NCSM Amherst
Le NCSM Amherst est une corvette de classe Flower de la Marine royale canadienne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit principalement lors de la bataille de l'Atlantique, assurant la protection des convois. Il fut nommé en l'honneur d'Amherst (Nouvelle-Écosse). Sa construction débuta le 23 mai 1940 au chantier naval Saint John Dry Dock and Shipbuilding Co. Ltd. à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), et il fut lancé le 3 décembre de la même année. Le NCSM Amherst entra en service le 5 août 1941. Il participa à la bataille de l'Atlantique et à la bataille du Saint-Laurent, il reçut des honneurs de bataille pour ces actions. Après la guerre, il fut désarmé et vendu en 1945 à la marine vénézuélienne, qui le rebaptisa Carabobo. Cependant, la même année, alors qu'il faisait route vers le Venezuela, il fit naufrage dans le golfe du Saint-Laurent.
| NCSM Amherst (K148) | |
| Autres noms | Carabobo |
|---|---|
| Type | Corvette |
| Classe | classe Flower |
| Fonction | militaire |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Chantier naval | Saint John Dry Dock and Shipbuilding Co. Ltd., Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) |
| Fabrication | acier |
| Commandé | 24 janvier 1940 |
| Quille posée | 23 mai 1940 |
| Lancement | 4 décembre 1940 |
| Commission | 5 août 1941 |
| Statut | Désarmé le , vendu à la marine vénézuélienne, fait naufrage dans le golfe du Saint-Laurent en 1945 |
| Équipage | |
| Équipage | 47 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 62,51 m |
| Maître-bau | 10,08 m |
| Tirant d'eau | 4,10 m |
| Déplacement | 970 tonnes |
| Propulsion | 2 chaudières marines écossaises 1 machine à vapeur alternative à triple expansion à 4 cylindres 1 hélice |
| Puissance | 2750 ch (2050 kW) |
| Vitesse | 16 nœuds (30 km/h) |
| Caractéristiques commerciales | |
| Équipements | initialement équipé de matériel de déminage, retiré ultérieurement |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 1 canon de marine de 4 pouces BL Mk IX 2 mitrailleuses de 12,7 mm Vickers jumelées 2 mitrailleuses Lewis de calibre .303 British jumelées 2 lanceurs de grenades anti-sous-marines Mk.II 2 rampes de lancement de grenades anti-sous-marines avec 40 grenades |
| Électronique | 1 radar SW1C ou 2C 1 sonar de type 123A ou 127DV |
| Rayon d'action | 3450 milles marins (6390 km) à 12 nœuds (22 km/h) |
| Pavillon | Canada |
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|
Conception et description
modifierLes corvettes de classe Flower, telles que l'Amherst, qui ont servi dans la Marine royale canadienne (MRC) pendant la Seconde Guerre mondiale, différaient des corvettes à voiles plus anciennes et plus traditionnelles[1],[2]. La conception des corvettes de classe Flower répondait à un besoin apparu en 1938, suite à la crise de Munich, d’accroître les capacités de la Royal Navy[3]. Un appel d'offres fut lancé pour la conception d’un petit navire d’escorte pour les convois côtiers[4]. Inspirés de la conception traditionnelle des baleiniers, les premiers navires canadiens de la classe Flower avaient un déplacement standard de 970 tonnes. Ils mesuraient 62,51 m de long, pour une largeur de 10,08 m et un tirant d'eau maximal de 4,09 m. Les premières corvettes (1939-1940) étaient propulsées par une machine à vapeur à triple expansion à quatre cylindres d'une puissance de 2800 ch (2100 kW), alimenté par deux chaudières marines écossaises et entraînant une hélice tripale. Les chaudières écossaises furent remplacées par des chaudières à tubes d'eau sur les navires construits plus tard (1939-1940) et entre 1940 et 1941. Les corvettes atteignaient une vitesse maximale de 16 nœuds (30 km/h), et avaient une autonomie de 3450 milles marins (6390 km) à 12 nœuds (22 km/h)[5]. L’intérieur de ces navires était extrêmement humide[6].
Les corvettes de la classe Flower de conception canadienne étaient initialement armées d'un canon de marine de 4 pouces BL Mk IX (102 mm) monté à l'avant sur un affût CP 1 et emportaient 100 obus. Les corvettes étaient également armées d'un canon de marine de 2 livres QF (40 mm) monté sur un affût à l'arrière, de deux mitrailleuses Vickers de .303 ou Browning M2 de calibre .50 montées individuellement pour la lutte antiaérienne, et de deux mitrailleuses Lewis de .303 montées par paires, généralement installées sur les ailerons de passerelle[3],[5],[7]. Pour la lutte anti-sous-marine, elles étaient équipées de deux lanceurs de grenades anti-sous-marines et emportaient initialement 25 grenades.
Les corvettes étaient conçues avec un sonar ASDIC de type 123. Les navires de la classe Flower avaient un équipage de 47 officiers et marins[3]. La Marine royale canadienne commanda initialement 54 corvettes en 1940, qui furent équipées de matériel de déminage Oropesa Mark II, utilisé pour la destruction des mines de contact[8]. Une partie des rails de lancement des grenades anti-sous-marines fut rendue mobile afin de permettre l'utilisation comme dragueur de mines[9].
Modifications
modifierAu sein de la Marine royale canadienne, les navires furent modifiés en raison des lacunes de conception constatées. La cuisine fut reculée, et le mess ainsi que les couchettes furent fusionnés. Un radiogoniomètre fut installé et des quilles de roulis agrandies furent mises en place pour réduire le roulis[10]. Après la construction des 35 à 40 premières corvettes, le mât de misaine fut déplacé à l'arrière de la passerelle et le mât principal fut supprimé. Les corvettes furent initialement équipées du radar de surveillance de surface SW-1 et SW-2 CQ, reconnaissable à son antenne en forme d'arête de poisson et à sa réputation d’être défaillant par mauvais temps ou de nuit. La cabine du compas fut reculée et la passerelle ouverte fut placée devant. La cabine ASDIC fut déplacée à l'avant et plus bas sur la passerelle. Le radar amélioré Type 271 fut installé à l'arrière, certaines unités recevant le radar Type 291 pour la recherche aérienne. Le matériel de dragage de mines, présent sur les 54 premières corvettes, fut retiré[11]. La plupart des corvettes canadiennes de classe Flower virent leur gaillard d'avant rallongé, ce qui améliora le confort de l'équipage et la tenue à la mer. De plus, la proue, plus évasée et plus étroite, nécessita un élargissement de la passerelle. Ceci permit l'installation de canons de 20 mm Oerlikon remplaçant les mitrailleuses Browning et Vickers[12]. Certaines corvettes furent réarmées avec des mortiers anti-sous-marins Hedgehog[13]. L'effectif des navires augmenta tout au long de la guerre, passant de 47 hommes initialement à 104[12].
Construction et carrière
modifierL'Amherst fut commandé auprès de Saint John Dry Dock and Shipbuilding Co. Ltd. à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), dans le cadre du programme de construction de la classe Flower de 1939 à 1940. Mis sur cale le 23 mai 1940 et lancé le 3 décembre de la même année, il a été mis en service le 5 août 1941 à Saint-Jean puis envoyé à Halifax (Nouvelle-Écosse) pour y subir des préparatifs[14].
Service de guerre
modifierAprès sa mise en service, l'Amherst fut envoyé en mission d’escorte de convois du 22 août 1941 jusqu’à son premier carénage en 1943[14]. Le navire a été affecté à la Newfoundland Force[14]. Le 11 octobre 1941, l’escorte du convoi SC 49 a été assurée par le groupe d’escorte canadien 4.1.16, dont l'Amherst faisait partie. Pendant leur escorte, le convoi fut dévié vers le nord de la position du convoi SC 48 et de la bataille en cours autour de celui-ci. Le 22 octobre, l’escorte du convoi a été confiée au groupe d’escorte britannique EG 4 au point de rendez vous au milieu de l'océan Atlantique (MOMP)[15]. Le 6 novembre, le groupe d’escorte de l'Amherst prit en charge l’escorte du convoi ONS 32 au MOMP, se déplaçant d’abord vers le sud pour éviter les sous-marins allemands avant d’arriver sans incident. Cela fut suivi par quatre autres missions d’escorte de convois sans incident, les SC 56, ONS 44, SC 63 et ONS 58, menant le navire jusqu’en 1942[16]
En août 1942, l'Amherst a été intégré au groupe d’escorte C-4 de la Mid-Ocean Escort Force (MOEF). L’unité escortait le convoi ON 127 lorsqu’elle est repérée par un U-boot le 9 septembre. La meute de loups « Vorwärts » s’est déplacée pour intercepter et engager le convoi le 10 septembre. Gêné par des radars défectueux, l’escorte est submergée, perdant le destroyer NCSM Ottawa pendant la bataille. La bataille dura jusqu’au 14 septembre. Sur les 32 cargos du convoi, 10 furent coulés, ainsi qu’un chalutier situé à proximité du convoi, totalisant 79263 tonnes brutes de registre (GRT)[17]. Pendant la bataille, l'Amherst a été pris pour cible par le sous-marin allemand U-92 lors de la récupération des survivants du SS Hindanger, mais toutes les torpilles ont manqué leur cible[18]. L'Amherst et son navire-jumeau le NCSM Sherbrooke se détachèrent du convoi le 15 septembre, escortant jusqu’à Saint-Jean de Terre-Neuve quatre navires marchands endommagés lors de la bataille[19]. L'Amherst et le groupe d’escorte C-4 escortèrent ensuite le convoi SC 101 à la fin du mois, ne perdant du fait des U-boote qu’un seul navire qui s’était égaré derrière le gros du convoi[20].
Le 16 octobre 1942, le groupe d’escorte C-4 escortait le convoi ON 137, qui avait été repéré par les forces allemandes. Cependant, le convoi évita les meutes de loups « Panther » et « Wotan » sans subir de pertes[21]. Fin octobre, le groupe d’escorte C-4 fut déployé en mission d’escorte, cette fois avec le convoi SC 107, composé de 42 navires[22]. Cependant, l'Amherst venait de changer de commandant, et deux navires du groupe étaient seulement en transit vers le Royaume-Uni. Le premier contact entre l’ennemi eut lieu le 30 octobre, mais fut perdu jusqu’au 2 novembre. La meute de loups « Velichen » fut placée en travers de la route du convoi SC 107[23]. L'Amherst engagea plusieurs U-boote. Lors de la première rencontre, le commandant, le lieutenant Louis Audette, monta dans le nid-de-pie pour diriger le tir sur le sous-marin en surface. La nuit suivante, lors de sa tentative de couler un autre sous-marin, son ASDIC perdit de la puissance et perdit le contact. Au cours de l’escorte de ce convoi, un membre de l’équipage reçut une British Empire Medal pour avoir aidé à sauver trois membres d’équipage d’un navire en flammes[24]. Cependant, le convoi perdit 15 navires, totalisant 82777 GRT[22].
En janvier 1943, le groupe d’escorte C-4 fut déployé pour escorter le convoi HX 224, qui fut découvert par les forces de l’Axe le 1er février. Le convoi fut attaqué et trois navires marchands furent coulés, totalisant 24823 GRT[25]. Plus tard ce mois-là, le groupe d’escorte C-4 fut envoyé à Londonderry pour un entraînement, avant de partir le 2 mars pour escorter huit navires de transport de troupes en tant que convoi KMF 10B vers Alger. Ils traversèrent le détroit de Gibraltar sans incident, mais furent attaqués par des avions allemands Focke-Wulf Fw 200 Condor, endommageant l’un des navires de transport de troupes. Le reste du voyage se déroula sans incident, le convoi arrivant à Alger le 17 mars[26]. Le groupe d’escorte C-4 a mis le cap sur le Royaume-Uni en escortant sans incident le convoi de retour MKF 10B. Début avril, le groupe d’escorte C-4 escorta le convoi ON 177, effectuant le voyage en toute sécurité, après avoir été dévié pour éviter les meutes allemandes[27]. L'Amherst a été réaffecté au groupe MOEF C2 et l’unité a escorté le convoi ON 149 fin avril. Bien qu’un contact avec les forces allemandes ait été établi pendant le transit, le convoi arriva sain et sauf[28].
De mai à novembre 1943, l'Amherst subit une importante refonte à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Entre autres modifications, son gaillard d'avant fut rallongé. Après d’autres entraînements à Pictou, en Nouvelle-Écosse, la corvette retourna à l’escorte de convois dans l’Atlantique jusqu’à son second carénage en septembre 1944. Après l’achèvement des travaux, l'Amherst fut réaménagé aux Bermudes. L'Amherst a été affecté à la Halifax Force en janvier 1945, chargé de la défense locale. En mars, la corvette rejoignit le groupe d’escorte C-7 pour un dernier aller-retour vers le Royaume-Uni avant la fin de la guerre dans l’Atlantique[14]. L'Amherst a reçu les honneurs de bataille « Atlantique 1941-45 »[29] et « Golfe du Saint-Laurent 1944 »[30] pour son service pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sort final
modifierL'Amherst a été désarmé le 11 juillet 1945 à Sydney (Nouvelle-Écosse). La corvette a ensuite été placée en réserve à Sorel, au Québec. Le navire fut l’une des sept corvettes vendues le 17 octobre à la marine vénézuélienne et fut renommé Carobobo. Cependant, alors qu’il quittait le Canada pour le Venezuela, le navire fit naufrage dans le golfe du Saint-Laurent[14],[31].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « HMCS Amherst » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Fitzsimons 1978, p. 1137–1142.
- ↑ Jane's Fighting Ships of World War II.
- 1 2 3 Preston et Raven 1973, p. 1.
- ↑ McKay et Harland 1993, p. 8.
- 1 2 Lynch 1981, p. 66.
- ↑ McKay et Harland 1993, p. 11.
- ↑ McKay et Harland 1993, p. 14.
- ↑ McKay et Harland 1993, p. 12.
- ↑ Preston et Raven 1973, p. 3-4.
- ↑ Preston et Raven 1973, p. 4.
- ↑ Lynch 1981, p. 12.
- 1 2 Lynch 1981, p. 10, 12.
- ↑ Macpherson et Barrie 2002, p. 103.
- 1 2 3 4 5 Macpherson et Barrie 2002, p. 106.
- ↑ Rohwer 2005, p. 107.
- ↑ Rohwer 2005, p. 112, 117, 129.
- ↑ Rohwer 2005, p. 192.
- ↑ Douglas, Sarty et Whitby 2002, p. 519.
- ↑ Douglas, Sarty et Whitby 2002, p. 524.
- ↑ Rohwer 2005, p. 199.
- ↑ Rohwer 2005, p. 203.
- 1 2 Rohwer 2005, p. 204.
- ↑ Douglas, Sarty et Whitby 2002, p. 546-550.
- ↑ German 1990, p. 127-128].
- ↑ Rohwer 2005, p. 227.
- ↑ Douglas, Sarty et Whitby 2002, p. 617.
- ↑ Rohwer 2005, p. 235, 244.
- ↑ Rohwer 2005, p. 245.
- ↑ Thomas 1998, p. 33.
- ↑ (en) « Royal Canadian Warships that Participated in the Battle of the Gulf of St. Lawrence » [archive du ], sur Veterans Affairs Canada (consulté le ).
- ↑ CFB Esquimalt.
Bibliographie
modifier- W.A.B. Douglas, Roger Sarty et Michael Whitby, No Higher Purpose: The Official Operational History of the Royal Canadian Navy in the Second World War, 1939–1943, vol. II, t. I, St. Catharines, Ontario, Vanwell Publishing, (ISBN 1-55125-061-6).
- Bernard Fitzsimons, The Illustrated Encyclopedia of 20th Century Weapons & Warfare, vol. 11, London, Phoebus, (OCLC 8842839).
- Tony German, The Sea is at our Gates : The History of the Canadian Navy, Toronto, McClelland and Stewart Inc., (ISBN 0-7710-3269-2, lire en ligne).
- Jane's Fighting Ships of World War II, New Jersey, Random House, (ISBN 0-517-67963-9, lire en ligne).
- Thomas G. Lynch, Canada's Flowers, History of the Corvettes of Canada, Halifax, Nova Scotia, Nimbus Publishing, (ISBN 0-920852-15-7).
- Ken Macpherson et Ron Barrie, The Ships of Canada's Naval Forces 1910-2002, St. Catharines, Ontario, Vanwell Publishing, (ISBN 1-55125-072-1).
- John McKay et John Harland, Anatomy of the Ship: The Flower Class Corvette Agassiz, St. Catharines, Ontario, Vanwell Publishing, (ISBN 1-55068-084-6).
- Antony Preston et Alan Raven, Flower Class Corvettes, vol. 3, London, Bivouac Books, coll. « Signal », (ISBN 0-85680-004-X).
- Jürgen Rohwer, Chronology of the War at Sea 1939-1945: The Naval History of World War Two, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, (ISBN 1-59114-119-2).
- David A. Thomas, Battles and Honours of the Royal Navy, Barnsley, UK, Leo Cooper, (ISBN 085052-623-X).
Liens externes
modifier- « Brief History of HMCS Amherst », sur CFB Esquimalt Naval and Military Museum (consulté le ).
- (en-GB) « HMCS Amherst », sur Arnold Hague Convoy Database (consulté le ).
- (en) « HMCS Amherst », sur Ready Aye Ready (consulté le ).
- (en) Hazegray, « Flower Class » [archive du ], sur Canadian Navy of Yesterday and Today (consulté le ).