Mirjana Gross
Mirjana Gross, née Mirjam Gross le à Zagreb en Yougoslavie et morte le dans la même ville en Croatie est une historienne juive yougoslave-croate[1],[2]. Déportée au camp de concentration de Ravensbrück où elle perd une partie de sa famille, elle fait des études d'histoire où elle marque la discipline de son pays par ses méthodologies de recherche à l'époque pionnière. Elle s'intéresse notamment à l'histoire de la Croatie, de ses partis politiques et esquisse plusieurs pistes sur l'histoire des femmes. Elle est l'autrice de nombreux manuels scolaires pour le secondaire et le supérieur. Figure de la discipline historique en Croatie, ses travaux sont récompensés de nombreux prix.
Biographie
modifierMirjana Gross est née à Zagreb dans une famille juive le [3]. Elle est la petite-fille du pionnier croate des échecs Izidor Gross (en)[4]. Elle fait des études en langues, avant de commencer des études de médecine[5]. Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la Yougoslavie, Mirjana Gross et ses parents se cachent près de Zagreb, dans le village de Drenje Brdovečko (en)[6]. En 1944, la famille est arrêtée par les nazis[6]. Sa mère et elle sont déportées au camp de concentration de Ravensbrück, où elles ont travaillé comme travailleuses forcées pour Siemens & Halske AG, qui produisait des bombes[6]. Son père est déporté à Buchenwald où il meurt avec d'autres membres de sa famille pendant la Shoah. Sa mère et elle, cependant, ont survécu[7],[8]. Après avoir attrapé la tuberculose, elle prépare ses examens dans un sanatorium[5]. Elle fait ses études à l'université de Zagreb, devenant docteure en 1958 avec une thèse sur le rôle de la social-démocratie dans la vie politique de Zagreb entre 1890 à 1905[9],[3].
Travaux
modifierAprès la guerre, elle devient professeure d'histoire yougoslave[10]. Tout au long de sa carrière, Mirjana Gross étudie l'histoire croate du xixe siècle, en mobilisant de nombreuses méthodes, dont l'historiographie et la méthodologie historique[11]. Cette approche fait d'elle une pionnière[5]. Dans les années 1970, elle réalise plusieurs projets de recherche sur l'histoire croate moderne, notamment sur sa modernisation et ses mouvements sociaux[12]. Elle écrit des livres sur le Parti des droits (en), les hommes politiques Ante Starčević et Eugen Kvaternik (en), entre autres sujets[13]. Elle fait partie des personnes rédigeant les manuels scolaires de Croatie et écrit plusieurs ouvrages de méthodologie pour les élèves du supérieur[11]. Polyglotte, elle diffuse en Croatie les dernières recherches venant d'écrits en anglais, allemand et français[11]. Elle s'intéresse également à l'histoire des femmes et l'historiographie féministe avec l'article "Nevidljive" žene (Femme invisible).
Elle est présidente de la Société historique croate, fondatrice et rédactrice en chef de plusieurs revues croates[11],[14].
Engagement
modifierMirjana Gross est membre de la Ligue des communistes, travaillant dans plusieurs instances dans le domaine de la science et de l'éducation[11].
Fin de vie
modifierAprès sa retraite en 1982, Mirjana Gross continue à écrire des ouvrages et meurt le , à l'âge de 90 ans[6]. Elle est enterrée au cimetière de Mirogoj[15].
Hommages et distinctions
modifierEn 1992, elle reçoit l'Ordre des sciences et des arts[16].
Son ouvrage Počeci moderne Hrvatske (Les débuts de la Croatie moderne) reçoit les prix Vladimir Bakarić et en 1998 le prix autrichien Anton Gindely[5].
En 2001, Mirjana Gross reçoit le prix Josip Juraj Strossmayer pour l'ouvrage scientifique le plus abouti publié en Croatie et dans la diaspora croate. En 2005, Mirjana Gross est nommée parmi les 35 femmes croates les plus importantes de l'histoire du pays[17].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Snješka Knežević 2011, p. 82.
- ↑ Staff, « Holocaust Survivors and Victims Database: Mirjam Gross » [archive du ], United States Holocaust Memorial Museum (consulté le )
- 1 2 (en) Stiftung Gedenkstätten Buchenwald und Mittelbau-Dora, « Mirjana Gross », sur Buchenwald Memorial (consulté le )
- ↑ Staff, « Gross, Mirjana (Mirjam) », Židovski biografski leksikon (consulté le )
- 1 2 3 4 (hr) « Mirjana Gross – najbolja hrvatska povjesničarka », sur VoxFeminae (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Filip Šimetin Šegvić et Nikolina Šimetin Šegvić, « Mirjana Gross (1922–2012): In Memoriam », Austrian History Yearbook, vol. 44, , p. 297–300 (ISSN 0067-2378 et 1558-5255, DOI 10.1017/S0067237813000179, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ruah Hadaša (Glasilo Židovske vjerske zajednice Bet Israel): Jasminka Domaš: Mirjam Gross (Zagreb 1922–2012): stranica 48, broj 20, godina V, 2012.
- ↑ (hr) Karmela Devčić, « Grossovi: Bježali su od ustaša, oca su ubili nacisti, a Mirjana je preživjela logor », Jutarnji list, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (hr) « U četvrtak ispraćaj povjesničarke Mirjane Gross na Krematoriju », Večernji list, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Hrvatski državni arhiv; Prisilni rad i Nezavisna Država Hrvatska, 1941–45; Srpanj 2007; str. 31.
- 1 2 3 4 5 (hr) DAMIR AGIČIĆ, « In memoriam Mirjana Gross (1922.–2012.) », ČSP, , p. 757-762 (lire en ligne)
- ↑ Nikša Stančić, "Zavoda za hrvatsku povijest; Prof Dr Mirjana Gross, povjesničar" 19. stoljeća; Srpanj 2000; str. 477-79.
- ↑ (hr) Želimir Ciglar, « Arhiv vijesti », Croatian Radiotelevision, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Niksa Stančič, « Mirjana Gross kao znanstvena radnica », Historijski zbornik, (lire en ligne)
- ↑ Gradska groblja Zagreb: Mirjam Gross, Mirogoj Ž-4-I-9.
- ↑ (hr) « GROSS, Mirjana (Mirjam) – Židovski biografski leksikon » (consulté le )
- ↑ (hr) Biluš, « Biramo najznačajniju Hrvaticu u povijesti », Nacional, no 503, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier(hr) Aleksander Laslo Snješka Knežević, Židovski Zagreb, Zagreb, AGM, Židovska općina Zagreb, (ISBN 978-953-174-393-8)
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :