François-Augustin de Paradis de Moncrif

écrivain français
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François-Augustin (de) Paradis de Moncrif, né en 1687 à Paris où il est mort le , est un écrivain et poète français.

Biographie

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Issu d'une famille d'origine écossaise[1], François-Augustin (de) Paradis de Moncrif offre le type achevé de l'homme du monde du XVIIIe siècle : de figure avenante, de manières agréables et de beaucoup d'esprit, il est d'emblée recherché dans les cercles les plus aristocratiques[2], où l'introduisent ses qualités d'escrimeur, et où il se fait une place par ses multiples talents. À la fois poète, musicien et bon acteur, on le prise notamment pour ces divertissements de société qui sont alors à la mode[2]. Courtisan accompli, il sait se montrer dévôt avec la Reine à Versailles et enjoué et plein d'entrain à la ville. Mais il a aussi du cœur et le montre à son ancien protecteur, le comte d'Argenson (1696-1764), lorsque celui-ci est disgracié en février 1757, ainsi qu'aux membres pauvres de sa famille, qu'il soutient généreusement.

Protégé du Grand Prieur d'Orléans (1702-1748), du duc de La Vallière (1708-1780) et du comte de Maurepas (1701-1781), il est d'abord secrétaire du comte d'Argenson, puis secrétaire des commandements du comte-abbé de Clermont (1709-1771)[2], lecteur de la reine Marie Leszczyńska en 1734 et enfin secrétaire général de l'administration des Postes, fonctions qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1770[1].

L'ouvrage le plus célèbre de Moncrif est son Histoire des Chats (1727)[3]. Il y prend la défense du chat à travers des références historiques, notamment à l'ancienne Égypte, qui se veulent érudites et constituent en réalité un pastiche de la pédanterie. Un certain nombre de lecteurs et de critiques ne discernent pas l'intention satirique et l'ouvrage, obscur et maniéré, est très violemment attaqué. Un plaisantin lâche un chat dans la salle des séances de l'Académie française le jour de la réception de Moncrif, et Voltaire appelle ce dernier l'« historiogriffe ». En définitive, l'auteur renie son ouvrage en disant que : « Dans cet écrit, mauvais en soi, l'esprit n'était qu'un tort de plus »[3].

Moncrif a, par ailleurs, collaboré au Journal des Savants de 1739 à 1743. Il a composé des poésies fugitives, qui sont parmi ses meilleures œuvres, ainsi que des chansons et des romances genre dans lequel, selon Grimm (1723-1807), il aurait pu être le premier s'il s'y était consacré exclusivement[3].

Moncrif est imposé à l'Académie française par le duc d'Orléans (1703-1752) et le comte de Clermont[2] le en remplacement de l'abbé de Caumartin (1668-1733). Il est reçu par Claude Gros de Boze (1680-1753) le [1]. L'Académie est très critiquée pour l'avoir élu. Moncrif soutient notamment l'élection de Voltaire. Il est également membre de l'Académie de Berlin[3].

Œuvres

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  • Les Aventures de Zeloïde et d'Amanzarifdine, contes indiens (Paris, Saugrain, 1715). L'ouvrage sera remis en vente en 1716 avec un titre imitant Les Mille et une nuit : Les mille et une Faveur, ou Avantures de Zéloïde et d’Amanzarifdine. Contes indiens (Paris, Saugrain, 1716).
  • La Fausse Magie, comédie en 3 actes, en prose, créée au Théâtre-Italien en 1719.
  • L'Oracle de Delphes, comédie en 3 actes, en vers, créée à la Comédie-Française en 1722 : Tirée du conte de La Fontaine Le Mari confesseur, la pièce fut interdite à la quatrième représentation en raison d'allusions satiriques contre le paganisme qui parurent pouvoir s'appliquer à n'importe quelle religion.
  • Histoire des Chats : dissertation sur la prééminence des chats dans la société, sur les autres animaux d'Égypte, sur les distinctions et privilèges dont ils ont joui personnellement, 1727. Ed. en Livre de poche "Classiques", 2021, 376 p.
  • Les Abdérites, comédie en 1 acte, en vers, 1732.
  • L'Empire de l'Amour, ballet en vers libres, 1733.
  • Recueil de pièces choisies rassemblées par les soins du Cosmopolite, À Anconne [i.e. Verets], chez Uriel Bandant, à l'enseigne de la Liberté, 1735.
  • Essais sur la Nécessité et sur les Moyens de Plaire, 1738 : Dans cet ouvrage, Moncrif soutient que rien n'est plus important que plaire et que chacun a les moyens d'y parvenir à condition de savoir utiliser les passions et les travers de son interlocuteur.
  • Les Ames rivales, roman, 1738 : Ce roman de mœurs repose sur la doctrine indienne de la transmigration des âmes.
  • Œuvres mêlées, 1743.
  • Zélindor, roi des Sylphes, ballet, musique de François Francœur et François Rebel, représenté à Versailles le .
  • Poésies chrétiennes composées par ordre de la Reine, 1747.
  • Almasis, ballet, 1748.
  • Ismène, pastorale héroïque, 1748.
  • Observations pour servir à l'histoire des gens de lettres qui ont vécu dans ce siècle, 1751.
  • La Sybille, ballet en un acte, musique d'Antoine Dauvergne, représenté à Fontainebleau le .
  • Enée et Lavinie, tragédie lyrique en 5 actes, avec Bernard le Bovier de Fontenelle, musique d'Antoine Dauvergne, représentée à l'Académie royale de musique le .
  • Les Fêtes d'Euterpe, opéra-ballet, avec Charles-Simon Favart, musique d'Antoine Dauvergne, représenté à l'Académie royale de musique le
  • Erosine, pastorale héroïque, 1765.
  • Œuvres 1751 3 vol. in 16, portrait et 4 fig..ht.
  • Œuvres 1768 4 vol. in 12, portrait et 5 fig. ht.
  • Œuvres 1791 2 vol. in 8, portrait et 4 fig. ht.

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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