Mosquée aux Quarante Piliers
La Mosquée Tchehel sotoun (en persan : مسجد چهل ستون, Masdjed-é tchehel sotoun), c'est-à-dire la « mosquée aux quarante piliers[1] », ou « quarante colonnes »[2],[3]) est une mosquée édifiée au XVe siècle dans la ville de Ziyâratgâh en Afghanistan. Monument original par son plan et son agencement intérieur, l'édifice a été presque entièrement ruiné lors des combats de l'occupation soviétique du pays.
| Mosquée aux Quarante Piliers | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Culte | Islam | |
| Type | Mosquée | |
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Province | Hérât | |
| District | Hérat | |
| Ville | Ziyâratgâh | |
| Coordonnées | 34° 11′ 52″ nord, 62° 08′ 28″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Afghanistan
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Localisation et appellation
modifierZiyâratgâh[4] est située à 20 kilomètres au sud de la capitale de province, Hérat[5]. La mosquée aux Quarante Piliers se trouve à 300 mètres au nord-est de la Grande Mosquée du Vendredi de Ziyâratgâh[1].
La mosquée doit son nom au fait que sa voûte est portée par quarante colonnes (ou piliers)[3]. Elle est également connue sous le nom de Guldasteh (en persan : گلدسته), « bouquet de fleur »[6],[2]
Histoire
modifierZiyâratgâh n'est plus de nos jours qu'un simple bourg. Cependant il était un site important sur les plans religieux et commercial sous les princes Timourides, qui y ont fait élever quatre bâtiments importante[5].
La mosquée est bâtie à la fin du XVe siècle, mais peut-être sur des bases plus anciennes d'époque sedjoukide[1]. Elle a fait l'objet de plusieurs restaurations[1]. Mais le bâtiment a été presque totalement détruit au moment de l'occupation soviétique du pays, touché par des bombardements aériens soviétiques en 1982[1].
Il est certain qu'il y avait un grand nombre de petites mosquées construites dans des quartiers de ville ou à la campagne, mais il en reste peu de traces parce qu'elles étaient bâties avec des matériaux éphémères, par exemple des murs en pisé et des colonnes en bois. La mosquée de Ziyâratgâh a subsisté précisément parce que sa salle hypostyle reposait sur des piliers et non sur des poteaux et poutres en bois[3].
Architecture et décoration
modifierL'édifice ne possède pas le plan traditionnel avec des bâtiments organisés autour d'une cour et des porches. Ce plan original est peut-être lié à un édifice préexistant à l'époque timouride, ou alors il est plus simplement dû à une configuration du terrain peu propice au plan traditionnel[1].
Le bâtiment, obéissant à une orientation nord-sud, mesure 25,50 mètres sur 32,60 mètres[1]. Il réunit deux édifices : une mosquée d'hiver fermée, pourvue d'une coupoles haute de 6,20 mètres et deux rangs de six piliers ; une mosquée d'été, ouverte sur les côtés, avec deux rangées de huit piliers[1]. Chacune d'elles possède son propre mihrab, orienté à l'ouest (en direction de la Mecque). Les mihrabs présentaient un décor de mosaïque de céramiques. Avant les destructions de la guerre soviéto-afghane, le décor de la mosquée d'hiver était perdu. La mosquée d'été avait conservé son décor floral et une inscription calligraphiée blanche sur fond blanc[1].
Tchilla khâna
modifierOn trouve une cellule pour la méditation et la prière, creusée sous le sol de la mosquée afin de « serv[ir] aux retraites de quarante jours des hommes pieux ». Elle était d'ailleurs appelée tchilla khâna, c'est-à-dire « maison des quarante [jours] »[1],[2]. Ce type de cellule n'était pas rare dans le soufisme : tant les maîtres que les novices passaient quarante jours dans la solitude d'une telle cellule (tchilla-khâna) dans un but de purification. Les maîtres cherchaient ainsi la maturité spirituelle, tandis que les novices devaient rapporter chaque jour au maître leurs rêves, visions et impressions, afin d'être guidés vers le but de leur pratique[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Bernard Dupaigne, Afghanistan. Monuments millénaires, Actes Sud, Imprimerie nationale éditions, 2007, p. 182
- 1 2 3 Golombek et Wilder 1988, p. 350
- 1 2 3 Lisa Golombek, « L'architecture, des Mongols à la fin des Timourides », dans Pierre Chuvin (Dir.), Les arts de l'Asie centrale, Paris, Citadelles et Mazenod, , 617 p. (ISBN 2-850-88074-4), p. 393-441 (v. p. 412)
- ↑ Littéralement, « lieu de pèlerinage » (Gilbert Lazard, Dictionnaire persan-français, Téhéran, 1990, p. 314b)
- 1 2 Bernard Dupaigne, Afghanistan. Monuments millénaires, Actes Sud, Imprimerie nationale éditions, 2007, p. 180
- ↑ Gilbert Lazard, Dictionnaire persan-français, Téhéran, 1990, p. 501b
- ↑ Annemarie_Schimmel, « Introduction » in 'Attar (trad. I. de Gastines), Le livre de l'épreuve, Paris, Fayard, 1981, p. 16.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Bernard Dupaigne, Afghanistan. Monuments millénaires, Paris, Imprimerie nationale Éditions, , 318 p. (ISBN 978-2-742-76992-6)
- (en) Lisa Golombek et Donald N. Wilber, The Timurid Architecture of Iran and Turan, vol. I, Princeton, Princeton University Press, , XXVII-510 p. (ISBN 0-691-03587-3), p. 350-1
Liens internes
modifierLiens externes
modifier- (en) « Chihil Sutun Mosque », sur archnet.org (avec des photos)