Musée, jardin et bibliothèque de Winterthur
Le musée, jardin et bibliothèque de Winterthur (Winterthur Museum, Garden and Library) est situé sur le domaine historique de Winterthur, dans la vallée du Brandywine, dans l’État du Delaware, aux États-Unis. Établi au XIXe siècle comme résidence privée et exploitation agricole, le domaine est aujourd’hui principalement connu pour accueillir ce musée, l’un des plus importants consacrés aux arts décoratifs américains. Il est étroitement lié à l’histoire de la famille du Pont, en particulier à Henry Francis du Pont, qui transforma la propriété familiale en musée ouvert au public à partir de [1].
| Ouverture | |
|---|---|
| Surface |
4 M m2 |
| Site web |
(en) www.winterthur.org |
| Architectes |
Divers |
|---|---|
| Protection |
Inscrit au NRHP () |
| Adresse |
Musée, jardin et bibliothèque de Winterthur. 5105 Kennett PikeWinterthur, Delaware 19735 comté de New Castle, Delaware |
|---|---|
| Coordonnées |
Historique
modifierOrigines familiales et acquisition du site
modifierÀ l’origine, le projet d’Éleuthère Irénée du Pont et de sa famille consiste à établir une manufacture de poudre noire dans la vallée du Brandywine, une entreprise qui se développe et prospère au cours du XIXe siècle. Afin de surveiller la production, la famille décide de s’installer à proximité des usines situés en contrebas. C’est alors que la première demeure familiale, Eleutherian Mills (en) , du même nom que la manufacture, est construite en 1802[1].
L’industriel français Éleuthère Irénée du Pont poursuit par la suite l’acquisition de terres dans les environs. La propriété sur laquelle s’élève aujourd’hui le domaine de Winterthur faisait partie des terrains acquis par Éleuthère Irénée du Pont entre et dans la vallée du Brandywine ; il s’agit alors de terres agricoles vallonnées et boisées, principalement destinées à l’élevage d’ovins.
En , ses héritiers cèdent environ 445 acres à Jacques Antoine Bidermann et à son épouse Evelina Gabrielle du Pont, afin qu’ils y établissent leur domaine.
La période Jacques Antoine Bidermann (1837-1867)
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Jacques Antoine Bidermann est un homme d’affaires d’origine suisse et française, associé de longue date d’Éleuthère Irénée du Pont. Issu d’une famille suisse liée à une lignée implantée à Winterthour, il grandit dans cette ville, où il reçoit sa formation. Son père, Jacques André Bidermann, avait commencé à investir dans la société fondée par Pierre Samuel du Pont (Du Pont de Nemours, Père, fils, Cie) et réalisa de nombreux placements dans les entreprises de la famille[2].
Lorsque Éleuthère Irénée du Pont entreprend d’établir une manufacture de poudre aux États-Unis, Jacques Antoine Bidermann figure parmi les principaux actionnaires du projet. À la suite de difficultés financières rencontrées par l’entreprise, les actionnaires l’envoient aux États-Unis afin d’examiner la situation sur place, marquée par plusieurs échecs commerciaux et des soupçons de malversations. Son rapport contribue à lever les accusations pesant sur Éleuthère Irénée du Pont[2].
Bidermann demeure ensuite aux États-Unis, où il épouse en Evelina Gabrielle du Pont. Le couple s’installe alors à Hagley House[2]. Devenu associé d’Éleuthère Irénée du Pont, Jacques Antoine Bidermann joue un rôle central dans la gestion des entreprises de la famille. À la mort d'Éleuthère Irénée du Pont, en , il assure provisoirement la direction de l’entreprise, jusqu’à ce que les fils d’Éleuthère Irénée du Pont soient en mesure d’en prendre la responsabilité.
En , le couple se retire des affaires industrielles afin de fonder un domaine agricole et d’y établir sa résidence. À cette occasion, Jacques Antoine et sa femme acquièrent environ 450 acres de terres issues de la succession d’Éleuthère Irénée du Pont[2]. Le domaine est alors consacré à des activités agricoles, notamment la culture de la betterave à sucre et l’élevage de bovins de race Durham. Ils confient à l’architecte Nicolas Vergnaud la réalisation des plans de leur demeure, implantée sur l’une des parcelles connues sous le nom de Clenny Farm. Durant la construction, la famille réside dans une ferme aménagée à cet effet[2].
Entre et , les Bidermann font construire une maison de style néo-grec (Greek Revival), composée à l’origine d’un corps rectangulaire de trois étages en brique recouverte de stuc[2]. Le domaine est conçu à la fois comme résidence et comme exploitation agricole moderne, intégrant des méthodes expérimentales de culture et d’élevage.
Après la mort d’Evelina Gabrielle du Pont Bidermann en , puis celle de Jacques Antoine Bidermann en , la propriété revient à leur fils, James Irénée Bidermann qui réside en France. Celui-ci la vendit en à son oncle Henry du Pont, à la suite d’une offre formulée par ce dernier[2].
Winterthur sous Henry du Pont et Henry Algernon du Pont (1867-1926)
modifierHenry du Pont ne résida jamais de manière permanente à Winterthur, mais il entreprend d’importantes acquisitions foncières qui permettent ainsi d’agrandir le domaine, lequel atteignit progressivement plus de 1 100 acres, tout en améliorant ses infrastructures. Son attachement à la propriété est à la fois patrimonial et familial : Winterthur a appartenu à sa sœur et à ses ancêtres, et il ne pouvait envisager que le domaine quitte le patrimoine de la famille. Il y voit également un lieu de résidence privilégié pour son fils, Henry Algernon du Pont, officier de carrière ayant servi durant la guerre de Sécession[2]. Passionné d’agriculture et d’horticulture, Henry du Pont considère l’étendue et la diversité des terres comme un cadre idéal pour l’expérimentation agricole et végétale, notamment par le développement de cultures à partir de boutures[1].

Henry Algernon du Pont s’installe durablement sur le domaine en , à la suite de son mariage avec Mary Pauline Foster et engage dès lors une série de transformations destinées à agrandir et à moderniser la résidence[1]. À la mort de son père, en , il hérite pleinement de la propriété. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, la demeure fait l’objet de plusieurs campagnes d’aménagement (notamment en , et entre et ), menées sous la direction de différents architectes. Ces travaux transforment la maison d’origine, de style néo-grec, en une vaste résidence de caractère éclectique, mêlant des influences néo-Renaissance inspirées de l’architecture française sous François Ier et des éléments d’inspiration médiévale, comprenant de nouvelles ailes, des bibliothèques, des salons et de grands espaces de réception[2].
Parallèlement, le domaine poursuit son extension et demeure un centre agricole important, notamment pour l’élevage de bovins de race Holstein. Au début des années , Henry Algernon du Pont s’impose également comme un collectionneur de premier plan ; actif dans ce domaine depuis , il reçoit alors de nombreuses propositions d’acquisition de la part de particuliers et de marchands[1].

Henry Francis du Pont et la transformation en musée
modifierFils de Henry Algernon du Pont, Henry Francis du Pont naît à Winterthur en . Il poursuit ses études à l’université Harvard, où il développe un intérêt précoce pour les antiquités et commence à acquérir des objets anciens[1]. À l’issue de sa formation, il s’installe en dans la demeure de son père à Winterthur[1]. Très attaché à ce lieu, il déclara à ce sujet : « Je suis né à Winterthur et j’ai toujours aimé tout ce qui y est lié[1].»
Il réside également à New York, notamment à Southampton, sur Long Island, où il fréquente les musées comme le Metropolitan Museum of Art qui en a décidé d’ajouter une section d’arts américains[1]. Lors de ses visites, il découvre des collections d’arts décoratifs américains, une expérience qui contribue à orienter ses goûts de collectionneur[1]. Lorsqu’il entreprend la construction de sa propre résidence, qu’il nomme Chestertown House, il y intègre des antiquités et des éléments architecturaux américains, en particulier des boiseries acquises à Chestertown, dans le Maryland. La maison est conçue autour de ces éléments d’origine, selon un principe visant à restituer le plus fidèlement possible les intérieurs historiques[1].
Après le décès de sa mère, il assume progressivement la responsabilité des jardins du domaine de Winterthur, tout en travaillant en étroite collaboration avec son père. En , il prend également en charge la gestion des activités agricoles. Il poursuit la tradition d’agriculture expérimentale du domaine, notamment par l’amélioration du troupeau de bovins Holstein, qui acquiert une reconnaissance à l’échelle nationale[1].
Parallèlement à ces responsabilités, Henry Francis du Pont multiplie les voyages, en particulier en Nouvelle-Angleterre, au cours desquels il acquiert de nombreux meubles et éléments architecturaux américains. Sa collection connaît une croissance rapide et compte environ 12 000 objets dès . Son intérêt porte non seulement sur le mobilier, mais aussi sur les décors intérieurs, tels que des boiseries complètes et des pièces architecturales entières.
À la mort de Henry Algernon du Pont en , Henry Francis du Pont hérite de Winterthur. Collectionneur majeur d’arts décoratifs américains, il entreprend dès une transformation progressive de la demeure afin d’y installer des intérieurs historiques provenant de bâtiments américains des XVIIIe siècle au XIXe siècle. Ce projet débute par le transfert à Winterthur de panneaux et de boiseries initialement installés à Chestertown House, jugés trop sophistiqués pour cette résidence. Ces ensembles proviennent notamment de demeures situées à Chestertown et Centerville (Maryland), à Tappahannock (Virginie), de la maison Pickering dans le nord-est du Maryland, ainsi que de Belle Isle[1].
Dans ce contexte, Henry Francis du Pont confie en à l’architecte Albert Ely Ives (en) la conception d’une importante extension, qui double la superficie du bâtiment[1]. Cette intervention marque le point de départ d’une série de campagnes d’agrandissement et d’harmonisation architecturale menées entre et , puis reprises après la Seconde Guerre mondiale. En , il ouvre officiellement Winterthur au public en tant que musée[1], tout en continuant à résider sur le domaine dans une maison distincte.
Architecture
modifierAu XIXe siècle
modifierLa maison d'origine ( 1839-1842)
modifierLa maison d’origine porte le nom de Winterthur, en hommage à la demeure de la famille de Bidermann située en Suisse. C’est donc à cette période que le domaine du Delaware adopte cette appellation. Les plans de cette demeure sont dessinés par l’architecte français Nicolas Vergnaud[1].
L’édifice présentait un style néo-grec alors dominant aux États-Unis. Il se composait d’un volume rectangulaire symétrique de trois étages, comprenant une dizaine de pièces. Les façades, enduites de stuc, étaient surmontées d’un toit plat, et l’entrée nord était marquée par une porte-cochère d’inspiration dorique[3]. Cet état primitif est notamment connu grâce à des photographies datant de la fin du XIXe siècle, qui témoignent de l’emploi d’un vocabulaire architectural classique, notamment par l’usage de colonnes en façade ou d’une corniche[3].
La maison était implantée sur une élévation dominant une vallée. Une véranda aménagée au sud offrait une vue dégagée sur la vallée de Clenny Run[2]. Avant la construction de la demeure principale, Bidermann fait rénover une ferme existante, qui servit de logement au couple pendant la durée des travaux[2].
Aujourd’hui, cette partie de l’édifice est intégrée à ce qui constitue le corps central du musée, au sein de la zone regroupant les salles chinoises et Empire[3].
Transformations au XIXe siècle
modifierSous l’impulsion d’Henry Algernon du Pont, la demeure fait l’objet de plusieurs transformations à partir de 1884. La toiture plate d’origine fut remplacée par une toiture pentue en tuiles, ponctuée de grandes lucarnes et de cheminées en brique, afin de conférer à l’édifice une apparence médiévale et d’accentuer sa verticalité[3].
Les façades furent également modifiées : la porte cochère d’inspiration grecque est supprimée et remplacée par une porte cochère de style gothique tardif, participant à l’évolution stylistique de la maison[3].
Les grandes extensions du XXe siècle
modifierSous Henry Algernon du Pont
modifierEntre et , Henry Algernon du Pont poursuit le développement du domaine en entreprenant une transformation majeure de la demeure existante. Sous la direction des architectes Robeson Lea Perot et Elliston Perot Bissell, la maison est remaniée dans un style néo-Renaissance, alors très en vogue, avec une inspiration marquée pour l’architecture française de la Renaissance, et plus particulièrement le style du règne de François Ier[3].
Tout en conservant la structure de la maison d’origine, l’édifice est transformé en manoir. Un imposant frontispice est ajouté à la façade, agrémenté de balcons. L’ensemble est surmonté d’une corniche et d’un toit en tuiles, auquel est ajoutée une balustrade. Des lucarnes finement travaillées sont ajoutées, tandis que de hautes cheminées accentuent l’élan vertical de la construction. Un large porte cochère permet l’accueil des invités, qui accèdent ensuite à un vaste hall d’entrée revêtu de marbre[1].
Une grande salle de réception est également ajoutée dans un style Renaissance italienne, reconnaissable à son plafond à poutres apparentes et à ses revêtements muraux en damas rouge.
À l’intérieur, la salle à manger, le grand salon et le petit salon conservent globalement leur emplacement d’origine, mais sont agrandis et entièrement réaménagés pour répondre aux exigences de réception de la demeure. Ils sont dotés de lambris en bois peint et de cheminées en marbre italien, renforçant le caractère monumental et raffiné des espaces. Les travaux achevés modifient profondément le plan du rez-de-chaussée[3].
Le bâtiment est prolongé d’environ 6 mètres vers le nord afin d’accueillir la nouvelle façade et un vaste hall d’entrée, dont les boiseries, les lambris et le sol sont entièrement réalisés en marbre[3].
Au-delà de ce noyau central, une nouvelle extension est construite vers l’est pour accueillir des espaces destinés à l’étude et aux loisirs. Cette aile comprend un court de squash au sous-sol, une salle de billard au rez-de-chaussée et une bibliothèque au deuxième étage. Avec cet ensemble d’aménagements, la demeure se dote des attributs caractéristiques d’une résidence de grande noblesse terrienne[3].
Enfin, dans la partie la plus ancienne de la maison, deux pièces sont réaménagées en salons de style Louis XVI, préfigurant les futures salles d’époque du musée[1].
Sous Henry Francis du Pont
modifierEn , Henry Francis du Pont hérite officiellement du domaine de Winterthur. À l’instar de son père, il choisit de préserver la structure existante de la demeure, y compris le petit corps de bâtiment subsistant de la première résidence, tout en poursuivant son agrandissement. Son projet repose sur l’ajout d’une longue aile au sud du bâtiment principal, destinée à accueillir des salles dites « d’époque », conçues comme des intérieurs historiques[1].
Entre et , l’architecte Albert Ely Ives (en) conçoit une extension majeure qui donne à l’édifice un plan en T et permet de doubler la superficie consacrée aux salles d’époque. Cette nouvelle aile assure la liaison entre les parties anciennes et les constructions nouvelles. L’enveloppe architecturale est pensée avant tout comme un écrin destiné à recevoir des boiseries et des décors intérieurs provenant d’autres demeures américaines[1]. Les travaux, particulièrement ambitieux, s’échelonnent sur trois années.
L’architecture extérieure de cette extension est volontairement sobre afin de s’effacer au profit de la richesse des intérieurs historiques. La façade néo-Renaissance existante est simplifiée pour mieux s’harmoniser avec les éléments de style géorgien introduits dans la nouvelle aile. Les anciennes lucarnes sont supprimées et remplacées par de nouvelles, inspirées de celles de la maison de Port Royal. Les tuiles à surface texturée sont remplacées par des tuiles plates en terre cuite, tandis que la balustrade du toit est supprimée, contribuant à une silhouette plus unifiée et plus discrète[1].
À l’intérieur, la grande salle avec l’escalier en marbre construite au début du XXe siècle qui constituait alors l’entrée principale de la demeure, voit son escalier modifié. Ce dernier, passe d’un plan circulaire à un plan elliptique. De nouvelles marches sont réalisées à partir des colonnes monumentales en bois qui soutenaient autrefois le porche de Montmorenci, illustrant la pratique du remploi d’éléments architecturaux anciens. Une nouvelle entrée voit le jour, située au centre de l’aile sud[1].
À partir de , les ajouts extérieurs se limitent à l’intégration ponctuelle d’éléments d’architecture américaine ancienne (portes, fenêtres ou porches) placés à des emplacements stratégiques. Ainsi, les colonnes, l’entablement et les pilastres du porche de la salle à manger sont directement inspirés du vaste porche d’ordre toscan de la résidence de campagne de William Hamilton, située à Philadelphie[3].
Pour prévenir l’ouverture du musée, de nouvelles extensions sont réalisées entre et afin de répondre aux besoins croissants liés à la conservation des collections, au stockage et à l’accueil du public. Certains espaces existants font également l’objet de transformations majeures. Le court de badminton est profondément remanié entre et par l’architecte Thomas Waterman afin d’accueillir, à l’échelle réelle, des éléments architecturaux provenant de façades du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Le mur est de cet espace est notamment adapté pour recevoir l’installation de la façade de l’auberge du Red Lion, dans le Delaware[3].
Thomas Waterman transforme également les anciennes pistes de bowling en « Shop Lane », une rue commerçante reconstituée de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, composée de devantures provenant de différentes régions de la côte est des États-Unis. L’intégration d’éléments architecturaux extérieurs dans un espace intérieur y crée une sensation d’ouverture, contrastant avec l’atmosphère plus intime et confinée des salles d’époque[3].
Six ans après l’ouverture du musée, il apparaît nécessaire de construire une nouvelle extension. Celle-ci doit accueillir une salle de conférences destinée aux manifestations publiques, une bibliothèque moderne, des bureaux, des ateliers d’entretien, un studio photographique ainsi que des installations améliorées pour l’accueil et la restauration des visiteurs. Les architectes Victorine Homsey et Samuel Homsey, basés à Wilmington, sont chargés de la conception de cette aile, dont la réalisation modifie très peu l’aspect général du bâtiment[3].
L’architecture de Winterthur résulte ainsi d’un processus additif continu. Le bâtiment actuel est le produit de plus d’un siècle de transformations successives, ce qui rend sa lecture extérieure complexe et reflète l’évolution de ses usages, de résidence privée à institution muséale.
Jardins et domaine
modifierLe jardin de Winterthur s’étend sur une superficie d’environ 24 hectares et est entouré de près de 400 hectares de prairies, de terres agricoles et de cours d’eau[4].
Dès l’origine, le jardinage constitue une préoccupation centrale pour les propriétaires du domaine, encouragée notamment par Éleuthère Irénée du Pont. Passionné de botanique, celui-ci aménage peu après la construction de sa résidence, Eleutherian Mills (en), un vaste jardin et entretient une correspondance active avec d’autres botanistes[1].
Cette tradition horticole est poursuivie au XIXe siècle par le couple Bidermann. Jacques Antoine Bidermann conçoit des plans visant à prolonger le travail déjà engagé dans le domaine de l’agriculture scientifique, tout en améliorant la propriété par des aménagements paysagers. Parmi les constructions réalisées figurent une maison de gardien, une remise à voitures et des écuries. Il conserve également une ancienne ferme sur le domaine, qu’il équipe de machines agricoles dont une roue à eau destinée à alimenter un réservoir et un bain. La propriété comprend également des vergers, un jardin en contrebas, une petite serre et une laiterie. Son épouse, Evelina Bidermann, participe activement à la plantation de nombreux arbres[1].
Les jardins de Winterthur sont amorcés durant la période Bidermann, mais connaissent leur développement le plus important au XXe siècle sous l’impulsion de Henry Francis du Pont. À partir de , celui-ci prend en charge la gestion du domaine agricole et horticole assisté par l’architecte paysagiste Marian Cruger Coffin[1]. Dès son enfance à Winterthur, Henry Francis du Pont acquiert une première expérience en se liant d’amitié avec les ouvriers agricoles et les jardiniers du domaine, auxquels il prête son aide[1].

Lors de ses séjours à Boston, ville alors reconnue comme un centre majeur d’expérimentation horticole, il assiste à de nombreux événements spécialisés, tels que le Boston Flower Show de [1].
Après le décès de sa mère, Henry Francis du Pont revient à Winterthur et assume pleinement la responsabilité des jardins. Il entreprend alors des essais de plantations et élabore un nouveau plan d’aménagement pour des jardins à la française en terrasses situés au pied de la maison. Pour mener à bien ce projet, les serres sont déplacées et l’ancien jardin est entièrement remanié afin de créer plusieurs niveaux[1]. Chaque terrasse est pensée comme une unité distincte, associant par exemple pour l’une, des pelouses à massifs de coquelicots et de pivoines, ou accueillant des plantations de roses et de lys. Les plantations sont organisées de manière à offrir un intérêt visuel et à assurer des floraisons successives, selon des schémas de couleurs étudiés[1].
Afin d’enrichir ses connaissances, Henry Francis du Pont effectue aussi de nombreux voyages à l’étranger et entretient une correspondance régulière avec des horticulteurs et des spécialistes, sollicitant leurs avis sur ses recherches et ses boutures[1]. Il mène en parallèle des études approfondies et procède à des acquisitions méthodiques de spécimens végétaux, dans le but d’assurer une harmonie globale sur l’ensemble du domaine.
Il s’inspire également des écrits de William Robinson[Lequel ?], notamment pour l’introduction de plantes exotiques[4]. À partir de , il développe ainsi une importante collection d’azalées, qui comptera plus de 235 espèces et variétés, une démarche alors novatrice aux États-Unis, puisqu’il est le premier à importer cette espèce[5].
Parallèlement à ses activités horticoles, Henry Francis du Pont prend en la responsabilité des opérations agricoles de Winterthur, poursuivant la tradition familiale d’agriculture expérimentale initiée par ses ancêtres plus d’un siècle auparavant[1]. Il fait également construire une nouvelle résidence de style Régence au pied de la grande pelouse longeant le ruisseau Clenny Run, à l’emplacement d’une ancienne ferme devenue impossible à rénover. Cette demeure est meublée avec des pièces anglaises et françaises issues de sa première collection, auparavant conservées dans son appartement new-yorkais[1].
Malgré l’ampleur des travaux déjà engagés, Henry Francis du Pont continue à développer les jardins afin de prolonger les saisons de floraison et de permettre une ouverture du domaine aux visiteurs tout au long de l’année. Avec l’aide de Marian Cruger Coffin, il crée notamment un jardin à cadran solaire sur d’anciens courts de tennis et conçoit des itinéraires de visite destinés à mettre en valeur la succession des floraisons. Cette démarche se poursuit jusqu’à la fin de sa vie puisque qu'entre et sa mort, plus de 2 300 nouvelles espèces végétales sont introduites à Winterthur[1].
Le domaine comprend alors de nombreuses installations telles qu’une boucherie, une scierie, une tannerie et une laiterie pour l’élevage de la race Holstein. Le site compte également plus d’une douzaine de serres, un verger, un potager et plusieurs fabriques de jardin, éléments architecturaux ornementaux intégrés au parc. L’ensemble est accessible au public, notamment par des visites en tram organisées de mars à décembre[6].
En , une servitude de conservation est mise en place afin de garantir la préservation à long terme des paysages de Winterthur, interdisant toute exploitation commerciale du site[4].
Pour continuer la recherche et la formation en horticulture autour du domaine, un programme de stage au sein des jardins a été lancée en . L’objectif est ainsi de former la prochaine génération d’horticulteurs[7].
Le musée de Winterthur
modifierGenèse du projet et développement des espaces muséaux
modifierÀ partir de , afin de satisfaire aux exigences liées au statut à but non lucratif de la Winterthur Corporation, certaines parties de la maison de Winterthur sont progressivement ouvertes au public[1]. Cette première ouverture intervient dans un contexte de réorganisation des espaces, alors que la Seconde Guerre mondiale avait entraîné une utilisation accrue de la demeure à des fins de stockage[1].
Contrairement à l’aile qu’il avait fait construire précédemment à Winterthur, la rénovation de l’aile édifiée en s’effectue de manière progressive, en fonction des ressources financières disponibles et de l’acquisition d’éléments architecturaux d’époque adaptés. Dès , Henry Francis du Pont entreprend l’installation de boiseries provenant du manoir de Patuxent, une demeure du Maryland datant de , dans la grande salle rouge située à l’ouest de l’escalier en marbre. À cette occasion, les éléments décoratifs de style néo-Renaissance ajoutés au début du XXe siècle, tels que les fausses poutres, sont supprimés afin de restituer une ambiance jugée plus conforme aux intérieurs historiques américains[1].
D’autres pièces de l’aile sont ensuite réaménagées à l’aide de décors architecturaux anciens. Les petites salles de bains sont supprimées afin d’accroître l’apport de lumière naturelle et de dégager de nouveaux espaces d’exposition. Ces ajustements permettent également d’intégrer les boiseries récupérées et de renforcer la cohérence stylistique des espaces.
La planification de la transformation de Winterthur en musée est déjà bien avancée en . Cette année-là, l’architecte Waterman propose l’installation de façades de boutiques historiques sur le court de badminton, projet soutenu par Henry Francis du Pont. Les recherches en vue de l’acquisition de ces façades débutent en , au moment où une grande partie de la maison est rouverte et où les aménagements provisoires liés à l’effort de guerre sont démantelés[1]. L’ancien court de badminton est remplacé par une succession de façades architecturales reconstituées, issues de bâtiments historiques américains. Ces installations comprennent des éléments provenant d’une auberge de Red Lion (Delaware), de Montmorenci, ainsi qu’une façade inspirée d’une porte de la vallée du Connecticut précédemment exposée à Chestertown House. Une autre façade évoque Port Royal, une maison de Philadelphie d’où provenaient de nombreux lambris conservés au musée[1].
La majorité des salles initialement destinées aux loisirs fait l’objet de transformations similaires. En effet, au fil de ces interventions successives, la vocation muséale de la demeure s’affirme progressivement. Plusieurs espaces sont reconvertis afin d’accueillir les collections, notamment la salle de billard, l’ancien court de squash ou les pistes de bowling. En raison de leurs plafonds relativement bas et de leurs proportions étroites ces volumes se révèlent particulièrement adaptés à la présentation d’intérieurs de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle[1].
Entre et , plusieurs extensions sont réalisées afin de répondre aux besoins croissants en matière de conservation des collections, de stockage et d’accueil du public. Parallèlement, l’ancienne entrée de service est transformée en véritable entrée muséale, marquant le début effectif des travaux de conversion de la demeure en musée.
En parallèle de ces transformations architecturales, Henry Francis du Pont engage son conseiller de longue date, Joseph Downs, ancien conservateur de l’aile américaine du Metropolitan Museum of Art, afin de réaliser un catalogue complet et illustré de la collection de mobilier. Assisté de Charles Montgomery, Joseph Downs entreprend ce travail de catalogage en . Cette équipe constitue le premier noyau du personnel professionnel du musée, qui ouvre officiellement ses portes au public en . L’ouverture est présidée par David E. Finley, premier directeur de la National Gallery of Art[1].
Au cours des deux décennies suivantes, Winterthur connaît une expansion majeure sous la supervision directe de Henry Francis du Pont. Vingt-cinq nouvelles salles sont ajoutées et les collections s’enrichissent à un rythme soutenu, avec l’acquisition de plusieurs centaines d’objets par an[1]. Henry Francis du Pont s’implique également dans la planification détaillée des nouveaux espaces muséaux. À la suite de son départ définitif de la maison, de nombreuses pièces et zones de service sont reconverties en bureaux et en espaces d’exposition. Attaché au principe selon lequel l’ensemble des collections doit être présenté au public, il privilégie l’exposition en situation, en multipliant les salles d’époque et en densifiant les objets présentés dans les pièces existantes.
Les espaces communs de l’ancienne demeure sont progressivement transformés en salles d’exposition, permettant d’élargir la lecture stylistique des salles adjacentes.
Lors de l’ouverture du musée au public, les visites sont organisées selon un parcours fractionné : une moitié de la maison est accessible le matin et l’autre l’après-midi, avec un déjeuner servi dans une salle d’époque sous la supervision du majordome de Henry Francis du Pont. Malgré l’introduction de visites à la demi-journée, la capacité d’accueil reste limitée à soixante visiteurs par jour. La demande se révèle rapidement supérieure aux capacités du musée et, en l’espace de quelques mois, les réservations sont complètes pour une période d’environ dix-huit mois. Par ailleurs, une visite des jardins est mise en place dès , durant la période de floraison[1].
Dès le milieu des années , le musée de Winterthur fait face à une augmentation constante de son personnel ainsi qu’à une fréquentation en forte hausse, tant de la part des visiteurs individuels que des groupes scolaires. En , une importante extension est ainsi planifiée afin de répondre à ces nouveaux besoins. Une nouvelle aile est construite au sud de l’ancienne aile de service. Elle comprend notamment une bibliothèque et une salle de conférence, des studios de photographie, de nouveaux espaces d’exposition, ainsi qu’une entrée destinée à l’accueil des visiteurs[1].
Cette extension, aujourd’hui connue sous le nom d’aile Washington, accueille des salles d’époque couvrant une période allant de la fin du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Elle intègre également des expositions thématiques consacrées au rôle du commerce et de l’artisanat dans l’Amérique coloniale. Ces présentations mettent en lumière les relations économiques et culturelles entre l’Amérique et l’Angleterre, ainsi que l’impact des restrictions imposées aux échanges commerciaux et à la production manufacturière[1].
Les salles d'époque et l'approche muséographique
modifierLe musée de Winterthur comprend plus de 150 salles, dont un grand nombre de period rooms constituées à partir d’éléments architecturaux authentiques provenant de demeures américaines datant du XVIIe siècle au XIXe siècle. Ces espaces reconstitués visent à illustrer l’évolution des styles décoratifs, des techniques artisanales et des modes de vie en Amérique du Nord sur plusieurs siècles[8].
La conception muséographique du site reflète l’approche de Henry Francis du Pont, qui privilégiait la cohérence d’ensemble des espaces plutôt que la mise en valeur d’objets isolés. Les collections sont ainsi présentées dans des contextes architecturaux complets, conçus pour restituer l’atmosphère des intérieurs historiques.
Une attention particulière est portée à l’éclairage, élément central de cette mise en scène. Des dispositifs spécifiques permettent de simuler la lumière de la bougie à l’aide de petites ampoules électriques, souvent intégrées à des chandeliers anciens, afin de renforcer l’authenticité visuelle des salles et de se rapprocher des conditions d’éclairage d’époque[1].
Les salles d’époque du musée font partie des ensembles les plus vastes et les plus complexes de period rooms reconstituées au sein d’un musée aux États-Unis. Leur singularité réside moins dans leur nombre que dans leur mode de constitution et leur inscription dans une ancienne demeure privée. Cette particularité les distingue des autres period rooms installées dans d’autres musées d’art américains à l’image du Metropolitan Museum de New York. À Winterthur, la period room n’est pas conçue comme un simple dispositif d’exposition, mais comme un environnement intérieur complet, pensé pour restituer ce que Henry Francis du Pont désignait comme les « evidences of early American home life »[9]. Cette manière d’exposer maintient un lien direct entre l’ensemble les artefacts et l’architecture ce qui efface la frontière entre l’espace muséal et l’espace vécu[10].
Dès la fin des années , les period rooms de Winterthur reposent sur le remontage d’éléments architecturaux authentiques provenant de maisons américaines des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles promises à la disparition. Boiseries, escaliers, portes, cheminées et plafonds sont démontés, stockés puis réinstallés dans les nouvelles ailes de la demeure. Ces ensembles d’éléments architecturaux ne sont pas considérés comme des fragments isolés mais traités comme des ensembles cohérents et complets. Au sein de ces espaces, l’ensemble des arts décoratifs (mobilier, textile, objets décoratifs illustrant du goût de l’époque) viennent prendre place de manière à former une composition unifiée. Contrairement aux period rooms des musées d’art, qui tendent à isoler les intérieurs de toute fonction domestique, celles de Winterthur furent longtemps utilisées comme espaces de réception et de sociabilité. Cette double fonction — à la fois espace vécu et dispositif de présentation — introduit une ambiguïté fondamentale qui structure l’ensemble du projet. Les salles d’époque de Winterthur ne relèvent ni entièrement de la reconstitution archéologique ni exclusivement de la scénographie muséale ; elles se situent dans un entre-deux, où l’atmosphère domestique et l’harmonie visuelle priment souvent sur la stricte fidélité historique[11].
Le rôle fondateur de l’architecture de Port Royal en Pennsylvanie illustre cette approche. Construite en près de Philadelphie, cette demeure géorgienne fournit à Winterthur non seulement plusieurs ensembles architecturaux majeurs — dont un hall, un salon et une salle à manger — mais également un modèle de distribution spatiale. Le plan de l’« American Wing », organisé autour d’un hall central flanqué de pièces latérales, reprend directement la logique de Port Royal[9]. Toutefois, ces transferts s’accompagnent d’adaptations : dimensions modifiées, ouvertures déplacées, associations d’éléments provenant de bâtiments différents, autant d’interventions qui soulignent le caractère interprétatif de ces installations[12].
À partir de la fin des années , une inflexion notable apparaît dans la conception des period rooms avec une vision davantage archéologique. La première conception des salles privilégie une vision idéalisée de l’intérieur américain conçue comme une synthèse esthétique par rapport à une restitution documentaire[9]. Sous l’influence de recherches architecturales plus systématiques, certaines salles sont élaborées à partir d’indices matériels minutieux — traces d’outils, marques d’usure, systèmes de charnières ou profils de moulures — en l’absence de documentation écrite complète[9]. C’est le cas de la Flock Room installée en à Winterthur. Cet espace témoigne de cette volonté accrue de précision, parfois qualifiée d’« archéologiquement correcte »[9], sans pour autant renoncer à l’atmosphère domestique jugée essentielle à l’expérience du visiteur.
L’ouverture de Winterthur au public en accentue encore la complexité du statut des period rooms. Certaines installations sont alors transformées en espaces de visite, tandis que d’autres sont créées ou profondément remaniées afin de répondre aux attentes d’un public élargi[9]. Des dispositifs spectaculaires, tels que le Court — assemblage de façades historiques — ou les reconstitutions de boutiques du début du XIXe siècle, élargissent la notion de period room au-delà de l’intérieur domestique strict, en intégrant des espaces semi-publics et commerciaux[9].
Après la mort de Joseph Downs, le premier directeur du musée, en , Henry Francis du Pont engage Charles Montgomery, diplômé d’Harvard[9]. La vision des deux hommes sur les period room est différente : tandis qu'Henry Francis du Pont privilégie une apparence esthétique, Charles Montgomery veut créer des « period room exacte » en prônant une rigueur scientifique[9]. Après , année de la mort d’Henry Francis du Pont et du départ de Montgomery de Winterthur, les period rooms font l’objet de réévaluations régulières. Certaines sont conservées comme témoignages de la vision originelle de leur créateur, tandis que d’autres sont retravaillées en prenant en compte les avancées de la recherche en histoire de l’architecture et en culture matérielle[9]. Les campagnes de restauration menées à partir des années , notamment celle de la Georgia Dining Room, dernière period room installée en . Cette restauration illustre des tensions qui peuvent exister entre la rigueur scientifique et l’héritage muséographique. La salle a été redimensionné pour mieux correspondre à ses dimensions originales et de la faire pivoter sur 90 degrés afin de correspondre à sa disposition originale[9].
Les collections du musée
modifierLes collections du musée de Winterthur sont composées d’une grande variété d’objets d'art décoratif américain. Exposées au public depuis , elles comprennent des céramiques, de l’ameublement, des peintures et des gravures, des objets en verre, des œuvres en métal ou encore des travaux d’aiguilles et des textiles.
En tout, l’institution conserve aujourd’hui 90 000 objets. Le musée accueille également une grande bibliothèque, présentant des ouvrages datant du XVIIe siècle au XXe siècle et des documents d’archives.
Les directeurs
modifierSur le plan administratif, Henry Francis du Pont assume le rôle de premier directeur du musée de Winterthur. Après l’ouverture au public, la direction est successivement confiée à plusieurs conservateurs et historiens de l’art reconnus, parmi lesquels figurent notamment Joseph Downs et Charles F. Montgomery[1]. Ce dernier est remplacé par Edgar P. Richardson, spécialiste de la peinture américaine et directeur du Detroit Institute of Arts, qui enrichit considérablement la collection de peintures, comblant l’une des principales lacunes de la politique d’acquisition initiale. Il est ensuite remplacé par Charles van Ravenswaay, précédemment directeur du musée d’histoire régionale d’Old Sturbridge Village, dans le Massachusetts[1].
Importance culturelle et héritage
modifierWinterthur est aujourd’hui reconnu comme un ensemble unique associant collections muséales, architecture historique, jardins paysagers et infrastructures de recherche. Sa bibliothèque spécialisée et la revue scientifique Winterthur Portfolio, publiée depuis , jouent un rôle majeur dans l’étude des arts décoratifs et de la culture matérielle américaine[13].
Un partenariat avec l’Université du Delaware, Winterthur est mis en place dès les années un programme universitaire consacré à la culture américaine ancienne, contribuant à faire du musée un centre de recherche et d’enseignement reconnu à l’échelle internationale[14].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 (en) Jay E Cantor, Winterthur, the foremost museum of American furniture and decorative art, New-York, Harry N. Abrams, Inc., (lire en ligne), p. 17,21, 24, 45, 65-69, 72-79, 89, 100, 113, 115-117, 120-124,135, 180, 186, 189-192, 197-199, 201-205, 219
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Edward McClung Fleming, « History of the Winterthur Estate” », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 9-29
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (en) Jonathan Leo Fairbanks, « The Architectural Development of Winterthur House », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 82-84, 87, 89-90, 95, 97, 100-101
- 1 2 3 (en) « History of the Garden »
, sur Winterthur Museum Garden & Library - ↑ (en) C. Gordon Tyrrell, « Winterthur Gardens »
- ↑ (en) « Garden », sur Winterthur Museum Garden & Library
- ↑ (en) « Winterthur garden Internship Program », sur Winterthur Museum Garden & Library
- ↑ (en) Linda Hales, « For Area Rococo Nuts, A Winterthur Wonderland »
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Pauline K. Eversmann, « Evidences of American Home Life: Henry Francis du Pont and the Winterthur Period Rooms », Winterthur Portfolio, vol. 46, nos 2/3, , p. 179-192 (lire en ligne)
- ↑ Frédéric Dassas, « les period rooms seraient-elles de retour ? », Dix huitième siècle, no 50, , p. 149 (lire en ligne)
- ↑ (en) Patricia West, Domesticating History: The Political Origins of America’s House Museums, Washington DC, Smithsonian Books, , 256 p. (ISBN 978-1560988366)
- ↑ Georges Henri Rivière, La muséologie selon Georges Henri Rivière : cours de muséologie, textes et témoignages, Paris, Dunod, , 402 p. (ISBN 978-2040187064), p. 55-56
- ↑ (en) « Winterthur Portfolio »
- ↑ (en) Charles F Montgomery, « The First Ten Years of Winterthur as a Museum », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 53
Voir aussi
modifierBibliographie et ressources
modifier- (en) Charles Franklin Montgomery, « The First Ten Years of Winterthur as a Museum », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 52-79 (lire en ligne
).
- (en) Edward McClung Fleming, « History of the Winterthur Estate », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 9-51 (lire en ligne
).
- (en) Jay E Cantor, Winterthur, the foremost museum of American furniture and decorative art, New-York, Harry N. Abrams, Inc, (ISBN 0810917858, lire en ligne).
- (en) Jonathan Leo Fairbanks, « The Architectural Development of Winterthur House », Winterthur Portfolio, The University of Chicago Press on behalf of the Henry Francis du Pont Winterthur Museum, vol. 1, , p. 80-105 (lire en ligne
).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressource relative à l'architecture :
- Ressource relative au tourisme :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- (en) « Winterthur Portfolio »

