Msimbazi (rivière)
Le Msimbazi est une rivière de la région de Dar es Salam, en Tanzanie. Il prend sa source dans le secteur de Kisarawe, traverse l'agglomération de Dar es Salam et se jette dans le canal de Zanzibar, dans l'océan Indien.
| Msimbazi Mto Msimbazi | |
Extraction de sable dans le lit de la rivière, décharge sauvage à l'arrière-plan. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 35 km |
| Bassin | 271 km2 |
| Bassin collecteur | Msimbazi |
| Cours | |
| Source | réserves forestières de Pugu et de Kazimzumbwi |
| · Localisation | district de Kisarawe (en) |
| Embouchure | canal de Zanzibar |
| · Localisation | Dar es Salam |
| · Altitude | 0 m |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive droite | Sinza, Ubungo, Luhanga |
| Pays traversés | |
| Région | Dar es Salam |
| Principales localités | Dar es Salam |
| modifier |
|
Long d'environ 35 km, il joue un rôle important dans l'hydrologie urbaine de Dar es Salam, mais son bassin versant est exposé aux inondations, à l'urbanisation, à la déforestation et à la pollution.
Géographie
modifierCours
modifier
Le Msimbazi et ses affluents prennent naissance dans les secteurs des réserves forestières de Pugu et de Kazimzumbwi, dans le district de Kisarawe (en), puis s'écoulent vers l'est en direction du centre de Dar es Salam. Il reçoit plusieurs affluents urbains, dont les cours d'eau Sinza, Ubungo et Luhanga[1].
Son embouchure se situe dans la partie centrale de Dar es Salam, à proximité des secteurs d'Upanga et de Hananasif, où il rejoint le canal de Zanzibar.
Bassin versant
modifierLe bassin versant du Msimbazi couvre environ 271 km2, soit près d'un cinquième de la superficie de Dar es Salam. Il abrite environ 1,6 million d'habitants, soit environ 27 % de la population de la ville[2].
Le bassin s'étend depuis les zones boisées situées à l'ouest de l'agglomération jusqu'à une plaine inondable fortement urbanisée. Dans son cours inférieur, le Msimbazi traverse une zone humide et une plaine inondable proches du centre-ville. Cette plaine est traversée par plusieurs axes routiers majeurs de Dar es Salam, dont le corridor de bus à haut niveau de service[2].
Mangroves
modifierDans son cours inférieur, le Msimbazi est associé à des zones humides et à des mangroves proches de son embouchure. L'envasement du cours d'eau et l'accumulation de sédiments modifient les échanges avec la marée et réduisent l'apport d'eau salée vers certaines mangroves situées plus à l'intérieur des terres. Ces changements entraînent le dépérissement de parties de la mangrove[2].
L'aire de mangroves est protégée par la législation forestière tanzanienne, mais elle n'est pas toujours matérialisée de manière claire sur le terrain, ce qui complique sa gestion et sa protection[2].
Inondations
modifierLes inondations constituent l'un des principaux problèmes du bassin du Msimbazi. Historiquement, les crues contribuaient à la fertilité des terres riveraines par le dépôt de sédiments riches en nutriments. Toutefois, l'urbanisation rapide, l'occupation des zones inondables et la dégradation du couvert végétal ont accru l'exposition des populations et des infrastructures aux crues[2].
Les pluies associées à l'épisode El Niño de 1997-1998 sont citées comme un événement déclencheur d'inondations majeures dans le bassin. D'autres épisodes importants sont signalés en 2009, 2010, 2011, 2014, 2015, 2017 et 2018[2].
Le bassin avait déjà été identifié comme zone à risque dans le plan directeur de Dar es Salam de 1979. Une zone tampon de 60 m à partir du niveau des hautes eaux est prévue par la législation environnementale, mais les restrictions d'occupation du sol ont été peu appliquées dans plusieurs secteurs du bassin[2].
Environnement et économie
modifierPollution
modifierLe Msimbazi est affecté par la pollution urbaine et industrielle. Les rejets d'eaux usées, les déchets solides, les effluents industriels et les pratiques d'assainissement non réglementées contribuent à la dégradation de la qualité de l'eau[1].
Des études citées dans les documents du projet de développement du bassin signalent des contaminations par des métaux lourds dans les sédiments de plusieurs cours d'eau côtiers de Dar es Salam. Le Msimbazi est mentionné parmi les cours d'eau les plus touchés, avec des concentrations élevées de cadmium, de plomb, de chrome, d'aluminium, de manganèse, de fer et de zinc[2].
Déforestation et urbanisation
modifierLe bassin amont du Msimbazi comprenait autrefois d'importantes surfaces forestières naturelles. La déforestation dans les réserves de Pugu et de Kazimzumbwi, l'expansion urbaine, l'agriculture et la production de combustible ont réduit la capacité naturelle de rétention des eaux de pluie. Cette évolution favorise le ruissellement, l'érosion et l'envasement du cours inférieur[2].
Le rapport du projet de développement du bassin indique que le couvert forestier dense des réserves de Pugu et de Kazimzumbwi a diminué de plus d'un quart sur une période de quinze ans. La réduction du couvert végétal contribue à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des inondations dans les cours d'eau du bassin[2].
Risques sanitaires
modifierLes eaux de crue du Msimbazi peuvent être contaminées par les déchets sanitaires, les latrines débordantes, les rejets industriels, les eaux usées domestiques, les eaux de ruissellement routier, les pesticides et engrais agricoles, ainsi que les déchets solides déposés directement dans les cours d'eau[2].
Dans certains secteurs situés en aval de Vingunguti, les documents du projet signalent des niveaux de pH très élevés et des concentrations de chrome hexavalent dépassant fortement les limites admises pour les rejets d'eaux usées. Ces pollutions constituent un risque pour la santé publique, en particulier dans les zones où les eaux souterraines peu profondes et les eaux de surface sont utilisées pour l'irrigation maraîchère[2].
Notes et références
modifier- 1 2 (en) « Dar es Salaam City Master Plan 2016-2036 » [archive du ] [PDF], sur Ministry of Lands, Housing and Human Settlements Development, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) « Msimbazi Basin Development Project » [archive du ] [PDF], sur Government of Tanzania (consulté le )