Napoléon le Petit

livre pamphlétaire de Victor Hugo
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Napoléon le Petit est un pamphlet, écrit par Victor Hugo en 1852, à Bruxelles, à la suite du coup d'État du 2 décembre 1851 où Louis-Napoléon Bonaparte conserve le pouvoir, en violation de la constitution de la Deuxième République, dont il avait été élu président.

Napoléon le Petit
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Dans ce livre, Victor Hugo s'attaque violemment à Napoléon III, qu'il traite de « dernier des hommes », « voleur », « criminel » et « filou »[1]. Les attaques sont d'autant plus violentes que Hugo avait placé sa confiance en Louis-Napoléon Bonaparte pour l'élection présidentielle de 1848[2].

À l’époque, il fallait à tout prix éviter que son concurrent, le général Eugène Cavaignac, ne soit élu. Louis-Napoléon Bonaparte avait été choisi, avait prêté serment et juré de « rester fidèle à la République démocratique ». Victor Hugo avait même dîné avec lui, en tête à tête, à l’Élysée. Mais Louis-Napoléon Bonaparte, ambitieux, et empêché par la Constitution de prolonger son mandat, réfléchissait déjà au coup d'État.

Pour Karl Marx, Victor Hugo « se contente d’invectives amères et spirituelles » et commet l’erreur de ne voir dans la prise de pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte que « le coup de force d’un individu » sans se rendre compte que par là-même il grandit l’objet de ses attaques « en lui attribuant une force d’initiative personnelle sans exemple dans l’histoire »[3].

Histoire de la publication

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Deux éditions de Napoléon le Petit sont publiées presque simultanément à Bruxelles et à Londres, le . L'une en format in-18 Méline (petit in-12), de 385 pages, destinée au marché belge et étranger. L'autre, de format in-32, de 464 pages, plus petite pour le passage clandestin en France, et qui est peut-être la première imprimée[4].

Introduit clandestinement en France, le livre déclenche l'expulsion de Victor Hugo de la Belgique qui promulgue, pour parvenir à son départ, la loi Faider[5]. Cette loi, votée le sous la pression du gouvernement français, est ainsi nommée du nom de Charles Faider, ministre de la Justice du gouvernement belge. Elle réprime les offenses envers les chefs des gouvernements étrangers[6].

L'ouvrage n'est édité en France qu'au retour d'exil de Victor Hugo, chez Hetzel et Cie, à la date symbolique du . Dans un Avertissement, Jules Hetzel rappelle que la première publication de l'ouvrage à Bruxelles est la cause du nouvel exil de Victor Hugo, alors réfugié en Belgique, vers les îles Anglo-Normandes.

Notes et références

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  1. ↑ Corinne Saminadayar-Perrin, Qu'est-ce qu'un événement littéraire au XIXe siècle ? (présentation en ligne)
  2. ↑ Asp, « Victor Hugo sous la IIe République et le Second Empire » (consulté le )
  3. ↑ Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, Fayard, Mille et une nuits, , 224 p. (ISBN 978-2-7555-0362-3, lire en ligne), Préface de l'auteur.
  4. ↑ Docteur F. Michaux, « Éditions originales de Napoléon le Petit et des Châtiments », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. 34, no 2,‎ , p. 234–238 (ISSN 0035-2411, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Avertissement de J. Hetzel, disponible dans la préface de l'ouvrage de la BNF.
  6. ↑ Hellemans 1996, p. 284–287.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Thomas Bouchet, « Couper-coudre. La fabrication de Napoléon-le-Petit (1851-1877) », dans Qu’est-ce qu’un événement littéraire au XIXe siècle ?, Presses universitaires de Saint-Étienne, coll. « Le XIXe siècle en représentation(s) », , 169–181 p. (ISBN 978-2-86272-756-1, lire en ligne).
  • Jacques Hellemans, « Napoléon le Petit et la presse belge, du coup d’État à la proclamation de l'Empire », dans Raimund Rütten, Ruth Jung et Gerhard Schneider (dir.), La Caricature entre République et censure : l'imagerie satirique en France de 1830 à 1880, un discours de résistance ?, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Littérature et idéologies », , 448 p. (ISBN 2-7297-0584-8, lire en ligne), p. 284–287.
  • Docteur F. Michaux, « Éditions originales de Napoléon le Petit et des Châtiments », Revue d'histoire littéraire de la France, vol. 34, no 2,‎ , p. 234–238 (ISSN 0035-2411, lire en ligne).
  • Maxime Prévost, Rictus romantiques : politiques du rire chez Victor Hugo, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, coll. « Socius », , 373 p. (ISBN 978-2-76061-827-5, lire en ligne), chap. 4 (« Le tyran, le soldat et le peuple. Napoléon le Petit (1852), Châtiments (1853). Histoire d'un crime (1852-1877) »), p. 157-191.
  • Maxime Prévost, « Victor Hugo et la langue du Second Empire », Études françaises, vol. 61, no 3,‎ , p. 107-123 (lire en ligne).
  • Jacques Seebacher, « La prise à partie de Louis-Napoléon », Romantisme, Paris, CDU Sedes, no 60 « Hugo-Siècle »,‎ 2e trimestre 1988, p. 77-82 (ISSN 0048-8593, e-ISSN 1957-7958, lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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