Mienoumi Tsuyoshi
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Gorō Ishiyama |
| Nationalité | |
| Activité |
| Taille |
1.81 m |
|---|---|
| Sport |
Mienoumi Tsuyoshi (三重ノ海 剛司, Mienoumi Tsuyoshi), né le sous le nom de Gorō Ishiyama (石山五郎, Ishiyama Gorō), est un ancien lutteur de sumo professionnel japonais originaire de Matsusaka, dans la préfecture de Mie. Il fut le 57e yokozuna de ce sport. Après sa retraite, il fonda l'écurie Musashigawa et présida l'Association japonaise de sumo. Il fut le premier rikishi de l'histoire à être rétrogradé du rang d'Ozeki, le tout en parvenant à remonter juste au rang de Yokozuna[1].
Carrière
modifierPendant ses années de collège, le jeune Mienoumi s'initie d'abord au judo avant d'être présenté à un entraîneur de l'écurie Dewanoumi (en). Il est cependant refusé dans un premier temps en raison de sa taille jugée insuffisante[2.1]. Il réitère sa démarche quelques années plus tard et est cette fois accepté par l'Oyakata Dewanoumi en personne, l'ancien yokozuna Dewanohana Kuniichi (en)[2.2]. Il dispute son tout premier combat professionnel en juillet 1963, à l'âge de seulement 15 ans. Luttant sous son nom civil à ses débuts, il adopte le nom de combat(shikona) de Mienoumi en juillet 1966, mais ne prend le prénom de Tsuyoshi qu'en septembre 1976.
Formé personnellement par le nouvel Oyakata Dewanoumi (l'ancien yokozuna Sadanoyama (en)), il perfectionne sa technique et accède à la seconde division (jūryō) en mars 1969, puis à la division reine (makuuchi) dès le mois de septembre suivant. En juillet 1970, il atteint le rang de komusubi après avoir vaincu deux yokozuna (Taihō et Tamanoumi(en)), ce qui lui vaut son premier prix pour performance remarquable. Dès le tournoi suivant, en septembre 1970, il est promu au rang de sekiwake.
Mienoumi a souffert d'un problème chronique du foie tout au long de sa carrière, et bien qu'il ait essayé de le contrôler en modifiant son régime alimentaire, cela a été un facteur dans sa retraite finale[2.3].
En septembre 1974, lors de la 11ᵉ journée du Grand Tournoi d'automne (Aki Basho), son combat face au maegashira Futagodake(en) s'achève sur un résultat nul (hikiwake) après plusieurs pauses pour boire ( mizu-iri ) et un re-match ( torinaoshi ) sans vainqueur. Il s'agissait du premier match nul annoncé en makuuchi depuis septembre 1963, et il reste à ce jour le dernier en date de l'histoire du sumo[2.4]. En novembre 1975, Mienoumi remporte son premier titre (yūshō) en division makuuchi, ce qui lui vaut d'être promu ōzeki en janvier 1976. Il devient alors le premier lutteur originaire de la préfecture de Mie à accéder à ce rang depuis Sakaigawa Ier en 1857, soit 119 ans plus tard[3]. Cependant, ses bilans négatifs(make-koshi) lors du Tournoi du printemps (Haru Basho) en mars puis du Tournoi d'été (Natsu Basho) en mai 1976 entraînent sa rétrogradation automatique au rang de sekiwake. Dès le tournoi suivant, le Tournoi de Nagoya (Nagoya Basho) en juillet 1976, il signe un solide score de 10 victoires pour 5 défaites, une performance suffisante pour être immédiatement réintégré au rang d'ōzeki.
En mai 1979, lors du Tournoi d'été (Natsu Basho), Mienoumi termine à la deuxième place pour la quatrième fois de sa carrière, s'inclinant derrière Wakanohana avec un bilan de 13 victoires et 2 défaites[4]. Il confirme sont excellente forme lors du Tournoi de Nagoya (Nagoya Basho) en juillet suivant avec un score de 14-1, s'imposant face à Wakanohana, Kitanoumi et Wajima, et ne concédant le titre qu'en playoff (ketei-sen) face à Wajima lors de la dernière journée[5].
Les 97 tournois qu'il lui aura fallu pour y parvenir constituent, aujourd'hui encore, la progression la plus lente de l'histoire du sumo professionnel vers le rang suprême. À cette occasion, son entraîneur (oyakata) déclare qu'il serait déjà pleinement satisfait si Mienoumi remportait ne serait-ce qu'un titre supplémentaire avant la fin de sa carrière[2.5].
Mienoumi dépasse ces attentes en remportant ses deuxième et troisième tournois majeurs (yūshō) avec le rang de yokozuna, concluant même le dernier sur un score parfait de 15 victoires pour 0 défaite (zenshō yūshō). Cependant, la suite de son parcours est marquée par une série de blessures et de problèmes de santé. Il est contraint de déclarer forfait lors de plusieurs tournois consécutifs, ne disputant que quinze combats répartis sur quatre tournois en tant que yokozuna, avant d'annoncer sa retraite sportive en novembre 1980. Il conserve aujourd'hui le pourcentage de victoires le plus faible parmi tous les yokozuna de l'ère d'après-guerre.
Après la retraite
modifierÀ l'issue de sa carrière de rikishi, Mienoumi adopte le nom de Oyakata Musashigawa et fonde l'écurie Musashigawa (Musashigawa-beya) en 1981. Rompant avec la tradition de l'écurie Dewanoumi, qui interdisait jusqu'alors à ses membres de partir pour créer leur propre structure, il devient en 1981 le premier entraîneur de cette lignée depuis 62 ans à fonder une nouvelle écurie avec l'accord et le soutien de son écurie d'origine[2.6]. En 2000, l'écurie Musashigawa était devenue l'une des plus fortes du sumo avec un yokozuna, Musashimaru, et trois ōzeki, Dejima, Musōyama et Miyabiyama .. En 2007, afin de célébrer le 25ᵉ anniversaire de la fondation de son écurie, Musashigawa réalise de manière anticipée la cérémonie du kanreki dohyō-iri (habituellement réservée aux 60 ans d'un ancien yokozuna)[6]. Le 8 septembre 2008, il est nommé président de l'Association japonaise de sumo (Nihon Sumō Kyōkai) à la suite de la démission de Kitanoumi[7]. Dès son arrivée, il impose un durcissement controversé des règles du tachi-ai (la charge initiale), provoquant de nombreux faux départs lors du Grand Tournoi d'automne (Aki Basho) de septembre 2008. Confronté en 2010 à une série de scandales impliquant des lutteurs liés à des paris illégaux et au crime organisé, il est suspendu pour le tournoi de juillet (Nagoya Basho) avant d'annoncer sa démission le mois suivant. Il invoque également des raisons de santé, étant alors traité pour un cancer de l'estomac[8].
En septembre 2010, il quitte la direction de l'écurie tout en y demeurant comme entraîneur, cédant la charge d'entraîneur principal à l'ancien ōzeki Musōyama, l'écurie prend alors officiellement le nom d'écurie Fujishima (Fujishima-beya)[9].
En décembre 2012, il annonce que l'ancien yokozuna Musashimaru héritera de son nom de Toshiyori (Musashigawa) lorsqu'il atteindra la limite d'âge de 65 ans en février 2013[10].
Une fois retiré des écuries, il prend la direction du Musée du sumo situé au Ryōgoku Kokugikan. Il occupe ce poste pendant exactement dix ans, jusqu'à sa démission en février 2023 lors de son 75ᵉ anniversaire, marquant ainsi 60 ans de présence dans le monde du sumo et soulignant avec fierté que huit de ses anciens disciples sont devenus cadres au sein de l'Association de sumo[11].
Famille
modifierSur le plan personnel, Mienoumi se marie en septembre 1974 avec son épouse Yoko. Ce soutien familial s'avère décisif pour sa santé et sa préparation physique, lui permettant de surmonter ses problèmes de santé récurrents et de relancer sa carrière au plus haut niveau[2.7].
on fils aîné, Toshiaki Ishiyama, est également devenu lutteur de sumo au sein de l'écurie Musashigawa entre 1994 et 1996, atteignant le rang de sandanme.
Style de combat
modifierMienoumi était un spécialiste du yotsu-sumo, privilégiant le combat au corps à corps et les prises de ceinture (mawashi) plutôt que les techniques de poussée (oshi-sumo). Sa garde préférentielle au mawashi était le hidari-yotsu, une position engagée avec la main gauche à l'intérieur et la main droite à l'extérieur. Ses victoires s'obtenaient le plus souvent par yori-kiri (sortie en poussant l'adversaire au contact) et par uwatedashinage (projection tirée par la main extérieure).[2]
| Année | Janvier Hatsu basho, Tokyo |
Mars Haru basho, Osaka |
Mai Natsu basho, Tokyo |
Juillet Nagoya basho, Nagoya |
Septembre Aki basho, Tokyo |
Novembre Kyūshū basho, Fukuoka |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1963 | x | x | x | (Maezumo) | (Maezumo) | Jonokuchi de l’Est #30 4–3 |
| 1964 | Jonidan de l’Est #102 4–3 |
Jonidan de l’Ouest #81 3–4 |
Jonidan de l’Ouest #98 2–1–4 |
Jonidan de l’Est #112 5–2 |
Jonidan de l’Est #57 3–4 |
Jonidan de l’Ouest #66 3–4 |
| 1965 | Jonidan de l’Ouest #88 5–2 |
Jonidan de l’Est #39 2–5 |
Jonidan de l’Est #61 5–2 |
Jonidan de l’Est #8 3–4 |
Jonidan de l’Est #13 4–3 |
Sandanme de l’Ouest #88 5–2 |
| 1966 | Sandanme de l’Est #52 1–6 |
Sandanme de l’Ouest #83 2–5 |
Jonidan de l’Est #10 3–3–1 |
Jonidan de l’Est #23 5–2 |
Sandanme de l’Est #80 5–2 |
Sandanme de l’Est #39 4–3 |
| 1967 | Sandanme de l’Est #30 5–2 |
Makushita de l’Ouest #98 4–3 |
Sandanme de l’Est #27 5–2 |
Makushita de l’Ouest #57 3–4 |
Sandanme de l’Est #5 7–0 Champion |
Makushita de l’Est #11 3–4 |
| 1968 | Makushita de l’Ouest #15 3–4 |
Makushita de l’Est #18 4–3 |
Makushita de l’Ouest #13 4–3 |
Makushita de l’Ouest #8 4–3 |
Makushita de l’Ouest #6 2–5 |
Makushita de l’Ouest #16 6–1 |
| 1969 | Makushita de l’Est #5 6–1 |
Jūryō de l’Est #12 9–6 |
Jūryō de l’Ouest #7 10–5 |
Jūryō de l’Est #3 9–6 |
Maegashira de l’Est #11 8–7 |
Maegashira de l’Est #5 8–7 |
| 1970 | Maegashira de l’Ouest #3 4–11 |
Maegashira de l’Ouest #9 8–7 |
Maegashira de l’Ouest #6 11–4 |
Komusubi de l’Ouest #1 8–7 P |
Sekiwake de l’Ouest # 6–9 |
Maegashira de l’Ouest #1 5–10 |
| 1971 | Maegashira de l’Ouest #3 6–9 |
Maegashira de l’Ouest #4 5–10 |
Maegashira de l’Est #11 10–5 |
Maegashira de l’Ouest #3 7–8 |
Maegashira de l’Est #4 10–5 C |
Komusubi de l’Ouest #1 11–4 T |
| 1972 | Sekiwake de l’Est #1 8–7 |
Sekiwake de l’Ouest #2 8–7 |
Sekiwake de l’Ouest #2 9–6 |
Sekiwake de l’Est #2 5–2–8 |
Maegashira de l’Est #1 4–11 |
Maegashira de l’Est #7 8–7 |
| 1973 | Maegashira de l’Ouest #3 11–4 P★ |
Komusubi de l’Ouest #1 10–5 T |
Sekiwake de l’Ouest #1 8–7 |
Sekiwake de l’Ouest #1 4–11 |
Maegashira de l’Ouest #2 8–7 ★ |
Maegashira de l’Ouest #1 4–11 |
| 1974 | Maegashira de l’Est #6 8–7 |
Maegashira de l’Ouest #3 8–7 |
Maegashira de l’Est #1 5–9–1 |
Maegashira de l’Ouest #5 5–10 |
Maegashira de l’Ouest #10 11–3–1draw |
Maegashira de l’Est #2 5–10 |
| 1975 | Maegashira de l’Ouest #6 10–5 P★★ |
Maegashira de l’Est #1 11–4 P★ |
Sekiwake de l’Ouest #1 9–6 |
Sekiwake de l’Est #1 8–7 |
Sekiwake de l’Est #2 11–4 |
Sekiwake de l’Est #1 13–2 PT |
| 1976 | Ōzeki de l’Est #1 8–7 |
Ōzeki de l’Ouest #1 2–6–7 |
Ōzeki de l’Est #2 2–8–5 |
Sekiwake de l’Ouest #2 10–5 |
Ōzeki de l’Est #2 9–6 |
Ōzeki de l’Est #2 8–7 |
| 1977 | Ōzeki de l’Est #2 8–7 |
Ōzeki de l’Ouest #2 8–7 |
Ōzeki de l’Est #3 5–10 |
Ōzeki de l’Est #3 8–7 |
Ōzeki de l’Ouest #2 7–8 |
Ōzeki de l’Ouest #2 9–6 |
| 1978 | Ōzeki de l’Est #2 10–5 |
Ōzeki de l’Ouest #1 8–7 |
Ōzeki de l’Est #2 11–4 |
Ōzeki de l’Est #1 9–6 |
Ōzeki de l’Est #1 10–5 |
Ōzeki de l’Est #1 10–5 |
| 1979 | Ōzeki de l’Est #1 11–4 |
Ōzeki de l’Est #1 10–5 |
Ōzeki de l’Est #1 13–2 |
Ōzeki de l’Est #1 14–1–P |
Yokozuna de l’Est #2 11–4 |
Yokozuna-ōzeki de l’Ouest #1 14–1 |
| 1980 | Yokozuna de l’Est #1 15–0 |
Yokozuna de l’Est #1 1–4–10 |
Yokozuna de l’Ouest #2 10–5 |
Yokozuna de l’Ouest #2 4–6–5 |
de l’Est # Blessure 0–0–15 |
de l’Ouest # Retraite 0–0 |
| Résultats sous la forme victoires – défaites – absences Champion du tournoi Vice-champion du tournoi Retraite Divisions inférieures Non-participation Sanshō : C = Combativité ; P = Performance exceptionnelle ; T = Technique Aussi représentés : ★ = Kinboshi ; P = Playoff(s) | ||||||
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- ↑ Joe Kuroda, « Rikishi de Jadis Le 57ème Yokozuna Mienoumi Tsuyoshi (1948-) »
[PDF], sur Sumo Fan Magazine, (consulté le ) - ↑ Joe Kuroda, « Rikishi de Jadis Le 57ème Yokozuna Mienoumi Tsuyoshi (1948-) »
[PDF], sur Sumo fan magazine, Sumo Fan Magazine, (consulté le )- ↑ "il est présenté à l’ancien sekiwake Hajimayama (alors Matsugane oyakata) de la Dewanoumi beya, simplement pour entendre – par deux fois – qu’il n’est pas assez grand pour connaître le succès."
- ↑ Cette fois-ci il va voir Dewanoumi oyakata (ancien maegashira 1 Dewanohana) personnellement, et il est accueilli dans les rangs.
- ↑ il ne se départira jamais durant toute sa carrière sur le dohyo de ses soucis chroniques au foie, qui seront l’un des facteurs majeurs précipitant sa retraite.
- ↑ C’est alors le premier nul prononcé en makuuchi depuis le basho de septembre 1963
- ↑ Dewanoumi oyakata, fait la déclaration suivante : « Personne ne doit s’attendre à ce qu’il dure dix ans, ni même cinq ans. S’il donne tout à chacune des journées comme si c’était la dernière, et qu’il crame tout en un an, on ne pourra rien lui demander de plus.
- ↑ En août 1981, Musashigawa oyakata se voit accorder la permission par son ancien shisho Dewanohana de fonder sa propre heya – la première fois depuis 62 ans que l’ichimon Dewanoumi permet une séparation à l’amiable du groupe.
- ↑ Toujours est-il que Mienoumi se marie après le basho de septembre 1974.
- ↑ (ja) « 急性肝炎を克服、その先に訪れた「初優勝」「大関昇進」…元横綱三重ノ海の「相撲と故郷」 », Yomiuri Shimbun, (consulté le )
- ↑ (en) « Mienoumi Tsuyoshi - Bilan du tournoi de mai 1979 »
, sur sumodb.sumogames.de (consulté le ) - ↑ (en) « Mienoumi Tsuyoshi - Bilan du tournoi de Juillet 1979 »
, sur sumodb.sumogames.de (consulté le ) - ↑ (ja) « 武蔵川親方が土俵入り 来年2月で還暦に » [Le maître Musashigawa effectue son dohyō-iri], 47NEWS / Kyodo News, 16 juin 2007. », 47NEWS, (consulté le )
- ↑ (en) Justin McCurry, « Japan: Sumo chief resigns over drugs scandal »
, sur www.theguardian.com, The Guardian, (consulté le ) - ↑ (en) « High hopes for new sumo chief »
, sur japantimes.co.jp, The Japan Times, (consulté le ) - ↑ (en) « Site de l'Ecurie Musashigawa »
, sur musashigawa.com (consulté le ) - ↑ (en) « Former yokozuna Musashimaru to open stable next year »
, sur The Japan Time, The Japan Times, Ltd., (consulté le ) - ↑ (ja) « 元横綱三重ノ海、相撲博物館長を退任
L'ancien yokozuna Mienoumi prend sa retraite en tant que directeur du Musée du sumo », Yomiuri Shimbun, (lire en ligne
) - ↑ « Mienoumi Tsuyoshi Rikishi Information », Sumo Reference (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives au sport :
- Site officiel de l'écurie Musashigawa
- Article sur Mienoumi