La néophobie (du grec neo = nouveau et phobein = craindre, éviter) est la peur de tout ce qui est nouveau ou inconnu. Son antonyme est néophilie.

Ce terme apparaît principalement dans les études concernant :

  • le comportement des animaux devant faire face à des objets ou des événements nouveaux, perçus comme menaçants ou dangereux. Le sujet néophobe peut alors se dérober, donner des signes de stress ou d'agressivité ;
  • les habitudes alimentaires de certains enfants (dans le trouble du spectre de l'autisme par exemple, ou en surpoids) quand ces derniers refusent toute nourriture nouvelle, ou se présentant différemment ou une diversification de leur alimentation.

Du point de vue éthologique, la néophobie semble permettre à l'animal d'éviter les dangers auxquels s'expose plus facilement l'individu néophile (protection notamment contre les aliments toxiques et les poisons pour la néophobie alimentaire), mais elle peut également induire des comportements néfastes à la survie en réduisant les capacités exploratoires et en pénalisant le sujet en cas de pénurie d'aliments familiers. La néophobie animale est étudiée par les spécialistes de l'éthologie cognitive, au même titre, par exemple, que l’exploration, la capacité d'innovation, l’utilisation d’outils ou l'apprentissage.

Caractéristiques

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Étude de la néophobie chez les rats

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Chez le rat de laboratoire immature, on peut distinbuer des individus néophobes et néophiles. Dans une étude, les rats mâles néophobes avait une espérance de vie moyenne de 599 jours, contre 701 jours pour les individus néophiles. Et alors qu'après 840 jours tous les rats néophobes étaient morts, certains individus néophiles survécurent plus de 1 026 jours. Cette différence pourrait être due à un taux plus élevé de cortisol sanguin[1].

Comportement alimentaire et surpoids

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Le terme « néophobie » est désigne aussi l'évitement de nourritures nouvelles, qui peut être quantifiée par une « échelle de néophobie alimentaire » (food neophobia scale) pour mesurer les variations de comportements des individus face à la nourriture[2]. Chez l'enfant, la néophobie induit une moindre consommation de fruits, de légumes et d'aliments riches en albumine (par rapport à leur pairs du même âge). Mieux compréhendre ces mécanismes semble utile dans le contexte des trouble du comportement alimentaire (TCA) et de l'épidémie d'obésité qui touche une part croissante de la population adolescente et infantile dans le monde.

Facteurs

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Les chercheurs s'interrogent sur la part de l'héritage génétique et celle de l'environnement dans l'apparition de comportements néophobiques.

Facteurs génétiques et/ou neurodéveloppementaux

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Dans le cas du trouble du spectre de l'autisme, la néophobie alimentaire peut notamment être liée à[3] ;

- un besoin rigide de routine et de prévisibilité (ce qui se traduit par exemple par un répertoire alimentaire très restreint, le besoin de trouver l'aliments sous une forme, une température, une présentation ou une marque rituellement unique, avec une forte anxiété face à la nouveauté alimentaire) ;
- des spécificités sensorielles (liées à l'hyper ou hypo développement de certains sens) peuvent fortement exacerber (ou diminuer) :
  • le goût et/ou l'odorat, avec alors une sensibilité accrue (ou diminuée) à certains goûts ou fragrances, avec réactions positives ou parfois très négatives à certaines saveurs et/ou à certaines odeurs alimentaires ;
  • la perception des texture, qui peut induire des difficultés ou préférences avec certaines consistances ou textures (mou, croquant, fibreux, mucilagineux, granuleux),
  • l'attention à des particularités visuelles de l'aliment et de son contexte (ex : importance de la couleur, de la forme, de la présentation dans l'assiette...) ;
  • la sensibilité (hypersensibilité éventuellement) aux sons (ex : bruit des bulles dans une boisson gazeuse, sons émis par l'aliment manipulé ou mâché, gêne éventuellement intense liée aux bruits de mastication...

Facteurs physiologiques

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Certaines bébés ou enfants, en raison de difficultés physiologiques de mastication ou de déglutition induisant un risque de fausse route peuvent n'accepter que quelques aliments[3] et conserver ensuite cette habitude.

Facteurs éducatifs, culturels et psychosociaux

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De nombreuses cultures, relitions, groupes ou familles mettent en avant des traditions, des préférences, ou au contraire des tabous alimentaires

Facteurs environnementaux

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Voir aussi

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ (en) S. A. Cavigelli, M. K. McClintock, « Fear of novelty in infant rats predicts adult corticosterone dynamics and an early death », sur pnas.org, (consulté le ).
  2. ↑ (en) Rigal N, Frelut ML, Monneuse MO, Hladik CM, Simmen B, Pasquet P, « Food neophobia in the context of a varied diet induced by a weight reduction program in massively obese adolescents », sur ncbi.nlm.nih.gov (consulté le ).
  3. 1 2 « Particularités alimentaires chez les personnes avec autisme », sur La Maison de l'autisme et ses troubles associés (consulté le )

Liens externes

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