Môle Seegmuller

presqu'île et ancien port à Strasbourg

Le môle Seegmuller[1] est situé à Strasbourg au bord du bassin d'Austerlitz et du canal de jonction, près de la place de l’Étoile.

Pôle Seegmuller
Le pôle Seegmuller.
Présentation
Destination initiale
Bâtiments portuaires
Destination actuelle
Médiathèque, bureaux, commerces, logements.
Style
Architecte
Construction
Commanditaire
Armement Seegmuller
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Rue du bassin d'Austerlitz
Coordonnées
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Il tient son nom de l'ancien armement Seegmuller qui occupait les trois grands bâtiments portuaires du môle.

Histoire

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Le port de la porte des Bouchers (« Metzgertorhafen ») est construit en 1892 par la municipalité de Strasbourg malgré l'avis défavorable de l'Empire allemand qui craignait que celui-ci entre en concurrence avec le port de Mannheim.

Il est rebaptisé « port du bassin d'Austerlitz » en 1918. En 1928, un incendie détruit la plupart des bâtiments en bois du site. Le port autonome de Strasbourg charge alors l'architecte Gustave Umbdenstock de la construction de nouveaux bâtiments, en briques et béton armé, destinés à l'armateur Seegmuller.

En 1931, l'entrée du bassin d'Austerlitz est modifiée pour se faire par l'ouest.

Trois édifices sont achevés en 1932 : un entrepôt commercial accolé à une tour de bureaux, un silo à céréales et un bâtiment mixte comprenant un entrepôt et un silo. Conçus en briques rouges soulignés par une ossature en béton armé blanche, ils forment un bel ensemble particulièrement cohérent et représentatif de l'architecture industrielle des années 1930. À noter l'existence d'un bâtiment d'aspect similaire au bord du bassin Vauban dans le quartier du Port du Rhin. Le site est desservi par un important embranchement ferroviaire et comprend également trois grues de transbordement pesant chacune près de 150 tonnes.

Le silo se trouvait dans l'alignement des boulevards de la Marne et Leblois. Cependant, lors de l'aménagement du campus universitaire de l'Esplanade, dans les années 1960, la perspective n'a pas été respectée.

L'armement Seegmuller ferme en septembre 2000 laissant alors le site à l'abandon.

La ville de Strasbourg décide d'en faire le cœur d'un nouveau quartier, les Fronts de Neudorf, et d'importants travaux de réhabilitation sont entrepris.

L'ancien bâtiment mixte, le plus à l'ouest, devient la médiathèque André-Malraux inaugurée en 2008.

À l'origine l'accès au môle se faisait par la rue du bassin d'Austerlitz, à l'est. La ville a aménagé plusieurs passerelles, réservées aux piétons et aux cyclistes, pour relier le môle au quai Jeanne Helbling et au quai des Alpes.

Deux anciennes grues Paindavoine ont été démontées et restaurées en 2008. Elles ont depuis repris leur place à l'entrée du bassin d'Austerlitz, témoins de l'ancienne activité portuaire du site. La troisième grue n'a pas été remontée, ses pièces ont servi à la restauration des deux autres. D'anciens morceaux de rails témoignent également du passé industriel du môle. Ces deux grues enjambeuses de voie de chemin de fer dites "à géométrie variable" portent néanmoins une plaque constructeur Demag. Des Paindavoine notamment sur pont roulant existent (ou existaient) sur d'autres sites du port autonome.

L'entrepôt commercial et la tour de bureaux, à l'est, sont réhabilités en 2014 et accueillent aujourd'hui restaurants, bureaux et logements. Le Shadok, lieu consacré à la culture numérique, y est inauguré en 2015.

La tour Seegmuller (qui est en fait l'ancien silo céréalier), haute de 50 mètres, devient la « Maison universitaire internationale ». Les travaux démarrent en 2014 et les premiers étudiants emménagent dans la tour en . Elle comporte 170 chambres et accueille également le service relations internationales de l'université de Strasbourg[2],[3].

Le môle Seegmuller s'inscrit dans le projet d'urbanisme « Deux-Rives » qui vise à relier le secteur du Heyritz jusqu'au Port du Rhin et dont il constitue le centre. Sur la rive sud du bassin d'Austerlitz se trouvent le multiplex UGC Ciné Cité Strasbourg Étoile, le centre commercial Rivetoile et la cité de la musique et de la danse.

Établissements et lieux et structures du môle

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Le Shadok

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Le logo du Shadok

Le Shadok est un tiers-lieu des cultures numériques. Son nom du lieu est inspiré de la série télévisée Les Shadoks[4]. Le Shadok est situé au sein d'un un bâtiment des années 1930 désaffecté depuis 2000[5],[6]. L'espace du Shadok fait 2 000 m2[7].

Le chantier du Shadok

Le projet fut à l'origine porté par la mairie de Strasbourg et Strasbourg Eurométropole[8]. Il était prévu depuis 2011 d'implanter un pôle consacré aux technologies de l'information et de la communication au sein du Pôle Seegmuller[9],[10].

L'ouverture du lieu en [11],[12]fut précédée d'une saison « hors les murs » avec des interventions d'artistes comme Luc Schuiten[13].

Une des salles de réunion du Shadok

Le projet a été primé en dans le cadre d'un appel à projets organisé par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports[14]. Il a reçu en le label argent « Territoire Innovant »[15]. Le projet a également été présenté dans le cadre de la candidature du pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse au label French Tech[16]. Du 17 au , les locaux alors inoccupés sont squattés par des manifestants dénonçant le manque d'utilisations du lieu[17].

À la suite d'une délégation de service public le , sa gestion est aujourd'hui assurée par l'association la Cybergrange, à la tête d'un consortium d'acteurs de la médiation numérique (la Ligue de l'Enseignement 67, Emmaüs Connect, Random Bazar et la Longevity Music School)[18].

Galerie

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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Jean-François Hym, Ferme urbaine : programme pour une « ferme urbaine » sur les anciens sites d'armement Seegmuller, rue du Bassin d'Austerlitz, École d'architecture de Strasbourg, Strasbourg, 2010, 35 p.
  • Sandrine Kardas, Un complexe multi-parcours de recréation au pôle Seegmuller, École d'architecture de Strasbourg, Strasbourg, 2005, 38 p.
  • Le patrimoine portuaire de Strasbourg, Document réalisé par la Mission Patrimoine Direction de la Culture Ville de Strasbourg en partenariat avec le Port autonome de Strasbourg, .
  • « Pavillon noir en vigie : reconversion de l’entrepôt Seegmuller, Strasbourg. Architectes, Heintz-Kehr & associés », in Architecture intérieure, CREE, no 371,
  • Promenade historique et urbaine autour de la place de l’Étoile, Ville de Strasbourg, .
  • Jean-Michel Schmidt, Musée d'architecture (projet d'un musée d'architecture dans les anciens entrepôts Seegmuller à Strasbourg), École d'architecture de Strasbourg, Strasbourg, 1984, 41 p.
  • Gilles Waechter, Reconversion de la presqu'île Seegmuller : construire la ville sur elle-même, École d'architecture de Strasbourg, Strasbourg, 2002, 107 p.

Notes et références

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  1. ↑ Anciennement Metzgertorhafen puis port du bassin d'Austerlitz. Également appelé armement Seegmuller ou presqu'île Malraux (du nom de la médiathèque).
  2. ↑ « Nouvelle vie pour la tour », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 16 juin 2015. Auteur : Myriam Ait-Sidhoum.
  3. ↑ « Maison universitaire internationale de la presqu'île Malraux : premiers locataires ravis », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 3 septembre 2015.
  4. ↑ « Le Shadok investit le Pôle Seegmuller », Coze,
  5. ↑ « Strasbourg s'apprête à lancer son espace numérique collaboratif », We Demain,
  6. ↑ « Le Shadok Strasbourg - Le tiers-lieu des cultures numériques », sur Shadok Strasbourg (consulté le )
  7. ↑ Floreal Hernandez, « Strasbourg : Ce qu'il ne faudra pas rater à Strasbourg et en Alsace en 2015 », 20 minutes,
  8. ↑ « Strasbourg : Le Shadok recrute », e-alsace,
  9. ↑ « Strasbourg : Le Shadok arrive », e-alsace,
  10. ↑ « Des TIC dans les Docks », e-alsace,
  11. ↑ Christian Bach, « Le Shadok et le KM 0, aux deux bouts de la chaîne », Dernières Nouvelles d'Alsace,
  12. ↑ « Strasbourg : Une pré-ouverture du Shadok », e-alsace,
  13. ↑ « Le Shadok présenté en grande pompe », 20 minutes,
  14. ↑ « Strasbourg : Le Shadok primé », e-alsace,
  15. ↑ « Un label argent « Territoire Innovant » pour le Shadok », Dernières Nouvelles d'Alsace,
  16. ↑ Olivier Mirguet, « Strasbourg et Mulhouse, candidates au deuxième tour pour le label French Tech », La Tribune,
  17. ↑ « Le Shadok occupé pour en faire une "maison du peuple" », sur Rue89 Strasbourg, (consulté le )
  18. ↑ Francois Willmann, « A Strasbourg, le Shadok, tiers-lieu de l’éducation aux cultures numériques », sur AirZen Radio, (consulté le ).