Naja nigricollis

espèce de serpents

Cobra à cou noir

Naja nigricollis
Description de cette image, également commentée ci-après
Naja nigricollis
Classification ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Elapidae
Genre Naja

Espèce

Naja nigricollis
Reinhardt, 1843

Synonymes

  • Naja nigricillis var. occidentalis Bocage, 1895
  • Naja nigricollis atriceps Laurent, 1955

Naja nigricollis, le Cobra à cou noir, est une espèce de serpents de la famille des Elapidae[1]. Ce reptile se rencontre en Afrique subsaharienne sur une large bande allant à l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique de l'Est, correspondant aux régions non forestières. Il se nourrit principalement de rongeurs. Son venin est assez spécifique, mêlant substances cytotoxiques et neurotoxiques ainsi que cardiotoxiques. Comme d'autres espèces de cobras, c'est un cobra cracheur : il peut projeter du venin pour se protéger, conduisant à des irritations cutanées voire la cécité lorsqu'il pénètre les yeux.

Description

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Ce serpent atteint en moyenne de 1 à m, jusqu'à 2,2 m. La tête est modérément distincte du corps et sa forme est principalement liée aux deux larges glandes à venin situées de chaque côté de la gueule. Ses écailles sont lisses et brillantes.

Sa coloration est noire sur le dos, surtout en Afrique de l'Ouest, généralement unis, parfois mouchetée de rougeâtre dans certaines populations locales. En Afrique centrale et de l'Est la coloration est généralement grise foncée unis avec un large collier noir. Le ventre est de même couleur et présente une série irrégulière de barres blanches, jaunes ou roses, visibles lorsque le serpent se dresse[2].

Répartition

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Ce serpent, très répandu dans une large partie de l'Afrique subsaharienne, se rencontre de l'Afrique occidentale à l'Afrique orientale dans les régions qui correspondent aux savanes sahéliennes et soudanaise. Il est absent des forêts tropicales fermées du bassin du Congo et de la zone guinéenne.

Cette espèce se rencontre en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, en Guinée-Bissau, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, au Mali, au Burkina, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Niger, au Tchad, au Cameroun, en Centrafrique, au Soudan, au Soudan du Sud, en Éthiopie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, au Congo-Kinshasa.

On peut trouver dans la littérature des répartitions plus larges, car elles incluaient des espèces autrefois confondues avec Naja nigricolis mais désormais bien différenciées. Ainsi Naja nigricincta d'Afrique australe était considéré comme une sous-espèce (sous le nom de Naja nigricollis nigricincta) avant d’être élevé au rang d'espèce à part entière en 2007[3], elle-même composée de deux sous-espèces dont Naja nigricincta woodi qui était auparavant considérée comme une autre sous-espèce de Naja nigricolis (sous le nom de Naja nigricollis woodi). L'aire de Naja nigricincta est centrée sur la Namibie et s'étend à l'ouest de l'Afrique du Sud, au sud-ouest du Botswana et dans le sud-ouest de l'Angola. Par ailleurs, une toute nouvelle espèce, Naja ashei, a été différenciée également en 2007, dont l'aire s’étant au sud de l’Éthiopie, en Somalie et dans la majeure partie du Kenya. Les aires de répartition de ces deux espèces ne font donc plus partie de celle de Naja nigricollis. Naja mossambica était aussi considéré comme une sous-espèce de Naja nigricolis jusqu'en 1968.

La sous-espèce Naja nigricollis crawshayi voit son statut actuellement discuté et pourrait aussi potentiellement devenir une espèce, sa répartition correspond à la partie de l'aire restante de Naja nigricolis dans les savanes situées au sud de la forêt du bassin du Congo : au Gabon, au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa, en Angola, en Zambie et en Tanzanie[2],[3].

Deux autres taxons ont un statut très incertain : atriceps (Rwanda, Burundi, Ouganda et Tanzanie), et occidentalis (Angola)[2].

Mœurs et biologie

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Ce serpent ovipare et venimeux peut être nocturne ou diurne selon le lieu, les conditions climatiques et la saison, ce qui lui permet de mieux réguler sa température et de trouver les proies les plus abondantes en fonction du lieu et de l'époque. Il consomme principalement de petits rongeurs (rats, souris) mais se nourrit également de lézards et d'œufs d'autres reptiles[4].

Comme d'autres cobras, il peut projeter son venin sur d'éventuels prédateurs. Ce venin a un fort pouvoir irritant pour la peau et peut même aboutir à la cécité s'il pénètre à l'intérieur des yeux. Il utilise fréquemment cette faculté à la moindre agression, mais il a moins tendance à mordre que d'autres serpents proches[5].

Ce cobra vit généralement dans les savanes et régions semi-désertiques d'Afrique mais peut également se rencontrer dans des régions tropicales et subtropicales dans les savanes humides, en particulier près des cours d'eau. Fréquent en plaines, il évolue jusque dans des milieux de 1 800 m d'altitude[5]. Il est adaptable et se rencontre dans les zones anthropiques comme les plantations et les zones suburbaines.

Il semble même avoir tiré avantage des transformations opérées par l'homme au Nigeria en s'adaptant à des milieux plus secs issus de la dégradation des forêts humides[6]. Sa répartition semble même s'étendre vers le sud-est du Nigeria[7].

Comme d'autres cobras, ce serpent peut se cacher de la chaleur en utilisant des termitières ou des terriers de rongeurs, même s'il semble préférer les troncs d'arbre. Ce sont d'ailleurs d'excellents grimpeurs.

Reproduction

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Ce serpent ovipare[1] se reproduit entre septembre et décembre. Après une gestation de 90 à 100 jours la femelle pond en général de 10 à 15 œufs (mais pouvant aller de 8 à 22 œufs)[8]. Les œufs incubent de 60 à 70 jours et nécessitent une température comprise entre 28 et 30 °C. Les petits, d'une taille comprise entre 20 et 25 cm de long, sont totalement autonomes dès la naissance.

Le venin de cette espèce, particulier chez les Élapidés, est principalement composé de substances cytotoxiques[9] tout en conservant les caractéristiques des autres Élapidés. Il présente donc à la fois les propriétés neurotoxiques des Élapidés et des propriétés cytotoxiques (conduisant à des nécroses)[10] et cardiotoxiques puissantes[11].

Les symptômes liés à une morsure sont des hémorragies importantes, des nécroses des tissus autour de la morsure et des difficultés respiratoires, même si les cas de décès à la suite de morsures non traitées sont relativement faibles, de 5 à 10 %[12]. Les décès sont généralement dus à une asphyxie liée à la paralysie du diaphragme.

La dose létale médiane (DL50) pour ce venin est de mg/kg en injection sous-cutanée et de 1,15 mg/kg en injection intraveineuse[5],[13].

Menaces, prédateurs

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Cette espèce n'est référencée ni par l'UICN ni par la CITES et, de ce fait, n'est pas considérée comme en danger.

Elle est la proie de différents rapaces, en particulier plusieurs espèces de Circaetus qui migrent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et plus particulièrement du Circaète Jean-le-Blanc, un ophiophage strict[14]. D'autres serpents ophiophages s'attaquent également à cette espèce[8].

Interactions avec l'homme

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Très communs dans de nombreuses régions d'Afrique, ces serpents peuvent se rencontrer jusque dans les villages voire les villes[7], où ils sortent la nuit pour chasser les rongeurs.

Ils peuvent parfois se rencontrer en captivité. Les individus capturés dans la nature sont généralement nerveux et prompts à mordre, alors que ceux nés en captivité ont tendance à être plus calmes − en comparaison aux individus sauvages[15].

Taxinomie

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Cette espèce a été décrite en 1843 par le zoologiste norvégien Johan Reinhardt. Wallache et al. ont proposé en 2009 de placer cette espèce dans le sous-genre Naja (Afronaja)[16], et même en 2014 de considérer ce sous-genre comme un genre à part entière, ce qui ferait de cette espèce Afronaja nigricollis[17], mais le dernier choix n'a pas été accepté à l'heure actuelle[1].

Étymologie

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Le nom générique, Naja, est la latinisation du mot sanskrit nāgá (नाग) signifiant « cobra ». Le nom spécifique, nigricollis, est formé de niger, « noir », et de collis, « la nuque », signifiant « à la nuque noire » en référence à sa coloration[18]. Son nom vernaculaire reprend le sens du nom scientifique.

Voir aussi

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Publication originale

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  • Reinhardt, 1843 : Beskrivelse af nogle nye Slangearter. Det Kongelige Danske videnskabernes Selskabs Skrifter, vol. 10, p. 233-279 (texte intégral).

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Black-necked spitting cobra » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe.
  2. 1 2 3 Jean-François Trape. Guide des serpents d’Afrique occidentale, centrale et d’Afrique du Nord. IRD Éditions, 2023, .
  3. 1 2 W. Wüster, S. Crookes, I. Ineich, Y. Mane, C.E. Pook, J.-F. Trape & D.G. Broadley, 2007 : The phylogeny of cobras inferred from mitochondrial DNA sequences: evolution of venom spitting and the phylogeography of the African spitting cobras (Serpentes: Elapidae: Naja nigricollis complex). Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 45, p. 437-453
  4. Stephen Spawls et Bill Branch, Dangerous Snakes of Africa, Londres, Blandford Press, (ISBN 0-7137-2394-7), p. 91
  5. 1 2 3 « Naja nigricollis - General Details, Taxonomy and Biology, Venom, Clinical Effects, Treatment, First Aid, Antivenoms », WCH Clinical Toxinology Resource, University of Adelaide (consulté le )
  6. Luca Luiselli, « The ghost of a recent invasion in the reduced feeding rates of spitting cobras during the dry season in a rainforest region of tropical Africa », Acta Oecologica, vol. 22, no 5, , p. 311-314 (DOI 10.1016/S1146-609X(01)01113-4)
  7. 1 2 (en) Sabrina Abriol, « Spitting cobra (Naja nigricollis) » [PDF], sur usfca.edu (consulté le ).
  8. 1 2 Vivian FM FitzSimons, A field guide to the snakes of Southern Africa, Canada, HarperCollins, (ISBN 0-00-212146-8)
  9. Johan Marais, A Complete Guide to the Snakes of Southern Africa, Le Cap, Afrique du Sud, Struik Nature, , 311 p. (ISBN 1-86872-932-X)
  10. Adina Chaim-Matyas et Michael Ovadi, « Cytotoxic activity of various snake venoms on melanoma, B16F10 and chondrosarcoma », Life Sciences, vol. 40, no 16, , p. 1601-1607 (PMID 3561167, DOI 10.1016/0024-3205(87)90126-3)
  11. Linda Fryklund et David Eaker, « Complete covalent structure of a cardiotoxin from the venom of Naja nigricollis (African black-necked spitting cobra) », Biochemistry, vol. 14, no 13, , p. 2865-2871 (PMID 1148181, DOI 10.1021/bi00684a012, lire en ligne, consulté le )
  12. David A. Warrell, « Snake bite », Seminar, Lancet 2010 (volume 375, numéro 1) (consulté le )
  13. Sean Thomas, « LD50 for various snakes », Australian Venom and Toxin database, www.seanthomas.com (consulté le )
  14. Roland Bauchot, Snakes : A Natural History, New York, USA, Sterling; illustrated edition, , 220 p. (ISBN 1-4027-3181-7, lire en ligne)
  15. (en) Richard Mastenbroek, « Black-neck Spitting Cobra » [archive du ] [PDF], sur devenomized.com, (consulté le ).
  16. V. Wallach, W. Wüster & D.G. Broadley, 2009 : In praise of subgenera: taxonomic status of cobras of the genus Naja Laurenti (Serpentes: Elapidae). Zootaxa vol. 2236, p. 26-36
  17. V. Wallach, L. W. Kenneth, J. Boundy, 2014 : Snakes of the World: A Catalogue of Living and Extinct Species. Taylor and Francis, CRC Press, 1237 pages
  18. J Reinhardt, Andreas Johann Wagner, Franz Hermann Troschel, Wilhelm Ferdinand Erichson et Carl Ernst Siebold, Reports on zoology for 1843, 1844, George Busk, Alfred Tulk, Alexander Henry Haliday, , « Herpetology »