Michaël Randrianirina
Michaël Randrianirina (/mikael rand͡zianirinə/), né le à Sevohipoty, dans la ville d'Ambovombe (Ambovombe), est un homme d'État malgache et officier supérieur des Forces armées malgaches.
| Michaël Randrianirina | |
Michaël Randrianirina en 2026. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la Refondation de la république de Madagascar (chef de l'État) | |
| En fonction depuis le [a] (11 mois et 1 jour) |
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| Premier ministre | Ruphin Zafisambo Herintsalama Rajaonarivelo Mamitiana Rajaonarison |
| Prédécesseur | Andry Rajoelina (président de la République) |
| Commandant du CAPSAT | |
| En fonction depuis (4 ans) |
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| Président de la Communauté de développement d'Afrique australe | |
| – (24 jours) |
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| Vice-président | Cyril Ramaphosa[1] |
| Prédécesseur | Andry Rajoelina |
| Successeur | Cyril Ramaphosa (intérim)[1] |
| Gouverneur d'Androy | |
| – (2 ans) |
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| Prédécesseur | Fiandraza |
| Successeur | Lahimaro Soja Tsimandilatse |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Sevohipoty (Madagascar) |
| Nationalité | Malgache |
| Conjoint | Élisa Randrianirina[2] |
| Profession | Militaire |
| Religion | Luthéranisme |
| Résidence | Palais d'Iavoloha (Antananarivo) |
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| Chefs d'État malgaches | |
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| Michaël Randrianirina | |
| Allégeance | |
|---|---|
| Arme | Forces armées de Madagascar |
| Unité | Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques |
| Grade | Colonel |
| Commandement | CAPSAT |
| Conflits | Coup d'État de 2025 à Madagascar |
| Distinctions | |
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En tant que commandant du Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques (CAPSAT), une unité d'élite de l'armée, il devient la figure centrale des manifestations d'octobre 2025 puis du coup d'État. Le , à la suite de la fuite du président Andry Rajoelina et de sa destitution par l'Assemblée nationale, il prend le pouvoir et est investi par la Haute Cour constitutionnelle le .
Biographie
modifierCarrière militaire
modifierMichaël Randrianirina est un colonel de l'armée malgache formé à l'académie militaire d'Antsirabe (ACMIL) et commandant reconnu du CAPSAT, une unité d'élite influente au sein de l'appareil sécuritaire du pays[3],[4].
Condamnation en 2024
modifierLe colonel Randrianirina aurait été condamné et brièvement détenu de à , avant de reprendre son statut d'officier d'active après un passage au centre hospitalier de Soavinandriana[5]. Dans un premier temps, les détails concernant la nature des accusations, les circonstances de cette condamnation ou les raisons de sa réintégration n'ont pas été publiquement divulgués[6],[7]. Accusé d'« incitation à la mutinerie militaire en vue d’un coup d’État », il aurait été condamné à un an de prison avec sursis pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Selon les sources, il aurait été un temps incarcéré à la prison de Tsiafahy[8], ou peut-être simplement placé en résidence surveillée au sein de l'hôpital [9]. Sa nomination à la tête du CAPSAT, unité prestigieuse et proche des cercles de pouvoir, a priori peu compatible avec de telles accusations, serait due à l'estime dont il n'a cessé de jouir au sein de l'appareil militaire[10].
Rôle dans la crise politique de 2025
modifierMouvement de la « Génération Z »
modifierÀ partir du , un mouvement de protestation mené par des jeunes, surnommé la « Génération Z », émerge à Antananarivo[11],[3]. Initialement motivées par les pannes chroniques d'électricité et les coupures d'eau, les manifestations s'élargissent rapidement pour dénoncer la corruption, le coût de la vie et la pauvreté généralisée, exigeant la démission du président Andry Rajoelina[3],[12],[4].
Mutinerie du CAPSAT
modifierLe week-end du 11 et marque un tournant lorsque le colonel Randrianirina et les troupes du CAPSAT quittent leurs casernes pour rejoindre les manifestants[12]. Le CAPSAT annonce publiquement son refus de tirer sur la foule, se positionnant en protecteur du peuple[4],[13]. Cette unité avait déjà joué un rôle décisif dans le coup d'État de 2009 qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir, ce qui renforce son image de « faiseur de rois » dans la politique malgache[3],[12],[4].
Après des échanges de tirs avec des forces loyalistes au cours desquels un soldat du CAPSAT aurait été tué, l'unité affirme prendre le contrôle de l'ensemble des forces armées et nomme le général Demosthène Pikulas comme nouveau chef d'état-major, une nomination validée par le ministre des Armées.
Dans des entretiens ultérieurs avec des médias internationaux, le colonel Randrianirina rejette le terme de « coup d'État », affirmant que « l'armée a simplement montré qu'elle existe encore et a répondu à l'appel du peuple malgache »[5]. Il minimise également son rôle personnel, se décrit comme un « simple officier exécutant » et précise que le pouvoir est détenu par le commandement militaire supérieur[5].
Prise de pouvoir
modifierFace à la mutinerie, le président Andry Rajoelina quitte le pays dans la journée du , invoquant des craintes pour sa sécurité[3]. Le , l'Assemblée nationale vote sa destitution[3],[12].
Le même jour, le colonel Randrianirina apparaît au palais présidentiel d'Ambohitsorohitra et annonce officiellement la prise de pouvoir par l'armée[3],[4]. Il annonce la création d'un conseil de gouvernement militaire — dénommé Administration collégiale du chef de l’État pour la rénovation —, la suspension de la Constitution et de la Haute Cour constitutionnelle, ainsi que la dissolution du Sénat, tout en maintenant l'Assemblée nationale en fonction. Il annonce également la nomination future d'un Premier ministre civil et l'adoption d'une nouvelle Constitution par un référendum[3],[12],[14]. La destitution de Rajoelina est validée par la Haute Cour constitutionnelle, pourtant dissoute, qui invite Randrianirina à exercer les fonctions de chef de l'État[15], du fait de la vacance du poste de président du Sénat, et de l'impossibilité du gouvernement d'assurer l'intérim. Une nouvelle élection présidentielle doit cependant être organisée dans un délai de 30 à 60 jours. De son côté, Randrianirina annonce diriger le pays durant une période transitoire de deux ans[16].
Le , il annonce revenir sur la dissolution du Sénat et de la Haute Cour constitutionnelle[17]. Il est ensuite investi par la Haute Cour constitutionnelle le [18] avec le titre de président de la Refondation de la république de Madagascar[19]. Il déclare vouloir réformer la constitution, élaborer de nouveaux textes relatifs aux élections et au referendum et « réformer en profondeur les systèmes administratifs, socio-économiques et politiques de gouvernance du pays »[20]. Outre Randrianirina, le Conseil présidentiel se compose également d'autres officiers : Lucien Rabearimanana, Solofoniaina Thierry Rampanarivo, Gervais Andriamiarisoa et Manantenasoa Marcellin Zafitasondry Ranoelson. Enfin, alors que la Haute Cour constitutionnelle réitère sa volonté d'aller vers des élections dans les délais constitutionnels, Randrianirina souhaite mener des réformes de la Constitution et de la loi électorale, cette dernière contredit la Constitution, puisqu'elle prévoit des élections dans un délai de 90 jours minimum[21].
Sa fonction de chef d'État de Madagascar lui confère également celle de président de la Communauté de développement d'Afrique australe. Toutefois, le , son gouvernement annonce son intention de se retirer de la présidence de l'organisation[22]. Le , un sommet extraordinaire est organisé par visioconférence, attribuant l'intérim au président sud-africain Cyril Ramaphosa[1].
Gouvernement
modifierRandrianirina nomme un gouvernement à majorité civile le , dirigé par Herintsalama Rajaonarivelo.
Dans une interview accordée à Sky News le , il insiste sur le fait qu'il était à la fois un officier militaire et un citoyen, et nie que son accession au pouvoir soit le fruit d'un coup d'État, affirmant que l'ancien président Andry Rajoelina avait choisi de quitter le pays. Il promet des élections dans un délai de 18 à 24 mois après une période de « refondation et de redressement », déclarant que la génération Z et l'ensemble de la population aspiraient au changement. Il a ajouté que si le peuple ne le soutenait plus, il démissionnerait[23].
Le , Michaël Randrianirina se rend à Toamasina pour évaluer les dégâts causés par le cyclone Gezani[24].
Le , il annonce par communiqué la dissolution de ce gouvernement[25]. Cette décision intervient dix jours après la présentation d'un calendrier de transition à la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Elle fait suite à des manifestations d'organisations de jeunesse réclamant le départ du Premier ministre[26], tandis que la société civile critique le manque de transparence du pouvoir[27].
Convictions religieuses
modifierMembre actif au sein de l’Église luthérienne de Madagascar, le colonel Randrianirina est investi du statut de « Mpiandry », c'est-à-dire de laïc auquel a été conférée une autorité diaconale, sensiblement équivalente au statut d'aumônier en France[8].
Distinctions
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Grand-croix 1re classe de l'Ordre national malgache (2025)
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Il a été investi par la Haute Cour Constitutionnelle le 17 octobre 2025.
Références
modifier- 1 2 3 « COMMUNIQUÉ DE LA RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU SOMMET DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA SADC | SADC », sur www.sadc.int, (consulté le )
- ↑ (en) « Madagascar • First lady Elisa Berthine Randrianirina launches foundation - 24/04/2026 », sur Africa Intelligence, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Military colonel announces that the armed forces are taking control in Madagascar », sur The Atlanta Journal-Constitution (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Military has taken control of Madagascar, colonel who led mutiny says », sur Global News (consulté le )
- 1 2 3 « Madagascar : « Pas de coup d'État » (Officier) », sur APAnews (consulté le )
- ↑ « La société militaire à Madagascar », sur Cairn.info (consulté le )
- ↑ « Dossiers brûlants - Les procès attendus de 2024 », sur La Vérité (consulté le )
- 1 2 « Colonel Michael Randrianirina : l’ascension du nouvel homme fort de Madagascar après la chute de Rajoelina », sur afrik.com (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: qui est Michael Randrianirina, le colonel chargé de reprendre le pouvoir sur la Grande île? », sur afrik.com (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: qui est Michael Randrianirina, le nouvel homme fort du régime malgache? », sur rfi.fr (consulté le )
- ↑ « Colonel Randrianirina du Capsat : “Il n'y a pas eu de coup d'État, l'armée a simplement répondu à l'appel du peuple malagasy” », sur neemamedia.com (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « L'armée prend le pouvoir à Madagascar », sur watson.ch (consulté le )
- ↑ « Madagascar : des militaires du CAPSAT refusent de tirer sur le peuple et appellent à la solidarité », sur Free Dom (consulté le )
- ↑ « Madagascar: qui est Michael Randrianirina, le nouvel homme fort du régime malgache? », sur rfi.fr (consulté le )
- ↑ « Madagascar : la Haute Cour Constitutionnelle valide la destitution d'Andry Rajoelina », sur Réunion la 1ère (consulté le ).
- ↑ « Madagascar : la Haute Cour constate la vacance du pouvoir et confie la transition à l’armée », sur Free Dom, https:freedom.fr, (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: à la veille de son investiture, le colonel Michael Randrianirina clarifie sa position sur les institutions [Info RFI] ».
- ↑ « Décision n°10-HCC/D3 du 14 octobre 2025 concernant une requête aux fins de résolution sur une sortie de crise politique. », (consulté le )
- ↑ « Communiqué officiel », (consulté le )
- ↑ Le Monde avec AFP, « A Madagascar, le colonel Randrianirina est investi président », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Transition - Une nouvelle Constitution au programme », sur L'Express de Madagascar (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: les autorités de transition annoncent leur retrait de la présidence de la SADC », sur RFI, (consulté le )
- ↑ (en) « Madagascar's new president Michael Randrianirina denies coup after taking office following Gen Z uprising », sur Sky News (consulté le )
- ↑ (en-US) « Madagascan President Randrianirina visits city devastated by Cyclone Gezani », sur Qiraat Africa, (consulté le )
- ↑ « Madagascar : la Présidence annonce la dissolution du gouvernement », sur 2424.mg - L'actualité à Madagascar en temps réel, (consulté le )
- ↑ « Madagascar : les générations Y et Z exigent la démission du chef du gouvernement », sur www.linfo.re (consulté le ).
- ↑ « Madagascar: en pleine «Refondation», le président Randrianirina dissout le gouvernement », sur RFI, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Liste des présidents de la république de Madagascar
- Liste des dirigeants actuels des États
- Président de la république de Madagascar
- Conseil présidentiel de la refondation de la république de Madagascar
- Manifestations de 2025 à Madagascar
- Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques
- Politique à Madagascar
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à l'audiovisuel :