Mollard (toponymie)

toponyme francophone

Un mollard (ou molard) est un terme géographique propre au domaine linguistique francoprovençal. Désignant un sommet arrondi ou une colline de faible hauteur, il est récurrent dans la toponymie des régions formant l'Arpitanie (notamment le Bugey, la Suisse romande, le sud du massif du Jura et le nord du Dauphiné).

Un toponyme le Molard près d'Annoisin-Chatelans (aujourd'hui en Isère), sur la carte de Cassini.

Étymologie

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Le nom dériverait du latin molaris, lui-même tiré de mola meule »), désignant une grosse pierre ou un rocher[1]. Un rapprochement avec le terme ligure mala, signalant une montagne, peut être proposé[2].

Molard et mollard figurent dans le glossaire de termes dialectaux des noms de lieux de France établi par l'Institut national de l'information géographique et forestière[3]. Le premier y est décrit comme une hauteur arrondie, un mamelon, une colline ou une croupe. Le second est assimilé à un tertre, un remblai, une éminence ou une colline. Les deux sont localisés dans l'aire francoprovençale (Lyonnais, Savoie, Ain, Jura, Dauphiné et région de Louhans pour le premier, Forez, Isère, Ain, Savoie pour le second).

Le terme peut englober le site mais aussi ce qui y est édifié. Dans le contexte savoyard, Adolphe Gros rapproche le terme du bas latin molarium, désignant un hameau lui-même placé sur un monticule arrondi[4]. Henri Jaccard, qui atteste la récurrence du nom en Suisse romande, rapporte que le toponyme désigne prioritairement l'éminence, mais aussi le château qui peut y être édifié[5]. Pour André Charvet, il est possible que certains mollards du Lyonnais désignent des reliefs artificiels, tels des sépultures en tumulus[6].

Le toponyme Môle (comme Le Môle, sommet de Haute-Savoie) partage la même étymologie.

Géographie

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Aire de présence

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Odonyme mentionnant un mollard dans la Bresse.

Molard et mollard sont répertoriés dans une grande partie du domaine francoprovençal[7], à la fois en France et en Suisse francophone. On en identifie notamment en basse Savoie où ils sont désignés comme des buttes calcaires de faible altitude[8]. Dans certains secteurs, le nom est tellement commun qu'on peut en répertorier plus d'une dizaine d'occurrences par commune, justifiant l'ajout de déterminants ou de patronymes[9]. Le toponyme est attesté dans la région de Morez (sud du massif du Jura)[10].

La diffusion du mot doit peut-être au rôle de la ville de Lyon dans la romanisation de la région. Mollard est également un patronyme courant dans la région[9].

Exemples

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Le Mollard de Vions (Savoie), ici au premier plan légèrement à droite.

Parmi les molard les plus connus, figurent le Molard de Lavours, le Mollard de Don ou le Mollard de Vions. Plusieurs cols de montagne y font aussi référence, comme le col du Mollard en Maurienne ou le col du Mollard en Chartreuse.

Références

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  1. Centre national de ressources textuelles et lexicales, « molard », sur cnrtl.fr (consulté le ).
  2. Noms géographiques du canton de Genève, « Chemin du Molard », sur noms-geographiques.app.ge.ch (consulté le ).
  3. André Pégorier et la Commission nationale de toponymie, « Les noms de lieux en France », sur piece-jointe-carto.developpement-durable.gouv.fr, (consulté le ).
  4. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, Chambéry, La Fontaine de Siloé, , 516 p. (ISBN 9782842062682), p. 223.
  5. Henri Jaccard, Essai de toponymie : origine des noms de lieux habités et des lieux dits de la Suisse romande, Lausanne, Georges Bridel & Cie, , 558 p., p. 279.
  6. André Charvet, De Lyon à Satolas : le pays du Velin : Des origines à nos jours, Neyron, AREM, , 182 p. (ISBN 9782307222583).
  7. Gilbert-Lucien Salmon, « Géographie toponymique de quelques anciens termes du lexique de la construction en domaine francoprovençal », L’Onomastique, témoin des langues disparues. Actes du Colloque d’onomastique de Dijon (mai 1981), , p. 221-237 (lire en ligne, consulté le ).
  8. Sébastien Nieloud-Muller, « Contexte géo-historique et archéologique », dans Sébastien Nieloud-Muller, Un lieu de culte antique immergé, Alpara, (lire en ligne).
  9. 1 2 Hubert Bessat et Claudette Germi, Les noms du paysage alpin : atlas toponymique : Savoie, Vallée d'Aoste, Dauphiné, Provence, ELLUG, , 321 p., p. 59.
  10. Jacqueline Robez-Ferraris, Particularités du français parlé dans la région de Morez, Haut-Jura, Grenoble, Ellug, , 362 p. (ISBN 9782902709892), p. 240.

Voir aussi

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