation Guggenheim
- ↑ Michael Roemer, Maker of Acclaimed but Little-Seen Films, Dies at 97
- ↑ Gilles Renault, « Michael Roemer, destin ranimé », Libération, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative aux beaux-arts :