Montagne limousine
La Montagne limousine est une région naturelle française située au croisement des départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, au nord de l'ancienne province du Limousin et au centre de l'ancienne région du même nom. Ce pays traditionnel constitue également l'extrémité nord-est de la région administrative Nouvelle-Aquitaine.
| Montagne limousine | |
Paysage de la Montagne limousine près de Nedde. | |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
|---|---|
| Département | Corrèze Creuse Haute-Vienne |
| Villes principales | Bugeat Eymoutiers Felletin Treignac |
| Coordonnées | 45° 50′ 15″ nord, 1° 29′ 26″ est |
| Régions naturelles voisines |
Pays de Bourganeuf Haute Marche Combrailles Pays d'Ussel Dordogne limousine Pays de Tulle Pays d'Uzerche Pays de la Vienne |
| Régions et espaces connexes | Plateau de Millevaches Monts d'Ambazac Monédières Plateau de la Courtine |
Localisation de la Montagne limousine sur la carte des pays traditionnels du Limousin. | |
| modifier |
|
Il tient son nom de son altitude moyenne, la plus élevée du Limousin, entre 500 et presque 1 000 mètres, et de son relief tourmenté, dominé par les principaux massifs de basse et moyenne montagne de la région. Le plateau de Millevaches constitue sa zone centrale et occupe la majeure partie de son périmètre.
Au-delà de la géographie physique, la dénomination « Montagne limousine » renvoie aussi à une réalité socio-démographique contemporaine, marquée par un certain nombre de traditions culturelles, économiques et politiques[1].
Toponymie
modifierLa dénomination de « montagne » est prépondérante, jusqu'au XIXe siècle, pour désigner les hautes terres dominant Marche et Limousin, aujourd'hui assimilées au plateau de Millevaches, qui historiquement ne désigne que la partie centrale de ce territoire d'altitude[2]. Les termes de « plateau » et « plateau de Millevaches » prennent le dessus dans le courant du XXe siècle, sans que la dénomination « montagne limousine » ne disparaisse ni ne désigne forcément le même périmètre. Dans son acception partagée au début du XXIe siècle, la Montagne limousine désigne la partie centrale et la plus élevée de l'ensemble des hautes terres ou « Plateaux limousins »[3].
Géographie
modifierSituation
modifierCette région, décrite par Frédéric Zégierman dans son encyclopédie des pays de France[4], couvre la majeure partie du plateau de Millevaches (pris dans son acception la plus grande) et englobe au sud le massif des Monédières, le mont Gargan et parfois à l'est le plateau de La Courtine. Ce périmètre est celui qui est proposé par le géographe Albert Demangeon en 1911[5].
En ce sens, elle correspond approximativement au territoire concerné par le périmètre du Parc naturel régional de Millevaches en Limousin[6].
Les régions naturelles voisines sont, au nord le Pays de Bourganeuf et la Haute Marche, à l’est les Combrailles et le Pays d'Ussel, au sud la Dordogne limousine et le Pays de Tulle et à l’ouest le Pays d'Uzerche et le Pays de la Vienne.
Dans le langage courant en Limousin, l'appellation « Montagne limousine » voire simplement « Montagne » fait allusion à la partie la plus élevée de la région, qui correspond globalement à l'acception du pays traditionnel auquel on soustrait la vallée de la Vienne mais auquel on peut ajouter les hauts plateaux corréziens de la région d'Égletons et d'Ussel.
Composition
modifierSelon le découpage défini par Frédéric Zégierman, le Pays de la Montagne limousine comporte plusieurs micro-pays : le pays de La Courtine, le massif des Monédières, le pays d’Eymoutiers, le pays de Saint-Léonard.
Topographie
modifierLa montagne limousine se situe à une altitude comprise pour l'essentiel au-dessus de 500 m et culminant au mont Bessou, sommet le plus élevé du Limousin, à 976 m[Selon qui ?].
Paysages
modifierLa montagne limousine est marquée depuis le milieu du XXe siècle par la progressive disparition des espaces ouverts de prairies et de landes, jusqu'alors entretenu par l'élevage extensif de moutons, au profit de la plantation de résineux exploités et de l'enfrichement[7],[8]. Il résulte de cette transition agro-économique une fermeture des horizons.
Population et société
modifierLa cohésion de la « montagne limousine » prend en partie racine dans un mouvement de résistance occitaniste et de retour à la terre (incarné par le slogan Volem viure al pais), relayé par un ensemble d'initiatives collectives, festives, agricoles ou culturelles. Les grandes fêtes champêtres qui se tiennent de 1979 à 1986, puis les fêtes du Bureau d'accueil de la Montagne limousine (1987-1988), contribuent à entretenir un sentiment d'appartenance. La création de la télévision associative Télé Millevaches joue un rôle important dans cet élan[9].
La création du parc naturel régional de Millevaches en Limousin, en 2004, donne une reconnaissance institutionnelle partielle à la Montagne limousine. La relance d'une Fête annuelle de la Montagne limousine en 2015, préfigure la mise en place d'un Syndicat de la Montagne limousine, en 2019[10]. La fondation du syndicat peut être perçue comme une initiative locale visant à compenser le désengagement de l'État[11], ce qui n'est pas sans susciter méfiance et critiques chez certains élus[12].
Cette région très faiblement peuplée fait partie du « rural profond ». Les résidences secondaires et l'installation de retraités rétablissent un peu l’équilibre démographique de la région. Plusieurs communautés, défendant un mode de vie alternatif et écologiste, fondé sur le renforcement des liens sociaux, s'y sont installées, notamment à Faux-la-Montagne, Peyrelevade, La Villedieu, Tarnac[13]. Ce mouvement socio-démographique s'apparente dans certains cas à une forme de gentrification rurale[14].
Certaines des communautés concernées sont quant à elle parfois qualifiées d'« anarcho-mondialistes » voire « zadistes » par certains commentateurs[15].
Plusieurs initiatives économiques visent à renforcer le pastoralisme, les circuits courts et la participation des salariés.
Notes et références
modifier- ↑ Le géographe Michel Périgord rappelle dans un article que ce terme est avant tout une construction culturelle, le reflet d'une représentation subjective.
- ↑ Jean-François Vignaud, « De “la montanha“ au “plateau de Millevaches“, petite étude d’un mythe toponymique », sur journal-ipns.org, (consulté le ).
- ↑ Michel Patinaud, « Aux origines était la Montagne, elle est toujours là », sur journal-ipns.org, (consulté le ).
- ↑ Le Guide des pays de France, Sud, Fayard, 1999
- ↑ Albert Demangeon, « La montagne dans le Limousin », Annales de Géographie, vol. 20, no 112, , p. 316-337 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Parc naturel régional de Millevaches en Limousin, « Charte pour les paysages du territoire du Parc naturel régional de Millevaches en Limousin », sur pnr-millevaches.fr, (consulté le ).
- ↑ Michel Périgord, « Friches et landes en Limousin », Norois, vol. 164, , p. 611-626 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Marie-Françoise André, « Vitesses d'enfrichement de la montagne limousine », Norois, vol. 168, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « "La fête de la Montagne limousine est une première !" Vraiment ? », sur syndicat-montagne.org, (consulté le ).
- ↑ « D’où vient l’idée ? », sur syndicat-montagne.org, (consulté le ).
- ↑ Nicolas Celnik, « Ces habitants créent leurs institutions pour combler l’absence de l’État », sur reporterre.net, (consulté le ).
- ↑ Sébastien Dubois, « Ultragauche ou non, pourquoi le Syndicat de la Montagne limousine s'attire-t-il les foudres des élus ? "Quand les citoyens s'organisent, ça leur fait peur" », Le Populaire du Centre, (consulté le ).
- ↑ Nassima Hakimi-Pradels, « La fabrique des hauts-lieux des alternatives sociales et écologiques dans les marges rurales françaises : le cas de la montagne limousine », Belgeo, no 2, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Frédéric Richard, Julien Dellier et Greta Tommasi, « Migration, environnement et gentrification rurale en Montagne limousine », Journal of Alpine Research, vol. 102, no 3, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jérôme Hourdeaux, « Le fantasme d’une "insurrection violente" et "zadiste" revient hanter le plateau de Millevaches »
, sur mediapart.fr, (consulté le ).