Murembwe
La Murembwe est un cours d'eau du Burundi. Elle traverse le sud-ouest du pays et se jette dans le lac Tanganyika, au sud de la ville de Rumonge.
| Murembwe | |
Palmiers à huile affectés par la montée des eaux. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Bassin | 950 km2 [1] |
| Bassin collecteur | Congo |
| Cours | |
| Embouchure | lac Tanganyika |
| · Localisation | au sud de Rumonge |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| modifier |
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Son bassin versant est associé à la zone pilote Dama-Murembwe, étudiée dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau.
Géographie
modifierLe bassin versant de la Murembwe couvre 950 km2[1]. La rivière prend sa source à l'est de la province de Rumonge, puis coule globalement vers le sud-ouest et le sud-est. Elle reçoit en rive gauche la Jiji, qui coule à l'ouest de la réserve naturelle forestière de Bururi (en), puis la Siguvyaye[2].
Sur une partie importante de son cours, jusqu'à sa confluence avec la Siguvyaye, la Murembwe marque la limite entre la province de Rumonge et la province de Bururi. Elle se dirige ensuite vers le sud-est et rejoint le lac Tanganyika après avoir traversé des zones de plantations de palmiers à huile situées au sud de Rumonge[2].
Environnement et risques
modifierLa Murembwe est exposée à plusieurs sources de pollution, notamment les rejets liés à la production d'huile de palme, au lavage du café et aux déchets ménagers. La consommation de son eau est associée à des cas de choléra[3].
La vallée de la Murembwe est régulièrement affectée par des inondations en saison des pluies. En avril 2018, les cultures de la vallée, à l'exception des palmiers à huile, sont submergées à la suite d'une crue. Des agriculteurs craignent alors une famine, tandis que le responsable des aires protégées dans le sud du Burundi préconise le reboisement du bassin versant et la protection des berges pour limiter les dégâts[4].
En décembre 2019, la rivière inonde la vallée située entre son lit et Rumonge. L'eau atteint par endroits environ 2 m et menace les cultures de patates douces, de colocases et de riz. Un nouveau bras issu de la rivière menace également le quartier de Kanyenkoko, dans la ville de Rumonge[5].
En décembre 2023, la rupture des berges de la Murembwe provoque une inondation importante dans les plantations de palmiers à huile. Plus de 200 ha de palmeraies sont inondés, tandis que des champs cultivés, des ponts et des pistes sont touchés. La circulation sur la RN3 est également rendue difficile par les inondations et les dégradations de la chaussée[6].

En mai 2024, plusieurs centaines de familles de Rumonge, notamment dans le quartier de Kanyenkoko, quittent leurs habitations en raison des inondations provoquées par la crue de la Murembwe et la montée des eaux du lac Tanganyika. Certaines familles sont hébergées à l'hôpital de Rumonge ou à Mutambara, tandis que d'autres louent des logements. Les cultures de riz, de manioc, de bananes et de patates douces situées le long de la rivière sont également submergées, et les palmeraies sont endommagées[7].
Aménagement hydroélectrique
modifierLa Murembwe est concernée par le projet hydroélectrique de Jiji et Mulembwe, porté par le gouvernement burundais avec plusieurs partenaires internationaux. Le projet comprend deux centrales au fil de l'eau, l'une sur la Jiji et l'autre sur la Mulembwe, ainsi que des infrastructures de transport d'électricité[8].
Les travaux préparatoires du projet sont engagés après plusieurs années d'études. En juin 2021, le Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni visite les sites du projet et indique que les travaux d'accès avancent, que les travaux ont commencé sur la Jiji et que ceux de la Murembwe doivent suivre[9].
En décembre 2022, des pluies torrentielles touchent la colline de Muheka, en aval de la colline de Nyakigo. Selon l'Agence burundaise de presse, les responsables de la société ORASCOM indiquent alors que la centrale hydroélectrique de Jiji-Murembwe n'est pas gravement touchée, tandis que la REGIDESO demande une accélération des travaux[10].
La centrale hydroélectrique de Mulembwe, d'une puissance de 17 MW, est officiellement inaugurée en juin 2026, après l'inauguration de la centrale de Jiji de 32,5 MW en juin 2025. Les deux installations ont une puissance combinée de 49,5 MW[11].
Notes et références
modifier- 1 2 Philippe de Roissart, Développement de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans la zone pilote Dama-Murembwe (rapport final), GIZ, (lire en ligne), p. 10
- 1 2 (en) « Relation: Murembwe (17502786) », sur OpenStreetMap (consulté le )
- ↑ Philippe de Roissart, Développement de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans la zone pilote Dama-Murembwe (rapport final), GIZ, (lire en ligne), p. 7
- ↑ « La vallée de la rivière Murembwe de nouveau inondée », sur Isanganiro, (consulté le )
- ↑ Jean-Marie Hicintuka, « Les champs des cultures sont menacés par la rivière Murembwe qui a inondé sa vallée », sur Agence burundaise de presse, (consulté le )
- ↑ Félix Nzorubonanya, « Région Sud/Rumonge-Muhuta : Au moins 4 personnes sont mortes, une dizaine blessée », sur Iwacu, (consulté le )
- ↑ « Rumonge : Les inondations forcent des centaines de familles à quitter leur foyer », sur Radio publique africaine, (consulté le )
- ↑ (en) « Jiji and Murembwe Hydropower Projects, Burundi », sur Zutari (consulté le )
- ↑ Fidès Ndereyimana, « Construction des barrages Jiji et Murembwe : malgré le retard constaté, les travaux avancent », sur Le Renouveau du Burundi, (consulté le )
- ↑ « La centrale hydroélectrique de Jiji Murembwe restée en bon état malgré les aléas climatiques », sur Agence burundaise de presse, (consulté le )
- ↑ (en) « Burundi and development partners inaugurate the Mulembwe Hydro-Dam to power homes, businesses and industries », sur Banque européenne d'investissement, (consulté le )