Michel Garicoïts
Michel Garicoïts, né le à Ibarre et mort le à Bétharram, est un prêtre catholique français, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram.
| Michel Garicoïts | |
Saint Michel Garicoïts. | |
| Saint, prêtre, religieux, fondateur | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Ibarre, Basse-Navarre, Première République française |
| Date de décès | (à 66 ans) (66 ans) |
| Lieu de décès | Bétharram, Second Empire |
| Nationalité | Française |
| Ordre religieux | Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram |
| Béatification | Rome par Pie XI |
| Canonisation | Rome par Pie XII |
| Vénéré par | Église catholique |
| Fête | 14 mai 15 mai dans le diocèse de Bayonne |
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Originaire de Basse-Navarre, il exerce son ministère dans le diocèse de Bayonne, notamment à Cambo-les-Bains, au sanctuaire de Notre-Dame de Bétharram et auprès des Filles de la Croix. Il est béatifié par le pape Pie XI en 1923 puis canonisé par le pape Pie XII en 1947.
Biographie
modifierEnfance et formation
modifierMichel Garicoïts naît le à Ibarre, dans une famille basque modeste. Ses parents, Arnaud Garicoïts et Gratianne Etcheverry, sont présentés dans les notices religieuses comme des catholiques restés attachés à l'Église de Rome pendant la Révolution française et ayant accueilli des prêtres réfractaires[1],[2].
Issu d'un milieu pauvre, il travaille jeune comme berger puis comme domestique, tout en poursuivant sa formation religieuse et scolaire. Il fait sa première communion en 1811, à l'âge de quatorze ans[3]. Son désir d'accéder au sacerdoce se heurte d'abord aux limites financières de sa famille, avant qu'il puisse poursuivre ses études grâce à l'aide de proches et de prêtres du voisinage[1].
Il poursuit ensuite sa formation ecclésiastique, notamment au petit séminaire et dans le cadre de l'enseignement diocésain. Il reçoit les ordres mineurs le , est ordonné sous-diacre le , diacre le , puis prêtre le à la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, par Paul d'Astros[4]. Garicoïts doit beaucoup de son idéal sacerdotal à d'Astros : dévotion au Sacré-Cœur, primauté de la vie intérieure du prêtre, nécessité des missions, urgence de l'éducation de la jeunesse[5]. L'évêque soutiendra et promeuvra Garricoïts ainsi que sa fondation de Bétharram[5].
Ministère sacerdotal
modifierEn janvier 1824, Michel Garicoïts est nommé vicaire à Cambo-les-Bains. Il y exerce pendant environ un an et demi, dans une paroisse où il se consacre notamment à la prédication, au catéchisme et aux confessions[4],[1]. Le diocèse de Bayonne conserve également la mention d'un acte de baptême rédigé par lui dans les registres de Cambo le [6].
En 1825, il est envoyé à Bétharram comme professeur de philosophie au séminaire diocésain. Il devient ensuite supérieur du grand séminaire de Bétharram, succédant à Procope Lassalle[4]. Lorsque le siège du séminaire est transféré à Bayonne, il demeure à Bétharram, où il prend une part importante à l'animation du sanctuaire et du calvaire[4],[2].
Il assure aussi l'aumônerie des Filles de la Croix à Igon, congrégation fondée par Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges. Cette rencontre marque son orientation spirituelle et son projet de vie religieuse. Dans le discours prononcé après la canonisation de 1947, Pie XII souligne le rôle attribué par Garicoïts lui-même à Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges dans son évolution personnelle et dans la fondation de son institut[7].
Fondation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram
modifierÀ Bétharram, Michel Garicoïts réunit progressivement un groupe de prêtres destinés aux missions populaires, à l'éducation et au service du clergé. Vatican News situe en 1833 la constitution du premier groupe de prêtres autour de lui, avant la naissance de la nouvelle famille religieuse des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, également appelés Bétharramites[2].
La congrégation prend forme dans un contexte diocésain complexe. L'évêque souhaite maintenir l'œuvre au service du diocèse, tandis que Garicoïts vise une reconnaissance plus large de l'institut[2]. L'activité de la société comprend des missions, l'ouverture d'écoles et de collèges, ainsi que l'accompagnement du sanctuaire de Bétharram[4],[7].
À partir des années 1850, l'institut s'étend hors de France. En 1856, Garicoïts envoie des missionnaires en Argentine, notamment pour accompagner les émigrés basques et béarnais[4]. Pie XII rappelle également l'engagement de l'œuvre en Argentine puis en Uruguay[7].
Dernières années et mort
modifierEn 1858, Michel Garicoïts est associé aux débuts de l'histoire de Lourdes : Vatican News indique que l'évêque de Tarbes l'envoie à deux reprises rencontrer Bernadette Soubirous pendant la période des apparitions[2]. Les notices catholiques soulignent également le lien spirituel entre Bernadette Soubirous et le sanctuaire de Bétharram[4].
Atteint par la maladie dans les dernières années de sa vie, il meurt le à Bétharram, sans avoir vu son institut reconnu de droit pontifical[2].
Reconnaissance de sa congrégation
modifierLa reconnaissance de sa congrégation intervient après sa mort, en 1875[1]. Sa congrégation poursuit son activité sous le nom de Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram. Elle conserve et publie une partie de ses écrits et de sa correspondance, utilisés pour l'histoire interne de l'institut et l'étude de sa spiritualité[8].
Béatification, canonisation et culte
modifierMichel Garicoïts est béatifié à Rome le par le pape Pie XI[6]. Il est canonisé le par le pape Pie XII, en même temps que Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges[7],[2].
Sa fête est indiquée au 14 mai dans les notices liturgiques catholiques et le Martyrologe romain[4]. Dans le diocèse de Bayonne, elle est aussi célébrée le 15 mai, lendemain de sa mort, le 14 mai étant occupé par la fête de saint Matthias apôtre[1].
La mémoire de Michel Garicoïts demeure liée à plusieurs lieux du Pays basque et du Béarn, notamment Ibarre, Cambo-les-Bains, Igon et Bétharram. Une chapelle du sanctuaire de Bétharram lui est consacrée et conserve une châsse associée à sa mémoire[9].
Spiritualité
modifierLa spiritualité catholique de Michel Garicoïts est marquée par l'obéissance, la disponibilité apostolique et l'attachement au Sacré-Cœur de Jésus. Dans sa lettre adressée en 1997 au supérieur général des Prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram, à l'occasion du bicentenaire de la naissance du fondateur, Jean-Paul II présente la formule latine Ecce venio comme l'un des axes de sa vie spirituelle[10].
Son œuvre s'inscrit dans le renouveau missionnaire et éducatif du catholicisme français du XIXe siècle, particulièrement dans les campagnes du Sud-Ouest. Les Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram développent des missions paroissiales, des établissements d'enseignement et des œuvres d'accompagnement spirituel[2],[7].
Postérité
modifierLa figure de Michel Garicoïts a fait l'objet de plusieurs biographies religieuses et travaux de spiritualité, notamment aux XIXe et XXe siècles, dont des ouvrages numérisés par la Bibliothèque nationale de France[11],[12].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 « Saint Michel Garicoïts, fêté le 15 mai », sur Diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Saint Michel Garicoïts, fondateur de la société des Prêtres du Sacré-Cœur », sur Vatican News (consulté le ).
- ↑ « Saint Michel Garicoïts », sur Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Saint Michel Garicoïts », sur Nominis, Conférence des évêques de France (consulté le ).
- 1 2 Oyhénart 2018.
- 1 2 « Centenaire de la béatification de saint Michel Garicoïts », sur Diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 « Aux pèlerins réunis à Rome pour la canonisation de saint Michel Garicoïts et de sainte Jeanne-Élisabeth Bichier des Ages », sur Vatican, (consulté le ).
- ↑ « Textes de et sur saint Michel Garicoïts », sur Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram (consulté le ).
- ↑ « Chapelle Saint-Michel-Garicoïts », sur Sanctuaires de Bétharram (consulté le ).
- ↑ « Lettre du Saint-Père Jean-Paul II au supérieur général des Prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram à l'occasion du 200e anniversaire de la naissance de leur fondateur, saint Michel Garicoïts », sur Vatican, (consulté le ).
- ↑ Basilide Bourdenne, Vie et lettres du R. P. Michel Garicoïts, fondateur et premier supérieur de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus établie à Bétharram, Paris, Victor Lecoffre, (lire en ligne).
- ↑ Pierre Croidys, Saint Michel Garicoïts, canonisé en 1947, Bonne Presse, (lire en ligne).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Basilide Bourdenne, Vie et lettres du R. P. Michel Garicoïts, fondateur et premier supérieur de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus établie à Bétharram, Paris, Victor Lecoffre, (lire en ligne).
- Gaëtan Bernoville, Un saint basque, le bienheureux Michel Garicoïts, Paris, Gigord, .
- Urbain Crohare, Une âme forte, le vénérable Michel Garicoïts, Tarbes, Imprimerie Lesbordes, .
- Pierre Croidys, Saint Michel Garicoïts, canonisé en 1947, Bonne Presse, (lire en ligne).
- Pierre Duvignau, Un maître spirituel du XIXe siècle, saint Michel Garicoïts, Condé-sur-Noireau, Beauchesne, .
- Ambroise Mainhaguiet, Michel Garicoïts, le saint d'Ibarre, sa vie, son œuvre, .
- Jean Oyenhart, La Voyante de Lourdes, sainte Bernadette Soubirous, chez le voyant de Bétharram, saint Michel Garicoïts, Bagnères-de-Bigorre, Éditions pyrénéennes, .
- Beñat Oyhénart, « Mgr d’Astros : celui qui a ordonné Michel Garicoïts prêtre », Nef Betharram, 11e série, vol. 116, no 138, , p. 21-23 (lire en ligne)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Saint Michel Garicoïts, fondateur de la société des Prêtres du Sacré-Cœur », sur Vatican News.
- « Lettre de Jean-Paul II pour le 200e anniversaire de la naissance de saint Michel Garicoïts », sur Vatican.
- « Saint Michel Garicoïts », sur Nominis.