Montgauger
Montgauger est une ancienne commune d'Indre-et-Loire, annexée entre 1790 et 1794 par Saint-Épain.
Seigneurie de Montgauger (Montgoger)
modifierLa seigneurie de Montgaug(i)er ou Montgog(i)er[1] appartint aux Ste-Maure, et fut transmise ensuite par mariage aux Baraton (cf. La Roche-Baraton, L'Isle-Baraton à St-Aubin, Champiré-Baraton à Grugé[2]), puis aux Beauvau du Rivau (érection en marquisat en 1623) et aux Choiseul-Praslin (siège du duché de Praslin en 1762-1764).
Les Sainte-Maure
modifier- En effet, Pierre Ier de Ste-Maure[3],[4],[5],[6],[7] († vers 1328), fils cadet de Guillaume IV de Ste-Maure-Pressigny et de Jeanne de Rancon de Marcillac, reçut Montgaug(i)er, un fief des Sainte-Maure, alors que son aîné Guillaume V (né vers 1250, fl. 1270-1274) continuait les barons de Sainte-Maure-de-Touraine et de Pressigny. Sa femme Mahaut lui donna :
- Pierre II Drumas de Montgog(i)er (fl. 1334/1335, 1338, 1340), dont :
- Iseult/Isolde/Isabelle de Montgoger (x 1° Pierre de Palluau de Montrésor, et 2° Pierre/Jean II de La Jaille-Marcilly ; le Père Anselme et Louis Moréri font d'Iseult/Isabelle une fille de Pierre Ier et une sœur de Pierre II Drumas, et donc la placent une génération plus haut), et de :
- Pierre III de Montgaug(i)er († après 1372). Non cité par le Père Anselme et Moréri : deux sources indexées, qui le fusionnent donc avec Pierre II Drumas (ce qui explique la position générationnelle avancée qu'ils donnent à Iseut/Isabelle), auquel ils attribuent comme épouses (1°) Isabeau de Précigny puis (2°) Marguerite d'Amboise-Nesle ; alors que le site MedLands distingue bien les deux Pierre II et Pierre III pour des raisons chronologiques ;
- il épouse (1°) Isabeau fille de Guillaume de Précigny, sire de Laleu et de Lommeau (sans postérité ? ; à moins qu'Isabelle de Précigny-Laleu ne soit en fait la femme inconnue de Pierre II Drumas et donc la mère de Pierre III et d'Iseut/Isabelle, ce qui semble fort plausible), et (2°) Marguerite d'Amboise, dame de Nesle, fille d'Ingelger d'Amboise (~1300-1373) et de Marie de Flandre-Termonde-Châteaudun-Nesle, d'où :
- Jean Ier de Ste-Maure († 1425), baron de Montgogier et de Nesle, marié à Jeanne des Roches de La Faigne de Beaupréau, dame de La Haye-Jouslain/La Haie-Joulain et de La Faigne, héritière de Longué et Jarzé (de la même famille que le sénéchal Guillaume des Roches), d'où :
- Jean II de Ste-Maure († avant 1463 ?), sire de Nesle, La Haye-Jouslain et Montgoger,
- (1°) Jacquette de Puiseu(l)x (nièce de Regnault de Chartres, chancelier, archevêque de Reims), d'où : Andrée (x Thibaut de Bellanger de La Houssaye/du Houssay à St-Sauveur-de-Flée) ; et Charles de Ste-Maure qui suit ;
- (2°) 1444 Louise († après 1489), fille de Jean de Rochechouart-Mortemart et de Jeanne, fille de Lancelot Turpin de Crissé), d'où :
- Jean Ier de Ste-Maure († 1425), baron de Montgogier et de Nesle, marié à Jeanne des Roches de La Faigne de Beaupréau, dame de La Haye-Jouslain/La Haie-Joulain et de La Faigne, héritière de Longué et Jarzé (de la même famille que le sénéchal Guillaume des Roches), d'où :
- Jean (jugé en 1477 pour son soutien aux Luxembourg) ; Jacques ; Antoine ; Agnès de Montgoger (x Jean Beaufils).
- il épouse (1°) Isabeau fille de Guillaume de Précigny, sire de Laleu et de Lommeau (sans postérité ? ; à moins qu'Isabelle de Précigny-Laleu ne soit en fait la femme inconnue de Pierre II Drumas et donc la mère de Pierre III et d'Iseut/Isabelle, ce qui semble fort plausible), et (2°) Marguerite d'Amboise, dame de Nesle, fille d'Ingelger d'Amboise (~1300-1373) et de Marie de Flandre-Termonde-Châteaudun-Nesle, d'où :
- Charles Ier de Ste-Maure († vers 1484/1485), premier comte Nesle en 1466, fils du précédent et de Jacquette de Puiseux. On trouve souvent qu'il se maria deux fois : x 2° 1457 Madeleine, fille de Thibaut de Luxembourg-Fiennes et Philippa de Melun d'Epinoy (Madeleine de Luxembourg, † après 1498, se remaria en 1485 à Jacques Chabot-Jarnac d'Aspremont de Brion, d'où :
- Antoinette de Ste-Maure, dame de Montgoger, mariée à François II de Baraton, sire de Rivarennes, ci-après.
Les Baraton
modifier- Antoinette de Sainte-Maure transmet Montgauger à son mari épousé vers 1496, François II de Baraton († 1519)[8], seigneur de La Roche-Baraton, Champiré et Rivarennes, Grand-Echanson en 1516-1519, fils cadet de François Ier Baraton († 1489) et d'Anne de Feschal (belle-sœur de Jean Bourré et fille d'Olivier de Feschal), d'où :
- Gabriel-Olivier de Baraton, seigneur de Montgoger et de Rivarennes, mari de Renée d'Anjou-Mézières, fille de René d'Anjou-Mézières (issu trois fois du sang royal) et d'Antoinette de Chabannes, veuve d'Hector de Bourbon vicomte de Lavedan († 1525 à Pavie, sans postérité), d'où :
- Louis de Baraton, x Jacqueline fille de Joachim Paumart de Rillé, d'où :
- Guyonne de Baraton, x 1572 Jacques de Brillouet de Riparfond(s) (à Bressuire), dont :
- Charlotte de Brillouet, dame de Montgoger et de Rivarennes, x Louis (Ier) de Beauvau du Rivau, sire des Aulnais et de Bugny[9],[10].
- Guyonne de Baraton, x 1572 Jacques de Brillouet de Riparfond(s) (à Bressuire), dont :
- Louis de Baraton, x Jacqueline fille de Joachim Paumart de Rillé, d'où :
- Gabriel-Olivier de Baraton, seigneur de Montgoger et de Rivarennes, mari de Renée d'Anjou-Mézières, fille de René d'Anjou-Mézières (issu trois fois du sang royal) et d'Antoinette de Chabannes, veuve d'Hector de Bourbon vicomte de Lavedan († 1525 à Pavie, sans postérité), d'où :
Mais la possession de Montgoger par les personnages qu'on vient d'indiquer n'était que partielle ou intermittente : car pendant un siècle environ, Montgauger connut des ventes et changea de mains, au moins en partie.
Ainsi le , Louis de Baraton ci-dessus vend contre 56 000 livres à Jérôme de Burgensis (de Bourg/Bourgeois) († 1583), évêque de Châlons en 1556-1571, abbé de St-Pierre de Châlons, qui transmettra Montgoger à son frère Claude de Burgensis, secrétaire des Finances († 1568).
- Claude de Burgensis vend le à Guillaume de L'Aubespine, baron de Châteauneuf-sur-Cher (1547-1629 ; il fait l'aveu féodal de Montgauger en ; fils de Claude II de L'Aubespine et de Jeanne, fille de Guillaume Bochetel ; ambassadeur en Angleterre, conseiller d'État, Guillaume est l'arrière-grand-père du célèbre mémorialiste St-Simon)
- Vente à Michel II de/du G(u)ast (né vers 1550), sire de Lucé au Maine, gouverneur d'Amboise ; x 1589 Antoinette, fille de Pierre Ier de Montmorency-Fosseux et sœur de la Belle Fosseuse :
- Parents de Robert de Gast de Lucé, Ier marquis de Montauger en (il l'était encore en )[11] ; et d'Anne-Louise de Gast (qui épouse Jean-Gabriel de La Hillière du Clos-Lucé : d'où Anne de La Hillière mariée en 1632 à Antoine d'Amboise (1605-1650), prétendu arrière-petit-fils de Michel de Chaumont d'Amboise, lui-même fils naturel de Charles II d'Amboise).
Les Beauvau du Rivau (branche cadette)
modifierSans qu'on sache précisément comment (rachat, réméré, co-seigneurie/paréage), les Brillouet ou les Beauvau ci-dessus récupèrent Montgoger et conservent le titre de marquis de Montgauger : Charlotte de Brillouet avait épousé Louis (Ier) de Beauvau du Rivau, d'où :
- Louis II de Beauvau du Rivau († 1641), x Charlotte, fille de Martin de Fergeon de La Mothe-d'Usseau, d'où :
- François, marquis de Beauvau (né en 1624), x 1646 Louise de La Baume, sœur de l'évêque de Nantes Gilles de La Baume Le Blanc, tante de Louise de La Vallière-célèbre favorite de Louis XIV, et fille de Jean de La Baume Le Blanc de La Vallière († 1647) et de Françoise de Beauvau (fille de Jacques Ier de Beauvau du Rivau, lui-même fils de Gabriel de Beauvau du Rivau et Marguerite Foucaut de La Salle, et frère aîné de Louis (Ier) de Beauvau ci-dessus), d'où :
- Gabriel-Henri de Beauvau, marié 1° 1682 à Marie-Angélique, fille de Pierre de Saint-André, trésorier général de la Marine et des Galères, puis marié 2° 1694 à Marie-Madeleine de Brancas, fille de Louis-François de Brancas, 2e duc de Villars († 1679, fils du Ier duc Georges et neveu de Gabrielle d'Estrées) et de Marie-Madeleine Girard. D'où :
- (du 1°) Henriette-Louise de Beauvau du Rivau, dame de Montgoger (v. 1686-1736), mariée en 1711 à Hubert de Choiseul-Chevigny-La Rivière ; dont :
- Gabriel-Henri de Beauvau, marié 1° 1682 à Marie-Angélique, fille de Pierre de Saint-André, trésorier général de la Marine et des Galères, puis marié 2° 1694 à Marie-Madeleine de Brancas, fille de Louis-François de Brancas, 2e duc de Villars († 1679, fils du Ier duc Georges et neveu de Gabrielle d'Estrées) et de Marie-Madeleine Girard. D'où :
- François, marquis de Beauvau (né en 1624), x 1646 Louise de La Baume, sœur de l'évêque de Nantes Gilles de La Baume Le Blanc, tante de Louise de La Vallière-célèbre favorite de Louis XIV, et fille de Jean de La Baume Le Blanc de La Vallière († 1647) et de Françoise de Beauvau (fille de Jacques Ier de Beauvau du Rivau, lui-même fils de Gabriel de Beauvau du Rivau et Marguerite Foucaut de La Salle, et frère aîné de Louis (Ier) de Beauvau ci-dessus), d'où :
les Choiseul
modifier- Henriette-Louise de Beauvau du Rivau et Hubert de Choiseul furent parents de :
- César-Gabriel de Choiseul, premier duc de Praslin (1712-1785 ; Père de Renaud César de Choiseul-Praslin (1735-1791), 2e duc de Praslin), et de Gabriel-Hubert de Choiseul († jeune). César-Gabriel vit sa terre de Montgauger érigée en duché-pairie en 1762-1764 sous le nom de Praslin, évoquant un fief plus ancien des Choiseul (Praslin dans l'Aube) ; puis son duché fut transféré à Vaux (-Praslin), et Montgoger rétabli en marquisat.
Notes et références
modifier- ↑ « Seigneurs châtelains, marquis puis ducs de Montgauger, p. 125-141, par Amédée de La Ponce », sur Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. VII, chez Guilland-Verger, à Tours, 1855
- ↑ « La Gravoyère et St-Blaise / famille Baraton, par Odile Halbert, 2006 », sur site d'Odile Halbert
- ↑ « Sainte-Maure de Montgoger », sur Grand Dictionnaire historique, par Louis Moréri, t. IX, aux Libraires associés, à Paris, 1759
- ↑ « Sainte-Maure (p. 6-24) / Montgaugier (p. 9-13) », sur Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, par le père Anselme de Ste-Marie et Honoré Caille du Fourny, t. V, à la Compagnie des Libraires associés, à Paris, 1730
- ↑ « Maison de Sainte-Maure, p. 462-475 : Montgaugier, p. 465-467 », sur Dictionnaire de la Noblesse, t. XII, par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, ches Antoine Boudet, à Paris, 1778
- ↑ « Seigneurs de Montgauger, p. 125-141, par A. de La Ponce », sur Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. VII, 1855
- ↑ « Seigneurs de Sainte-Maure », sur MedLands
- ↑ « Rivarennes et Montgauger : des Ste-Maure aux Baraton puis aux Beauvau du Rivau », sur Dictionnaire d'Indre-et-Loire et de Touraine, t. V, par Jacques-Xavier Carré de Busserolle, chez Rouillé-Ladevèze, à Tours, 1883, et Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. XXXI
- ↑ « Beugny, p. 239 », sur Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire, par Jacques-Xavier Carré de Busserolle, t. Ier, in Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. XXVII, chez Rouillé-Ladevèze, à Tours, 1878
- ↑ « Le château de Beugny à St-Benoît-la-Forêt, par Mykerinos, 2017 », sur Touraine insolite
- ↑ « Lettres patentes de Louis XIII pour l'érection de la terre de Montgauger en marquisat au profit de Roger de Gast, janvier 1623, p. 34-39 », sur Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. VIII, 1856