Monastère du Carol

monastère situé en Ariège, en France

Le Monastère du Carol, également évoqué sous le nom de Monastère de Carol ou Couvent de Carol[Note 1], est une ancienne abbaye fondée en 1860 par le jésuite Louis de Coma et située à Baulou en Ariège, en France. L’édifice a été démoli au milieu du XXe siècle^(1956 - 1957), soi-disant à la demande de l'épiscopat local .

Monastère du Carol
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction 1880
Fin des travaux 1900
Architecte Ferdinand de Coma
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Ville Baulou
Coordonnées 43° 01′ 01″ nord, 1° 32′ 03″ est
Géolocalisation sur la carte : Ariège
(Voir situation sur carte : Ariège)
Monastère du Carol
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Monastère du Carol

Les récentes fouilles archéologiques et relevés du bâti semblent révêler pour cette époque une grave déstabilisation des ouvrages créant des risques pour les personnes.

Le site est ainsi devenu une carrière de pierres et a été presque entièrement arasé.

Historique

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Construction

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Le monastère du Carol est un complexe architectural construit à la fin du XIXe siècle par deux frères dont l'architecte, Ferdinand de Coma, et l'ecclésiastique Louis de Coma (présenté comme le Père fondateur).

Image externe
Photo du monastère au début du XXe siècle

En 1855, la famille de Coma hérite d'un vaste domaine situé à Baulou, une petite commune du département de l'Ariège. Louis de Coma (1828-1911), un jésuite, membre de la fratrie lance les travaux de construction d'un vaste monastère qui sont entrepris d'après les plans de son frère Ferdinand de Coma (1814-1883), lequel assurait, depuis 1850, la fonction d'architecte diocésain[1]. À la mort de ce dernier, un maître compagnon, Jean Bardiès, le remplace tout en respectant les plans et les projets initiaux.

Durant la période de construction, le Père Louis de Coma fait la recherche d'une communauté religieuse qui serait susceptible de venir s'installer au Carol. En 1885, sept frères de la congrégation du Saint-Esprit s'établissent au Carol avant de le quitter en , à la suite d'un conflit entre ces religieux et le père de Coma.

Église de Baulou, administré par le père de Coma jusqu'en 1911.

En 1890, Louis de Coma est nommé curé de Baulou et les travaux du Carol s'achèvent définitivement en 1900. En 1911, le prêtre décède, et peu à peu le monastère est abandonné[2],[3].

Démolition

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Le site  appartenant au diocèse depuis la mort du père de Coma  est vendu à des acquéreurs privés à la condition expresse que le monastère soit détruit[3].

Ainsi, en , des charges d’explosifs sont placées sous les murs du monastère sur l'ordre de l'évêque de Pamiers afin de le démolir complètement mais seules les statues s'affaissent. L'opération est renouvelée en , entrainant la disparition complète de l'édifice[4].

Postérité

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Certains ouvrages font un lien entre le projet du père Louis de Coma et celui de l'abbé Saunière qui construisit la Villa Bethania, la Tour Magdala et aménagea l'église de Rennes-le-château dans le département voisin de l'Aude, notamment à la suite de la popularisation de l'affaire de Rennes-le-Chateau par l'écrivain Dan Brown[5]. Les auteurs évoquent certains points communs entre le curé de Rennes-le-château et celui de Baulou dont notamment le coût élevé pour lancer leurs propres projets architecturaux liés à leur engagement dans la foi catholique et leur lien spirituel avec le personnage biblique de Marie Madeleine, le tout dans deux départements occitans très proches, sachant également qu’ils n'eurent pas le succès escompté dans leurs missions en raison de la méfiance de leurs hiérarchies épiscopales respectives[6],[7].

En 2025, la commune de Baulou, associée à une équipe de bénévoles, entreprend de mettre en valeur le monastère du Carol, notamment en assurant la restauration du chemin de croix du site et la chapelle[8].

Situation et description

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Le lieu doit son nom au ruisseau de Carol et comprend, selon deux rapports émis par la préfecture de la région Occitanie (DRAC Occitnie - raports de l'archéologue Jean-Paul Calvet), les vestiges d'un « monastère-couvent » après sa destruction destruction par dynamitage en et au début de l’année 1957. Le complexe comprend[9]:

  • une crypte artificielle en partie, dite du «Crypte du Christ "agonisant"», aménagée dans les galeries souterraines creusées par l’homme dans le cadre d’une activité d’extraction antérieure au monastère et datant du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.
  • une grotte artificielle, dite « Grotte de Marie-Madeleine », avec un bassin et un système de pont en forme de croix.
  • une allée (allée Marie-Madeleine) dotée d’un système complexe de bassins- fontaine et d’une circulation hydraulique à définir et analyser.
  • un ancien cloitre, flanqué d’une tour octogonale en limite orientale et d’une sorte de tour ou arc triomphal à l’extrémité ouest.
  • un corps d’habitation attenant à la tour (trois étages + comble).
  • deux granges attenantes au cloitre.
  • une chapelle sur le versant opposé (ubac) avec les vestiges d’un calvaire imposant lequel a été déménagé près du Mas d’Azil sur le site de « Notre-Dame de la Renaude ».
  • des réservoirs d’eau
  • des ruines de murs de soutènement et dépôts lapidaires sous une végétation assez dense marquant l'emplacement de l'ancienne église
  • un « cromlech » de facture contemporaine constitué de plus d’une centaine de pierres dressées
  • une fontaine avec un bassin et plusieurs cascatelles avec à la base la représentation d'un « monstre marin » qui déverse les eaux dans un bassin en forme de chœur.
  • des puits de lumières sont bâtis pour éclairer la crypte sépulcrale ainsi que deux plans inclinés (rampes d’accès) montant vers les vestiges d’une église avec ses bâtiments conventuels.
  • deux promenoirs qui entourent l'ensemble et un complexe hydraulique qui emmène de l’eau depuis la fontaine de « la Serp » jusqu’à « l’ensemble conventuel ».

Le site de l'ancien monastère est privé et son accès est interdit au public, bien que les bâtiments agricoles et attenant restent un lieu habité[10].

Remarques particulières

Les publications antérieures à 2023 reprennent des traditions orales non fondées, où sont mélés des rites insolites, légendes, miracles et ésotérisme exacerbés; ainsi que des faits historiques qui sont à documenter (confirmation ou infirmation: tombes profanées par la milice ou allemands - dépôts d'armes des maquis espagnols).

Par contre le relevé LIDAR révèle que le versant nord du site possède des atterissements et constructions de mur dessinant une grande croix de plus de 150 m de longueur sur 100 m de large avec un caducé qui serpente autour (via crucis); l'ensemble repose sur une vaste coupe représentant certainement le Saint Calice ou Graal. La partie est surplombée d'une chapelle avec de belles statues, en sous sol existent de grands bassins de retention d'eau pluviale.

Tout l'ensemble monumental est dédié à la passion du Christ et se veut une reproduction de la grotte et du jardin de Gethsémani, du mont des Oliviers, et par une petite construction appelée la grotte des Apôtres certainement une évocation des Tombes de Zacharie. Tombe de Benei Hezir. Grotte de Josaphat. Cave des Prophètes, tombe des prophètes Aggée, Zacharie et Malachi

Une figuration en fonte de fer près de la grande fontaine représentant un monstre marin pourrait rappeler le "mythe de Jonas".

  1. Selon les rapports du relevé du bâti sur le « couvent de Carol » de Jean-Paul Calvet, émis par la préfecture de la région Occitanie en 2024 et 2025

Références

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  1. « Fiche de Ferdinand (de) Coma », sur elec.enc.sorbonne.fr (consulté le ).
  2. Livre Le monastère dynamité Histoire du Carol, près Baulou. La vie du révérend père de Coma de Monique Dumas, Jacques-François Réglat, éditions La Truelle, Moulis (09) (ISBN 9782402265454).
  3. 1 2 « Le Monastère du Carol », sur letourismerevisite.fr (consulté le ).
  4. Hugues-Olivier Dumez, « Pour des raisons bien mystérieuses, ce site dans les Pyrénées a été dynamité », sur actu.fr, (consulté le ).
  5. (en) Simon Cox, The Dan Brown Companion, Random House, , 284 p. (ISBN 978-1-907195-10-5, lire en ligne)
  6. (en) Andrew Gough, « Curiosities of Louis de Coma and his stations of the Cross », sur andrewgough.co.uk (consulté le )
  7. (es) Lynn Picknett, La Verdadera Historia de Maria Magdalena y Jesus, Ediciones Robinbook, , 267 p. (ISBN 978-84-7927-946-2, lire en ligne), p. 118
  8. Philippe Causse, « En Ariège, des habitants veulent redonner vie à un monastère du XIXe siècle », La Dépêche du Midi, (consulté le ).
  9. Jean-Paul Calvet / Rapport SRA - Couvent de Carol 2024 émis par la préfecture de la région Occitanie "Titulaire de l’opération - direction scientifique : Jean-Paul Calvet", 74 p.. https://www.lauragais-patrimoine.fr/SITES-ARCHEOLOGIQUES/ARIEGE/08-RAPPORT%20SRA%20-%20COUVENT%20DE%20CAROL%202024%20.pdf voir aussi le rapport de 2025 - 57 pages https://www.lauragais-patrimoine.fr/SITES-ARCHEOLOGIQUES/ARIEGE/Couvent-de-CAROL-SRA-2025.pdf
  10. David Galley, La France des lieux maudits, Les Éditions de l'Opportun, 2019, 224 p.

Voir aussi

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Sources et bibliographie

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  • Monique Dumas, Jacques-François Réglat : Le monastère dynamité Histoire du Carol, près Baulou. La vie du révérend père de Coma, éditions La Truelle, Moulis (09), 1995, 23 sections, 164 p. (ISBN 9782402265454)
  • (it) Roberto Volterri, Rennes-le-Château e il mistero dell'abbazia di Carol : Bérenger Saunière e Louis de Coma : due enigmi paralleli , Milano : Sugarco ed., impr. 2005, 157 p.
  • David Galley, Sandrine Campese, Emmanuelle Montagnese : La France mystérieuse, chapitre Carol, un monastère, détruit du ordre du Vatican, Les Éditions de l'Opportun, 2017, 639 p. (ISBN 9782360755233)

Articles connexes

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