Météorite de Mighei
La météorite de Mighei, ou simplement Mighei, est une météorite tombée le près de Pervomaïsk (oblast de Mykolaïv, Ukraine). Mighei est le lithotype des chondrites CM[a].
| Météorite de Mighei | |
Fragment de la météorite de Mighei, conservé au musée d'histoire naturelle de Londres. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Type | Chondrite |
| Classe | Chondrite carbonée |
| Groupe | Chondrite CM2.3 |
| Observation | |
| Localisation | Pervomaïsk (oblast de Mykolaïv, Ukraine) |
| Coordonnées | 48° 04′ nord, 30° 58′ ouest |
| Chute observée | Oui |
| Date | 18 juin 1889 |
| Masse totale connue | 7,9 kg |
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La masse totale de la météorite était d'environ 8 kg. Peu après sa chute elle s'est désintégrée en plusieurs fragments, aujourd'hui répartis dans de nombreuses collections de météorites à travers le monde[1].
Histoire
modifierLe , des témoins oculaires ont observé le passage du bolide et témoigné d'extraordinaires effets sonores. La météorite est tombée à 20 h 22 à 3,5 km au sud-sud-ouest de Myhiïa, la ville la plus proche, et environ 10 km au sud-ouest de Pervomaïsk. Un unique bloc de la météorite a été récupéré peu après la chute, pesant 7,948 kg. Il s'est ensuite brisé en plusieurs fragments, aujourd'hui dispersés dans plusieurs collections, notamment à Chicago, Kiev, Londres, Moscou, New York, Odessa et Saint-Pétersbourg.
Pétrographie
modifierLe spécimen original était un polyèdre irrégulier, grossièrement conique, entièrement recouvert d'une fine croûte de fusion noire et mate. Après fragmentation, la météorite présente également une couleur foncée due à sa teneur élevée en carbone. Comme les autres chondrites carbonées, Mighei est cassante et peu compacte, ce qui permet de l'abraser par simple frottement des doigts.
Les chondrites CM ont toutes été altérées à des degrés divers par des réactions eau-roche sur leur astéroïde parent. Classée dans le type pétrologique 2.3, Mighei est considérablement altérée[b], les processus hydrothermaux ont détruit une grande partie de la minéralogie originelle de la météorite. Le degré d'altération est très hétérogène, tant à l'échelle macroscopique que nanométrique. On observe notamment des chondres recristallisés et des zones pétrographiquement hétérogènes[2].
Minéralogie
modifierMighei a une masse volumique de 2,70 g/cm3. Elle est constituée de plus de 30 minéraux : aragonite, baringérite (de), brucite, calcite, chlorites, chromite, chrysotile, cronstedtite, daubréelite (de), diamant, diopside, fer (kamacite), enstatite, epsomite, goethite, gypse, graphite, hibonite (de), isocubanite (de), lizardite, magnétite, olivine (forstérite), pentlandite, pérovskite, pigeonite, pyrrhotite, schreibersite, serpentines, soufre, sphalérite, spinelle, taénite, tochilinite (de), troïlite. Il s'y ajoute de nombreux composés organiques non cristallisés.
Pétrologie
modifierComme les autres chondrites CM, Mighei comporte de petits chondres riches en olivine, d'une taille moyenne de 0,08 à 0,5 mm et de petites enclaves réfractaires, une forte proportion de matrice noire et fine (environ 70 %) et de minéraux hydratés. La présence de sulfures nickelifères est une autre caractéristique. On trouve aussi des agrégats d'olivine et des carbonates.
La matrice noire est constituée d'une intercroissance (en) de serpentine riche en fer et de tochilinite (de), mélangée à un matériau riche en carbone.
Origine
modifierDes études spectroscopiques suggèrent que les chondrites CM proviennent d'astéroïdes de type C, en particulier de la classe Ch[3].
Notes et références
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Mighei (Meteorit) » (voir la liste des auteurs).
Notes
modifier- ↑ Le « M » du nom des chondrites CM est une référence à la météorite de Mighei.
- ↑ Ce chiffrage va de 2.0 (météorites extrêmement altérées) à 2.9 (altération très légère).
Références
modifier- ↑ (en) Gennady P. Vdovykin, « The Mighei Meteorite », Space Science Reviews, vol. 14, , p. 832-879 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) G. Mueller, « Significance of Inclusions in Carbonaceous Meteorites », Nature, vol. 210, , p. 151-155 (DOI 10.1038/210151a0
). - ↑ (en) Driss Takir, Karen R. Stockstill-Cahill, Charles A. Hibbitts et Yusuke Nakauchi, « 3-μm Reflectance Spectroscopy of Carbonaceous Chondrites under Asteroid-Like Conditions », Icarus, vol. 333, , p. 243-251.