Moulinex

marque française d'électroménager

Moulinex est une marque française de petit électroménager appartenant au groupe SEB.

Moulinex
logo de Moulinex
illustration de Moulinex

Création 1932 à Bagnolet
Dates clés
  • 1932 : création
  • 1991 : rachat de Krups
  • 22 décembre 2000 : création du groupe Moulinex-Brandt
  • 7 septembre 2001 : dépôt de bilan de Moulinex-Brandt
  • 2001 : rachat par le Groupe SEB
Fondateurs Jean Mantelet
Forme juridique Société anonymeVoir et modifier les données sur Wikidata
Slogan « Cuisiner devient facile »
Siège social Écully
Drapeau de la France France
Actionnaires Groupe SEBVoir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Groupe SEBVoir et modifier les données sur Wikidata
SIREN 542 013 461
Site web www.moulinex.fr

Chiffre d'affaires Voir les données de SEB

Moulinex est issu de la Manufacture d'Emboutissage de Bagnolet, fondée en 1929 par Jean Mantelet, avant que son succès ne l'oblige à se développer dès 1937 à Alençon (Orne) d'abord sous le nom « Le moulin-légumes » puis dès 1957 sous la marque Moulinex. Après avoir dépassé les 11000 salariés en 1976, l'entreprise décline et est rachetée en 2001 par SEB.

La société est radiée le 21 février 2025[1].

Historique

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La création de la société

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En 1932, Jean Mantelet, cogérant de la Manufacture d'emboutissage de Bagnolet - Mantelet et Boucher -, s'approprie l'invention belge du Passe-vite qu'il rebaptise (via le dépôt d'un brevet) sous le nom de Moulin-Légume, appareil basé sur le principe et la rotation d'un disque profilé en hélice, pivotant sur un axe entrainé par une manivelle et s'appuyant sur une crépine perforée qui écrase les légumes cuits, contenus dans une cuve circulaire, pour les réduire en purée. Il décide de commercialiser son produit en faisant le tour des foires, d'abord à Lyon puis à Paris, avec une distinction par le Concours Lépine. La production de masse du produit démarre et permet d'en réduire le prix. C'est le début du succès, avec deux millions d'appareils vendus entre 1933 et 1935.

En 1937 la petite usine de Bagnolet étant saturée en manque de place, Jean Mantelet décide de s'installer en Normandie, à Alençon dans les bâtiments d'une ancienne filature de chanvre et de lin[2], située à la limite de Saint-Paterne sur une parcelle de plusieurs hectares entre la RD 955 vers St Paterne, et la route d'Ancinnes vers Perseigne, au bord de la voie ferrée Caen-Tours. Il peut ainsi profiter d'une main-d'œuvre féminine et rurale de bonne qualité. C'est à cette époque que la Manufacture d'emboutissage de Bagnolet Mantelet et Boucher est rebaptisée « Le Moulin-Légume ».

L'entreprise innove ensuite avec un moulin pour hacher des légumes crus, les viandes crues, le moulin à sel, à poivre, puis celui à moutarde[3].

Dans les années 1950, l'entreprise lance le premier moulin à café électrique "Moulin X", dont le succès est tel qu'en 1957 l'entreprise prend le nom de « Moulinex »[4].

Multiplication des produits

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Presse-agrumes Moulinex de type PA1A.

En 1954, Jean Mantelet invente le "Legumex", appareil à manivelle pour éplucher les pommes de terre et les carottes[5].

Le succès grandissant de l'entreprise repose sur des produits de qualité, où le design tient un rôle important, à usage facile et à des prix inférieurs au marché. Avec son slogan « Moulinex libère la femme », la marque accompagne à travers l'équipement ménager, l'émergence de la société de consommation des Trente Glorieuses. Jean Mantelet et son bureau d'études travaillent en recherche et développement pour mettre au point en moyenne trois nouveaux produits par an, comme le hachoir électrique, les robots (Robot-Marie, appelé ainsi parce que la cuisinière de Jean Mantelet se prénommait Marie, Robot-Jeannette et Robot-Marinette…), l'aspirateur (1961), la centrifugeuse (1963), la rôtissoire, la yaourtière, la cafetière électrique (1971), le presse-agrumes, l'ouvre-boîtes électrique, le couteau électrique, le four à micro-ondes (1979), la machine à pâtes (1980), etc.

Au début des années 1980, Moulinex est le premier fabricant de petit électroménager en France. La production journalière atteint 180 000 appareils, grâce à un effectif de 10 700 salariés répartis dans douze usines.

L'entreprise dispose d'usines à Alençon (Orne), Bayeux (Calvados), Cormelles-le-Royal (Calvados), Saint-Lô (Manche), Argentan (Orne), Falaise (Calvados), Domfront (Orne), Mamers (Sarthe), Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), Villaines-la-Juhel (Mayenne), Mayenne (Mayenne).

La fin des années glorieuses

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Au printemps 1988, la chute des ventes de Moulinex sur les marchés concurrentiels commencent. Une reprise de l'entreprise par des salariés (RES) est mise en place, mais la succession mal préparée de Jean Mantelet, fait plonger la marque dans la crise.

Sans descendance direct, Jean Mantelet décide de céder 28% du capital de Moulinex à ses salariés, avant de quitter l'entreprise à l'âge de 90 ans en 1991[6].

En 1991, Moulinex rachète la société allemande Krups pour l'équivalent de 97 548 000 d'euros et dont la restructuration sociale mal préparée coûtera 79 812 000 en plus. Cette très grave erreur d'acquisition, ruineuse, déstabilisante d'une société déjà très mal en point, accentue encore plus l'étranglement financier de Moulinex. Cette période correspond également et malheureusement au décès de Jean Mantelet, fondateur de l'entreprise survenu en . La forte concurrence asiatique sur les marchés de petits électroménagers, fait chuter la marque populaire qui ne peut plus résister à l'arrivée des produits étrangers à faible coût, et son positionnement dans un segment de plus haute qualité ne colle plus avec son image passée.

En , Moulinex déjà très endettée en rachetant Krups plonge, et est au bord du dépôt de bilan.

En , la société d'investissement Euris de Jean-Charles Naouri entre à 40 % dans le capital de Moulinex. Il va apporter un milliard de francs banco, et se donne trois ans pour rétablir les finances de l'entreprise mais n'y parviendra pas. En , est annoncé d'un plan social qui prévoit la suppression de 2600 emplois dont 2100 en France. Mais aussi la fermeture de deux usines, celles de Mamers et d'Argentan. Le plan social est beaucoup trop tardif et n’inversera pas la situation de Moulinex.

En 1998, le siège social de Moulinex quitte Bagnolet[3].

En , le groupe italien El.Fi SpA vient au secours de la marque et entre au capital de Moulinex avec 25 % puis 74 %. El.Fi SpA est un groupe financier familial italien dirigé par les frères Nocivelli, qui possède de nombreuses marques, dont Brandt, Vedette et De Dietrich. Très vite, l’hypothèse selon laquelle Moulinex et Brandt pourraient fusionner voit le jour, d'autant plus que le El.Fi SpA insiste sur les synergies des deux marques.

Fusion avec Brandt

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Le , le groupe Moulinex-Brandt est créé : après de nombreuses et longues discussions, les actionnaires de Moulinex approuvent la fusion avec Brandt via El.Fi SpA - le processus de fusion avait été enclenché en . Moulinex occupe la place de la branche "petit électroménager" du groupe, tandis que Brandt se place dans la branche gros électroménager. Patrick Puy est nommé nouveau PDG du groupe.

Le , le PDG de Moulinex-Brandt, Patrick Puy, voyant la baisse continue des ventes, annonce un nouveau plan social de grande ampleur. Celui-ci prévoit la suppression de 4 000 emplois, dont 1 500 en France, mais aussi la fermeture de six usines dont trois en France : celles d'Alençon, de Cormelles-le-Royal et de Lesquin. Le coût de cette restructuration lourde est estimé à 200 millions d'euros et l'endettement du groupe est alors à son maximum.

Le , Moulinex-Brandt dépose le bilan et la liquidation de la société est prononcée. Tout ceci est la conséquence de ne pas avoir pu obtenir le soutien financier d'El.Fi SpA initialement prévu. El.Fi SpA aurait dû souscrire à une augmentation de capital, mais elle changea de décision au dernier moment. Lourdement déficitaire, criblée de dettes, absence et arrivée de nouveaux financiers et les banques ne suivant plus, le conseil d'administration de Moulinex décide le dépôt de bilan.

Reprise par le Groupe SEB

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Après l’annonce du dépôt de bilan, les marques Moulinex et Brandt espèrent pouvoir trouver un repreneur. Ainsi, Moulinex, la branche du petit électroménager, est rachetée par la société française Groupe SEB, tandis que Brandt, le gros électroménager, est reprise par la société israélienne Elco (en) et devient le groupe Elco-Brandt.

Le , le Groupe SEB fait une première offre de reprise en étant conscient du fort potentiel de la marque Moulinex, très appréciée par les ménages français. Le , le tribunal de Nanterre tranche entre l’offre de reprise Moulinex par le Groupe SEB[7], préféré au fonds d'investissement Fidei.

La reprise par le Groupe SEB permet alors de conserver 1 856 emplois sur les 5 590 que compte Moulinex en France et de conserver en activité trois usines sur neuf en France : celle de Villaines-la-Juhel, de Mayenne et celle de Fresnay-sur-Sarthe. Les administrateurs judiciaires procèdent à la fermeture des autres sites et aux licenciements des salariés, ce qui va provoquer de nombreuses manifestations à Alençon et Paris.

Grâce à un plan de reclassement daté au , 772 employés pourront retrouver un emploi dans diverses branches hors Moulinex. Certains se mettant à leur compte, comme chauffeurs routiers, commerçants, employés administratifs ou comptables.

En 2021, Moulinex devient la 3e marque mondiale du groupe SEB[8].

Association Jean Mantelet

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D'anciens employés de Moulinex ont créé des associations d'anciens employés des usines normandes dans certaines villes où elles étaient installées.

Moulinex en 2018

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La marque Moulinex couvre une très large gamme d'appareils de petit électroménager. Elle est présente dans de nombreux pays d'Europe, et dans la plupart des grandes enseignes de ventes spécialisées, ainsi que dans des magasins d'aménagements de cuisine. Ses produits sont fabriqués dans des usines du Groupe SEB présentes en France et en Chine.

Bibliographie

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  • Sonia Brault, Moulinex : Alençon 1937-2001, Madrid/Verrières, Editions de l'Étrave, , 107 p. (ISBN 978-2-909599-99-1)
  • Quynh Delaunay, Société industrielle et travail domestique : L'électroménager en France (XIXe – XXe siècle), L'Harmattan, coll. « Logiques sociales », , 444 p. (ISBN 978-2-7475-3997-5)
  • Manuella Roupnel-Fuentes, Les Chômeurs de Moulinex, Paris, PUF, coll. « Le lien social », , 360 p. (ISBN 978-2-13-057826-0)

Notes et références

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  1. ↑ « Société MOULINEX S A : Chiffre d'affaires, statuts, extrait d'immatriculation », sur www.pappers.fr (consulté le )
  2. ↑ « Vingt ans après la fermeture, retour sur l'épopée Moulinex à Alençon »
  3. 1 2 Hélène Haus, « «Il n’aimait pas les grumeaux dans la purée de sa femme» : la saga du moulin à légumes Moulinex, né à Bagnolet, il y a 90 ans », sur leparisien.fr, (consulté le )
  4. ↑ « Usine d’emboutissage de Bagnolet ; Moulinex », sur seinesaintdenis.fr, (consulté le )
  5. ↑ « MOULINEX », sur boursilex.com (consulté le ).
  6. ↑ Thierry Boeuf, « Saga de Paris : Moulinex », sur radiofrance.fr, (consulté le )
  7. ↑ « INPI – Service de recherche marques », sur bases-marques.inpi.fr (consulté le )
  8. ↑ « Comment SEB a sauvé l'empire Moulinex », sur Les Echos, (consulté le ).

Voir aussi

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Liens externes

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