Micro-organisme efficace

Ensemble de microorganismes syntrophes

Les micro-organismes efficaces ou Effective microorganism (EM) étaient une marque déposée par EM Research Organization, Inc.[1],[2], désignant différents mélanges de micro-organismes anaérobiques en solution dans un substrat riche en sucres.

De nombreux « activateurs biologiques » utilisés pour améliorer les systèmes d'assainissement sont basés sur les EM. Malgrés les avantages cités par les producteurs, les études scientifiques à ce sujet concluent en l'absence d'effet bénéfique à long terme[3],[4].

Technologie EM

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Dans le document de présentation « EM : une technologie holistique pour l'Humanité », Higa déclare : « J'ai développé un mélange de microbes, à partir des souches communes que l'on retrouve dans tous les environnements de la même manière que l'industrie agro-alimentaire à savoir des bactéries lactiques, des bactéries photosynthétiques, et des levures (..) les EM (..) ont été développés par accident (..) »"[5]

EM-1 est le produit fondamental de la marque EM[6]. Cette solution mère est un mélange de culture qui inclut différents micro-organismes comme des bactéries lactiques (Lactobacillus plantarum, Lactobacillus casei et Lactococcus lactis), des bactéries photosynthétiques (Rhodopseudomonas palustris et Rhodobacter sphaeroides), des levures (Saccharomyces cerevisiae et Candida utilis) et des actinomycète (Streptomyces albus et Streptomyces griseus), qui existent naturellement dans l'environnement et peuvent se développer dans le mélange[7],[8].

Origines

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Le concept pseudoscientifique de « micro-organismes efficaces » est développé par le Professeur Teruo Higa, à l'Université des Ryūkyū, à Okinawa, au Japon. Dans les années 1980, il rapporte qu'un mélange d'environ 80 micro-organismes différents était capable d'influencer positivement la décomposition de matière organique d'une façon telle qu'elle se régénère dans un processus favorisant la vie. Higa évoque un principe de dominance pour expliquer les effets des EM. Il maintient l'existence de trois groupes de micro-organismes : les « micro-organismes positifs » (régénération), les « micro-organismes négatifs » (décomposition, dégénération), et les « micro-organismes opportunistes ». Dans chaque environnement (sol, eau, air, intestins humains), le rapport de micro-organismes « positifs » et « négatifs » est un facteur critique, vu que les micro-organismes opportunistes suivent la régénération ou la dégénération. De ce fait, Higa explique qu'il est possible d'influencer l'environnement en supplémentant avec des micro-organismes « positifs ».

Validation

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Le concept a été étudié, et aucune étude scientifique ne permet de le valider[9]. C'est un fait accepté par Higa, dans un article de 1994 en partenariat avec le microbiologiste des sols James F Parr où est conclu que « la principale limite… est le manque de reproductibilité et le manque de consistance des résultats[10]. »

Ils réfutent les inoculations impliquant uniquement un seul micro-organisme, cela est inefficace à cause de l'incertitude des conditions dans lesquelles ce seul micro-organisme serait efficace[10]. Ils citent la reconnaissance par la communauté scientifique que des micro-organismes multiples (comme dans le cas du compost EM Bokashi, inventé et produit par Higa) en coordination avec de bonnes pratiques de gestion du sol influencent positivement le développement des plantes et les rendements. Parmi les cas d'usages des EM, la production d'engrais organique et son effet sur la fertilité du sol ont été étudiés. Les résultats sur la croissance végétale reposent alors sur plusieurs facteurs non spécifiques dont la solution EM introduite, le microbiote naturel du sol, et l'effet indirect de métabolites synthétisés par la flore microbienne[11],[12],[13],[14],[15],[16].

L'effet spécifique des EM a été étudié dans un champ à Zurich, Suisse, de 2003 à 2006, avec « pour but de différencier l'effet des EM (EM-Bokashi et EM-A), de celui de leur substrat sucré ». Les effets observés ont pu être associés au substrat tandis que les EM n'ont montré aucun effet sur la production, ou sur la microbiologie du sol[4],[17].

Dans une étude par Factura et al. en 2010, de la matière fécale est collectée dans des seaux hermétiques(toilettes sèches type Bokashi) avec ajout de biochar, limon, et sol. Une solution d'EM testée n'a pas montré de bénéfice par rapport à de la saumure de choucroute[18].

Le faible nombre d'études scientifiques concernant les EM soulève de nombreuses questions quant à la fiabilité des bénéfices avancés par les producteurs.

Applications

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L'EM-Bokashi, inventé et commercialisé par Higa, utilise des EM commerciaux pour la fermentation de déchets de cuisine. Les EM ne montrent cependant aucun effet bénéfique que ce soit sur sa microbiologie du sol, ou en tant qu'engrais biologique. Les effets peuvent être associés au substrat[4],[17]. Du yaourt ou de la samure à choucroute peuvent être utilisés pour remplacer les souches commerciales EM-bokashi[19],[20].

En Inde, des tentatives ont été faites de traiter les lacs pollués de Bangalore via EM en 2015 sans résultat probant[21]. Suite aux inondations de Bangkok en 2011, l'usage d'EM a également été testé pour traiter les eaux polluées. Là encore sans bénéfice notable[22],[23].

Notes et références

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  1. Effective Microorganisms EM et EM・1 sont des marques déposées par l'Em Research Organization, Inc., Uruma City, Okinawa, Japan. « EFFECTIVE MICROORGANISMS », sur https://trademarks.justia.com/access-date=21 june 2026
  2. « Global Partners » [archive du ], sur emrojapan.com, EM Research Organization (consulté le )
  3. Foxon, K et Still, D, Do pit additives work?, Water Research Commission, University of Kwazulu-Natal, Partners in Development (PiD), South Africa, (lire en ligne)
  4. 1 2 3 J. Mayer, S. Scheid, F. Widmer, A. Fließbach et H.-R. Oberholzer, « Effects of 'Effective Microorganisms EM' on plant and microbiological parameters in a field experiment, Zürich, Switzerland », 9. Wissenschaftstagung Ökologischer Landbau, 2003–2006 (lire en ligne, consulté le )
  5. Teruo Higa, « EM: A Holistic Technology For Humankind » [archive du ], sur teraganix.com, TeraGanix, Inc. (consulté le )
  6. (en) « Learn how to live sustainably using EM microbial technology on agriculture and environment » [archive du ], sur EM Research Organization (consulté le )
  7. (en) N. Szymanski et Patterson, R.A., « Effective Microorganisms (EM) and Wastewater Systems in Future Directions for On-site Systems: Best Management Practice. » [PDF], Lanfax Laboratories, Armidale, NSW, Australia, R.A. and Jones, M.J. (Eds)., (ISBN 0-9579438-1-4, consulté le ), p. 347–354.
  8. (en) ~ Dana M. C, « The DrEaM Team », sur Underground Galaxy, (consulté le )
  9. Jérémy Anso (docteur en sciences), « Micro-organismes “efficaces” : entre marketing et pseudo-science », sur dur-a-avaler.com, (consulté le ).
  10. 1 2 (en) Dr. Teruo Higa et Dr. James Parr, Beneficial and Effective Microorganisms for a Sustainable Agriculture and Environment., Atami, Japan, International Nature Farming Research Center, , 7 p., PDF (lire en ligne [archive]).
  11. K. Yamada et H. L. Xu, « Properties and Applications of an Organic Fertilizer Inoculated with Effective Microorganisms », Journal of Crop Production, vol. 3, , p. 255–268 (DOI 10.1300/J144v03n01_21, S2CID 73574288)
  12. Y. Pei-Sheng et X. Hui-Lian, « Influence of EM Bokashi on Nodulation, Physiological Characters and Yield of Peanut in Nature Farming Fields », Journal of Sustainable Agriculture, vol. 19, no 4, , p. 105–112 (DOI 10.1300/J064v19n04_10, S2CID 84719846)
  13. H. L. Xu, « Effects of a Microbial Inoculant and Organic Fertilizers on the Growth, Photosynthesis and Yield of Sweet Corn », Journal of Crop Production, vol. 3, , p. 183–214 (DOI 10.1300/J144v03n01_16, S2CID 83911431)
  14. H. L. Xu, R. Wang et M. A. U. Mridha, « Effects of Organic Fertilizers and a Microbial Inoculant on Leaf Photosynthesis and Fruit Yield and Quality of Tomato Plants », Journal of Crop Production, vol. 3, , p. 173–182 (DOI 10.1300/J144v03n01_15, S2CID 85678704)
  15. N. Daiss, M. G. Lobo, A. R. Socorro, U. Brückner, J. Heller et M. Gonzalez, « The effect of three organic pre-harvest treatments on Swiss chard (Beta vulgaris L. Var. Cycla L.) quality », European Food Research and Technology, vol. 226, no 3, , p. 345–353 (DOI 10.1007/s00217-006-0543-2, S2CID 56371177)
  16. N Daiss, M. G. Lobo et M Gonzalez, « Changes in postharvest quality of Swiss chard grown using 3 organic preharvest treatments », Journal of Food Science, vol. 73, no 6, , S314–20 (PMID 19241576, DOI 10.1111/j.1750-3841.2008.00842.x)
  17. 1 2 J. Mayer, S. Scheid, F. Widmer, A. Fließbach et Oberholzer, « "Effective microorganisms® (EM)"? Results from a field study in temperate climate », Applied Soil Ecology, vol. 46, no 2, , p. 230–239 (DOI 10.1016/j.apsoil.2010.08.007)
  18. H. Factura, T. Bettendorf, C. Buzie, H. Pieplow, J. Reckin et R. Otterpohl, « Terra Preta sanitation: re-discovered from an ancient Amazonian civilisation – integrating sanitation, bio-waste management and agriculture », Water Science & Technology, vol. 61, no 10, , p. 2673–9 (PMID 20453341, DOI 10.2166/wst.2010.201 Accès libre, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  19. "Make your own FREE bokashi starter", "Newspaper Bokashi", "Yogurt whey as a starter culture", 12 September 2008. Retrieved 7 November 2013.
  20. Dorothee Spuhler, Robert Gensch et al., « Terra Preta Sanitation », sur SUSTAINABLE SANITATION AND WATER MANAGEMENT TOOLBOX, SSWM, seecon international (consulté le )
  21. Mohit M Rao, « Micro bugs may help in restoring our embattled water bodies », The Hindu
  22. « EM balls produced by royal project » [archive du ], The Nation, (consulté le )
  23. Throwing Mud at Flood Water in Reliefweb.int

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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