Nathalie (chanson)

chanson de Gilbert Bécaud

Nathalie est une chanson d'amour française de 1964, composée et chantée par Gilbert Bécaud. Elle sort en super 45 tours en 1964 et est présente, en 1965, sur l'album La Vie d'garçon, dont elle est avec L'Orange, l'un des succès. Écrite par le parolier Pierre Delanoë, Nathalie est considérée comme l'une des chansons les plus emblématiques du répertoire de Bécaud.

Nathalie
Description de cette image, également commentée ci-après
« La place Rouge était blanche, la neige faisait un tapis, et je suivais par ce froid dimanche, Nathalie »
Single de Gilbert Bécaud
extrait de l'album La Vie d'garçon
Sortie 1964 (45 tours) - 1965 (33 tours)
Durée 4:07
Genre chanson française
Format super 45 tours (1964) - 33 tours (1965)
Auteur Pierre Delanoë
Compositeur Gilbert Bécaud

Histoire

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En 1964, en pleine période rock 'n' roll-twist de la culture américaine, et de guerre froide avec l'URSS, le chanteur Gilbert Bécaud qui au cours de sa carrière se produit trente trois fois sur la scène de l'Olympia, où il gagne son surnom de « Monsieur 100 000 volts » en raison de son sens du swing, du fait des passions qu'il soulevait dans son sillage et de ses fans qui, souvent, à ses débuts, cassaient par enthousiasme les fauteuils, fait une tournée triomphale à Moscou, et connaît un succès international retentissant (en particulier en France et à Moscou) avec sa chanson d'amour française culte Nathalie.

« La place Rouge était vide, devant moi marchait Nathalie, il avait un joli nom mon guide, Nathalie ». Bécaud y chante son souvenir personnel nostalgique d'une idylle amoureuse de jeunesse avec une jeune étudiante russe soviétique et guide touristique moscovite qui lui fait visiter Moscou, et l'accueille dans sa chambre d'étudiante de l'Université de Moscou où elle lui présente ses amis étudiants et lui sert d'interprète. Réunis, les jeunes gens parlent et font la fête[1] tout en évoquant (sur fond de musique russe, violon, balalaïka[2], danse Kazatchok et Chœurs de l'Armée rouge), un florilège de lieux phares ou imaginaires des cultures russe et française : la place Rouge blanche de neige de l'hiver russe, le tombeau de Lénine, le café Pouchkine, Moscou, les plaines d'Ukraine, le champagne de France, les Champs-Élysées, et la fête étudiante empreinte d'âme russe. Il évoque comme événement la révolution d'Octobre qui mit en place l'URSS.

Après le départ des amis de Nathalie, le narrateur admet être « resté seul avec [mon] son guide, Nathalie » et même si il ne révèle pas clairement ce que fut la suite de leur relation, il confit pourtant qu'entres eux il ne fut alors « plus questions de phrases sobres, ni de révolution d'octobre, on en était plus là... », laissant à penser qu'elle ne fut pas que platonique. Par la suite, le narrateur atteste que sa « vie semble vide » et qu'il nourrit l'espoir « qu'un jour à Paris » c'est lui que servira de guide à Nathalie.

Gilbert Bécaud en 1963.

19 ans après leur succès, Bécaud et Delanoë écrivent la chanson La Fille de Nathalie (1983), qui évoque une correspondance de la fille de Nathalie, alors étudiante de 18 ans de Leningrad (Saint-Pétersbourg), envoyée à Paris à son père (qu'elle ne connait pas, pas plus qu'il ne la connait - « Je t'envoie une photo de moi »). Un couplet laisse à croire que la chanson est autobiographique et que le narrateur n'est autre que Bécaud lui même qui de son aventure a fait sa célèbre chanson (sans que rien ne vienne démentir qu'il s'agit - pour les deux chansons - réellement d'une fiction) : « Avec Maman, quand le cœur est au gris, après le dîner, on se passe Nathalie, ça la fait un peu pleurer et moi ça me fait danser »)[3].

Genèse

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Le parolier de la chanson, Pierre Delanoë, raconte :

« J'ai mis un an à le convaincre [Bécaud] d'interpréter Nathalie, qui s'appelait d'abord Natacha et vivait un amour impossible dans l'horreur communiste. À chaque fois, il m'envoyait sur les roses. Un jour, il m'a dit : « Invente une image forte ! » J'ai sorti : « La place Rouge était vide, devant moi marchait Nathalie »… Il s'est mis au piano. On a fini dans l'heure… Quand je pense que Vladimir Poutine et Jacques Chirac se sont rencontrés à Moscou au café Pouchkine[4] »

 Article de Gilles Médioni dans L'Express du 20 décembre 2011.

Delanoë précisa ultérieurement que les premières paroles devaient être « Qu'elle était jolie cette Russe rousse sur la place Rouge »[5]. En 1994, Delanoë déclarait « J'aime la Russie, leur littérature, leur façon de boire et de manger. Par contre, je haïssais les communistes. Je voulais réussir à dégager de cette ambiance l'âme russe »[5].

Postérité

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La chanson est un immense succès, Jean-Pierre Pasqualini explique ainsi que c'est une des premières chansons évoquant la guerre froide, dans un pays plutôt refermé traversant une période trouble (la crise des missiles de Cuba et le limogeage de Khrouchtchev) quand les yéyés étaient fascinés par l'Amérique[5].

À la suite de l'immense succès populaire retentissant de Nathalie, des milliers de Nathalie voient le jour en France et dans le monde, comme le confirma l'actrice Natalie Portman[6]

Le café Pouchkine de la chanson devient célèbre, très recherché en vain par les touristes de Moscou, car purement imaginé pour la chanson. Un café Pouchkine est créé 35 ans plus tard à Moscou, inauguré en 1999 en présence de Gilbert Bécaud[7], pour l'occasion du bicentenaire de la naissance du célèbre romancier poète russe Alexandre Pouchkine (1799-1837)[8],[1]

Reprises et adaptations

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Reprises

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Nathalie a été reprise en France par Georges Chelon, Patrick Bruel, Yves Duteil, Richard Anthony, Shy'm, Sanseverino et Adamo.

Adaptations

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Gilbert Bécaud a enregistré une version en espagnol et une version allemande qui s'est classée n°17 des meilleures ventes en Allemagne[9]. Elle a été adaptée dans de nombreuses langues et chantée en anglais par l'américain Rod McKuen, en finnois par Tapani Perttu, en serbo-croate par Đorđe Marjanović et Vice Vukov, en allemand par Peter Alexander, en suédois par Carli Tornehave et en italien par Nicola Arigliano[10].

Notes et références

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Voir aussi

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