Myriam Thélen
Marie Guérin, dite Myriam Thélen (épouse Nelet), est une autrice de langue française. Née en 1857 à Désertines et morte en 1929 à Paris, elle est l'auteur de romans sentimentaux.
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Marie Élisabeth Justine Guérin, Marie Élisabeth Justine Guérin |
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Prix Montyon () |
Biographie
modifierEcriture, féminisme et foi catholique
modifierPeu de choses sont connues de l’enfance de Marie Guérin, tant Myriam Thélen a pris sa place dans sa vie[2].
Elle reste avec son époux Eugène Nélet, jusqu’à ce que ce dernier soit nommé juge de paix à Fougères. À l’époque, Eugène Nélet fait l’acquisition d’une série de maisons, rue de la Pinterie, et devient membre de la commission administrative en charge des hospices[3]. Elle réside à Fougères jusqu’à la fin du XIXe siècle[2].
Veuve en 1897, elle s’établit dans le 16e arrondissement de Paris, où elle vit trois passions qui se mêlent : l’écriture, le féminisme et la foi catholique[2]. De nombreux spécialistes font d'elle une précurseur des théories féministes de la fin du XXe siècle, en lien avec Marthe Bertheaume. Elle fut cependant marginalisée par les principaux courants féministes en raison de ses convictions religieuses, très présente dans ses écrits.
Amoureuse des arts et mécène
modifierPieuse, passionnée par les arts et mécène, elle est à l'origine de la commande de plusieurs vitraux à Auguste Alleaume[4], des vitraux représentant la venue d’Anne de Bretagne, l’un pour le château de Fougères et l’autre pour l’église Saint-Sulpice de Désertines[2].
Sans enfant, elle adopte et devient la marraine de la jeune Marie-Elise Ilari-Guérin[5], catholique originaire de Corse, qui deviendra elle-même autrice sous le pseudonyme d’ Annie Lauran[6], et la mère de Christian Boltanski et de Luc Boltanski.
Des relations compliquées avec les enfants
modifierCependant, il semble que les relations entre la mère adoptive et la fille aient été difficiles, selon les propos de Christophe Boltanski[7]. Ce dernier décrit son arrière-grand-mère Myriam comme une dame patronnesse[2].
Investie dans des œuvres sociales, elle lègue à la ville de Fougères un immeuble[8] qui deviendra l'Œuvre de Sainte-Marthe. Christophe Boltanski[7] raconte que cette crèche collectionnait les enfants comme d’autres les trophées, et que pour les filles recueillies à Fougères, Myriam ne souhaitait qu’un avenir de religieuses ou de bottières[2].
Myriam Thélen meurt le , en sa demeure à Paris 16e[9],[10] et est enterrée dans sa ville natale selon ses souhaits..
À sa mort, Marie Guérin transmet à Marie-Élise l’ensemble de ses fermages… malheureusement abandonnés, tout comme le manoir qui en dépendait[7].
Bibliographie
modifierSes œuvres, souvent romancées, ne mentionnent pas explicitement Fougères[3] L’un de ses derniers textes évoque le travail des sœurs, « celles qui font parler les muets » auprès des « déshérités de l’ouïe », faisant directement référence aux Sœurs du Christ Rédempteur[3].
- Elle écrit d'abord des articles dans Le progrès de Fougères, l'Illustration, le Correspondant et La revue française.
- À l'Aube, 1905
- La Mésangère, 1909, (Prix Montyon de l'Académie française)
- Les Aventures d'une Bourgeoise à Paris, 1911 (republié sous forme de roman-feuilleton dans L'Action française du au )
- Ceux d'Hier, * Ceux d'Aujourd'hui, 1913
- En collaboration avec Marthe Bertheaume, L'Interne, 1920
- En collaboration avec Marthe Bertheaume, Le docteur Odile, 1923
Notes et références
modifier- ↑ Notice de la BnF
- 1 2 3 4 5 6 Les figures historiques du Bocage mayennais. Myriam Thélen, empreinte de foi et de féminisme
- 1 2 3 « Les écrivains méconnus de Fougères. Myriam Thélen, témoin des grèves ouvrières », Ouest-France, (lire en ligne
) - ↑ « Enquête sur la piste du vitrail d'Anne de Bretagne », Ouest-France, (lire en ligne
) - ↑ « Christian Boltanski », sur Munzinger (consulté le )
- ↑ « L’artiste plasticien Christian Boltanski est mort », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Christophe Boltanski, La cache, Prix Femina, 2015
- ↑ La ville devait obligatoirement ouvrir une crèche au profit des enfants pauvres d'une école, et ce sera en fait un dispensaire
- ↑ L’Ouest-Éclair, 10 janvier 1929 .
- ↑ État civil de la ville de Paris, 16e arrondissement. Acte 53 Guérin Vve Nélet (page 6/31) Le huit janvier mil neuf cent vingt neuf, quatre heures, est décédée, en son domicile avenue de Tokio 6, Marie Élisabeth Justine Guérin, dite Myriam Thélen, née à Désertines (Mayenne) le huit novembre mil huit cent cinquante sept, femme de lettres, fille de Constant Guérin, et de Marie Élisa Fresnais, époux décédés ; veuve de Eugène Nélet. Dressé le neuf janvier mil neuf cent vingt neuf, dix heures vingt minutes, sur la déclaration de Charles Lamarche, soixante deux ans, employé, domicilié rue de la Pompe, qui, lecture faite, a signé avec nous…