Monster's Paradise
Monster's Paradise est un opéra composé par Olga Neuwirth sur un livret d'Elfriede Jelinek, mis en scène par Tobias Kratzer. Il a été créé le à l'Opéra d'État de Hambourg[1].
| Genre | Opéra |
|---|---|
| Musique | Olga Neuwirth |
| Livret | Elfriede Jelinek |
| Langue originale |
Allemand |
| Durée (approx.) | 140 minutes |
| Dates de composition |
2026 |
| Création |
Opéra d'État de Hambourg |
Cet opéra est écrit dans un style Grand-Guignol, intégrant de la satire et de l'horreur. L'un des personnages principaux est un président-roi goulu et insatiable, portant des couches et une cravate en or, dans un bureau ovale. Les thèmes principaux de l'œuve sont la menace de fin du monde que représente le président-roi, et les actions pour empêcher que cela arrive[2],[3].
Synopsis
modifierL'intrigue suit deux vampires, Vampi (Elfriede Jelinek) et Bampi (Olga Neuwirth), qui voyagent autour du monde et tentent de stopper un dirigeant destructeur inspiré par le président des États-Unis Donald Trump, le président-roi, décrit au public à un moment comme une gigantesque silhouette semblable à un bébé, portant des couches et une cravate en or. Gorgonzilla (qui devait être à l'origine le célèbre Godzilla, mais qui a dû changer de nom pour des questions de droits), est un monstre engendré par un accident nucléaire, opposé au roi-président, et une force ambiguë pour le dénouement de l'intrigue. Mickey et Tuckey (le premier représenté comme Mickey Mouse) sont les aides du roi-président, sur le modèle respectivement d'Elon Musk et Mark Zuckerberg, et chantent des paroles telles que « Personne n'a autant de voix que vous[4] ».
Distribution
modifier| Rôle | Voix | Création, dir. : Titus Engel |
|---|---|---|
| Vampi | soprano | Sarah Defrise (chant) / Sylvie Rohrer (jeu) |
| Bampi | mezzo-soprano | Kristina Stanek (chant) / Ruth Rosenfeld (jeu) |
| King-President | baryton | Georg Nigl |
| Gorgonzilla | contreténor | Anna Clementi |
| Mickey, the king's loyal servant1 / The king's doppelganger / Angel of Death 2 | contreténor | Andrew Watts |
| Tuckey, the king's loyal servant2 / Angel of Death 1 | contreténor | Eric Jurenas (de) |
| Un ours | basse | Ruben Drole |
| La déesse | Charlotte Rampling (en projection vidéo) | |
| Chœur de zombies, chœur de voix artificielles / Chœurs de jeunes filles vampires, chœur d'enfants / Voix en coulisses | Chœur de l'Opéra d'État de Hambourg, Alsterspatzen (de) (Chœur d'enfants de l'Opéra d'État de Hambourg) |
Instrumentation
modifier- Bois : 2 piccolos, 2 petites clarinettes en mi bémol, clarinette basse, clarinette contrebasse, saxophone alto, saxophone ténor, contrebasson
- Percussions : 2 timbales, batterie, pianino désaccordé
- Cordes : guitare électrique, 8 violons, 8 altos, 6 violoncelles, 6 contrebasses
- Enregistrements[5]
Musiciens à la création
modifier- Orchestre de l'Opéra d'État de Hambourg
- Percussions : Lucas Niggli
- Guitare électrique : Seth Josel
- Pianos désaccordés : Elisabeth Leonskaja et Alexandra Stychkina
- Figurants de l'Opéra d'État de Hambourg
Création et production
modifier- Composition : Olga Neuwirth
- Livret : Elfriede Jelinek
- Direction musicale : Titus Engel
- Mise en scène : Tobias Kratzer
- Codirection : Matthias Piro
- Décor et costumes : Rainer Sellmaier
- Conception vidéo : Jonas Dahl and Janic Bebi
- Live Electronics : Markus Noisternig
- Sound Design et Samples : Oliver Brunbauer and Olga Neuwirth
- Mixage : Julien Aléonard
- Éclairage : Michael Bauer
- Direction du chœur : Christian Günther
- Direction du chœur d'enfants : Priscilla Prueter
- Scénographie : Christopher Warmuth
Analyse
modifierLe personnage du despote s'inspire du roi Ubu de la pièce d'Alfred Jarry Ubu Roi, que la librettiste Elfriede Jelinek considère comme « le portrait le plus fidèle d'un enfant gâté et goulu qui tambourine la table. Il exige toujours une boule de glace en plus au dessert… De tels monstres [semblent] amusants à première vue, mais [s'avèrent] terrifiants de plus près. On ne peut les représenter que sous un jour monstrueux, même si Trump est presque impossible à caricaturer[6] ». La compositrice Olga Neuwirth compare l'effet de Monster's Paradise à celui du Dictateur de Charlie Chaplin, ajoutant que « les gens de pouvoir ont toujours peur de l'humour… parce qu'ils ont peur qu'on se moque d'eux. Ils ont un tel ego qu'il n'est permis de les remettre en question[4] ».
Le metteur en scène Tobias Kratzer a déclaré : « Peut-être que le roi est Vladimir Poutine, et que Trump est Gorgonzilla - ou l'inverse. […] Non, Poutine n'est pas Gorgonzilla. […] Gorgonzilla ressemble davantage à un sauveur du monde, maladroit parce que les monstres sont souvent énormes et difformes. […] Il entend gouverner avec son esprit, tandis que le roi dirige à travers les résultats électoraux - et tous les deux s'illusionnent[6] ».
Charlotte Rampling incarne la Déesse, une entité vue en projection vidéo qui débite des platitudes en anglais et défend la nature et la civilisation, mise en scène d'une manière qui rappelle le bébé soleil dans les Teletubbies[7],[8].
L'opéra contient d'autres éléments absurdes comme des princesses Disney faisant du pole dance, des membres de la distribution portant des masques de Kermit la grenouille et de Miss Piggy, et des chanteurs du chœur habillés en zombies[9].
Références
modifier- ↑ (en) « Monster's Paradise », sur Boosey & Hawkes (consulté le ).
- ↑ (en) « Monster's Paradise: The New Opera that Brutally Lampoons Trump », sur HuffPost, (consulté le ).
- ↑ (de) « Monster’s Paradise – Olga Neuwirth/Elfriede Jelinek », sur Opéra d'État de Hambourg, (consulté le ).
- 1 2 (en) « Satirical opera lampoons Trump as its metaphor increasingly mirrors reality », sur The Independent, (consulté le ).
- ↑ (en) « Olga Neuwirth' Monster's Paradise », sur Boosey & Hawkes, 2024-2025 (consulté le ).
- 1 2 (en) « New Opera Monster's Paradise Will Feature Trump-Inspired Character », sur BroadwayWorld, (consulté le ).
- ↑ (en) « Review Monster's Paradise: Gamechanger Shakes up the Hamburg State Opera », sur Det sku du se, (consulté le ).
- ↑ (de) « Opernkritik – Apokalypse mit Schlagsahne », sur rondomagazin.de, (consulté le ).
- ↑ (en) « Vampires, Disney and Donald Trump: Monster's Paradise in Hamburg », sur bachtrack.com, (consulté le ).
Bibliographie
modifier- (de) Daniel Kaiser, « Trump-Satire "Monster's Paradise": Willkommen im Flachwitz-Februar », sur Norddeutscher Rundfunk, (consulté le ).
- (de) Falk Schreiber, « Monster's Paradise – Staatsoper Hamburg – Tobias Kratzers Uraufführung des Gemeinschaftswerks von Elfriede Jelinek und Olga Neuwirth », sur nachtkritik.de, (consulté le ).
- (de) Rainer Nonnenmann, « Groteske auf das Ende der Kunst », sur neue musikzeitung, (consulté le ).