Monastère de Montorge

Le monastère de Montorge (en allemand : Kloster Bisemberg) est un couvent de capucines (de) situé à Fribourg, en Suisse. Fondé en 1626 par le Soleurois Jacques Wallier, c'est le premier couvent féminin fribourgeois de la Contre-Réforme. Son église, dédiée à saint Joseph, conserve un mobilier remarquable du XVIIe siècle.

Monastère de Montorge
Image illustrative de l’article Monastère de Montorge
Présentation
Culte Catholicisme
Type Monastère
Rattachement Capucines (de)
Début de la construction 1626
Protection Bien culturel d'importance nationale
Site web https://www.capucins.ch/les-capucines/
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Fribourg Fribourg
Ville Fribourg
Coordonnées 46° 48′ 03″ nord, 7° 09′ 42″ est

Carte

Situation

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Le monastère occupe une position exposée sur le Bisemberg, au-dessus des falaises de la Sarine, entre la porte de Bourguillon et la porte de la Maigrauge[1],[2]. Le jardin du couvent borde ces falaises[3].

Histoire

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Le monastère est fondé en 1626 par Jacques Wallier, originaire de Soleure, coseigneur de Saint-Aubin et sans descendance[4],[3]. Le gouvernement fribourgeois donne son autorisation le 27 mars 1626, et la première pierre est posée le lendemain[4]. Quatre sœurs du couvent de Gerlisberg (de), près de Lucerne, s'installent dans les nouveaux bâtiments en 1628[4],[1]. L'église est consacrée en 1635[4],[1]. La première supérieure, Elisabeth Schwendimann, est élue le 15 avril 1626 et regagne Lucerne en 1629[5].

En 1737, l'explosion de la poudrière voisine aurait détruit l'ensemble des vitraux de l'église[1].

Après la guerre du Sonderbund, l'État de Fribourg retire aux religieuses la gestion de leurs biens et leur interdit d'accepter des novices[4],[5]. L'interdiction est levée en 1857. Le 3 décembre 1858, le couvent recouvre la gestion de ses biens, sous un certain contrôle de l'État[5].

En 1958, Montorge fait partie des quinze couvents de capucines de Suisse qui forment, sans renoncer à leur indépendance, la fédération Sainte-Claire[6]. En 1965, le monastère envoie des religieuses fonder des missions et des couvents en Amérique latine et en Afrique[6].

Architecture

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Bâtiments conventuels

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Les bâtiments forment un quadrilatère à deux niveaux autour d'un cloître, au sud de l'église[3],[1]. L'aile sud abrite le réfectoire, orné d'un décor mural maniériste de 1628, ainsi que la salle du chapitre, le noviciat et l'infirmerie[3]. Le jardin est délimité par huit oratoires. La chapelle Notre-Dame-des-Ermites, la première d'entre eux, possède un petit retable de Jean-François Reyff (de) daté d'environ 1640[3]. Un bâtiment des hôtes est ajouté à l'aile ouest vers 1780[3].

Église Saint-Joseph

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Construite de 1626 à 1628 sur le plan type de l'ordre, l'église est un grand rectangle sans bas-côtés. Son toit à forte pente est surmonté d'un petit clocheton[3],[1]. À l'intérieur, la nef, le chœur et le chœur des religieuses se succèdent, ce dernier étant séparé par un mur[3]. Le décor de stuc néoclassique et la fausse voûte de la nef datent d'environ 1810[3]. L'intérieur a été restauré en 1971 et l'extérieur en 1992[3].

Mobilier

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Les trois retables en bois sculpté et doré datent de 1627-1628. Leurs tableaux sont attribués à Louis Vallélian[3],[1], tandis que Fribourg Région présente les retables comme des œuvres de jeunesse de Jean-François Reyff[7]. Le maître-autel représente la Sainte Famille entre saint Jacques le Majeur et sainte Barbe, patrons du fondateur et de son épouse Barbe Progin, dont les armes figurent à l'entablement[3]. Le retable latéral droit porte les armes de Pierre Reyff, cousin du fondateur, et de son épouse Vérène Python[3].

Dans la nef se trouve une grille en noyer ciré à riche décor végétal, datée de 1668[3], qu'Uta Bergmann attribue à l'atelier Reyff[1]. Selon le Guide artistique de la Suisse, elle se trouvait autrefois devant les autels latéraux[3], tandis que Bergmann la décrit comme séparant la nef du chœur[1]. Le frère Anton Scheck réalise en 1746-1747 les tours marquetées du chœur, les crédences et les boiseries de la sacristie, ainsi que le tabernacle du maître-autel. Les appliques en argent de ce dernier sont de Jacques-David Müller (1749)[3].

Deux cycles de tableaux attribués à Vallélian ornaient l'église : une Vie de saint François en dix-huit tableaux et une Vie de saint Joseph en huit tableaux. Ils ont été déposés en 1971[3].

Vitraux

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Un vitrail armorié de Hans Ulrich Sury (de) et de son épouse Anna Wallier, daté de 1631, proviendrait du monastère. Il est aujourd'hui conservé au Musée d'art et d'histoire de Fribourg[8],[1]. Un vitrail de la même série, aux armes de Hieronymus Wallier et Barbara Aregger, se trouve au musée de Dijon. Tous deux sont l'œuvre du peintre verrier Sebastian Schnell[1]. Dès 1629, le gouvernement fribourgeois avait fait réaliser par le Lucernois Jakob Huser le vitrail à ses armes offert au couvent[1].

L'orgue est construit en 1810-1811 par Aloys Mooser (de), avec un décor sculpté de Joseph Huber[3],[9]. Il est transformé en 1962-1963 par la Manufacture d'orgues de Genève, puis restauré en 1987-1988 par la maison Kuhn (de) de Männedorf[9].

Vie de la communauté

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La communauté mène une vie contemplative[6], rythmée par la prière des psaumes, la méditation personnelle et l'eucharistie quotidienne[2]. Les religieuses confectionnent des hosties[10] et des vêtements liturgiques[11]. Elles produisent également une liqueur digestive à base d'herbes médicinales ainsi qu'un petit artisanat de caramels, de chapelets et de bougies[2]. Le monastère accueille des hôtes pour des séjours spirituels d'une nuit à une semaine[2]. Le répertoire musical des capucines de Montorge aux XVIIIe et XIXe siècles a fait l'objet d'une étude de Florence Sidler[12].

Liste des mères supérieures

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  • 1626 - 1629 : Elisabeth Schwendimann[5],[13]
  • 1629 - 1642 : Françoise de Diesbach[5]
  • 1642 - 1648 : Delphine Progin[5]
  • 1648 - 1651 : Angeline Fivaz[5]
  • 1651 - 1657 : Anne-Catherine Brünisholz[14]
  • 1657 - 1664 : Françoise de Diesbach[14]
  • 1664 - 1667 : Anne-Catherine Brünisholz[14]
  • 1667 - 1669 : Suzanne de Praroman[14]
  • 1669 - 1675 : Anne-Catherine Brünisholz[14]
  • 1675 - 1678 : Régine Weck[14]
  • 1678 - 1681 : Mechthilde Wallier[14]
  • 1681 - 1684 : Marguerite Python[14]
  • 1684 - 1687 : Mechthilde Wallier[14]
  • 1687 - 1690 : Gertrude Holdermeyer[14]
  • 1690 - 1693 : Mechthilde Wallier[14]
  • 1693 - 1696 : Généreuse Bourqui[15]
  • 1696 - 1699 : Mechthilde Wallier[15]
  • 1699 - 1703 : Josèphe Perroud[15]
  • 1703 - 1709 : Généreuse Bourqui[15]
  • 1709 - 1715 : Hyacinthe de Castella[15]
  • 1715 - 1718 : Jeanne-Baptiste Wallier[15]
  • 1718 - 1724 : Euphrasie Greder[15]
  • 1724 - 1727 : Florence Saler[15]
  • 1727 - 1728 : Hyacinthe de Castella[15]
  • 1728 - 1729 : Euphrasie Greder[15]
  • 1730 - 1733 : Jeanne-Baptiste Wallier[16]
  • 1733 - 1736 : Reine de Diesbach[16]
  • 1736 - 1739 : Pacifique Müller[16]
  • 1739 - 1742 : Claire de Praroman[16]
  • 1742 - 1745 : Célestine Griset de Forel[16]
  • 1745 - 1748 : Constance de Gléresse[16]
  • 1748 - 1751 : Célestine Griset de Forel[16]
  • 1751 - 1757 : Cécile Pochen[16]
  • 1757 - 1763 : Constance de Gléresse[16]
  • 1763 - 1766 : Florence Saler[17]
  • 1766 - 1769 : Josèphe de Praroman[17]
  • 1769 - 1775 : Victoire Gady[17]
  • 1775 - 1781 : Madeleine Gottrau de Pensier[17]
  • 1781 - 1784 : Victoire Gady[17]
  • 1784 - 1789 : Delphine de Landerset[17]
  • 1789 - 1792 : Madeleine Gottrau de Pensier[17]
  • 1792 - 1795 : Eléonore Baillif[17]
  • 1795 - 1798 : Xavière de Landerset[17]
  • 1798 - 1804 : Célestine Gottrau de Pensier[18]
  • 1804 - 1807 : Hyacinthe Vallélian[18]
  • 1807 - 1813 : Pacifique Fleury[18]
  • 1813 - 1819 : Elisabeth Rime[18]
  • 1819 - 1825 : Augustine Magnin[18]
  • 1825 - 1831 : Cécile Schueler[18]
  • 1831 - 1835 : Josèphe Gapany[18]
  • 1835 - 1841 : Delphine de Fégely[18]
  • 1841 - 1847 : Thérèse Magnin[18]
  • 1847 - 1849 : Fidèle Müller[19]
  • 1849 - 1855 : Scholastique Genoud[19]
  • 1855 - 1861 : Pacifique Chappuis[19]
  • 1861 - 1865 : Josèphe L'Hoste[19]
  • 1865 - 1871 : Bernardine Kaiser[19]
  • 1871 - 1877 : Josèphe L'Hoste[19]
  • 1877 - 1880 : Angélique Rigolet[19]
  • 1880 - 1887 : Séraphique Chainiat[19]
  • 1887 - 1888 : Josèphe L'Hoste[19]
  • 1889 - 1894 : Séraphique Chainiat[19]
  • 1894 - 1897 : Jeanne-Baptiste Genilloud[19]
  • 1897 - 1906 : Séraphique Chainiat[19]
  • 1906 - 1909 : Bernardine Portmann[20]
  • 1909 - 1914 : Séraphique Chainiat[20]
  • 1914 - 1921 : Bernardine Portmann[20]
  • 1921 - 1924 : Véronique Genoud[20]
  • 1924 - 1927 : Bernardine Portmann[20]
  • 1927 - 1933 : Hortulane Pittet[20]
  • 1933 - 1939 : Scholastique Moret[20]
  • 1939 - 1945 : Thérèse Cosandey[20]
  • 1945 - 1951 : Scholastique Moret[20]
  • 1951 - 1957 : Thérèse Cosandey[20]
  • 1957 - 1966 : Josèphe Schaller[20]
  • 1966 - ... : Thérèse Cosandey[20]
  • en 2026 : Laetitia-Catherine Carron[21]

Bibliographie

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  • Marcel Strub, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Fribourg, t. III : La ville de Fribourg, les monuments religieux, Bâle, Birkhäuser, coll. « Les Monuments d'art et d'histoire de la Suisse » (no 41), (lire en ligne), partie 2, « Le monastère de Montorge », p. 188-239.
  • Aloys Lauper, Steffan Biffiger et I. Beytrison, « Fribourg », dans Société d'histoire de l'art en Suisse, Guide artistique de la Suisse, t. 4a : Fribourg, Valais, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse, (lire en ligne), p. 42-43.
  • Hubert de Vevey, « St-Joseph de Montorge-Fribourg », dans A. Bruckner et Brigitte Degler-Spengler, Helvetia Sacra : Section V, vol. II : Der Franziskusorden. Die Kapuziner und Kapuzinerinnen in der Schweiz, Berne, Francke, (lire en ligne), partie 2, p. 1041-1049.
  • Paul de Pury, « Jacques Wallier, fondateur du couvent de Montorge », Archives de la Société d'histoire du canton de Fribourg, vol. 8,‎ , p. 285-307.
  • Fr. Broillet, « Le couvent de Montorge », Fribourg artistique,‎ .
  • Louis Waeber, « Église de Montorge », dans Églises et chapelles du canton de Fribourg, .
  • (de) Uta Bergmann, Die Freiburger Glasmalerei des 16. bis 18. Jahrhunderts, Berne, Peter Lang, , p. 140 (cat. n° 118).
  • Verena Villiger, « Monter à Bourguillon : la mise en scène du sacré aux portes de Fribourg », Annales fribourgeoises, vol. 72,‎ , p. 31-42.
  • Florence Sidler, « Le chant des capucines à Montorge : répertoire et usages musicaux aux XVIIIe et XIXe siècles », Annales fribourgeoises, vol. 84,‎ , p. 17-24.
  • (de) Uta Bergmann, « Monastère des Capucines de Montorge », sur Vitrosearch, Vitrocentre Romont, (consulté le ).
  • Kathrin Utz Tremp (trad. Monique Baud-Wartmann), « Montorge » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  • Christian Schweizer (trad. Pierre-G. Martin), « Capucines » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Bergmann 2017.
  2. 1 2 3 4 « Monastère des Capucines, Fribourg », sur KOVOS (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Lauper, Biffiger et Beytrison 2012, p. 42-43.
  4. 1 2 3 4 5 Kathrin Utz Tremp (trad. Monique Baud-Wartmann), « Montorge » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  5. 1 2 3 4 5 6 7 Vevey 1974, p. 1042.
  6. 1 2 3 Christian Schweizer (trad. Pierre-G. Martin), « Capucines » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  7. ↑ (de) « Kirche und Kloster Bisemberg/Montorge », sur Fribourg Région (consulté le ).
  8. ↑ Bergmann 2014, p. 140.
  9. 1 2 « Mooser – orgue Monastère de Montorge », sur Fribourg Région (consulté le ).
  10. ↑ « Visite des lieux et des trésors accumulés au cours des siècles », Cath.ch,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ « Monastère de Montorge », sur Fribourg Région (consulté le ).
  12. ↑ Sidler 2022, p. 17-24.
  13. ↑ Christian Schweizer (trad. Elena Vuille-Mondada), « Elisabeth Schwendimann » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  14. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Vevey 1974, p. 1043.
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Vevey 1974, p. 1044.
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  18. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Vevey 1974, p. 1047.
  19. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Vevey 1974, p. 1048.
  20. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Vevey 1974, p. 1049.
  21. ↑ Laetitia Catherine Carron, « 400 ans de la pose de la première pierre du Monastère des capucines de Montorge », Frères en marche, no 3,‎ , p. 38-38 (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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