Mounira El-Mahdeya

chanteuse égyptienne

Mounira El-Mahdeya ou Mahdia (en arabe : منيرة المهدية) (née le à Alexandrie et morte le ), fut une chanteuse égyptienne plus connue sous le surnom de « sultane de la chanson » ou « sultane de l’extase » et considérée aujourd’hui comme la plus grande chanteuse égyptienne de l’entre-deux guerres.

Mounira El Mahdeya
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Biographie

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Elle a fait ses études dans une école religieuse française, à la suite de quoi elle entama sa carrière en tant qu’artiste en chantant et en dansant dans des cafés locaux. Plus tard, elle joignit la troupe de théâtre de l’Aziz Eid Theatre, connue pour encourager et développer les talents de ses comédiens, comédiens qui ont d’ailleurs compté parmi eux de nombreuses futures stars comme Fatma Rochdi. C’est là que Mounira El Mahdeya acquis sa technique de jeu et son talent d’actrice lyrique qu’elle ne cessa de déployer par la suite.

S’étant formée au contact des traditions théâtrales et esthétiques de son temps, elle possédait l’allure typique des actrices de son époque, avec de grands yeux noircis par un maquillage charbonneux et de courts cheveux ondulés. Une opulence caractéristique ainsi qu’un visage attrayant ont fait d’elle une star typique de la tradition des grandes chanteuses et divas égyptiennes.

Aldahre Kataâ Awsali par Mounira El Mahdeya (Baidaphon no 23045).

Alexandrie fut le berceau du développement du cinéma en Égypte. Mounira El-Mahdeya a ainsi été proclamée première actrice égyptienne musulmane à apparaître sur scène. À cause de la forte pression culturelle de l’époque pesant sur les actrices, elle a amorcé sa carrière, en 1917, en interprétant des rôles masculins comme Romeo et Marc Anthony. Avant cela, les rôles féminins étaient portés par des acteurs ou par des actrices chrétiennes ou juives. Elle commença également à chanter des opérettes populaires et des opéras italiens, et ses représentations devinrent très appréciées et de plus en plus réclamées par le public. C’est à partir de ses expériences scéniques que d’autres artistes féminines musulmanes ont osé vivre de leur art, comme les actrices Bahiga Hafez, Fatma Rochdi et Aziza Amir. La musique et les interprétations de Mounira El Mahdeya marquèrent le début de la diffusion de la musique égyptienne dite « légère » apparue au lendemain de la Grande Guerre[1] et contrevenant à la musique usuelle savante. Elle s’inscrit en ce sens dans le mouvement des femmes qui se firent les porte-paroles de la modernisation et qui luttèrent pour leur reconnaissance sociale.

La grande popularité de Mounira El Mahdeya, aiguisée par le succès du film La Coquette en 1935, lui a permis de se constituer un réseau d’admirateurs de différentes origines, tant sociales que géographiques, et un théâtre porte aujourd’hui son nom. Elle ne trouva de successeur à la mesure de son talent que plus tard dans la personne d’Oum Kalsoum[2].

La carrière d’El Mahdeya prit fin dans les années 1930. Son dernier concert, donné en 1948, coïncida avec la guerre israélo-arabe de 1948 et fut un échec. Par la suite, elle se retira de la vie publique, à l’exception de quelques interviews sporadiques accordées aux médias. Elle mourut le 12 mars 1965, à l’âge de près de quatre-vingts ans[3].

Treize ans après sa mort, en 1978, sortit le long métrage biographique Soltanet El-Tarab, réalisé par Hassan Al Imam, dans lequel El Mahdeya était incarnée par Sherifa Fadel[4].

En 2021, elle est l'une des personnalités présentées dans l'exposition « Divas. D'Oum Kalthoum à Dalida » à l'Institut du monde arabe (Paris)[1],[5].

Notes et références

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  1. 1 2 Olivier Nuc, « Quand l'Orient chantait l'amour au féminin », Le Figaro, cahier « Le Figaro et vous »,‎ 12-13 juin 2021, p. 31 (lire en ligne).
  2. ↑ « Mounira El Mahdia : la Sultane du tarab, une diva avant l'heure », sur Turess (consulté le ).
  3. ↑ (en-US) « Munīra al-Mahdiyya 5 », AMAR Foundation for Arab Music Archiving & Research (consulté le )
  4. ↑ (en) « Remembering Mounira Al-Mahdia: Egyptian diva and revolutionary voice - Music - Arts & Culture », Al Ahram online, (consulté le )
  5. ↑ « Divas du monde arabe : à la rencontre des pionnières du féminisme », sur JeuneAfrique.com (consulté le )

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