Parys Mountain
Parys Mountain (en gallois : Mynydd Parys) se trouve sur l'île d'Anglesey, sur la côte nord du pays de Galles, au Royaume-Uni.
| Parys Mountain | ||||
Vue sur la mine de Parys | ||||
| Géographie | ||||
|---|---|---|---|---|
| Altitude | 147 m[1],[2] | |||
| Massif | Île d'Anglesey | |||
| Coordonnées | 53° 23′ 19″ nord, 4° 20′ 33″ ouest[1] | |||
| Administration | ||||
| Pays | ||||
| Nation constitutive | ||||
| Comté | Anglesey | |||
| Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
Géolocalisation sur la carte : pays de Galles
Géolocalisation sur la carte : Anglesey
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Elle est réputée pour ses deux grandes mines de cuivre, les mines de Parys et de Mona, exploitées dès l'âge du bronze. Au XVIIIe siècle, Parys Mountain est le plus gros producteur mondial de cuivre.
Toponymie
modifierCette élévation de terrain est à l'origine connue sous le nom de Mynydd Trysglwyn, qui signifie « colline couverte d'arbres »[3],[n 1]. Elle aurait pris son nom actuel d'après Robert de Paris ou Parys le Jeune[4], chamberlain du nord du pays de Galles[5], cité sous le règne d'Henri IV comme l'un des commissaires d'une inquisition : il a infligé des amendes aux insurgés d'Anglesey ayant soutenu la cause d'Owain Glyndŵr[6]. Henri IV l'en aurait récompensé en lui donnant la montagne qui a subséquemment pris son nom. À cette époque, le seul établissement sur la montagne était la ferme de Cerrig y Bleddia[4].
Situation
modifierActivités
modifierMines de cuivre
modifierLa montagne est dominée par la présence de deux grandes mines : la mine Parys à l'ouest et la mine Mona à l'est ; la mine Parys est plus grande mais moins profonde que la mine Mona. Sur le flanc nord-ouest se trouve la mine Morfa Du, nettement plus petite[8].
Histoire
modifierL'activité minière à Parys Mountain[n 2]est estimée avoir commencé entre 2245 et 1785 BC[10], au début de l'âge du bronze britannique. De cette époque il reste des preuves de l'exploitation du cuivre à au moins quatre ou cinq sites souterrains ; à quoi s'ajoute le site à ciel ouvert de la carrière Oxen près du moulin à vent du sommet, découvert par Oliver Davies au milieu des années 1930[11] puis fouillé archéologiquement et daté par l'Early Mines Research Group (EMR« G, groupe de recherche des premières mines ») en 1988[12]. Les premiers mineurs ont travaillé dans des galeries creusées jusqu'à des profondeurs de plus de 20 m, parfois en attaquant les parois au feu pour faciliter l'extraction de minerai (technique du dépilage par le feu)[4],[13] puis achevant l'extraction avec des outils en pierre, extrayant de petites pousses de minéraux oxydés le long de failles proches de la jonction avec la zone sulfurée[13].
Il existe des preuves circonstancielles de travaux romains et médiévaux, mais les mines ne redeviennent actives que dans les années 1760 avec la redécouverte de minerai de cuivre à basse teneur près de la surface[2]. Parys Mountain est alors exploitée en tant que deux mines distinctes : la première à la ferme de Cerrig y Bleiddia en 1761, devenue plus tard la mine de Mona ; et la seconde sur les terres de la ferme voisine de Parys (mine de Parys) en 1770[14].
Au XVIIIe siècle, Parys Mountain est le plus gros producteur mondial de cuivre[3],[15] ; à son apogée, elle emploie 1 500 personnes[3]. Les importantes surfaces travaillées à ciel ouvert datent de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle ; par la suite, le minerai a été de plus en plus extrait dans des puits, généralement avec l'aide de chevaux mais dans certains cas un moteur à vapeur était utilisé. La vapeur et l'énergie éolienne ont également été utilisées pour le pompage. Le minerai était calciné sur place[2].
Dans les années 1850, la production a diminué. L'extraction du minerai de cuivre en profondeur (par des galeries) continue jusqu'à l'abandon officiel de la mine de Parys dans les années 1880[14],[2].
L'exploitation minière des gisements de plomb et de zinc se poursuit dans la mine Morfa-du, ouverte à l'extrémité ouest de la montagne[n 3]. De 1882 à 1911, les mines Mona et Morfa-du ont produit 5 259 tonnes de plomb et zinc[14] ; il semble qu'elles ont été fermées en 1911[16]. L'extraction du cuivre dans les bassins de précipitation se poursuit jusque dans les années 1950[17], lorsque sont fermées les vannes d'un barrage à étranglement près du puits Garth Daniel, dans une galerie de drainage qui réunit le Adit Level et le Dyffryn Adda adit[14].
L'exploration se poursuit avec Anglesey Mining plc, une filiale de l'Imperial Metals Corporation of Vancouver ; le chevalement moderne (photos ci-dessous) repose sur un fût coulé en 1988[2].
- Quelques vues des mines
- Chevalement moderne, recherche avortée.
- Plate-forme d'observation, vue vers le nord-est.
- Descente de mine.
- Mine Mona.
- Vue depuis la mine Mona.
- Bassins de précipitation, mine Mona[n 4].
- Au sud, des terrils.
- Le chemin au sud, vue vers le nord-est.
En réponse à une pénurie nationale de petites monnaies, la Parys Mine Company a produit ses propres pièces entre 1787 et 1793. Le penny de Parys, également connu sous le nom de penny d'Anglesey (Anglesey Penny), a été utilisé par la compagnie pour payer les ouvriers, et aussi par la population en général. On pense qu'environ dix millions de pennies et demi-pennies ont été frappés[18].
- Penny de Parys
Pollutions induites
modifierLes mines de Parys Mountain sont parmi les mines abandonnées les plus polluantes du Royaume-Uni[19],[n 5]. Le rejet continu de l'eau riche en métaux provenant des terrils pénètre dans la mer d'Irlande par deux rivières : l'Afon Goch Nord qui rejoint la mer à Amlwch, et l'Afon Goch Sud qui rejoint la mer dans la baie de Dulas (en)[n 6] ; d'où une sortie importante de fer, cuivre, cadmium et zinc vers la mer[20].
Les précipités d'ocre se forment lorsque de l'eau acide et riche en métaux se mélange à l'eau neutre de la mer. Ces précipités sont périodiquement évacués de l'Afon Goch[n 7] lors de forts débits ; les précipités métalliques de l'Afon Goch Sud se déposent dans l'estuaire peu profond en aval de Dulas avant de se déverser dans la mer dans la baie de Dulas[n 6] à marée haute[21]. On en sait moins sur le comportement des métaux rejetés par l'intermédiaire de l'Afon Goch nord à Amlwch, bien que la dispersion des métaux dans cette partie de la côte soit probablement plus rapide car le rejet se fait directement dans la mer[22].
En 2003, un barrage souterrain dans Parys Mountain a été démantelé dans le cadre de la gestion du drainage et des risques d'inondation ; depuis, les effluents miniers sont redirigés vers l'Afon Goch Nord, et l'Afon Goch Sud ne reçoit plus de contamination que par lessivage des boues. Subséquemment, en 2013 la diversité des invertébrés benthiques s'est multipliée par trois dans l'Afon Goch Sud[23]. Cependant, en 2009 les tissus du crustacé Talitrus saltator dans la baie de Dulas montrent toujours une concentration élevée de métaux[24] ; ce qui suggère que les effluents rejetés par la mine via l'Afon Goch sud entrent encore dans la chaîne alimentaire[22].
Fouilles archéologiques
modifierProtection environnementale
modifierLa mine comprend le site d'intérêt scientifique particulier (Site of Special Scientific Interest, SSSI) de Mynydd Parys, divisé en quatorze emplacements distincts ; et plusieurs scheduled monuments (monuments historiques d'importance nationale), dont le grand gisement à ciel ouvert, le moulin à vent et la Pearl engine house[2].
- Monuments classés
- Mine de Parys, grand gisement à ciel ouvert.
- Tour du moulin à vent de 1878, auxiliaire d'une pompe à vapeur adjacente.
- Tour du moulin à vent en vue rapprochée.
- Pearl Engine House (1982).
- Pearl Engine House (2022, après restauration).
Dans la culture
modifierLe film Mortal Kombat : Annihilation (1997) a été filmé entre autres à Parys Mountain[27].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Pour le nom Mynydd Trysglwyn, le Parys Underground Group précise : « une colline couverte d'un épais bosquet d'arbres rugueux recouverts de lichens écailleux »[4] – ce qui semble bien long pour un seul mot court, et décrit peut-être l'état des arbres sur les collines après le minage intensif du XVIIIe – XIXe siècles.
- ↑ L'activité minière dans les îles britanniques a commencé à la pointe sud-ouest de l'Irlande sur la péninsule dite île de Ross (en) (Ross Island) dans le parc national de Killarney, comté de Kerry : l'exploitation à faible profondeur des gisements de tennantite-chalcopyrite (Cu-As) dans la mine de l'Ouest (Western Mine) et la mine du Blue Hole (le « trou Bleu ») a commencé au XXVe siècle av. J.-C., entre 2500 et 2410 BC. Ces deux sites étaient liés à un camp minier de la culture campaniforme (Bell Beaker culture) près des rives du Lough Leane (en), où avaient lieu le traitement du minerai et peut-être aussi l'extraction par calcination[9].
- ↑ Pour la position de la mine Morda-du, voir Millan-Becerro et al. 2023, fig. 1. « Location map of the abandoned mines at Parys Mountain in Anglesey, NW Wales ».
- ↑ Bassins de précipitation : de la ferraille était ajoutée à l'eau riche en cuivre dans une série de bassins de précipitation construits en briques, pour obtenir un cuivre plus pur.
- ↑ De façon générale, l'extraction de cuivre (et d'autres minéraux) entraîne la décharge d'un « drainage minier acide » (DMA, acid mine drainage ou AMD en anglais), un effluent produit lorsque des roches contenant du sulfure sont exposées à l'eau et à l'oxygène ; l'acide induit à son tour la mobilisation de traces de métaux toxiques. Les eaux de ruissellement très acides et polluées par les métaux rejoignent les eaux douces avoisinantes et ont des effets néfastes importants sur la biodiversité aquatique, réduisant la valeur de l'eau pour les usages agricoles, récréatifs ou industriels et la rendant impropre à la consommation. Lorsque la source de pollution est proche de la mer, les estuaires accumulent les polluants : les sédiments se chargent de composés métalliques qui se retrouvent assimilés par les organismes vivants et transférés plus avant (à d'autres organismes vivants et à l'environnement alentour).
Les macroalgues sont d'excellents indicateurs biologiques pour la surveillance de la pollution métallique : elles ont une large distribution ; une grande capacité à tolérer, accumuler et concentrer les métaux dilués dans l'eau de mer ; et comme elles sont souvent fixées sur quelque support et ne peuvent donc pas s'éloigner du polluant, elles indiquent aussi la source de pollution[15]. - 1 2 Pour l'emplacement de Dulas, voir « Dulas et sa baie, carte », sur openstreetmap.org. Cette carte montre une baie presque entièrement fermée à la mer, avec très peu de circulation d'eau entre la masse d'eau de la baie et la masse d'eau de la mer.
- ↑ Afon Goch signifie « rivière Rouge ».
Références
modifier- 1 2 Visualisation sur les cartes de l'Ordnance Survey.
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Area 9 Mines PRN 28649 », sur heneb.org.uk, éd. The Trust for Welsh Archaeology (consulté en ).
- 1 2 3 (en) Chris Hinde, « The View from England: When copper production was dominated by the Welsh », sur mining.com, (consulté en ).
- 1 2 3 4 (en) « General history of Parys and Mona copper mines », sur parysmountain.co.uk, Grwp Tanddaearol PARYS Underground Group (consulté en ).
- ↑ (en) « Parys, Robert (d.1408), of Hildersham, Cambs. », sur historyofparliamentonline.org (consulté en ).
- ↑ (en) Samuel Lewis, « A Topographical Dictionary of Wales », moteur de recherche en ligne, sur british-history.ac.uk, (consulté en ).
- ↑ « Montage de Parys, mine de cuivre, carte », sur openstreetmap.org.
- ↑ (en) Robert Vernon, « Parys Mountain Copper Mine: past, present and future » [PDF], Industrial Gwynedd, (consulté en ), p. 35.
- ↑ Timberlake et Marshall 2013, p. 75-76.
- ↑ Jenkins et al. 2021, p. 11.
- ↑ Davies 1939, cité dans Timberlake et Marshall 2013, p. 76.
- ↑ Timberlake 1990, « Excavations at Parys Mountain and Nantyreira ».
- 1 2 Timberlake 2010, cité dans Timberlake et Marshall 2013, p. 76.
- 1 2 3 4 [Millan-Becerro et al. 2023] (en) Ricardo Millán-Becerro, Carlos R. Cánovas, Francisco Macías, Tobias S. Roetting, Louise Siddorn, Peter Stanley et José Miguel Nieto, « Passive remediation of mine waters from Parys Mountain (Wales): Laboratory column experiments », Journal of Cleaner Production, vol. 425, no article 138872, (lire en ligne [sur sciencedirect.com]). Voir section 2.1. “Study site”.
- 1 2 Chalkley et al. 2019, Introduction.
- ↑ Coupland and Johnson, 2004. Cité dans Chalkley et al. 2019, Introduction.
- ↑ Bevins et al. 2010. Cité dans Millan-Becerro et al. 2023, section 2.1. “Study site”.
- ↑ P22, Copper Kingdom. Publié par l'Amlwch Industrial Trust.
- ↑ [Mayes et al. 2010] (en) William Matthew Mayes, H.A.B. Potter et Adam P. Jarvis, « Inventory of aquatic contaminant flux arising from historical metal mining in England and Wales », Science of The Total Environment, vol. 408, no 17, , p. 3576-3583 (DOI 10.1016/j.scitotenv.2010.04.021).
- ↑ Mayes et al., 2010. Cité dans Chalkley et al. 2019, Introduction.
- ↑ Parkman et al., 1996. Cité dans Chalkley et al. 2019, Introduction.
- 1 2 [Chalkley et al. 2019] (en) Richard Chalkley, Frederick Child, Khalil Al-Thaqafi, Andrew P. Dean, Keith N. White et Jon K. Pittman, « Macroalgae as spatial and temporal bioindicators of coastal metal pollution following remediation and diversion of acid mine drainage », Ecotoxicology and Environmental Safety, vol. 182, no article 109458, (DOI 10.1016/j.ecoenv.2019.109458).
- ↑ Dean et al., 2013. Cité dans Chalkley et al. 2019, Introduction.
- ↑ Fialkowski et al., 2009. Cité dans Chalkley et al. 2019, Introduction.
- ↑ Jenkins 1995, cité dans Timberlake et Marshall 2013, p. 76.
- ↑ Jenkins 2002, cité dans Timberlake et Marshall 2013, p. 76.
- ↑ « Mortal Kombat : Annihilation (1997) », sur imdb.com (consulté en ).
Voir aussi
modifierArticle connexe
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [Davies 1939] (en) Oliver Davies, « Excavations on Parys Mountain », Transactions of the Anglesey Antiquarian Society and Field Club, , p. 40-42 (cité dans Timberlake 1990, « Excavations at Parys Mountain and Nantyreira »).
- [Jenkins 1995] (en) David Jenkins, « Mynydd Parys copper mines », Archaeology in Wales, vol. 35, , p. 35–37.
- [Jenkins 2002] (en) David Jenkins, « Potential investigations on Mynydd Parys, October 2002: C14 dates », unpublished report (Bangor), .
- [Jenkins et al. 2021] (en) David Jenkins, Simon Timberlake, Andrew Davidson, Kalla Nayyar, Peter Marshall, Tom Mighall, Charlotte O'Brien et David Smith, « Copper Mining in the Bronze Age at Mynydd Parys, Anglesey, Wales », Proceedings of the Prehistoric Society, vol. 87, no 87, , p. 261–291 (DOI 10.1017/ppr.2021.4, lire en ligne [PDF] sur pure-oai.bham.ac.uk).
. - [Timberlake 1990] (en) Simon Timberlake, « Excavations at Parys Mountain and Nantyreira », dans Peter et Susan Crew, Early Mining in the British Isles (Proceedings of the Early Mining Workshop, 17th-19th November 1989), éd. Plas Tan y Bwlch, Snowdonia National Park Study Centre, Maentwrog, (lire en ligne), p. 15-21.
- [Timberlake 2010] (en) Simon Timberlake, « Geological, mineralogical and environmental controls on the extraction of copper ores in the British Bronze Age », dans P Anreiter et al. (éds), Mining in European history and its impact on environment and human societies, SFB-HiMAT 2009 (Innsbruck), , p. 289-296.
- [Timberlake et Marshall 2013] (en) Simon Timberlake et Peter Marshall, « The beginnings of metal production in Britain: a new light on the exploitation of ores and the dates of Bronze Age mines », Historical Metallurgy, vol. 47, no 1, , p. 75-92 (lire en ligne [sur hmsjournal.org]).
.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- (en) « Location and information on steam engines used at Parys mountain » [PDF], sur parysmountain.co.uk (consulté en )