Michel Feuillard
Michel, Raoul, Ferdinand Feuillard, né le à Saint-Claude et mort le à Villejuif, est un géophysicien français.
| Directeur Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Michel Raoul Ferdinand Feuillard |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Période d'activité |
- |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de |
Biographie
modifierNé en 1932 à Saint-Claude en Guadeloupe, Michel Feuillard est diplômé de l'École d'ingénieurs en géophysique de Strasbourg en 1959, promotion Xavier Le Pichon. Son mémoire est intitulé « Étude complémentaire d'une aire de prospection par la restitution de profils et la construction d'une carte "isopach" avec considérations sur certains aspects du problème de vitesse en sismique réflexion ». Dès la fin de son service militaire en 1961, il est recruté à l'Institut de physique du globe de Paris en tant qu'aide-physicien et affecté à la Guadeloupe avec le sismologue Jacques Dorel, pour diriger le laboratoire de physique du globe, poste qu'il occupera jusqu'à son départ en retraite en 1997.
Directeur de l'observatoire de la Soufrière
modifierEn novembre 1961, Michel Feuillard est nommé directeur du Laboratoire de physique du globe, au Parnasse à Saint-Claude. Avec peu de moyens, il met en place des réseaux de surveillance volcanique et sismique qui lui permettront de détecter les premiers signes précurseurs de la crise sismo-volcanique de La Soufrière dès [1].
Le 13 novembre 1975, après des mois d'augmentation de la sismicité du volcan, Michel Feuillard alerte la Préfecture et la Sécurité civile qui lancent une étude d'un plan Orsec spécifique au risque volcanique. En , alors que la crise sismique s'intensifie avec de nombreux séismes ressentis par la population, il déclare la situation « sérieuse mais pas critique », analyse confirmée par Haroun Tazieff, alors directeur du service de volcanologie de l'IPGP[2]. En , une polémique médiatisée oppose Haroun Tazieff à Claude Allègre sur le bien-fondé de l'évacuation de la population proche de la Soufrière, déclenchée par le Préfet le sur proposition de Michel Feuillard, Robert Brousse et John Tomblin à la suite de manifestations inquiétantes du volcan[3]. Feuillard estime que la science volcanologique est incertaine et qu'il ne souhaite pas faire courir un risque grave à la population guadeloupéenne, compte tenu des catastrophes historiques ayant frappé les îles voisines lors d'éruptions de volcans similaires (Montagne Pelée 1902 en particulier). Ce sera finalement une éruption phréatique majeure en terme de volume expulsés[4], mais sans dégâts importants, et après consultation d'un comité d'experts internationaux, les personnes évacuées seront autorisées à rentrer le [5].
Durant cette crise et la controverse médiatisée, Michel Feuillard a fait preuve de sérénité, de rigueur scientifique et de transparence, mettant les intérêts de Guadeloupéens avant tout. À la suite de cet événement, il rebaptisera le laboratoire de Saint-Claude Observatoire volcanologique de la Soufrière et s'investira dans la modernisation des réseaux de surveillance avec une équipe technique et scientifique renforcée. En 1986, il contribuera à l'établissement d'une convention tripartite entre l'IPGP, le CNRS et le conseil général de Guadeloupe permettant l'affectation de personnels permanents et une subvention récurrente pour la surveillance des risques volcaniques et sismiques. Il lancera en 1989, avec l'appui du département, le projet d'un nouveau bâtiment moderne au Houëlmont à Gourbeyre, qui sera inauguré en 1993.
Outre son engagement auprès des Guadeloupéens pour renforcer la résilience face au risque volcanique, Michel Feuillard a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à l'étude de l'aléa et du risque sismique régional qu'il considérait méconnus des autorités et de la population[1]. Il a ainsi écrit sa thèse de doctorat intitulée Macrosismicité de la Guadeloupe et de la Martinique (1985), un ouvrage de référence sur les intensités macrosismiques dans l'histoire des Antilles françaises.
Michel Feuillard prend sa retraite en , à l'âge de 65 ans. Il aura dirigé l'observatoire pendant près de 35 ans.
Vie associative
modifierMichel Feuillard s’est investi dans la vie associative et culturelle de la Guadeloupe, en particulier au sein de la Société d’histoire de la Guadeloupe. Adhérent de l’association vers 1968, il est élu dès 1969 à son conseil d’administration où il siège sans interruption jusqu’à son décès en 2013. Avec son épouse Françoise, il participe aux activités de la société, notamment à ses conférences et à ses excursions dans les îles de la Caraïbe.
Géophysicien et volcanologue de formation, Feuillard met également ses compétences scientifiques au service de l’histoire de la Guadeloupe. Il publie plusieurs articles dans le Bulletin de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, consacrés notamment à l’histoire de la Soufrière et aux grands séismes ayant marqué l’archipel. Ses travaux cherchent à montrer le rôle du volcanisme et des risques naturels dans la construction de l’identité guadeloupéenne et à sensibiliser la population aux enjeux de prévention.
Son engagement au sein de la société savante s’inscrit dans une démarche plus large de diffusion des connaissances sur le patrimoine naturel et historique de la Guadeloupe. Selon l’hommage publié par la Société d’Histoire après sa disparition[1], il comptait parmi les figures marquantes de l’association, dont il demeura l’un des administrateurs les plus fidèles pendant plus de quarante ans.
Durant sa retraite, Michel Feuillard restera très actif dans le domaine de l'information et prévention des risques volcaniques et sismiques et conservera un rôle de conseiller risques auprès de l'OVSG. Il va notamment finaliser la rédaction de ses mémoires La Soufrière de la Guadeloupe : un volcan et un peuple (éditions Jasor, 2011), un livre essentiellement biographique retraçant sa carrière scientifique et revenant sur la crise de La Soufrière.
Vie privée
modifierMichel Feuillard s'est marié à Françoise Lefay à Strasbourg le 23 décembre 1958. Ils ont eu trois enfants : Pascale, Christophe et François.
Il décède le dès suites d'une longue maladie[6], quelques jours seulement après le décès de son épouse Françoise.
Ouvrages
modifier- Michel Feuillard, Macrosismicité de la Guadeloupe et de la Martinique, Conseil Général de la Guadeloupe, Institut de Physique du Globe de Paris, , 349 p.
- Michel Feuillard, La Soufrière de la Guadeloupe : un volcan et un peuple, Jasor, (ISBN 978-2-912594-81-5)
Distinctions et hommages
modifierLe , Michel Feuillard est décoré au grade de chevalier de la légion d'honneur, puis au grade d'officier le [7].
En , Michel Feuillard est citoyen d'honneur de Saint-Claude[8].
En 2016, une rue des quartiers sud de Saint-Claude est renommée rue Michel Feuillard[9].
Références
modifier- 1 2 3 « In memoriam Michel Feuillard (1932-2013) – Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe », sur Érudit (consulté le )
- ↑ François Beauducel, « À propos de la polémique « Soufrière 76 »... », (consulté le )
- ↑ René Jentet, « Vingt jours de la vie d’un volcan », sur France Culture, (consulté le )
- ↑ Beauducel, Allard et Komorowski, « Retour d’expérience sur la crise de la Soufrière (1976-1977) », dans Marc Chaussidon, Emmelyne Mitard, Institut de physique du globe de Paris - 100 ans de sciences pour la planète, Paris, La Martinière, , 205 p.
- ↑ Morann Césarin, « En 1976, la Soufrière entrait en éruption », sur Outre-mer La Première, (consulté le )
- ↑ M.T.L., « Décès de Michel Feuillard »
, sur France Antilles, France-Antilles Guadeloupe, (consulté le ). - ↑ https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000597017
- ↑ Propos recueillis par Y.J.L., « Michel Feuillard, citoyen d'honneur »
, sur France-Antilles Guadeloupe, (consulté le ). - ↑ J.D., « Une rue au nom de Michel Feuillard inaugurée à Ducharmoy »
, sur France Antilles Guadeloupe, (consulté le ).
Liens externes
modifier- F. Beauducel, « À propos de la polémique « Soufrière 1976 »... », Rappel des faits et point de vue personnel sur les événements qui ont marqué la Guadeloupe et la communauté volcanologique., sur IPGP, (consulté le )
- « In memoriam Michel Feuillard (1932-2013) » [PDF], sur Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, (DOI 10.7202/1023732ar, consulté le )