Mien van Itallie-van Embden
Mien van Itallie-van Embden, née le à La Haye et morte le à Trogen, en Suisse, est une juriste et femme politique néerlandaise. Elle milite pour le droit de vote des femmes au sein de la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht (Association pour le droit de vote des femmes) et devient vice-présidente du Nationale Vrouwenraad (nl) (Conseil national des femmes) en 1916. Elle est aussi active au sein du mouvement pacifiste. Au niveau politique, elle est membre de la Ligue libérale-démocrate (nl) à partir de 1915 et obtient plusieurs mandats électoraux sur les listes de ce parti. Elle rejoint le Parti travailliste en 1946.
| Représentante à la Seconde Chambre des États généraux | |
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| Membre des États provinciaux de Zuid-Holland | |
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| Conseillère municipale Leiden | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Hendrika Wilhelmina Bernardina van Embden |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Leopold van Itallie (d) |
| Parentèle |
David van Embden (en) (demi-frère) |
| Partis politiques |
Vrijzinnig-Democratische Bond (en) Parti travailliste |
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| Membre de |
Onderlinge Vrouwenbescherming (d) |
| Lieux de détention | |
| Distinction |
Biographie
modifierJeunesse et famille
modifierHendrika Wilhelmina Bernardina (Mien) van Embden est née à La Haye, le 22 octobre 1870, dans une famille juive aisée. Elle est le deuxième enfant d'Arnold Moritz van Embden, négociant en fer et commerçant, et Louisa Frederika Wilhelmina Leon[1]. Son frère David meurt, encore bébé, l'année de sa naissance et sa mère meurt prématurément de la tuberculose en 1873[1]. Son père se remarie alors avec Antje Fortuin et a un autre fils, le futur sénateur David van Embden (nl)[1],[2].
Mien van Embden fréquente un lycée pour filles à La Haye. Elle obtient ensuite un certificat d'enseignement de la musique (piano) et étudie la littérature à l'université de Leiden à partir de 1893 mais ne termine pas ses études[3]. Elle publie plusieurs poèmes et une pièce en un acte[1].
Le 14 août 1894, elle épouse Leopold van Itallie (nl), professeur de toxicologie à l'université de Leyde (1907-1936)[2],[3]. Un fils et une fille naissent de cette union. La famille vit à Utrecht puis à Leyde[1].
Féminisme
modifierTout au long de sa vie, Mien van Itallie-van Embden se consacre à la lutte pour l'émancipation des femmes et s'implique dans diverses associations.
Droit de vote des femmes
modifierElle entre au conseil d'administration de la Vereeniging voor Vrouwenkiesrecht, Association pour le droit de vote des femmes en 1900[3],[4]. Elle donne des conférence un peu partout dans le pays pour faire connaître les revendications de l'Association[4].
Après l'obtention du droit de vote des femmes en 1919, elle continue à s'impliquer dans l'Association, renommée Vereniging van Staatsburgeressen (Association des citoyennes) jusqu'en 1941. A partir de cette date, les juif ne sont plus autorisés à être membres d'associations.
Conseil national des femmes
modifierEn 1913, elle devient membre du conseil d'administration du Nationale Vrouwenraad (nl) (Conseil national des femmes) et en assure la vice-présidence de 1916 à 1917. Jusqu'en 1940, elle est la déléguée du Conseil des femmes auprès du Conseil international des femmes[3].
Au sein du mouvement féministe, elle soutient plus particulièrement les droits des mères célibataires[2],[4].
Pacifisme
modifierMien Van Itallie-van Embden est une pacifiste et se consacre à la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté à partir de 1915[2]. Elle est également membre du conseil d'administration de l'Association pour la Société des Nations et la paix[3].
Journalisme
modifierMien Van Itallie-van Embden commence à travailler comme journaliste au début des années 1920. Elle collabore au Haagsche Post (nl) et au Nieuwe Rotterdamsche Courant et parvient à interviewer de nombreuses personnalités de tous horizons, telles que Frederik van Eeden, Aletta Jacobs, Jan Toorop, Maria Montessori, Émile Coué, Hélène Swarth, Willem Kloos et Herman Heijermans. Ces portraits sont publiés en deux volumes, Sprekende portretten (nl), en 1924 et 1928[2].
Politique
modifierMien Van Itallie -van Embden est également engagée politiquement. Membre de la Ligue libérale-démocrate (nl) (VDB) depuis 1915[2], elle siège à plusieurs reprises au bureau exécutif du parti (1912-1913, 1916-1918, 1923-1925)[3]. Elle est élue conseillère municipale à Leyde de 1921 à 1927 [4],[2]. Elle y participe notamment aux débats sur le licenciement obligatoire des enseignantes après leur mariage[4].
De 1926 à 1927, elle est membre du Conseil provincial de Hollande-Méridionale[4],[2].
En 1928, elle est la septième femme représentante à la Seconde Chambre des États généraux. Elle y siège du 18 septembre 1928 au 9 mai 1933. Là aussi, elle œuvre pour l'amélioration de la condition féminine, notamment en ce qui concerne l'accès des femmes aux fonctions judiciaires[4],[3]. Insatisfaite du fonctionnement et de l'efficacité de cette institution, elle décide de ne pas se présenter à l'élection suivante, en 1933[4],[2].
En 1946, elle adhère au Parti travailliste des Pays-Bas[3].
Pendant la Seconde Guerre mondiale
modifierEn raison de leur origine, pendant la Seconde Guerre mondiale, Mien van Itallie-van Embden et son mari sont inscrits sur la Liste Frederiks (nl), aussi appelée "Liste Barneveld" par l'administration néerlandaise et l'occupant allemand pour protéger certain juifs de la déportation. Mien van Itallie-van Embden est internée au camp de Barneveld, de décembre 1942 au 29 septembre 1943, au camp de Westerbork, du 29 septembre 1943 au 4 septembre 1944 puis au camp de Theresienstadt, du 4 septembre 1944 à février 1945[5][3].
Leurs enfants sont cachés chez les parents d'André van der Louw.
Autres engagements
modifierEntre 1910 et 1914, Mien Van Itallie-van Embden est membre du conseil d'admiinistration de l'Association Onderlinge Vrouwenbescherming (nl) (protection mutuelle des femmes) qu'elle préside de 1910 à 1911[1],[3].
À la fin des années 1930, elle s'intéresse à la vie théâtrale à La Haye, présidant notamment, l'Association néerlandaise du théâtre. Elle parvient à diversifier la programmation, de façon à attirer un public plus jeune[2],[3].
Elle est membre du conseil d'administration de la Ligue populaire contre l'abus d'alcool (Volksbond tegen drankmisbruik)[3].
Mien van Itallie-van Embden préside l'association pour la légalisation de la crémation de 1924 à 1936. Elle n'est officiellement autorisée qu'en 1955. Cependant, elle est déjà autorisée au crématorium de Westerveld où Mien van Itallie-van Embden est incinérée en 1952[2].
Le 4 novembre 1950, Mien van Itallie-van Embden est nommée officier de l'Ordre d'Orange-Nassau[3].
Fin de vie
modifierAprès la Libération, Mien et Leopold van Itallie-van Embden s'installent dans une maison de retraite à Heelsum. Après le décès de son mari en 1952, Mien van Embden, vit à Trogen, en Suisse. Elle y décède le 6 septembre 1959 à l'âge de 88 ans. Elle est incinérée au crématorium de Westerveld, près de Velsen[2].
Ses archives ont été restituées à son petit-fils Leopold van Ittalie en 2013. Elles étaient passées de Berlin à Moscou pendant la guerre[4].
Publications
modifier- (nl) « Wilhelmina Drucker. 1847-1925. », Nieuwe Rotterdamsche Courant, (lire en ligne)
- (nl) Sprekende portretten, Leyden, 1924, 1928
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 (nl) Karin van Leeuwen, « Embden, Wilhelmina van (1870-1959) » [archive du ], sur Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (nl) Karel Wagemans, « Mien van Itallie-van Embden: Een veelzijdige vrouw », sur Statenkwartier, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (nl) Montesquieu Instituut, « H.W.B. (Mien) van Itallie-van Embden | Parlement.com », sur parlement.com (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (nl) Lisa Boerop, « Hoe de doodnormale Mien alle vrouwen in Nederland een stem gaf » [« Comment Mien, une femme tout à fait ordinaire, a donné une voix à toutes les femmes des Pays-Bas »], RTL, (lire en ligne)
- ↑ Leopold van Itallie est interné dans les mêmes camps, probablement aux mêmes dates.