Naufrage du MSC Baltic III
Le MSC Baltic III est un porte-conteneurs de 207 mètres appartenant à la Mediterranean Shipping Company (MSC). Le , son moteur tombe en panne en pleine tempête hivernale au large de Terre-Neuve, au Canada, et le navire s'échoue sur les rochers de Cedar Cove, près de Lark Harbour.
| MSC Baltic III | |
| Type | Naufrage |
|---|---|
| Histoire | |
| Chantier naval | MV Werften Wismar |
| Commission | 2003 |
| Statut | Échoué |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 207,3 m |
| Tirant d'eau | 11,4 m |
| Carrière | |
| Propriétaire | Mediterranean Shipping Company |
| Pavillon | Madère |
| IMO | 9241475 |
| Localisation | |
| Coordonnées | 49° 59′ 26,9″ nord, 56° 20′ 43,5″ ouest |
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|
Naufrage
modifierLe , le navire se dirige vers Corner Brook, à Terre-Neuve, alors qu'une tempête hivernale frappe la région avec des rafales atteignant 120 km/h[1]. Le moteur tombe en panne et les conditions météorologiques empêchent de jeter l'ancre afin d'immobiliser le navire[2]. Emporté par la tempête, le MSC Baltic III s'échoue sur les rochers de Cedar Cove, à environ 50 kilomètres à l'ouest de Corner Brook, près de Lark Harbour[3]. À bord se trouvent 472 conteneurs, dont la moitié vides, et environ 1 600 à 1 700 tonnes de carburant[3],[4].
Les 20 membres d'équipage sont hélitreuillés par un hélicoptère Cormorant de l'Aviation royale canadienne et trois d'entre eux doivent être hospitalisés[1],[5],[6].
Opérations de sauvetage
modifierLes mauvaises conditions météorologiques ralentissent les premières interventions. Ce n'est que le qu'une équipe de plongée peut constater que les trois quarts de la coque reposent sur le fond marin. Des fissures, une déformation de la coque et un mélange d'eau huileuse dans la salle des machines sont relevés, sans qu'aucune pollution marine ne soit observée depuis le rivage ou depuis les airs. L'entreprise américaine T&T Salvage, mandatée par MSC, s'installe dans la région[7].
Pour être retiré, le mazout lourd doit être chauffé de 70 à 80 °C avant de pouvoir être pompé vers une barge[8]. Au mois d'avril, des boulettes de goudron de la taille de balles de tennis sont découvertes sur une plage voisine, sans autre incident de pollution[4],[8]. Le navire néerlandais Eems Dublin, conçu pour le transport d'éoliennes et doté d'une ligne de flottaison basse, prête main-forte à partir de la fin mai pour décharger des conteneurs[4]. En , plus de 1 000 tonnes de carburant ont été retirées[3]. La totalité des quelque 1 700 tonnes de produits pétroliers est finalement extraite à la fin [4].
En , de violents vents et une onde de tempête provoquent d'importants dommages structurels visibles sur le côté bâbord, et la fissure déjà présente semble avoir atteint la coque[9]. Un an après le naufrage, en , la coque présente de multiples fissures sous l'effet combiné des vagues, du gel et du dégel. Il reste alors 63 des 472 conteneurs à bord. L'océan n'a toutefois pas été pollué de façon significative[5].
Démantèlement
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En , MSC confie à la firme Resolve Marine Group le contrat de retrait de l'épave[10]. Le navire, dont la coque est trop endommagée pour être remorqué, sera découpé en trois sections, tiré vers la plage à l'aide de chaînes en acier, puis transporté par camion vers un lieu de recyclage à Stephenville. Pour ce faire, une entreprise terre-neuvienne construit une route d'accès jusqu'à la plage de Cedar Cove, nécessitant un important déboisement[11]. Les travaux sont estimés à environ un an, en raison des conditions climatiques et de la brièveté de la saison estivale[12].
La construction de la route et la circulation d'engins lourds suscitent des inquiétudes parmi les résidents de Lark Harbour et des municipalités voisines quant à l'état des routes locales et aux impacts sur le tourisme et l'environnement[5],[11]. La Première Nation Qalipu (en) est associée aux consultations[12].
Le Resolve Marine Group commence à treuiller la coque vers la rive de Cedar Cove à l'aide de douze tire-chaînes hydrauliques en vue de son démantèlement[13].
Notes et références
modifier- 1 2 (fr-CA) « L’équipage d’un navire échoué à Terre-Neuve secouru par un hélicoptère Cormorant »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - ↑ Guillaume Joris, « Un porte-conteneurs MSC perd de la puissance et s’échoue à Terre-Neuve au Canada »
, sur Le Marin - Ouest France, (consulté le ) - 1 2 3 (fr-CA) François Pierre Dufault, « Le MSC Baltic III vidé de plus de la moitié de son carburant »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - 1 2 3 4 Richard Etienne, « Naufragé depuis 227 jours, la fin épique du MSC Baltic III », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne
, consulté le ) - 1 2 3 (fr-CA) « Un cargo est toujours échoué sur la côte ouest de Terre-Neuve un an après son naufrage »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - ↑ (fr-CA) Marie-Emma Parenteau, « Navire échoué à T.-N.-L. : un sauvetage intense, raconte un secouriste du N.-B. »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - ↑ (fr-CA) « Des fissures et des fuites détectées sur le cargo Baltic III, échoué à Terre-Neuve »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - 1 2 (fr-CA) Frederic Wolf, « Le cargo échoué à Terre-Neuve ne sera pas remorqué avant plusieurs mois »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - ↑ (fr-CA) « Le navire échoué à T.-N.-L. endommagé par des vents violents et une onde de tempête »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - ↑ Caroline Britz, « Terre-Neuve : attribution du contrat pour le retrait de l’épave du MSC Baltic III »
, sur Mer et Marine, (consulté le ) - 1 2 (fr-CA) Patrick Butler, « Cargo échoué : la prochaine phase du nettoyage du MSC Baltic III s’amorce »
, sur Radio-Canada, (consulté le ) - 1 2 Marie-Ève DuSablon, « L’épave du MSC Baltic III sera démantelée à T.-N.-L. », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ (en) « Operation Begins to Pull Wrecked MSC Baltic III Ashore for Dismantling »
, sur The Maritime Executive, (consulté le )