Mikhaïl Fridman

homme d'affaires russe
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Mikhaïl Fridman (en russe : Михаил Маратович Фридман, Mikhaïl Maratovitch Fridman), né le à Lviv, république socialiste soviétique d'Ukraine, est un homme d'affaires russe.

Mikhaïl Fridman
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (62 ans)
LvivVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Михаил Маратович ФридманVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Михаил Маратович ФридманVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domicile
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Alfa Bank, Athlone House (en), LetterOne (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Première Chambre civique de la fédération de Russie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinction

En 2024, il est classé 165e homme le plus riche du monde par Forbes avec une fortune de 13,3 milliards de dollars[1].

Biographie

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Famille et formation

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Il est né le à Lviv en Ukraine soviétique, dans une famille d'ingénieurs[2] d'origine juive ashkénaze. Il est diplômé de l'Institut de l'acier et de l'aluminium de Moscou en 1986[2] .

Carrière professionnelle

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Après l'obtention de son diplôme, Mikhaïl Fridman travaille de 1986 à 1988[3] comme ingénieur en conception métallurgique à l'usine métallurgique Elektrostal[4], une usine de machines électriques, et il crée plusieurs entreprises dans des domaines variés[5].

En 1988, Mikhaïl Fridman cofonde Alfa-Photo[6] avec German Khan et Alexeï Kouzmitchev, une société qui importe des produits chimiques photographiques. En 1989, les trois partenaires créent Alfa-Eco et Alfa Capital[3].

En 1991, il crée Alfa Bank devient l'activité principale du groupe Alfa, une société holding qui détient des participations dans les télécommunications et le commerce de détail[7]. Mikhaïl Fridman est le principal actionnaire du groupe Alfa[2].

En 1997, il acquiert une partie du capital de TNK, une ancienne compagnie pétrolière d'État[8], qui crée une coentreprise avec BP en 2003[9]. En , Mikhaïl Fridman démissionne de son poste de directeur général de TNK-BP[9].

En 2013, il fonde la société d'investissement LetterOne (L1) au Luxembourg[10], ainsi que L1 Energy[2],[11].

Il fait partie des « sept banquiers »[12], nommés également « oligarques », un clan d'hommes d'affaires qui entretient une influence décisive sur la politique russe durant les années Boris Eltsine[13].

Controverse en Espagne

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Fridman apparaît pour la première fois dans la presse espagnole en novembre 2002, lors du naufrage du pétrolier libérien Prestige au large des côtes de Galice. Ce dernier transportait 77 000 tonnes de fioul lourd russe. La cargaison appartenait à Crown Resources, une société détenue par le groupe Alfa de Fridman. La marée noire a contaminé le littoral espagnol, provoquant une catastrophe environnementale majeure, dont le coût total a été estimé à 1,5 milliard d'euros. À la suite de cette catastrophe, le journal espagnol El Mundo a surnommé Fridman « Michael le sale »[14].

Au cours de l’été 2016, l’entrepreneur espagnol Javier Perez Dolset, dirigeant de la société ZED Corporation (développeur d'applications mobiles), (développeur d’applications mobiles), a déposé plainte auprès du parquet espagnol contre ses partenaires russes liés à VimpelCom Ltd[15],[16]. Selon Dolset, ceux-ci s’étaient illégalement emparés du capital de leur coentreprise, ce qui avait entraîné la faillite de la société mère. El Confidencial a publié une série d’articles sur l’affaire de la faillite de ZED et a accusé Fridman d’avoir orchestré une prise de contrôle illégale en écartant Javier Perez Dolset de l’entreprise et en le ruinant financièrement[17],[18],[19].

Le , Peter Wakkie, un avocat néerlandais considéré comme le bras droit de Fridman, est arrêté à l'aéroport Barajas de Madrid, pour une affaire de fraude commerciale présumée[20],[21],[22],[23].

En , Mikhaïl Fridman s'est présenté à une audience relative à l'affaire Zed afin d'être interrogé par la Cour nationale espagnole à Madrid. Il a été convoqué à une audience préliminaire en tant que personne faisant l'objet d'une enquête. L'accusation portait sur « une série d'actions ayant entraîné l'insolvabilité de la société espagnole Zed Worldwide… dans le but de l'acquérir à un prix dérisoire, bien inférieur à sa valeur de marché ». Le procureur a qualifié les agissements de Fridman vis-à-vis de Zed Worldwide de « raid », précisant qu’il s’agissait d’une technique « généralement utilisée par la mafia russe » dans le but de prendre illégalement le contrôle d’une entreprise, tandis que ses représentants légaux affirmaient que Fridman n’avait jamais été administrateur d’aucune des entités impliquées dans le rachat de Zed[24],[25]. À l’issue de l’audience préliminaire, José Grinda, procureur en chef chargé de l’affaire, a déclaré aux médias que « du point de vue du parquet, Fridman conservera le statut d’accusé »[26]. Le , , la Cour nationale espagnole a classé l’affaire sans suite. Selon la décision, le juge a estimé que la poursuite de la procédure à l’encontre de Fridman était contraire au principe de la présomption d’innocence et a déclaré qu’il n’existait « aucun motif raisonnable permettant d’accuser le suspect en tant qu’auteur, complice ou participant »[27]. Par la suite, dans une ordonnance datée du , la Haute Cour nationale d’Espagne a rejeté les recours formés par Zed Group en faveur de Fridman, concluant qu’il n’existait aucune preuve permettant d’établir la véracité des allégations de Zed Group[28] et, que les SMS initialement utilisés comme éléments de preuve ne permettaient pas d’impliquer Fridman « au-delà des références faites par des tiers »[29].

Au milieu de l’année 2017, la société d’investissement LetterOne de Fridman a racheté Dia, une chaîne de supermarchés espagnole. De 2011 au 20 décembre 2018, Dia figurait dans l’indice dit « IBEX 35 », qui regroupe les 35 plus grandes entreprises espagnoles cotées en bourse. Sergio Avila, expert en économie, a déclaré : « … Avec l’entrée de [LetterOne] au sein de [Dia], le chiffre d’affaires a chuté brutalement, la rentabilité de l’entreprise a diminué, ce qui s’est accompagné d’une baisse du cours de l’action Dia à la Bourse de Madrid. Par conséquent, j’estime que les perspectives de Dia sont extrêmement négatives, et je ne la recommande en aucun cas aux investisseurs. » El Confidencial a rappelé des épisodes passés liés à Fridman et a qualifié ses actions d’attaques de raiders contre des entreprises espagnoles[30]. En janvier 2021, la Cour nationale espagnole a classé sans suite une affaire dans laquelle il était allégué que Fridman avait manipulé le marché pour dévaloriser les actions de Dia[31], le juge ayant déclaré que la cour considérait plutôt la perte de valeur de Dia comme le résultat d’une « mauvaise gestion » et d’un manque d’investissements dans le marketing[28].

Autres engagements

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Mikhaïl Fridman au congrès juif de Russie en 2009.

Mikhaïl Fridman est membre de nombreux organismes publics, dont le Conseil national sur la gouvernance d'entreprise en Russie[32] et membre du conseil d'administration de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs[33]. En , il devient membre du Conseil de l'entrepreneuriat du gouvernement de la fédération de Russie[34] et il est élu membre de la Chambre publique russe en [33].

Depuis 2005, Mikhaïl Fridman est un représentant russe à l’International Advisory Board du Council on Foreign Relations[8].

Mikhaïl Fridman est également l'un des principaux mécènes des initiatives juives en Russie et ailleurs en Europe. En 1996, il est l'un des fondateurs du Congrès juif russe. Il apporte d'importantes contributions au Fonds juif européen, une organisation à but non lucratif qui promeut la tolérance et la réconciliation[35].

Le , après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il appelle à un cessez-le-feu[36], mais en vain car le lendemain il est frappé de sanctions.

Sanctions de l'Union européenne et d'autres pays contre Mikhaïl Fridman

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L'invasion de l'Ukraine par la Russie le provoque l'inscription de Mikhaïl Fridman le à la liste des personnalités russes frappées de sanctions économiques et d'interdiction de territoire par les 27 pays de l'Union européenne à cause d'un possible soutien économique et financier au régime russe responsable de l'annexion de la Crimée en 2014 et de la déstabilisation de l'Ukraine dès cette époque[37],[38]. Le , Mikhaïl Fridman est en plus condamné par l'Australie des mêmes sanctions[7]. Le , des sanctions contre Mikhaïl Fridman ainsi que contre les actionnaires principaux du groupe Alfa sont infligées par le Royaume-Uni[39], et le suivant par le Canada[3]. L'oligarque Mikhaïl Fridman se retire en conséquence du fonds d'investissement LetterOne dont il était le cofondateur et de tous les groupes européens dont il est actionnaire, tout comme son associé Piotr Aven[40].

Mikhail Fridman et son partenaire Piotr Aven qualifient les allégations de l'UE de diffamatoires et se promettent de les contester « par tous les moyens à leur disposition »[41].

Dans une interview à Bloomberg Businessweek, Friedman qualifie d'illogiques les sanctions occidentales contre les représentants des entreprises russes, et l'opinion selon laquelle les hommes d'affaires russes peuvent influencer la conduite d'une « opération militaire » en Ukraine est erronée[42].

Le , la cour européenne de justice enlève Mikhail Fridman de la liste des personnalités russes sous sanction, constituée en 2022. Mais il existe aussi un paquet de sanctions voté en pour lequel Mikhail Fridman est aussi inscrit sur la liste noire[43].

Le , Mikhaïl Fridman a entamé une procédure d’arbitrage contre le Luxembourg au Centre d’arbitrage international de Hong Kong[44]. Il réclame la restitution de tous ses biens, ainsi que 14,5 milliards d’euros de compensation du Luxembourg, qui a validé et appliqué les sanctions[45]. Ses réclamations sont liées au gel de ses avoirs dans différents pays sous sanctions de l'Union européenne, qu’il considère comme une « expropriation illégale »[44]. Selon les avocats de l’homme d’affaires, parmi lesquels se trouve Cherie Blair, l’imposition de sanctions européennes contre l’homme d’affaires est uniquement liée à sa citoyenneté russe et à son succès commercial, ce qui constitue une « grave injustice » et viole le droit international, parce que l’UE a imposé des sanctions en dehors de l’ONU[44].

Distinctions

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En 2003, Mikhaïl Fridman reçoit le Golden Plate Award de l'Academy of Achievement de Washington, décerné par l'ancien président américain Bill Clinton.

En 2004, il figure sur la liste du Financial Times des 25 chefs d'entreprise "Leaders of new Europe"[46]. Forbes Russie nomme Mikhaïl Fridman homme d'affaires russe de l'année en 2012 et 2017[47],[48].

Fortune

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En 2008, il est le 20e homme le plus riche du monde avec une fortune de plus de 20,8 milliards de dollars[49]. En 2009, il est classé 71e avec une fortune de 6,3 milliards de dollars[50].

En 2011, selon Forbes, il serait classé 43e avec une fortune de 15 milliards de dollars[51].

En 2016, il précise que sa fortune sera léguée à des œuvres caritatives[35].

En 2019, sa fortune est estimée à 15,3 milliards de dollars par le magazine Forbes[52].

Vie privée

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Il est divorcé et père de quatre enfants[2]. Il résiderait principalement en Grande-Bretagne[53], où il achète en 2016 la propriété Athlone House pour 90 millions de dollars[7]. Celle-ci est confisquée du fait des sanctions contre le milliardaire à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Il a également la citoyenneté israélienne[7].

Notes et références

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http://www.therichest.com/celebnetworth/celebrity-business/men/mikhail-fridman-net-worth/

  1. (en) « Mikhail Fridman », sur Forbes (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « Mikhail Fridman », sur Bloomberg (consulté le )
  3. 1 2 3 (en) Marshall I. Goldman, The Piratization of Russia : Russian Reform Goes Awry, Routledge, , 304 p. (ISBN 978-1-134-37685-8, lire en ligne)
  4. « Officer Profile | Reuters.co.uk », sur uk.reuters.com (consulté le )
  5. (en-GB) « Alfa’s Mikhail Fridman Skirts Russian Sanctions to Invest Abroad », sur Institutional Investor (consulté le )
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  7. 1 2 3 4 (en) « Mikhail Fridman », sur Forbes (consulté le )
  8. 1 2 Membership. Council of Foreign Relations. Retrieved 14 November 2011.
  9. 1 2 (en-GB) Reuters, « TNK-BP: a troubled history », The Telegraph, (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le )
  10. (en-US) Selina Williams and Jenny Busche, « LetterOne, RWE to Close Acquisition of RWE’s Dea Monday », sur WSJ (consulté le )
  11. (en-GB) « Mikhail Fridman: Oligarchy with all that jazz », sur Financial Times (consulté le )
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  17. (es) « Quién es Fridman, el magnate 'ruso' con socios españoles investigado por el FBI », sur El Confidencial, (consulté le )
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  24. (en-US) Laurence Boutreux, « Russian Jewish tycoon grilled by Spain's top court for alleged 'corporate raid' », sur The Times of Israel, (consulté le )
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  40. L'Express, Sur la piste des oligarques russes, 11 mars 2022
  41. (en) Reuters, Fridman and Aven contest spurious EU sanctions, 1er mars 2022
  42. (en) Broke Oligarch Says Sanctioned Billionaires Have No Sway Over Putin, 17 mars 2022
  43. « Guerre en Ukraine : Un oligarque russe va récupérer ses deux villas de la Côte d’Azur auprès du tribunal européen » Accès libre, 20 minutes, (consulté le )
  44. 1 2 3 (ru) Artem Kulsha, « Михаил Фридман подал иск к Люксембургу на $16 млрд в Гонконгский арбитраж » Accès libre, sur Vedomosti, (consulté le )
  45. Jean-Pierre Stroobants, « L’oligarque russe Mikhaïl Fridman réclame 14,5 milliards d’euros au Luxembourg », sur Le Monde, (consulté le )
  46. « Financial Times listed Mikhail Fridman, Chairman of the Board of Alfa-Bank, among 25 executives who — according to Leaders of the New Europe article — “will shape the way the business is done across the continent” - Alfa Bank », sur web.archive.org, (consulté le )
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  51. Liste des milliardaires du monde en 2011
  52. (en) « Mikhail Fridman », sur Forbes (consulté le )
  53. (en) Anna Behrmann, « New Athlone House owner: 'I want to restore it to its former glory' », sur Hampstead Highgate Express (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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