Mosquée Namozgokh
La mosquée Namozgokh ou Namazgâh (en persan : نمازگاه) est une variante persane de la musalla, espace de prière musulman ouvert, généralement hors de la ville[1], destiné avant tout aux prières (salat) pendant les deux grandes fêtes musulmanes (aïd) de la fin du ramadan ('aid al-fitr) et du hajj ('aid al-adha). Elle se rattache donc à la catégorie des 'idgah (en persan : عیدگاه, lieu de l'aïd). Elle se trouve au sud-ouest de la ville de Boukhara. Le mot Namozgokh désigne aussi un lieu où les cinq prières canoniques de la journée — namaz (« prière », en persan) — peuvent être accomplies par le musulman[2],[3].
| Type | |
|---|---|
| Fondation | |
| Matériau | |
| Hauteur |
15,3 m |
| Longueur |
38 m |
| Religion | |
| Patrimonialité |
Objet d'un patrimoine culturel matériel significatif de l'Ouzbékistan (d) |
| Localisation |
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| Coordonnées |
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Il semble que cette mosquée Namozgokh ait été construit au IXe siècle, en 1119-1120, sous le règne des Samanides. C'est l'un des rares témoins architecturaux de l'époque pré-mongole. Mais sa galerie à colonnades et les mosaïques polychromes du portail ont été ajoutées au XVIe siècle[4].
Actuellement, la mosquée Namozgokh a perdu de son importance initiale. Dans l'oblast de Boukhara, son rôle initial est rempli par le complexe Bakha ad-Din, et le complexe Qosim Cheikh à Karmana.
Histoire
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Après la conquête islamique, les prières de fête à Boukhara se déroulaient sur la place du Régistan. Mais au IXe siècle la place étant devenue trop petite, la mosquée Namozgokh a été édifiée en dehors de la ville, à environ trois kilomètres de son centre. C'est là qu'elle se trouvait au XIIe siècle, lorsque Arslan-khan (ru) (1110-1130) ordonna aux habitants de Boukhara de ne pas s'éloigner trop de la ville pour ne pas affaiblir les capacités de défense de Boukhara. Par conséquent, le jardin Shamsabad fut acheté, et en 1119—1120, et un namozgokh fut construit sous forme d'un mur en briques cuites, long de plus de 38 mètres[1]. Dans le mur se trouvait un mihrab (niche qui indique la direction de La Mecque) encadré de chaque côté par un arc aveugle[1].
Le namozgokh a connu des modification légères aux XIIIe et XVe siècles : au cours de ce dernier, des carreaux émaillés ont été insérés[1]. Au XVIe siècle, les murs ont été recouverts de terre cuite.
Plus tard, au XVIIe siècle, une nouvelle façade a été conçue : un pishtak au centre, haut de 15,3 mètres, à l'avant d'un dôme ; sur l'un des côtés, un minbar surmonté d'un dais[1]. Le pishtak est constitué d'un iwan monumental, et il est encadré par deux arcs formant portique. Ce qui donne un galerie à trois travées avec un dôme au centre et un portique. Au fond du pisthak, le mihrab, richement décoré de sculptures d'albâtre et de mosaïques, disposées sous forme de citations coraniques en écriture koufique motifs géométriques. L'ensemble du monument s'élève sur un soubassement haut de deux marches, et il se trouve au sud des murs de la vieille ville de Boukhara[1].
Quand il a pris Boukhara en 1220, c'est depuis cette mosquée que Gengis Khan proclama : « Si vous ne vous étiez pas empêtré dans le péché, Dieu ne vous aurait pas envoyé une châtiment tel que moi »[5].


Notes et références
modifier- (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Намазгох в Бухаре » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Yolande Crow, « Central Asia and Afghanistan », dans George Michell (Ed.), Architecture of the Islamic World. Its History and Social Meaning, London, Thames and Hudson, (1re éd. 1978), 288 p. (ISBN 978-0-500-34076-9), p. 258-264 (v. p. 260 : "Bukhara : the Namâzgâh")
- ↑ Ce peut être dans une mosquée sanctifiée, mais aussi dans une maison privée, voire sur un simple tapis de prière afin de pouvoir de faire la prière (salat).
- ↑ (ru) Dmitri Peidj (Дмитрий Пэйдж ), « Бухара. Путеводитель по архитектурным и историческим достопримечательностям. Намазгох Бухары : Намазгох Бухары » [« Boukhara. Guide des sites architecturaux et historiques. Namazgokh de Boukhara »] [archive], sur buxara.org (via web.archive.org), Международное альпинистское агентство ClimberCA (consulté le )
- ↑ Daniyarov, Daniyarova et Tochtemirova 2020, p. 159.
- ↑ (ru) Choukour Askarov (Шукур Аскаров.), « Благородство Бухары » [« Noblesse de Boukhara »], 4, San'at, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (ru) Moukhammad Narchaki (Мухаммад Наршахи) et N/ Lykochina (пер. Н. Лыкошина), Histoire de Boukhara, Tachkent, (lire en ligne)
- (ru) B. Veirman (Б. В. Вейрман), art de l'Asie centrale (Искусство Средней Азии), Moscou., [Искусство (издательство)], , 191 p., p. 46
- (ru) N. Baranova (под ред. Н. В. Баранова), Всемирная история архитектуры в 12 томах [« Histoire de l'architecture mondiale »], t. 8, Moscou, Изд-во литературы по строительству, , 491 p., p. 239—240
- S. Daniyarov, B. Daniyarova et T. Tochtemirova, Ouzbekistan, Paris, Guides peuples du monde, , 478 p. (ISBN 978-2-907-62986-7), p. 175
