Milice bosniaque (ottomane)
La milice bosniaque était une unité militaire locale du pachalik de Bosnie servant de garnison frontalière permanente et d'armée provinciale pour l'Empire ottoman aux XVIIIe et XIXe siècles[1].
| Milice bosniaque | |
| Création | 1699 |
|---|---|
| Dissolution | 1878 |
| Pays | |
| Allégeance | Empire ottoman |
| Guerres | Guerre austro-russo-turque de 1735-1739 |
| Batailles | Bataille de Mišar Bataille de Banja Luka Capture de Belgrade Révolution Serbe Bataille de Loznica |
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|
Histoire
modifierAprès le traité de Karlowitz, le , la frontière ottomane-habsbourgeoise fut fixée autour du Danube. Le corps d'armée permanent ottoman, débordé par les campagnes incessantes de l'époque, avait perdu sa capacité offensive stratégique contre les Habsbourg.
Le gouvernement ottoman dut donc s'appuyer sur une stratégie défensive. Pour assurer la défense et la sécurité des forteresses frontalières éloignées, il fut décidé de confier la responsabilité de la défense et de la sécurité des provinces frontalières à leurs gouverneurs. Cette nouvelle politique leur donnait le droit de créer des unités provinciales. Les soldats étaient des volontaires et des villageois sous le contrôle d'une élite provinciale (Ayan) [2].
Les milices provinciales ont servi d'occasion de mobilité sociale, bien qu'elles n'aient pas été ouvertes aux chrétiens à leur début, elles ont également été utilisées par le gouverneur en interne pour maintenir ou rétablir l'ordre lors des nombreuses révoltes concernant de nouvelles taxes[3]. Certains historiens ont décrit la milice bosniaque à cette époque comme un outil utilisé par l'élite locale pour consolider son pouvoir[3].
Au cours des premier et deuxième soulèvements serbes, les bosniaques avaient accepté la responsabilité principale de la répression de la révolte chrétienne dans la province de Belgrade. Des forces de milice bosniaques furent envoyées de l'autre côté de la Drina pour soutenir l'armée ottomane combattant les insurgés serbes[4].

En 1864, le gouvernement ottoman introduisit la conscription et une brigade de milice bosniaque fut formée, composée de deux régiments de quatre bataillons dont la moitié des officiers étaient des Bosniaques de la province[5].
En 1869, le contingent bosniaque fut assimilé à l'armée turque et une commission sous la présidence d'Omer Pacha, un général ottoman, ancien orthodoxe d'origine serbe, décida que les chrétiens pouvaient être inclus dans la conscription[6]. Huit bataillons furent formés, avec la moitié d'officiers locaux et servant techniquement uniquement à l'intérieur des frontières de la province[5].
Démantèlement
modifierLe transfert sous domination austro-hongroise en 1878 mit fin à la milice bosniaque. En 1881, tous les hommes bosniaques furent convoqués dans l'armée austro-hongroise, parallèlement, une nouvelle milice bosniaque locale, appelée Pandurs, fut créée[7].
Pendant la crise bosniaque de 1909, une milice frontalière appelée Streifkorps a été créée, au cours de la même période, la tristement célèbre milice bosniaque Schutzkorps, a été créée par les Austro-Hongrois pour agir comme force paramilitaire spéciale, pourchassant les guérilleros serbes[8].
Références
modifier- ↑ Hickok 1997, p. 40.
- ↑ Hickok 1997, p. 41.
- 1 2 Turhan 2014, p. 77.
- ↑ Turhan 2014, p. 101.
- 1 2 Cooke 1876, p. 12.
- ↑ Cooke 1876, p. 11.
- ↑ Malcolm 2002, p. 138.
- ↑ Malcolm 2002, p. 163.
Sources
modifier- M.R. Hickok, Ottoman Military Administration in Eighteenth-Century Bosnia, Brill, coll. « Mnemosyne, Bibliotheca Classica Batava », (ISBN 978-90-04-10689-5, lire en ligne)
- F.S. Turhan, The Ottoman Empire and the Bosnian Uprising: Janissaries, Modernisation and Rebellion in the Nineteenth Century, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-0-85772-689-6, lire en ligne)
- W.S. Cooke, The Ottoman Empire and Its Tributary States, W. Clowes&Son, (lire en ligne)
- J. Lyon, Serbia and the Balkan Front, 1914: The Outbreak of the Great War, Bloomsbury Academic, (ISBN 978-1-4725-8003-0, lire en ligne)
- N. Malcolm, Bosnia: A Short History, Pan, (ISBN 978-0-330-41244-5, lire en ligne)
