Mohsen Moghaddam
Mohsen Moghaddam (en persan : محسن مقدم), né le à Téhéran et mort le dans la même ville, est un archéologue, historien de l'art, peintre, professeur d'université et collectionneur iranien. Il compte parmi les personnalités ayant participé à la création de la faculté des beaux-arts de l'Université de Téhéran, où il enseigne notamment l'archéologie et l'histoire de l'art[1].
| Mohsen Moghaddam | |
| Archéologue | |
|---|---|
| Présentation | |
| Naissance | Téhéran, Iran kadjar |
| Décès | (à 86 ans) Téhéran, Iran |
| Nationalité | iranienne |
| Activité de recherche | |
| A travaillé pour | Université de Téhéran |
| Domaines de recherche | Archéologie, histoire de l'art |
| Entourage familial | |
| Conjoint | Selma Kuyumjian |
| Famille | Hassan Moghadam (frère) |
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Moghaddam est également l'auteur de l'emblème de l'Université de Téhéran, dont il conçoit le dessin à partir d'un motif en stuc de l'époque sassanide découvert à Ctésiphon[2].
Avec son épouse, l'archéologue Selma Kuyumjian, il constitue dans sa maison familiale de Téhéran une importante collection d'œuvres d'art iraniennes, d'objets archéologiques et d'éléments architecturaux. En 1972, il lègue la maison et ses collections à l'Université de Téhéran. L'ensemble devient par la suite la Maison-musée Moghaddam[3].
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierMohsen Moghaddam naît en 1900 à Téhéran dans la famille de Mohammad-Taqi Khan Ehtesab al-Molk, un fonctionnaire de l'époque qadjare. Son frère aîné, Hassan Moghadam, devient écrivain et dramaturge[3].
En 1912, il est envoyé en Europe pour poursuivre ses études. Pendant la Première Guerre mondiale, il revient en Iran et étudie la peinture à l'école des beaux-arts fondée par Kamal-ol-Molk. Il retourne ensuite en Europe et étudie l'archéologie à Paris, notamment au département d'archéologie du musée du Louvre, où il suit l'enseignement de l'archéologue français Georges Contenau. Il poursuit parallèlement sa formation artistique[3].
Il épouse en 1936 l'archéologue d'origine arménienne Selma Kuyumjian. Tous deux retournent la même année en Iran et s'installent dans la demeure familiale des Moghaddam à Téhéran[3].
Activités archéologiques
modifierÀ partir de la fin des années 1930, Moghaddam participe à différentes missions archéologiques en Iran. En 1937, il est nommé inspecteur technique auprès de la mission archéologique française de Suse, alors dirigée par Roland de Mecquenem[3].
Il travaille également en relation avec le musée Iran Bastan, aujourd'hui intégré au Musée national d'Iran, à une époque où André Godard joue un rôle majeur dans l'organisation des services archéologiques iraniens.
Moghaddam participe à des recherches dans différentes régions d'Iran, notamment à Suse et dans le nord du pays. Ses travaux sont particulièrement liés à l'archéologie du Guilan. Au début des années 1960, il dirige notamment des fouilles à Ghiasabad, dans le cadre de recherches sur les cultures archéologiques du sud de la mer Caspienne[4].
Des recherches historiques consacrées à l'administration archéologique iranienne ont également montré que Moghaddam intervenait dans les débats concernant l'authenticité et l'acquisition des antiquités. Il critiqua notamment certains bronzes acquis pour le musée Iran Bastan sous la direction d'André Godard, qu'il considérait comme des faux[5].
Université de Téhéran
modifierMoghaddam fait partie des artistes, architectes et intellectuels associés à la création, en 1940, de l'établissement qui devient par la suite la faculté des beaux-arts de l'Université de Téhéran[1].
Il y enseigne l'archéologie et l'histoire de l'art et atteint le grade de professeur. Lors de la création officielle de l'Institut d'archéologie de l'Université de Téhéran en 1959, il est nommé membre de son conseil aux côtés d'archéologues et d'universitaires tels qu'Ezzatollah Negahban, Isa Behnam et Ebrahim Pourdavoud[6].
Emblème de l'Université de Téhéran
modifierMohsen Moghaddam est le créateur de l'emblème de l'Université de Téhéran. Selon l'université, son dessin s'inspire d'un motif en stuc sassanide de Ctésiphon composé de deux ailes stylisées entourant un élément central. Moghaddam adapte ce motif et y intègre une inscription inspirée de l'écriture pehlevie[2].
Malgré plusieurs adaptations graphiques ultérieures, ce dessin demeure l'emblème principal de l'université.
Collection et maison Moghaddam
modifierAu cours de plusieurs décennies, Mohsen Moghaddam et Selma Kuyumjian réunissent une importante collection consacrée à l'histoire et aux arts de l'Iran. Elle comprend notamment des carreaux de céramique, des fragments architecturaux, des pierres sculptées, des céramiques, du verre, des textiles, des sceaux, des monnaies, des peintures et des documents historiques[3].
Une partie des éléments architecturaux est directement intégrée aux bâtiments et aux jardins de leur maison. La demeure devient ainsi à la fois résidence privée, collection archéologique et espace expérimental consacré à l'architecture historique iranienne.
En octobre 1972, Moghaddam fait officiellement don de la propriété et de ses collections à l'Université de Téhéran, afin qu'elles puissent servir à l'enseignement et à la recherche en archéologie et en histoire de l'art[7].
Après la mort de Moghaddam en 1987 puis celle de Kuyumjian en 1990, la propriété passe entièrement sous la responsabilité de l'Université de Téhéran. Elle est ensuite transformée en Maison-musée Moghaddam.
Peinture
modifierAvant de se consacrer principalement à l'archéologie, à l'enseignement et à la recherche, Moghaddam reçoit une formation de peintre. Il étudie notamment auprès de Kamal-ol-Molk à Téhéran et poursuit sa formation artistique à Paris[3].
Ses œuvres ont par la suite été présentées dans des études et des expositions consacrées aux premières générations de l'art moderne iranien.
Distinctions
modifierDes sources iraniennes indiquent que Mohsen Moghaddam a reçu une distinction de la Légion d'honneur française en reconnaissance de ses activités culturelles et scientifiques et de sa contribution aux relations culturelles entre l'Iran et la France.
Publication
modifier- Mohsen Moghaddam, « An Old House in Tehran: Its Gardens, Its Collections », dans Arthur Upham Pope et Phyllis Ackerman (dir.), A Survey of Persian Art from Prehistoric Times to the Present, vol. 14, 1967.
Héritage
modifierMohsen Moghaddam est associé à plusieurs aspects de l'institutionnalisation de l'histoire de l'art et de l'archéologie en Iran : l'enseignement universitaire, les fouilles archéologiques, la création de la faculté des beaux-arts de l'Université de Téhéran et le développement de collections destinées à l'étude.
La maison et les collections qu'il constitue avec Selma Kuyumjian appartiennent toujours à l'Université de Téhéran et sont conservées au sein de la Maison-musée Moghaddam.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifierRéférences
modifier- 1 2 (fa) « درباره دانشکدگان » [« À propos de la faculté des beaux-arts »], sur Université de Téhéran (consulté le )
- 1 2 (fa) « گزارش نشان دانشگاه » [« Rapport sur l'emblème de l'université »], sur Université de Téhéran, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (fa) « زندگینامه محسن مقدم » [« Biographie de Mohsen Moghaddam »], sur Maison-musée Moghaddam, Université de Téhéran (consulté le )
- ↑ (de) Christian Piller, Untersuchungen zur relativen Chronologie der Nekropole von Marlik (thèse de doctorat), Université Louis-et-Maximilien de Munich, (lire en ligne)
- ↑ (en) Masoud Sardari, « André Godard and Maxime Siroux: Disentangling the Narrative of French Colonialism and Modern Architecture in Iran », Iranian Studies, (DOI 10.1017/irn.2024.2)
- ↑ (fa) « تاریخچه دانشکده » [« Histoire de la faculté »], sur Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Téhéran (consulté le )
- ↑ (fa) « موقوفه دکتر محسن مقدم (موزه مقدم) » [« Fondation de Mohsen Moghaddam »], sur Université de Téhéran (consulté le )