Mohamed Benchicou

journaliste algérien

Mohamed Benchicou (en arabe : محمد بن شيكو), né le à Miliana (wilaya d'Aïn Defla, Algérie française) et mort le , est un journaliste et écrivain algérien.

Mohamed Benchicou
Description de cette image, également commentée ci-après
Mohamed Benchicou en 2011.
Nom de naissance Mohamed Boualem Benchicou
Naissance
Miliana (wilaya d'Aïn Defla, Algérie française)
Décès (à 74 ans)
France
Nationalité Algérienne
Activité principale
Distinctions
Prix PEN
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Bouteflika, une imposture algérienne
  • Les geôles d’Alger
  • La parfumeuse : la vie occultée de madame Messali Hadj

Figure de la presse indépendante algérienne, il crée en 1991, avec d'autres journalistes dont Saïd Mekbel, Le Matin, principal quotidien d'opposition au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika. Il publie en 2004 un pamphlet Bouteflika, une imposture algérienne. Quelques mois plus tard, il est arrêté et condamné à deux ans de prison. Il reçoit alors le prix PEN qui rend hommage aux journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression.

Biographie

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Mohamed Benchicou est né le à Miliana, dans la wilaya d'Aïn Defla[1]. Il est l'aîné d'une famille de sept enfants. Il vient vivre à Alger en 1962, il y fait ses études au sein du lycée El Idrissi puis il rejoint l’Université d’Alger en sciences économiques[2].

Il débute sa carrière à La République d’Oran, avant de travailler avec El Moudjahid. En 1989, il est l'un des fondateurs du Mouvement des journalistes algériens (MJA), un mouvement né durant l'ouverture du champ médiatique. Il dirige alors l'équipe qui relance le journal Alger Républicain, interdit de parution en 1965. Mohamed Benchicou quitte Alger Républicain en 1991, pour fonder avec Saïd Mekbel et d'autres journalistes Le Matin, principal quotidien d'opposition au président en Algérie. Il en assure la direction[3],[4].

Rapidement le quotidien, aux titres percutants, s’impose comme l’un des journaux les plus critiques à l’égard des autorités du pays. La publication d’articles contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika et ses proches place Mohamed Benchicou dans le collimateur des autorités. Par ailleurs, son dossier sur les « torturés de Tkout » dans les Aurès lui vaut les premiers avertissements[4],[5].

En , Mohamed Benchicou publie en Algérie et en France une biographie critique sur le président Abdelaziz Bouteflika, Bouteflika : une imposture algérienne[4].

En , Mohamed Benchicou est condamné à une peine de deux ans de prison sur plainte du ministère des Finances pour « infraction régissant le contrôle des changes et les mouvements des capitaux », après avoir été interpellé en à l’aéroport d'Alger en possession de « bons de caisse ». Après avoir purgé sa peine, il est libéré le de la prison d'El Harrach à Alger[6],[7]. Pendant son incarcération, les journalistes du monde entier se mobilisent pour demander sa libération, car son emprisonnement est considéré comme une tentative de le faire taire. Le , il obtient le prix PEN qui rend hommage aux journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression[8],[9]. Pendant son emprisonnement, le quotidien Le Matin est fermé[7].

Lors du Salon international du livre d'Alger de 2007, son livre Les Geôles d'Alger est retiré du salon sur décision des organisateurs. En 2008, son livre Journal d'un homme libre est saisi pour les forces de police lors de son impression. Khalida Toumi, ministre de la culture, assume cette censure accusant l'auteur de diffamation, de propos antisémites ou encore de banaliser les crimes de l'ancienne puissance coloniale[10]. Puis en 2011, son roman Le Mensonge de Dieu, est publié en France mais interdit en Algérie[9].

Mohamed Benchicou meurt le , sur le territoire français, à l'âge de 74 ans[11]. Il est inhumé au cimetière de Garidi à Alger[12].

Œuvres

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  • Bouteflika, une imposture algérienne, Le Matin Editions - Jean Picollec, 2004.
  • Les geôles d’Alger, Inas - Riveneuve, 2007, (ISBN 2914214316).
  • Je pardonnerai, (recueil de poèmes), Inas, 2008.
  • Journal d'un homme libre, Auteur-Riveneuve, 2008.
  • Notre ami Bouteflika, de l'état rêvé à l'état scélérat, Riveneuve, 2010 (sous la direction de Mohamed Benchicou).
  • Le mensonge de Dieu, Michalon, 2011 (ISBN 978-2-84186-567-3).
  • Le dernier soir du dictateur, Riveneuve, 2011 (ISBN 978-2-36013-056-6).
  • La parfumeuse : la vie occultée de madame Messali Hadj, Riveneuve, 2012
  • La mission, Koukou Éditions, 2014.
  • Le mystère Bouteflika, Riveneuve, 2018, (ISBN 2360134906).
  • Casa del Mouradia, Koukou Éditions, 2019, (ISBN 978-9931-315-39-1).

Notes et références

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  1. ↑ « Disparition de Mohamed Benchicou : les hommages de ses confrères », sur Casbah Tribune, (consulté le )
  2. ↑ « Mohamed Benchicou », sur Le Figaro (consulté le )
  3. ↑ « Le journaliste Mohamed Benchicou tire sa révérence », sur L'Expression, (consulté le )
  4. 1 2 3 Hamid Arab, « Mohamed Benchicou, une plume irrévérencieuse », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le )
  5. ↑ « Mohamed Benchicou », sur L'Humanité, (consulté le )
  6. ↑ « Mohamed Benchicou condamné », sur Afrik.com, (consulté le ).
  7. 1 2 « Algérie: La liberté de la presse en danger malgré la libération d’un directeur de journal », sur Human Rights Watch, (consulté le )
  8. ↑ « RSF lance un appel pour le journaliste algérien M. Benchicou », Le Monde, (consulté le ).
  9. 1 2 « Mohammed Benchicou », sur PEN America (en) (consulté le )
  10. ↑ Florence Beaugé, « Alger censure, avant sa parution, un livre « infamant » de Mohamed Benchicou », Le Monde, (consulté le ).
  11. ↑ Djamal Guettala, « Le journaliste algérien Mohamed Benchicou s'est éteint », Kapitalis, .
  12. ↑ Disparition de Mohamed Benchicou : L’homme qui a marqué la presse algérienne, site elwatan.dz, 26 septembre 2026.

Liens externes

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