Muret (architecture)
Un muret est une clôture artificielle formée au mieux par l'agencement méticuleux, au pire par l'empilement simple de pierres employées soit sèches, soit liées avec du mortier.

Les murets sont des composants essentiels du paysage rural. Ils sont inséparables des travaux de mise en valeur des terres et des activités pastorales.
L'origine des murets
modifierLes murets sont apparus dans toutes les régions où s’est développée une agriculture sédentaire. Ils ont été construits moins, comme on le croit trop souvent, par la simple collecte et l’empilement des pierres éparses mises au jour par le travail du sol, que par le défonçage et l'épierrement massif de parcelles nouvellement créées[1].
Bien que couramment considérés comme faisant partie de l'espace naturel, les murets sont les premiers éléments d'artificialisation d'un paysage.
- En plaine, les murets sont disposés usuellement en limites de parcelles et remplissent alors le rôle de clôture en matérialisant une propriété. Les pierres les plus volumineuses bornent les angles ou les entrées.
- En zones pentues, on les retrouve disposés perpendiculairement aux lignes de pente afin d’assurer une stabilisation des terres. Cette implantation est fréquente dans les cultures en terrasse des régions méditerranéennes, soumises à des précipitations brèves et abondantes qui favorisent l’érosion des sols.
- En zone montagneuse ou dans les sites exposés où la végétation est rare, les murets sont construits par les bergers pour créer des enclos pour le bétail.

Rôle des murets dans la structure des paysages
modifierLa trame des murets forme l’ossature des paysages ruraux. Ils sont les témoins d’une activité humaine et des efforts de l’homme pour domestiquer la nature. Leur disposition est révélatrice des liens sociaux et de l’histoire des lieux. Orientation parallèle à une voie d’accès (parfois disparue), disposition concentrique autour d’un village, donnent à lire l’évolution du lieu et de sa population.
Les murets sont les premiers composants de mise en valeur du paysage. La protection qu'ils assurent contre les intempéries permet la croissance de la végétation et la mise en place rapide d'un boisement ou d'une culture.
Faune et flore dans les vieux murets
modifierLes vieux murs et murets en pierres sèches procurent des micro-habitats à de nombreuses espèces de faune et de flore. Les interstices entre les pierres servent de refuges pour de petits animaux, tandis que certaines plantes y fixent leurs racines. Ces structures abritent une flore spécifique, notamment des fougères comme la Rue des Murailles (Asplenium ruta-muraria) et des plantes à fleurs telles que la Linaire cymbalaire (Cymbalaria muralis). Elles accueillent également une faune variée, des invertébrés aux reptiles, contribuant ainsi à la richesse écologique des milieux où elles se trouvent[2].
Durant la journée, le muret absorbe la chaleur du soleil, qu’il restitue pendant la nuit, un peu à la manière d’un radiateur à accumulation. Nombre d’insectes viennent s’y réchauffer, profitant non seulement des rayons directs, mais également de la chaleur qui émane des pierres
Une grande quantité d'insectes (araignées, guêpes maçonnes), de reptiles (lézards, couleuvres, vipères), d'oiseaux et de petits mammifères peuvent y trouver refuge.
Étant donné la nature du muret, on y trouve plus généralement des plantes adaptées aux climats secs (lichens, mousses, fougères).
Toutes ces espèces, animales et végétales, se différencieront en fonction de l'exposition et de l'orientation du muret. On pourra même trouver des espèces totalement différentes colonisant chacune de ses faces.
Entretien des murets
modifierDans son manuel de construction à pierre sèche Building Stone Walls paru en 1976, le murailleur américain du Vermont John Vivian consacre quelques lignes à l'entretien du mur (chapitre Maintenance). Il préconise l'arrachage de toutes les plantes grimpantes et arbustes ayant pris racine dans le mur pour éviter qu'ils ne disjoignent les pierres petit à petit. De même, il recommande d'empêcher la marmotte d'Amérique (woodchuck) de faire son nid dans un mur à deux parements et fourrure de blocaille[3].
Notes et références
modifier- ↑ Voir à ce sujet l'étude de Jacques Avias sur les « faiseurs de champs » des Cévennes au XIXe siècle, ouvriers agricoles payés par des propriétaires pour créer des champs et les enclore (Les "faiseurs de champs" du Coiron (aux XVIIIe et XIXe siècles) [Ardèche], dans Revue de la Société des enfants et amis de Villeneuve-de-Berg, n. s., 56e année, 1996, No 52, pp. 37-41).
- ↑ « Murs et murets : des micro-habitats pour la faune et la flor... », sur www.lpo.fr (consulté le )
- ↑ (en) John Vivian, Building Stone Walls, Storey Publishing, LLC, (Pownal, Vermont), 1974 (hardcover edition) et 1976 (paperback edition), 112 p., p. 76-77.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Conseil régional du Nord Pas-de-Calais, Ecologie urbaine. Gestion des espaces verts et biodiversité, p 93.
- Jean-François Noblet, La nature sous son toit, Hommes et bêtes : Comment cohabiter ?, 2005, p 129-134.
- Les quatre saisons du jardinage, juillet-, n°159, p 42.
