Mohand Azdad, surnommé Mouh Azdad (Mouh le mince en Rifain), est un guerrier et un martyr de la Guerre du Rif. Il serait né à la fin du XIXe siècle sur le territoire des Aït Arous, un sous-groupe des Aït Ouriaghel, et est mort le dans l’un des derniers combats consécutifs à la guerre du Rif chez les Sanhadja de Srayr[1],[2].

Mohand Azdad
Mouh Azdad
Surnom Mouh le mince
Naissance Fin XIXe siècle
Aït Arous (Beni Ouriaghel)
Décès
Sidi Miskine, Senhadja Srair
Origine Rifain
Allégeance République du Rif
Arme Infanterie
Unité Premier Tabor
Grade Caïd Miya (capitaine)
Années de service 1921 – 1927
Commandement Capitaine d'une unité de 100 hommes
Conflits Guerre du Rif
Faits d'armes Bataille d'Anoual • Combats contre Raisuni • Offensive de Taza • Derniers combats de la guerre du Rif

Biographie

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Mohand Azdad serait né à la fin du XIXe siècle sur le territoire des Aït Arous, un sous-clan de la tribu rifaine des Aït Ouriaghel. Leur territoire, situé dans le massif de l’Adrar n Ithbiren (Montagne des Colombes), au sud d’Al Hoceïma, inclut les villages de Chakrane, Aït Johra et Aït Amar. Les Aït Arous étaient réputés dans tout le Rif pour leur courage, leur pugnacité et leur attachement aux valeurs rifaines.

Le XIXe siècle fut marqué au Rif par des luttes intestines dans un contexte de tension accrue face à la menace de la colonisation européenne. Mohand Azdad grandit donc dans une société fracturée et déterminée à résister à la domination étrangère[1],[2].

Histoire

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Lorsque la Guerre du Rif éclate en 1921, il rejoint, comme la plupart des hommes de sa région, les rangs des résistants rifains dès les premières heures[1],[2].

Il participe à la victoire d'Anoual et se distingue par son courage et son sens de l’organisation militaire, ce qui attire l’attention d’Abdelkrim el-Khattabi[1],[2].

Quand Abdelkrim organise l’armée régulière rifaine en tabors (bataillons), Mohand Azdad rejoint le premier tabor, composé de 500 soldats, et obtient le grade de Caïd Miya (capitaine d’une unité de 100 soldats)[1],[2].

Mohand Azdad était considéré comme l’un des combattants les plus aguerris et expérimentés de l’armée régulière rifaine[1],[2].

Campagnes militaires

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Les succès rifains obligèrent la France et l’Espagne à conclure une alliance militaire. Une force combinée de 500 000 soldats coloniaux fut déployée pour écraser les 75 000 combattants d’Abdelkrim el-Khattabi[1],[2],[3].

Les derniers combats (1926-1927)

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En , les troupes coloniales françaises encerclent le territoire des Aït Arous. Le , les Aït Arous lancent une contre-offensive nocturne pour briser l’encerclement[1],[2].

Durant l’attaque, le tireur d’élite Mohamed n-Amar Abdallah tombe au combat après avoir neutralisé un bataillon ennemi[1],[2].

Mohand Azdad parvient à rompre l’encerclement et rejoint la région des Sanhadja de Srayr pour poursuivre la résistance[1],[2].

Le , Abdelkrim capitule afin d’épargner les civils face aux bombardements chimiques[1],[2],[3].

Un noyau de résistants, dont Azdad, refuse de déposer les armes et se retranche autour du Djebel Tidirhine, point culminant du Rif (2 456 mètres)[1],[2].

Le , les résistants prennent la base espagnole de Taghzout. Le lendemain, une expédition espagnole pour la reprendre tombe dans une embuscade près du village d’Admam, causant 292 morts espagnols[1],[2].

Mais en , l’étau se resserre. Mohand Azdad est tué le à Sidi Miskine chez les Sanhadja de Srayr. Les derniers résistants se rendent en juin, et le , le général José Sanjurjo déclare officiellement la fin de la Guerre du Rif[1],[2],[3].

Mohand Azdad est enterré chez les Sanhadja de Srayr, où sa tombe existe encore aujourd’hui[1],[2].

Héritage

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Mohand Azdad laisse le souvenir d’un homme déterminé à ne jamais vivre sous la domination coloniale. Il était également connu pour sa compassion envers les prisonniers ennemis et son humanisme malgré la brutalité de la guerre[1],[2].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 (en) David M. Hart, The Aith Waryaghar of the Moroccan Rif: An Ethnography and History, U. of Arizona P., (ISBN 978-0-8357-5290-9, lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 (en) Charles Edmund Richard Pennell, A critical investigation of the opposition of the Rifi confederation led by Muhammed bin 'Abd al-Karim al-Khattabi to Spanish colonial expansion in northern Morocco, 1920-1925, and its political and social background, University of Leeds, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 (en) David S. Woolman, Rebels in the Rif: Abd El Krim and the Rif Rebellion, Stanford University Press, (ISBN 978-0-19-690376-7, lire en ligne)